Nouvelles du Népal (la presse) Grosminet · 10 février 2005 à 9:19 20 messages · 3 participants · 2 398 affichages | | | | 10 février 2005 à 9:19 Nouvelles du Népal (la presse) Message 1 de 20 · 2 333 affichages · Partager KATMANDOU, 9 fév (AFP) Première fronde de la justice contre le roi du Népal
Le roi du Népal a fait face mercredi à une première fronde, la justice ayant interpellé son gouvernement sur une des nombreuses arrestations depuis l'instauration de l'état d'urgence alors que des défenseurs des droits de l'Homme se préparaient à protester jeudi.
Dans une première décision de justice depuis que le roi Gyanendra a pris les pleins pouvoirs et instauré l'état d'urgence, un juge de la Cour Suprême a ordonné au nouveau gouvernement présidé par le souverain de s'expliquer sur l'arrestation d'un ancien président de l'Association du barreau du Népal.
La Cour suprême a pris cette décision après qu'une requête eut été déposée en vertu de l'Habeas Corpus par le président de l'Association du barreau, Shambhu Thapa, selon une source judiciaire. Le roi, en vertu de l'état d'urgence, a suspendu tous les droits fondamentaux sauf l'Habeas Corpus. De ce fait les dossiers portant sur la détention illégale peuvent encore être déposés devant la Cour Suprême et la cour d'appel.
L'ancien président de cette association de juristes, Sindhunath Pyakurel, avait été arrêté le 1er février, jour où le roi a limogé son gouvernement.
Selon des partis politiques et organisations de défense des droits de l'Homme, des centaines de dirigeants et militants politiques, syndicaux, étudiants, journalistes ont été arrêtés depuis dans tout le pays.
Un porte-parole de l'armée a estimé mardi qu'il n'y en avait qu'une centaine et a indiqué qu'ils pouvaient être détenus pour une durée d'au moins trois mois.
Les défenseurs des droits de l'Homme qui ont échappé à cette vague d'arrestation ont mis la dernière touche à l'organisation d'une action de protestation contre le roi et pour la démocratie, prévue jeudi à Katmandou, la première depuis le coup de force royal. Comme le droit d'expression, les rassemblements publics ont été interdits.
Krishna Pahadi, ancien président de Human Rights and Peace Societya indiqué à l'AFP qu'une vingtaine d'organisations seraient représentées et a dit s'attendre à ce que tous les participants soient arrêtés. "Il est certain que ceux qui participeront au meeting seront arrêtés", a-t-il déclaré.
M. Pahadi a insisté sur le fait que le nombre de personnes qui participeraient à cette action était moins important que le message symbolique qu'elle permettrait de faire passer.
"Demain, même s'il y a peu de monde, la présence des différentes organisations permettra de délivrer un message symbolique, (...) un message clair selon lequel nous sommes contre la décision du roi, qu'il n'y a pas de compromis sur le dos de la démocratie", a-t-il dit.
M. Pahadi, un des instigateurs de cette action, a espéré que cela ne serait qu'un "début" qui permettrait de mobiliser dans la foulée les mouvements politiques et étudiants.
Peu après une réunion clandestine, M. Pahadi a été arrêté, a indiqué l'HURPES qui a précisé que l'action de protestation était toujours à l'ordre du jour.
De nombreux militants politiques et associatifs sont passés dans la clandestinité depuis une semaine tandis que d'autres ont fui le pays, notamment des dirigeants du Congrès népalais, a indiqué un porte-parole de ce parti.
Les autres se réunissent clandestinement et "préparent une stratégie (pour organiser) des protestations de rue pacifiques contre la décision du roi", a dit Arjun Narsingha.
Le roi a limogé le gouvernement de Sher Bahadur Deuba notamment parce qu'il lui reprochait de n'avoir pas réussi à entamer des négociations avec les maoïstes en guerre contre le pouvoir depuis 1996. Il s'est donné trois ans pour ramener la paix et restaurer la démocratie.
kms-ss-dp/jhl | | | À: Grosminet · 11 février 2005 à 14:03 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 2 de 20 · 2 283 affichages · Partager VIE POLITIQUE - Première attaque des Maoïstes au Népal [ 11/02/05 ] Journal les Echos Le roi du Népal a été confronté à une première action de protestation publique et à la première grande offensive des rebelles maoïstes depuis qu'il a pris les pleins pouvoirs. Une dizaine de dissidents de l'association Human Rights and Peace Society (Hurpes) ont bravé l'interdit royal et ont manifesté quelques secondes dans le centre de Katmandou en criant des slogans anti-monarchiques et pro-démocratiques, avant d'être tous arrêtés. L'armée a dû faire face à la première grande offensive des maoïstes depuis dix jours, menée dans la nuit de mercredi à jeudi dans la région de Kailali (ouest) et qui s'est soldée par la mort de 5 soldats et d'au moins 1 rebelle. Sept dirigeants politiques népalais placés en résidence surveillée depuis le coup de force du roi ont toutefois été remis en liberté. COURRIER INTERNATIONAL WASHINGTON, 10 fév (AFP) Washington face à un dilemme au Népal après le coup de force du roi
Les Etats-Unis font face à un dilemme au Népal: geler toute forme d'aide pour punir le roi de ses méthodes anti-démocratiques ou regarder la guérilla maoïste prendre de plus en plus de contrôle dans les contreforts de l'Himalaya.
Washington considère que les rebelles maoïstes népalais sont des terroristes et a largement soutenu le pouvoir contre la guérilla en fournissant des armes et en participant à l'entraînement de l'armée.
Lorsque le roi Gyanendra a pris les pleins pouvoirs le 1er février après avoir limogé le gouvernement et instauré l'Etat d'urgence, les Etats-Unis ont fermement condamné la décision et demandé une restauration immédiate de la démocratie, mais n'ont pas suspendu leur aide financière à ce petit pays coincé entre l' Inde et la Chine.
"Nous sommes en train de passer en revue toutes les options possibles et de consulter nos alliés", a déclaré un responsable du département d'Etat à l'AFP.
Washington a distribué 45 millions de dollars d'aide au Népal en 2004, dont 10% étaient consacrés à la sécurité, a indiqué la même source en requérant l'anonymat. Pour 2005, 44 millions de dollars d'aide sont inscrits au budget, dont un tiers lié à la sécurité.
Alors que Washington soupèse l'éventualité d'un gel de son aide, le département d'Etat a indiqué dans un communiqué mercredi que l'envoyé spécial américain à Katmandou, James Moriarty, avait été empêché par les forces de sécurité népalaises de rencontrer plusieurs responsables politiques placés en résidence surveillée.
M. Moriarty a demandé "directement" au roi de libérer les membres de l'opposition, les étudiants et militants des droits de l'homme emprisonnés et de restaurer l'Etat de droit, a ajouté le département d'Etat.
La secrétaire d'Etat adjointe chargée de l' Asie du Sud, Christina Rocca, s'est rendue en Europe pour des consultations portant notamment sur le Népal. Washington a déjà consulté l' Inde, la Grande-Bretagne et la Chine sur le sujet.
