Je ne dis pas le contraire et suis d'accord pour considérer que la construction de pistes et de routes dans des zones reculées permet de désenclaver celles-ci et de permettre aux populations qui y habitent d'accéder plus facilement aux bienfaits de la civilisation auxquels elles aspirent légitimement.
Je dis simplement que cela diminue notoirement l'aspect tranquille et sauvage que la majorité des trekkeurs recherchent généralement dans ces régions qui avaient jusqu'à présent conservé leur authenticité.
Il est vrai que nous avons souvent tendance à rechercher la perle rare au bout du monde, l'endroit resté intact comme au bon vieux temps, inconnu de la majorité des touristes et où des populations que le modernisme n'a pas encore atteint vivent comme au Moyen Age tout en nous accueillant chez elles à bras ouverts... et ceci dans des conditions de confort minimum tout de même !
C'est un peu la quadrature du cercle, mais c'est sans doute aussi affaire d'équilibre.
Je reviens du trek du tour du
Manaslu (qui est encore une région relativement épargnée par le trekking de masse... peut-être pas pour longtemps encore) et lorsqu'on rejoint au retour le sentier du tour des
Annapurnas à Dharapani, on est réellement frappés par un changement de monde, sutout entre Jagat et Besi Sahar où les forçats de la route attaquent la montagne à coup de dynamite et où l'autoroute du trekking chemine au mileu de la poussière.
Dans ces conditions, il y a plein d'endroits superbes chez nous dans les Alpes, pourtant également desservis pas la route, la télé, internet et le confort domestique, qui sont beaucoup plus agréables à fréquenter, et où les gens sont tout aussi accueillants et disponibles (un peu moins pittoreques peut-être, quoi que...).
Peut-être que le
Népal sera comme ça dans quelques années (je le souhaite sincèrement aux népalais concernés), mais dans l'immédiat cette situation fait beaucoup perdre l'intérêt de certaines régions.