18/09. En vapur sur la mer de Marmara, cap sur Kadiköy
Cap sur l’Asie aujourd’hui, plus exactement sur la rive asiatique d’
Istanbul. Notre intention première était de faire une traversée au long cours sur la mer de
Marmara vers les îles aux
Princes, mais le temps assez maussade nous en a dissuadés. Nous optons finalement pour la découverte du quartier de
Kadiköy, un des chouchous du Routard.
Nous prenons donc le
vapur (le ferry) à la station d’
Eminönü et c’est parti pour 20 minutes de traversée.
A tribord nous longeons d’abord la colline de
Sultanahmet coiffée par les deux mosquées d’
Ayasophya et de
Sultanahmet Camii, l’orangée et la bleutée
, face à face. Un peu plus loin se dessine la
Skyline du principal quartier d’affaires de la ville. Eh oui, beaucoup l’ignorent mais
Istanbul est aussi une métropole d’importance mondiale, classée dans le top 10 des «
global cities ».
En nous rapprochant de la rive asiatique j’observe avec l’intérêt du prof de géo les installations industrielles du port de
Haydarpaça et la silhouette imposante de l’ancienne grande gare d’
Istanbul.
Nous arrivons à
Kadiköy. Pas de visite particulière aujourd’hui. Nous flânons au hasard des ruelles pavées et pentues du quartier. Kate et son Nikon se sont mis à nouveau en chasse, à la recherche de belles images ou de scènes de rue à capter - capturer ? - sur le vif.
Au détour d’une rue nous tombons justement sur un petit groupe d’hommes attablés à la terrasse d’un café en train de manipuler avec beaucoup de concentration des sortes de dominos colorés et numérotés. Certains sont posés sur des chevalets en bois, d’autres sont éparpillés au centre de la table. Nous leur demandons la permission de les regarder. Ils acquiescent sans se détourner de leur partie. Je trouve qu’il n’y a rien de plus sérieux au monde qu’un homme ou une femme en train de jouer ! Nous restons là de longues minutes à les observer, tandis qu’ils restent indifférents à notre présence. Moi cela m’aurait agacé que quelqu’un fasse le poireau derrière mon dos. Pas eux.
Renseignement pris il s’agit d’un jeu de société extrêmement populaire en
Turquie, le
Okey souvent joué dans les cafés pendant des heures. Un peu l’équivalent pour son impact social de ce qu’était la belote chez nous. J’ai regardé les règles du jeu sur internet mais je n’y ai pas compris grand-chose. Dès qu’il s’agit de nombres, je coince un peu...
Un discret au revoir aux joueurs toujours absorbés par leur partie et nous entrons dans une jolie ruelle décorée de parapluies multicolores suspendus au-dessus de nos têtes. Présage bienvenu. Quelques instants plus tard une averse brève mais drue nous contraint à chercher un abri.
Le temps est vraiment maussade aujourd’hui et nous hésitons en ce début d’après-midi sur la conduite à tenir. Personnellement j’aurais envie de visiter le quartier populaire d’
Usküdar sur les bords du
Bosphore, Kate préfèrerait s’immerger encore un peu dans l’ambiance plus animée de
Galata et surtout revoir les fameux escaliers
Camondo rendus célèbres par les clichés de Cartier-Bresson.
Chi-fou- mi...Ce sera
Galata donc.
Avant de rembarquer à bord du
vapur nous nous arrêtons un instant sur l’esplanade qui longe le débarcadère afin d’écouter un jeune guitariste qui chante une belle mélodie aux accents orientaux. De sa composition je pense. J’aime beaucoup la musique orientale traditionnelle ou mêlée d’influences plus modernes comme le jazz oriental ou l’oriental pop. C’est un de mes rares regrets de ce séjour à
Istanbul. Celui de n’avoir pas cherché, ni trouvé, de lieux propices à écouter ce genre de musique.
Retour sur les pentes de
Galata et arrivée aux pieds de l’escalier. C’est le jour des mariages apparemment ! Plusieurs couples, costumes et robes blanches, se pressent sur les marches pour immortaliser leur union dans la boîte à images. Avec son imposant Nikon autour du cou, Kate est prise pour une photographe professionnelle. Et c’est aussitôt une avalanche de demandes. «
Can you take a picture of us ?
We will give you our WhatsApp »
Click-click, click-click, les clichés s’enchaînent. Le compagnon de la pro attend patiemment au bas de l’escalier. La séance aura duré une bonne vingtaine de minutes. Il est temps d’aller boire un
çay dans une petite rue tranquille à l’écart de la foule...
Pour notre dernière soirée à
Istanbul nous décidons de profiter de l’ambiance festive du haut de Galata. Les rues qui mènent à l’avenue de l’Indépendance sont noires de monde. Grâce au
Cartoville nous avons trouvé un petit resto qui tient davantage toutefois de la cantine. Le concept est simple, on se rend au comptoir et on compose soi-même son assiette. L’ambiance est décontractée, la clientèle très jeune. Nous passons un agréable moment, puis nous décidons sagement de rentrer à notre petit appartement.
Nous sentons que le voyage s’achève. C’est toujours un moment particulier, où les sentiments sont mêlés. La satisfaction d’avoir réussi le séjour, de ne pas être passé à côté, la nostalgie aussi propre à toute séparation lorsqu’ il faut dire adieu à un lieu que l’on a aimé et que l’on n’est pas certain de revoir un jour.
Demain cependant, nous aurons une matinée complète avant de rejoindre l’aéroport.
Demain, nous avons rendez-vous avec
Sophya,
Ayasophya...