Les Etats-Unis craignent que le coup de force du roi n'affecte les efforts de lutte contre la guerre civile qui ravage le Népal depuis 1996 et qui a déjà fait 11.000 morts.
L' Inde et la Grande-Bretagne, qui sont également des alliés du Népal contre l'insurrection, ont aussi condamné le coup de force du roi.
Selon les analystes, le dilemme auquel sont exposées les grandes puissances consiste à choisir entre suspendre leur aide au roi pour le contraindre à rétablir les droits fondamentaux, ou regarder la guérilla opérer des avancées faciles face à une armée népalaise sous-équipée.
"Le roi Gyanendra a justifié sa décision par la nécessité d'affaiblir les maoïstes, mais son coup aura exactement l'effet inverse", prédit Gareth Evans, ancien ministre australien des Affaires étrangères qui dirige à Washington le centre de recherches "International Crisis Group".
Selon lui, l'absence de liberté ne fera que nourrir les rancoeurs des populations locales et gonfler les rangs des insurgés. "Un monarque absolu qui s'attaque à la démocratie ne fera qu'aider les maoïstes et n'empêchera pas leur arrivée au pouvoir", ajoute-t-il.
Certains analystes attendent une augmentation de l'influence de la Chine au Népal après la fermeture soudaine du bureau du dalaï-lama à Katmandou et d'un centre de réfugiés dirigés par des Tibétains.
"Le roi Gyanendra lui-même est présenté comme favorisant un rapprochement avec Pékin et a effectué récemment un voyage en Chine", soulignent Frank Wolf et Mark Udall, élus au Congrès américain, dans une lettre envoyée à leurs collègues critiquant le harcèlement subi par les Tibétains au Népal.
Première fronde contre le roi du Népal Le Soir en ligne Le roi du Népal a fait face mercredi à une première fronde, la justice ayant interpellé son gouvernement sur une des nombreuses arrestations depuis l'instauration de l'état d'urgence alors que des défenseurs des droits de l'Homme se préparaient à protester jeudi. Dans une première décision de justice depuis que le roi Gyanendra a pris les pleins pouvoirs et instauré l'état d'urgence, un juge de la Cour Suprême a ordonné au nouveau gouvernement présidé par le souverain de s'expliquer sur l'arrestation d'un ancien président de l'Association du barreau du Népal. La Cour suprême a pris cette décision après qu'une requête eut été déposée en vertu de l'Habeas Corpus par le président de l'Association du barreau, Shambhu Thapa, selon une source judiciaire. Le roi, en vertu de l'état d'urgence, a suspendu tous les droits fondamentaux sauf l'Habeas Corpus. De ce fait les dossiers portant sur la détention illégale peuvent encore être déposés devant la Cour Suprême et la cour d'appel. L'ancien président de cette association de juristes, Sindhunath Pyakurel, avait été arrêté le 1er février, jour où le roi a limogé son gouvernement. Selon des partis politiques et organisations de défense des droits de l'Homme, des centaines de dirigeants et militants politiques, syndicaux, étudiants, journalistes ont été arrêtés depuis dans tout le pays. Un porte-parole de l'armée a estimé mardi qu'il n'y en avait qu'une centaine et a indiqué qu'ils pouvaient être détenus pour une durée d'au moins trois mois. Les défenseurs des droits de l'Homme qui ont échappé à cette vague d'arrestation ont mis la dernière touche à l'organisation d'une action de protestation contre le roi et pour la démocratie, prévue jeudi à Katmandou, la première depuis le coup de force royal. Comme le droit d'expression, les rassemblements publics ont été interdits. Krishna Pahadi, ancien président de Human Rights and Peace Society (HURPES) a indiqué qu'une vingtaine d'organisations seraient représentées et a dit s'attendre à ce que tous les participants soient arrêtés. Il est certain que ceux qui participeront au meeting seront arrêtés, a-t-il déclaré. M. Pahadi a insisté sur le fait que le nombre de personnes qui participeraient à cette action était moins important que le message symbolique qu'elle permettrait de faire passer. Demain, même s'il y a peu de monde, la présence des différentes organisations permettra de délivrer un message symbolique, (...) un message clair selon lequel nous sommes contre la décision du roi, qu'il n'y a pas de compromis sur le dos de la démocratie, a-t-il dit. M. Pahadi, un des instigateurs de cette action, a espéré que cela ne serait qu'un «début» qui permettrait de mobiliser dans la foulée les mouvements politiques et étudiants. Peu après une réunion clandestine, M. Pahadi a été arrêté, a indiqué l'HURPES qui a précisé que l'action de protestation était toujours à l'ordre du jour. De nombreux militants politiques et associatifs sont passés dans la clandestinité depuis une semaine tandis que d'autres ont fui le pays, notamment des dirigeants du Congrès népalais, a indiqué un porte-parole de ce parti. Les autres se réunissent clandestinement et préparent une stratégie (pour organiser) des protestations de rue pacifiques contre la décision du roi, a dit Arjun Narsingha. Le roi a limogé le gouvernement de Sher Bahadur Deuba notamment parce qu'il lui reprochait de n'avoir pas réussi à entamer des négociations avec les maoïstes en guerre contre le pouvoir depuis 1996. Il s'est donné trois ans pour ramener la paix et restaurer la démocratie. (D'après AFP) | | | À: Grosminet · 11 février 2005 à 14:12 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 3 de 20 · 2 279 affichages · Partager KRISHNA PAHADI, LE PRÉSIDENT FONDATEUR DE LA HUMAN RIGHTS AND PEACE SOCIETY (HURPES), ET ANCIEN PRÉSIDENT DE LA SECTION NÉPLAISE D’AMNESTY INTERNATIONAL A ÉTÉ ARRÊTÉ
NÉPAL CRAINTES DE TORTURE CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ PRÉOCCUPATIONS POUR LA SANTÉ
Krishna Pahadi, le président fondateur de la Human Rights and Peace Society (HURPES), et ancien président de la section néplaise d’Amnesty International
Sindhunath Pyakurel (h), président de la Nepal Bar Association (Association népalaise des avocats du barreau)
Bishnu Nisturi (h), secrétaire général de la Fédération des journalistes népalais
et des centaines de personnes, notamment des militants étudiants et des membres de partis politiques
Londres, le 8 février 2005
Krishna Pahadi, le président fondateur de la Human Rights and Peace Society (HURPES), a été arrêté dans les bureaux de l’organisation à Kathmandou, la capitale népalaise, le 9 février. Krishna Pahadi, est l’ancien président de la section népalaise d’Amnesty International, et est reconnu comme un des plus importants défenseurs des droits humains au Népal. On ne sait pas où il est détenu, et Amnesty est sérieusement préoccupée sur son sort.
Le 1er février, le roi du Népal a limogé le gouvernement et pris le contrôle du pouvoir exécutif. Il a déclaré l’état d’urgence dans tout le pays et fait arrêter des dirigeants politiques. Les communications ont été coupées à l’intérieur du Népal et avec le monde extérieur et des bureaux de médias indépendants ont été fermés. Selon une station de radio nationale, un certain nombre de libertés, notamment la liberté de circulation et de réunion, ont été suspendues.
Amnesty International est préoccupée également par la sécurité de Sindhunath Pyakurel, de Bishnu Nisturi et de tous ceux qui auraient été arrêtés depuis que le roi a proclamé l’état d’urgence et s’est arrogé le pouvoir exécutif.
Selon des sources dignes de foi, Sindhunath Pyakurel a été appréhendé par les forces de sécurité le 1er février, dans son bureau à Katmandou. Cet ancien président de la Nepal Bar Association (Association népalaise des avocats du barreau), une association nationale d’avocats œuvrant à la défense des droits de la personne, a dénoncé publiquement les violations perpétrées par les forces de l’ordre. Sindhunath Pyakurel souffre de troubles cardiaques et Amnesty International craint qu’il ne bénéficie pas des soins médicaux dont il a besoin en détention.
Bishnu Nisturi, secrétaire général de la Fédération des journalistes népalais, aurait été arrêté par les forces de sécurité le 4 février. Amnesty International craint qu’il n’ait été pris pour cible en raison d’une déclaration publiée le 2 février, dans laquelle la Fédération condamnait les récentes mesures prises par le roi en vue de supprimer la liberté d’expression. Ces dispositions comprenaient notamment la censure de la presse et la présence de l’armée dans les locaux des médias.
Amnesty International a reçu de multiples informations indiquant que les forces de sécurité se sont présentées au domicile et au bureau de nombreux défenseurs des droits humains. Craignant pour leur sécurité, plusieurs militants sont entrés dans la clandestinité.
Des centaines de membres d’associations étudiantes et de partis politiques ont été arrêtés depuis le 1er février. Beaucoup seraient détenus au siège de la section des forces de police armées à Halchowk ( Katmandou).
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Depuis 1996, le Népal est en proie à un conflit qui oppose les autorités au Parti communiste népalais (PCN) maoïste. Dans ce contexte, la situation des droits humains s’est dégradée au cours des derniers mois. Le roi Gyanendra a dissous le parlement en 2002 et, depuis lors, trois premiers ministres se sont succédé à la tête du gouvernement. Le plus récent, Sher Bahadur Deuba, avait été nommé par le souverain en mai 2004, après que des milliers de manifestants eurent demandé le retour d’un gouvernement démocratiquement élu. Il avait formé un gouvernement de coalition constitué de membres des principaux partis politiques du Népal. Après la prise de pouvoir par le monarque, Sher Bahadur Deuba et des membres de son cabinet ont été placés en résidence surveillée.
Au cours du conflit népalais, les forces de sécurité et le PCN maoïste ont systématiquement pris pour cibles les défenseurs des droits humains : certains ont été privés de liberté, d’autres enlevés, torturés ou menacés, voire tués. Amnesty International craint que ces atteintes ne se multiplient après la prise de pouvoir par le roi Gyanendra, et qu’il ne soit difficile, voire impossible pour les journalistes et les organisations de défense des droits humains d’agir librement...................
Voir le lien : www.amnestyinternational.be/doc/article4930.html | | | À: Grosminet · 12 février 2005 à 8:22 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 4 de 20 · 2 243 affichages · Partager Le gouvernement népalais se dit ouvert aux négociations avec les rebelles maoïstes LEMONDE.FR | 11.02.05 | 12h30 C'est dans un contexte tendu que le ministre de l'intérieur népalais a indiqué, vendredi 11 février, être prêt à négocier avec les maoïstes. Il y a dix jours, le roi Gyanendra limogeait son gouvernement, accusé de ne pas avoir maté la rebellion, et prenait les pleins pouvoirs. Jeudi, une nouvelle insurrection maoïste éclatait. Face à cette situation, Washington hésite à sanctionner le pouvoir, ce qui pourrait favoriser la montée des maoïstes, qu'il considère comme des terroristes.
Le coup de force du roi Gyanendra au Népal ouvre la voie à des négociations avec les rebelles maoïstes et ces derniers devraient saisir cette occasion de parvenir à la paix après des années de guerre civile, a déclaré, vendredi 11 février, le ministre de l'intérieur népalais.
Dan Bahadur Shahi a ajouté que le nouveau gouvernement mis en place par Gyanendra n'excluait aucun sujet de discussion avec les rebelles, y compris leur exigence de formation d'une Assemblée constituante chargée d'examiner l'avenir de la monarchie.
"Nous laissons toutes les portes ouvertes, asseyons-nous d'abord autour d'une table pour discuter de chaque point, y compris de l'Assemblée constituante", a-t-il déclaré au cours d'une interview accordée à Reuters.
"Notre première priorité, c'est la paix, les négociations de paix", a ajouté Shahi, nommé par le roi à la tête du puissant ministère de l'intérieur, chargé avec l'armée de lutter contre le soulèvement maoïste qui a fait plus de 11 000 morts depuis 1996.
Le roi Gyanendra a limogé le gouvernement début février, coupable à ses yeux de ne pas avoir réussi à mater la rébellion. Il a placé tous les pouvoirs sous sa seule autorité pour trois ans, fait mettre les dirigeants politiques en résidence surveillée et suspendu les activités de toutes les organisations de la société civile.
Pour Shahi, cette reprise en main devrait pousser les rebelles à négocier, car ceux-ci réclament de discuter directement avec le roi et non avec des gouvernements successifs.
"Maintenant, il s'agit du gouvernement de Sa Majesté, le roi est le décideur. La première exigence des maoïstes a été remplie", a assuré le ministre de l'intérieur. "S'ils constituent une organisation politique, s'ils ont une idéologie politique, alors ils devraient venir vers nous cette fois-ci." Les rebelles n'ont pas réagi à cette apparente ouverture.
BLOCUS MAOÏSTE
Les insurgés, qui contrôlent une grande partie du pays, ont averti qu'ils paralyseraient le Népal à partir de dimanche 13 février pour protester contre la prise des pleins pouvoirs par le roi Gyanendra le 1er février.
Ils avaient déjà coupé les routes menant à la capitale en décembre et août derniers, provoquant inquiétude et flambée des prix à Katmandou.
"Nous sommes au courant du blocus maoïste mais nous allons contrecarrer leurs plans et dégager les routes pour assurer que les lignes de ravitaillement restent ouvertes", a dit un responsable militaire à l'AFP.
"Des hélicoptères militaires escorteront les véhicules transportant le ravitaillement, dont les produits pétroliers et d'autres biens de première nécessité, depuis l'Inde", a-t-il ajouté.
Les rebelles maoïstes ont menacé le week-end dernier de paralyser le Népal pour une durée indéterminée à partir de dimanche. Leur dirigeant, Prachanda, a appelé la population à stocker des provisions et à opposer "une forte résistance" à ce qu'il a qualifié de "répression de style nazi".
Le dirigeant maoïste a demandé au roi de revenir sur ses mesures sinon "notre parti sera forcé d'instaurer un blocus au niveau national et une grève de la circulation pour une durée indéterminée à partir du 13 février".
ATTAQUE MAOÏSTE
Jeudi 10 février, quelque 300 rebelles maoïstes, munis d'armes automatiques et de grenades, ont lancé des attaques simultanées contre une prison, une succursale de la Banque centrale népalaise et deux postes de police dans la province isolée de Danghadi, bastion rebelle situé dans l'ouest du Népal.
Après 90 minutes de fusillade avec les policiers, les maoïstes sont parvenus à ouvrir les portes de la prison de Danghadi, à 660 km de Katmandou, et ont libéré environ 150 prisonniers, parmi lesquels des rebelles, a déclaré l'armée dans un communiqué.
Cinq policiers ont aussi été tués dans cette attaque, la plus violente menée par les rebelles depuis la décision de Gyanendra de s'arroger le pouvoir il y a dix jours.
Le corps d'un rebelle présumé a été retrouvé devant la prison mais les autorités népalaises pensent que d'autres maoïstes ont péri dans l'assaut.
Les attaques contre la banque et les postes de police ont été repoussées par les forces de sécurité, a précisé l'armée dans son communiqué.
Par ailleurs, la police népalaise a arrêté jeudi une dizaine de personnes qui manifestaient contre le roi Gyanendra, pour la première fois depuis que ce dernier s'est arrogé le pouvoir et a suspendu les libertés civiles après avoir limogé le gouvernement. Les militants espéraient que cette manifestation, organisée par la Société pour les droits de l'homme et la paix, permettrait de lancer une campagne de protestation nationale contre la décision de Gyanendra.
WASHINGTON HÉSITE
Au Népal, les Etats-Unis font face à un dilemme : soit geler toute forme d'aide pour punir le roi pour ses méthodes anti-démocratiques, soit voir la guérilla maoïste prendre de plus en plus de contrôle dans les contreforts de l'Himalaya.
Washington considère que les rebelles maoïstes népalais sont des terroristes et a largement soutenu le pouvoir contre la guérilla en fournissant des armes et en participant à l'entraînement de l'armée.
Lorsque le roi Gyanendra a pris les pleins pouvoirs le 1er février après avoir limogé le gouvernement et instauré l'Etat d'urgence, les Etats-Unis ont fermement condamné cette décision et demandé une restauration immédiate de la démocratie, mais ils n'ont pas suspendu leur aide financière à ce petit pays coincé entre l' Inde et la Chine.
"Nous sommes en train de passer en revue toutes les options possibles et de consulter nos alliés", a déclaré un responsable du département d'Etat à l'AFP.
Washington a distribué 45 millions de dollars (34, 9 millions d'euros) d'aide au Népal en 2004, dont 10 % étaient consacrés à la sécurité, a indiqué la même source en requérant l'anonymat. Pour 2005, 44 millions de dollars d'aide sont inscrits au budget, dont un tiers lié à la sécurité.
Alors que Washington soupèse l'éventualité d'un gel de son aide, le département d'Etat a indiqué dans un communiqué mercredi que l'envoyé spécial américain à Katmandou, James Moriarty, avait été empêché par les forces de sécurité népalaises de rencontrer plusieurs responsables politiques placés en résidence surveillée.
M. Moriarty a demandé "directement" au roi de libérer les membres de l'opposition, les étudiants et militants des droits de l'homme emprisonnés et de restaurer l'Etat de droit, a ajouté le département d'Etat.
Avec AFP et Reuters | | | À: Grosminet · 12 février 2005 à 8:25 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 5 de 20 · 2 241 affichages · Partager 11-02-2005 05/6 Népal : le CICR demande instamment le respect du droit international humanitaire Genève/ Katmandou (CICR) – Depuis neuf ans, le Népal vit dans une atmosphère de violence et plus de 10 000 personnes y ont laissé la vie.
Trop souvent, ce sont les civils qui souffrent directement ou indirectement du conflit en cours.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) demande instamment aux parties au conflit de respecter les règles essentielles et universellement acceptées du droit international humanitaire inscrites dans l’article 3 commun aux Conventions de Genève de 1949 (auxquelles le Népal est partie), les règles coutumières relatives à la conduite des hostilités et applicables aux conflits armés non internationaux, ainsi que les normes pertinentes contenues dans d’autres traités internationaux. Ces règles précisent notamment que :
les attaques dirigées contre des civils et les actes de violence visant à répandre la terreur au sein de la population civile sont interdits ;
les meurtres, les exécutions sommaires, les actes de torture, les viols, les traitements cruels et les prises d’otages sont prohibés ;
les mineurs âgés de moins de 18 ans ne devraient pas prendre part directement aux hostilités ;
les combattants blessés et malades, ainsi que ceux qui sont capturés ou qui se rendent, doivent être traités avec humanité ;
les blessés et les malades doivent être soignés sans délai ni distinction. Le personnel médical ainsi que les formations et établissements sanitaires tels que les ambulances, les postes de santé et les hôpitaux doivent être respectés par les deux parties au conflit.
Les installations, les véhicules et le personnel de la Croix-Rouge du Népal doivent eux aussi être respectés.
Le CICR est une organisation impartiale, neutre et indépendante qui a pour mission d’apporter protection et assistance aux victimes des conflits armés et d’autres situations de violence, ainsi que de promouvoir le respect du droit international humanitaire. À ce titre, il a organisé des séances de formation et de discussion pour les forces armées des deux parties au conflit.
Depuis le début de ses activités au Népal en 1998, le CICR a visité 4 749 personnes détenues par les deux parties au conflit. Pendant la même période, 3 151 messages Croix-Rouge ont été échangés entre des détenus et leur famille. Cependant, le CICR a connaissance de plus de 900 cas de personnes dont on est toujours sans nouvelles et dont les familles vivent dans l’angoisse.
Le personnel médical du CICR a dispensé, en 2004, une formation en chirurgie de guerre à une centaine de chirurgiens, de médecins et d’auxiliaires médicaux. Près de 60 amputés ont été équipés de jambes artificielles et environ 400 personnes ont reçu une formation d’instructeur en secourisme ou de secouriste dans l’ensemble du pays. En outre, la Croix-Rouge du Népal a reçu trois ambulances.
Grâce au CICR, les personnes incarcérées dans cinq prisons ont maintenant accès à l’eau potable. En coopération avec la Société nationale, l’institution est également occupée à moderniser le système d’adduction d’eau dans plusieurs villages.
Le CICR exhorte les deux parties au conflit à maintenir et à renforcer le dialogue humanitaire engagé avec lui, dans l’intérêt de la population népalaise, qui est la principale victime de ce conflit. Informations complémentaires :Annick Bouvier, CICR Genève, tél. : + 41 22 730 24 58Giuseppe Pogliari, CICR Katmandou, tél. : + 977 1 44822 85 | | | À: Grosminet · 14 février 2005 à 8:17 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 6 de 20 · 2 207 affichages · Partager KATMANDOU, 13 fév (AFP) Le Népal en état d'alerte au premier jour d'un blocus maoïste
L'armée népalaise était en état d'alerte maximale dimanche, au premier jour d'un blocus général décrété par la rébellion maoïste pour protester contre la prise des pleins pouvoirs par le roi Gyanendra le 1er février.
La date coïncide également avec le neuvième anniversaire de la rébellion destinée à abolir la monarchie dans le petit royaume himalayen. Plus de 11.000 personnes sont mortes depuis 1996.
Les forces de sécurité escortaient les poids-lourds qui osaient quitter dimanche la capitale Katmandou, couvrant également leur déplacement à l'aide d'hélicoptères. "Nous assurons la sécurité des véhicules empruntant l'autoroute", a indiqué un responsables des forces de sécurité sous couvert d'anonymat.
Les transports de personnes et de marchandises étaient "à l'arrêt" dans le sud-est et l'ouest du pays "mis à part quelques mini-bus", a indiqué Purna Shrestha, membre de la Fédération des entrepreneurs de transport.
En revanche, à Katmandou, les commerces et les transports fonctionnaient normalement. "Cela est peut-être dû au fait que personne dans les journaux, à la radio ou à la télévision n'a informé la population sur le blocus", déclare Narayan Neupane, gérant de magasin à Katmandou.
A Pokhara, à 200 kms à l'ouest de la capitale, tout était ouvert, à la grande différence du blocus de décembre dernier, qui avait alors été largement respecté.
"Ce n'est pas un fait de notre volonté mais par contrainte que nous devons rester ouverts", explique cependant un membre de la Chambre de commerce et d'industrie de Pokhara, qui affirme que, en décembre dernier, plusieurs gérants de magasin qui avaient oser fermer leurs rideaux avaient été "battus par les militaires".
"Il y a quelques jours, un responsable de l'armée a convoqué une réunion et dit aux entrepreneurs et à la Chambre de commerce qu'il fallait rester ouvert", ajoute-t-il.
Le gérant d'un magasin ajoute : "Ce matin (dimanche), la police est venue dire à tout le monde d'ouvrir son commerce". Un hôtelier renchérit : "Vendredi, un inspecteur général est venu et a dit : +si vous fermez, je vous tue+". "Mais les maoïstes disent : si vous ouvrez, nous pouvons vous faire exploser", ajoute-t-il.
La rébellion a précisé que le blocus se prolongerait aussi longtemps que le roi Gyanendra ne lèverait pas l'état d'urgence qu'il a décrété le 1er février. Le monarque avait alors limogé le gouvernement, accusé de n'avoir pas réussi à mater la rébellion maoïste, et aboli les libertés fondamentales.
De nombreux opposants ont été arrêtés ou assignés à résidence : un millier, selon un parti d'opposition, une centaine selon l'armée. Un nouveau gouvernement a été formé, essentiellement de fidèles au roi. Il est de plus directement dirigé par le monarque.
Samedi, un responsable des forces de sécurité avait affirmé que les rebelles se rassemblaient en grand nombre dans l'extrême ouest du royaume, près d'une prison qui avait été prise d'assaut mercredi par les maoïstes, libérant 150 détenus. 145 d'entre eux étaient encore en fuite. L'attaque avait fait cinq morts parmi l'armée et au moins un rebelle.
Le roi Gyanendra a récemment assuré être prêt à discuter paix, sans préalable, avec les maoïstes, qui n'ont pas encore répondu à cette offre. Leur leader, Prachanda, avait cependant récemment qualifié le monarque de "traître national" après son coup de force. | | | À: Grosminet · 14 février 2005 à 20:06 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 7 de 20 · 2 170 affichages · Partager nouvel article du "Monde" aujourd'hui :
Le Népal sous forte pression diplomatique et maoïste LEMONDE.FR | 14.02.05 | 18h57 La pression s'est accentuée sur le roi du Népal, lundi 14 février, avec l'annonce du rappel des ambassadeurs européens sur place ainsi que la paralysie totale de la route principale menant à Katmandou à l'appel des maoïstes. Le roi a renforcé son autorité en nommant lundi deux anciens ministres de l'époque de la monarchie absolue aux postes de vice-présidents du cabinet qu'il dirige.
Après avoir été largement condamné par la communauté internationale à la suite de son coup de force du 1er février suivi de l'instauration de l'état d'urgence et de la suspension des droits fondamentaux, le roi Gyanendra a subi, lundi 14 février, ses premiers grands revers diplomatiques. La pression s'est accentuée sur le roi du Népal qui a pris les pleins pouvoirs avec l'annonce du rappel pour consultations des ambassadeurs européens et la paralysie quasi totale de la principale autoroute menant vers la capitale à l'appel des maoïstes.
Les pays de l'Union européenne ont en effet décidé de rappeler "pour consultations" leurs ambassadeurs à Katmandou, a annoncé lundi le porte-parole du ministère français des affaires étrangères, Hervé Ladsous. "A la lumière des récents événements au Népal, nous avons décidé avec nos partenaires européens de rappeler pour consultations les ambassadeurs de l'Union européenne résidents à Katmandou", a déclaré à la presse M. Ladsous.
"Notre ambassadeur quittera donc temporairement le Népal ce soir pour Paris où il fera part aux autorités françaises de son évaluation de la situation. Le retour est prévu d'ici à la fin du mois", a ajouté M. Ladsous. "Nous appelons une fois de plus toutes les parties concernées à agir dans le sens du rétablissement le plus rapide de la démocratie et à respecter les droits de l'homme et les libertés civiles", a encore déclaré le porte-parole.
Le représentant de l' Inde au Népal, Shiv Shankar Mukherjee, est également rentré à New Delhi pour consultations tandis que le ministre indien des affaires étrangères, M. Natwar Singh, a appelé Katmandou à "prendre des mesures immédiates" pour le rétablissement de la démocratie. L'ambassadeur américain au Népal, James Moriarty, avait indiqué vendredi que les Etats-Unis pourraient suspendre leur aide au Népal si la situation dans le domaine des droits de l'homme n'évoluait pas. New Delhi et Washington soutiennent militairement l'armée népalaise pour l'aider à combattre la guérilla maoïste, en lutte contre le pouvoir depuis 1996.
ALERTE MAXIMALE
L'armée népalaise est en état d'alerte maximale à la suite d'un blocus général décrété dimanche par la rébellion maoïste pour protester contre la prise des pleins pouvoirs le 1er février par le roi Gyanendra. Le chef des rebelles, Prachanda, dit "Le Féroce", a précisé que le blocus se prolongerait aussi longtemps que le roi ne reviendrait pas sur sa décision. Il a déclaré lundi qu'il s'agissait de "la bataille finale contre le régime autocratique".
Le roi a limogé son gouvernement parce qu'il lui reprochait de n'avoir pas réussi à organiser des élections et à réprimer la guérilla. Il a déclaré qu'il se donnait trois ans pour restaurer paix et démocratie après avoir instauré l'état d'urgence et suspendu les droits fondamentaux suite à son renforcement du pouvoir. Des centaines de personnes, essentiellement hommes politiques mais aussi défenseurs des droits de l'homme ou journalistes, ont été arrêtés depuis le 1er février tandis que toute opposition au roi est réprimée.
Katmandou était épargnée, les magasins étaient ouverts et les rues embouteillées. Mais la principale autoroute menant vers l'ouest du pays et vers l' Inde, principale source d'approvisionnement de la capitale, était quasiment paralysée, a constaté une correspondante de l'AFP. "Le carburant, la nourriture, les médicaments sont importés par cette route. Si elle est bloquée, il va y avoir des pénuries rapidement", a expliqué un officier de police. Aucun mouvement de panique n'était pour le moment enregistré à Katmandou. En décembre, les maoïstes avaient bloqué les transports pendant une semaine, coupant les routes menant à Katmandou et perturbant son approvisionnement. En août, ils avaient déjà paralysé la ville une semaine, la population avait stocké des vivres et les prix avaient flambé.
La pression s'accentue aussi sur le plan politique. A New Delhi, des dirigeants exilés des sept principaux partis népalais ont annoncé avoir formé un front uni pour rétablir la démocratie au Népal. Dimanche, le principal parti d'opposition, le Congrès népalais avait appelé "toutes les organisations sœurs et ceux qui le veulent à mener des actions de protestation pacifiques dans chaque district à compter du 18 février".
Dans ce contexte, le roi n'en a pas moins renforcé l'autorité royale en nommant deux anciens premiers ministres de l'époque de la monarchie absolue aux postes de vice-président du cabinet qu'il dirige.
Avec AFP
 ça va vraiment très mal, et personnellement dans ces conditions je ne retournerais pas au Népal malgré ma passion pour ce pays. Il ne s'agit pas seulement de considérations sécuritaires mais aussi d'un choix éthique car ne perdons jamais de vue que les touristes sont une forte source de revenus pour le roi comme pour la rébellion maoîste. | | | À: Grosminet · 15 février 2005 à 14:03 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 8 de 20 · 2 147 affichages · Partager Bonjour,
Nouvelle arrivante sur ce cite, je m'y prend peut être mal mais je souhaiterai avoir de plus amples informations (bien que les info soient bien explicites) sur la sécurité des touristes. Voilà, mon copain ainsi que son père ont décidé d'effectuer un trek autour des annapurna et le départ est prévu début mars et ce sur une période de 1 mois.
Ils vont faire une halte a katmandou et ma question et de savoir si il n'y a vraiment aucun risque pour les trekkeurs.
Merci d'avance pour les infos | | | À: Larjungboy · 15 février 2005 à 14:06 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 9 de 20 · 2 146 affichages · Partager Népal: le roi Gyanendra nomme deux royalistes à ses côtés ATS, le 15 février 2005 à 03:41 KATMANDOU - Le roi Gyanendra du Népal renforce son emprise sur le pays. Il a nommé deux anciens premiers ministres royalistes pour l'assister au sein du conseil de gouvernement, rapporte lundi la radio népalaise.
Accentuant leurs pressions sur le souverain du petit royaume himalayen, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont annoncé lundi qu'ils rappelaient leurs ambassadeurs de Katmandou. Washington a exigé le rétablissement des droits et libertés civiques.
"Le roi doit rétablir et protéger les droits et libertés civiques et humains; il doit libérer les personnes arrêtées sous l'état d'urgence, et s'acheminer rapidement vers un rétablissement des libertés civiques et des institutions démocratiques pluralistes", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Richard Boucher.
Le roi Gyanendra a limogé ce mois-ci le gouvernement, lui reprochant d'avoir échoué à contenir l'insurrection maoïste. Il a pris les rênes du pouvoir au mépris de la démocratie pluraliste mise en place en 1990, et suspendu les libertés civiques, dont la liberté de la presse. | | | À: Chatsi · 15 février 2005 à 14:12 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 10 de 20 · 2 144 affichages · Partager Rien n'indique pour l'instant un danger pour les touristes.
Mais je donnerai aucun conseil pour y aller ou ne pas y aller.
Je crois que par rapport à des évènements réels chacun doit choisir en fonction de son propre ressenti voir ces peurs ou ces envies.
En plus, il m'est impossible de savoir si Mars sera calme ou....?
IL faut suivre les informations | | | À: Grosminet · 15 février 2005 à 14:18 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 11 de 20 · 2 156 affichages · Partager : - L'EU rappelle des délégués du Népal pour des
consultations : -
Katmandou | Février 15, 2005 10:53:10 AM IST
Katmandou, Fév. 15 : En fournissant piquer repoussez au Roi Gyanendra du Népal et son nouveau régime, membres de l'union européenne ont rappelé leurs ambassadeurs à Katmandou à leurs pays respectifs pour des consultations.
Le rappel des délégués d'EU vient à la suite des ambassadeurs d'Indien et des USA partant du Népal lundi.
De l'EU 25-member, seulement six - comprenant l' Irlande des membres de l'original 15, et l' Estonie, la Lettonie, la Lithuanie, la Malte, et la Slovénie de parmi les nouveaux membres - n'ont aucune mission à Katmandou.
Le mouvement vient après que premier ministre écarté par Gyanendra Sher Bahadur Deuba et son Conseil de Ministres fév. 1, puissances exécutives assumées, imposé un état d'urgence et les ministres de chef et anciens politiques mis, y compris Deuba, en état de l'arrestation de maison.
L'EU, avec l' Inde et les USA, avait exprimé la profonde inquiétude à l'action royale et avait demandé le rétablissement de la démocratie multipartiste et le dégagement des chefs politiques et redresse des activistes.
Le Népalais nouvellement désigné ministre des affaires étrangères Ramesh Nath Pandey avait commencé une série de réunions agitées avec les délégués étrangers pour les persuader que c'était la seule option encore pour que les autorités combattent l'insurrection de maoïste.
Jusqu'ici seulement la Chine, le Pakistan et la Russie s'étaient abstenus à la critique, appelle les développements une question interne du Népal.
L'EU a établi des relations diplomatiques avec le Népal en 1975 et aide par le Commission européen (la EC) se concentrant sur des activités comme le développement local, l'approvisionnement et l'hygiène en eau rural, l'éducation primaire et les réfugiés, commencés en 1977.
La EC est parmi les donateurs principaux soutenant au-dessus d'million de réfugiés de Bhutanese au Népal attendant le rapatriement pendant plus d'une décennie. Elle a également contribué l'aide substantielle de réduction de conflit au Népal. Sa aide courante est basée sur un plan quinquennal, commencé en 2002, avec l'allégement de pauvreté en tant que son foyer principal.
Le souci croissant de l'Eu de l'escalade dans l'insurrection communiste et de la détérioration dans la sécurité l'a faite envoyer une délégation de Troïka à Katmandou en décembre, pour la première fois jamais.
La Troïka a mené par Robert Milders, directeur pour l'Asie au ministère de Pays Bas des affaires étrangères, a procédé à la Nouvelle Delhi de Katmandou discuter la situation avec les autorités indiennes.
Depuis le changement royal au Népal, la communauté internationale à Katmandou aussi bien que les donateurs principaux avait tenu des consultations pour évaluer leur aide au nouveau régime.
Il n'y avait aucun commentaire immédiat du gouvernement népalais au départ des délégués d'EU, indiens et américains.
(IANS) | | | À: Grosminet · 15 février 2005 à 15:15 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 12 de 20 · 2 149 affichages · Partager J'ai bien reçu votre réponse et je vous en remercie.
salutations. | | | À: Chatsi · 16 février 2005 à 11:08 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 13 de 20 · 2 110 affichages · Partager Un monarque seul face aux maoïstes Aux prises depuis neuf ans avec une guérilla maoïste anachronique, le Népal, petit pays enclavé entre le géant indien et les pentes de l'Himalaya, vient de refermer quatorze années de parenthèse démocratique par un coup d'Etat royal, depuis que le roi Gyanendra a limogé le gouvernement et suspendu les libertés publiques. Mais en tentant d'enrayer les progrès de l'insurrection par un retour à l'autocratie, la monarchie népalaise prend le risque de précipiter sa chute.
Katmandou : de notre envoyé spécial Adrien Jaulmes [16 février 2005]
Les policiers montent la garde debout derrière leurs boucliers de plastique. Mais ni les conducteurs de rickshaws et de motocyclettes qui foncent dans la poussière du centre-ville, ni les moines bouddhistes en robes safran, les vaches qui divaguent selon la tradition hindoue, les écoliers en uniforme de «public schools» ou les touristes en pantalons imprimés qui se pressent sur les trottoirs de Katmandou ne leur prêtent la moindre attention. Deux semaines après le coup d'Etat royal, la suspension des libertés publiques et l'instauration de l'état d'urgence, la capitale népalaise semble indifférente aux événements politiques qui se précipitent.
Le «Nepal-bandh», la grève générale illimitée décrétée depuis dimanche par la guérilla maoïste en réponse au coup de force du roi, et censée marquer le début de «la bataille finale contre le régime autocratique» n'a pas eu beaucoup plus d'effet, et la quasi-totalité des magasins étaient ouverts hier en ville.
«Pour le moment, les gens ne blâment pas l'action du roi», dit Kunda Dixit, rédacteur en chef du magazine népalais Himal, qui vient de boucler son dernier numéro en présence d'un major de l'armée népalaise, comme en témoignent les espaces blancs laissés à la place des articles interdits par la censure militaire. «L'inefficacité et la corruption des partis politiques ont suscité depuis 1990 une grande frustration de la population vis-à-vis du système, ajoute le journaliste, ce qui explique l'indifférence populaire et laisse au souverain quelques mois de répit.»
«Tout cela a d'ailleurs un air de déjà vu, ironise-t-il. En 1959, le père du roi actuel avait déjà mis le gouvernement en prison et suspendu la Constitution.» Par un saisissant retour dans le temps, l'actuel roi Gyanendra a nommé avant-hier à ses côtés deux octogénaires ultraroyalistes, le docteur Tulsi Giri et Kirti Bista, qui avaient dirigé le gouvernement de son père dans les années 60, dans le cadre autocratique du Panchayat, la «démocratie sans partis» inventée alors par la monarchie tibétaine.
Mais les journalistes, les hommes politiques et les militants des droits de l'homme, dont plus de 200 sont toujours en état d'arrestation ou en résidence surveillée, ne sont pas les seuls à s'émouvoir au Népal de cette restauration de la monarchie absolue.
Le coup d'Etat royal a suscité de vives réactions à l'étranger. L' Inde, qui considère le petit royaume montagnard comme sa chasse gardée, a rappelé son ambassadeur en consultation, tout comme les Etats-Unis, qui avaient placé ces dernières années les maoïstes sur la liste des organisations terroristes et fourni une importante aide militaire au royaume. La France et la Grande-Bretagne ont elles aussi rappelé leurs représentants respectifs, et des sanctions pourraient frapper prochainement un pays largement dépendant de l'extérieur.
A cet isolement international s'ajoute la menace que fait peser la guérilla sur les approvisionnements de Katmandou. L'unique route qui relie la capitale à l' Inde est depuis le week-end désertée par les véhicules. Au poste de contrôle qui commande l'entrée de la vallée de Katmandou, les registres tenus par la police indiquent à peine quelques dizaines de véhicules, contre des centaines en temps normal. Le long de la chaussée qui serpente à flanc de montagne, les patrouilles de l'armée népalaise n'ont pourtant découvert aucun barrage de la guérilla, et les hélicoptères n'ont accroché aucune bande rebelle.
Mais malgré les convois organisés par les militaires népalais, les camionneurs ne se risquent pas sur cet itinéraire où les maoïstes ont déjà incendié par le passé plusieurs dizaines de véhicules et tendu à l'armée des embuscades meurtrières. «Seuls les déplacements vers des destinations lointaines sont rendus un peu difficiles», admet le brigadier général Dipak Gurung, porte-parole de l'armée népalaise, «mais le blocus est voué à l'échec», affirme-t-il.
«Maintenant qu'ils détiennent le pouvoir absolu, le roi et l'armée doivent absolument remporter une victoire contre les maoïstes, ou bien les amener à la table de négociations, dit un analyste népalais, sinon, ce sont les maos qui apparaîtront comme les vainqueurs.» | | | À: Grosminet · 16 février 2005 à 14:01 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 14 de 20 · 2 102 affichages · Partager Une guérilla montagnarde hors d'âge
A. J. [16 février 2005]
La «voie du camarade Prachanda» et les principes du «marxisme-léninisme-maoïsme» les guident «le long du sentier de la guerre populaire pour écraser l'Etat réactionnaire et instaurer un nouveau régime démocratique». Héritiers directs des mouvements révolutionnaires communistes du XXe siècle, les guérilleros du Parti communiste népalais (maoïstes) ont fait du Népal une sorte de Jurassic Park de la révolution rouge. Se réclamant de l'héritage du «Grand Timonier» de la révolution chinoise et du Sentier lumineux péruvien, les maoïstes népalais, ont étendu depuis le début de leur insurrection, le 13 février 1996, leur influence à la plupart des provinces du royaume.
Assassinant les notables ruraux, attaquant les postes de police et les représentants de l'Etat, le mouvement obtient à ses débuts une petite popularité, notamment dans les montagnes du centre-ouest, où une paysannerie misérable ne connaît guère du pouvoir central que ses taxes et ses vexations. Depuis, les extorsions diverses des guérilleros, les réquisitions de soldats et de porteurs ainsi que les séances d'endoctrinement ont douché l'enthousiasme initial des paysans, mais les «maobandis» continuent d'opérer librement dans les montagnes népalaises.
Si leurs rangs sont constitués par les paysans et les montagnards les plus pauvres, leurs chefs historiques sont des intellectuels issus des castes supérieures brahmanes. Pushpa Kamal Dahal, 52 ans, dit le «camarade Prachanda», (le «Féroce»), secrétaire général du parti et chef de sa branche militaire est un ancien agronome. L'idéologue du mouvement, Baburam Battaraï, 52 ans, est diplômé en architecture de l'université de Delhi, alors que sa femme Hisila Yami, qui dirige les milices féminines, a étudié en Grande-Bretagne. Un autre chef militaire, Ram Bahadur Thapa, serait quant à lui passé par une université russe.
Estimés à huit mille combattants, auxquels s'ajoutent vingt mille miliciens irréguliers et quelques centaines de milliers de sympathisants, les maoïstes n'ont – malgré leurs succès tactiques – jamais réussi à s'emparer durablement de la moindre ville ni à constituer un bastion dans une partie du pays.
Ne bénéficiant d'aucun soutien en dehors des frontières du Népal, et surtout pas celui de la Chine, embarrassée par ces émules encombrants, les maoïstes népalais se procurent leurs armes dans les dépôts de l'armée et de la police, ou fabriquent des grenades artisanales surnommées les «bombes chaussettes». Visant toujours officiellement à renverser la monarchie, les maoïstes seraient aujourd'hui divisés entre les partisans de la guerre à outrance et ceux de la négociation. | | | À: Grosminet · 17 février 2005 à 8:34 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 15 de 20 · 2 069 affichages · Partager Onze mesures pour sauver la liberté de la presse
Alors que la communauté internationale se mobilise pour tenter de restaurer la démocratie au Népal, Reporters sans frontières a fait parvenir au gouvernement népalais, à travers son ambassade en France, une liste de onze mesures urgentes pour sauvegarder la liberté de la presse mise à mal par les récentes décisions du palais et de l'armée.
Tant que ces mesures n'auront pas été appliquées par le gouvernement népalais, l'organisation continuera à demander aux pays occidentaux d'imposer des sanctions politiques et économiques au royaume himalayen. Les ambassadeurs des pays de l'Union européenne et de l' Inde ont été rappelés pour consultation dans leurs pays et les Etats-Unis envisagent de suspendre leur aide, notamment militaire.
Reporters sans frontières a également transmis une liste de dix journalistes népalais emprisonnés, dont cinq ont été arrêtés le 1er février 2005. Parmi eux, Bishnu Nisthuri, secrétaire général de la Fédération des journalistes népalais.
Onze mesures urgentes pour sauver la liberté de la presse
1. La fin de l'interdiction, imposée le 1er février, de publier, pour une durée de six mois, toute information négative sur le roi, le gouvernement et l'armée.
2. Le retrait des directives imposées, le 7 février, aux responsables de publication sur les informations autorisées.
3. La reprise des programmes d'information sur les radios FM.
4. La levée du blocage des chaînes de télévision privées et internationales.
5. La réouverture de tous les médias en province.
6. La libération des journalistes emprisonnés.
7. La fin du contrôle par les forces de sécurité des rédactions, notamment des hebdomadaires d'opposition.
8. La réouverture des radios communautaires.
9. La fin du harcèlement à l'encontre des dirigeants de la Fédération des journalistes népalais.
10. La reprise des retransmissions en FM des programmes en népalais de la BBC World Service
11. La fin de la censure des sites Internet d'information. | | | À: Grosminet · 18 février 2005 à 8:42 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 16 de 20 · 2 020 affichages · Partager Irène Khan, secrétaire générale d'Amnesty, analyse la situation au Népal : «Les civils népalais sont pris entre deux feux»Par Pierre PRAKASHvendredi 18 février 2005 (Liberation - 06:00)ecrétaire générale d'Amnesty International, la Bangladaise Irène Khan revient d'une mission de six jours au Népal, la première d'une organisation de défense des droits de l'homme depuis que le roi Gyanendra s'est emparé des pleins pouvoirs et a déclaré l'état d'urgence, le 1er février dernier. De passage à New Delhi, Irène Khan a répondu aux questions de Libération.
Quel bilan tirez-vous de votre visite au Népal ?
Depuis maintenant neuf ans, le Népal traverse un conflit qui s'est déjà traduit par des violations massives des droits de l'homme, tant de la part des rebelles maoïstes que de l'armée. Cette guerre avait déjà anéanti les droits fondamentaux dans les campagnes, et maintenant l'état d'urgence fait la même chose dans les zones urbaines, notamment en interdisant les droits d'expression, de réunion et la liberté de la presse. La société civile est totalement muselée, et partout où nous sommes allés, nous avons constaté un profond sentiment de peur et d'incertitude au sein de la population. Dans les faits, les militaires contrôlent les opérations, pas le pouvoir politique.
La dernière fois que le roi a décrété l'état d'urgence, en 2001, cela s'est soldé par un véritable bain de sang. Craignez-vous la même chose cette fois-ci ?
Les ONG sur place affirment avoir de plus en plus de témoignages concernant des atrocités commises par les maoïstes. Il y a donc une intensification des violations des droits de l'homme des deux côtés, et ce sont les civils qui se retrouvent pris entre deux feux. Un syndicaliste m'a, par exemple, expliqué que les maoïstes avaient menacé les chauffeurs de camions de leur couper les mains s'ils ne respectaient pas la grève générale qu'ils ont déclenchée, mais que l'armée les menaçait du même sort s'ils la respectaient.
Vous êtes l'un des rares observateurs étrangers à avoir pu rencontrer le roi depuis sa prise de pouvoir... Vous a-t-il éclairé sur ce qu'il comptait faire ?
J'ai rencontré le roi en tête à tête et il a répondu à toutes mes questions. Il affirme avoir décrété l'état d'urgence pour améliorer la situation du pays, car le système politique ne fonctionnait plus. Il m'a toutefois affirmé que c'était une mesure «temporaire», insistant sur le fait qu'un monarque «doit régner, pas diriger», ce qui sous-entend qu'il compte faire appel à d'autres pour diriger le gouvernement. En définitive, il m'a donné toutes les bonnes réponses. Cependant, dans mon domaine, on se méfie toujours des paroles tant qu'il n'y a pas d'actions concrètes. Or, il y a un énorme fossé entre les assurances que nous ont données les officiels et ce qui se passe sur le terrain.
Que peut faire la communauté internationale ?
Le plus efficace serait de suspendre l'assistance militaire, ce sont surtout l' Inde, le Royaume-Uni et les Etats-Unis qui sont concernés. Le Népal est aussi très soucieux de son image à l'étranger, il faut donc que la communauté internationale lui fasse clairement comprendre que cette image est aujourd'hui menacée si le gouvernement continue d'agir comme il le fait depuis deux semaines. Jusqu'ici, les condamnations n'ont pas été suivies de conséquences. Par ailleurs, nous appelons l'ONU à vérifier les antécédents des soldats népalais qui sont engagés dans les opérations de maintien de la paix à l'étranger. Le Népal fournit chaque année plus de 3 000 hommes pour ces opérations, or certains de ces soldats ont participé au Népal à des opérations au cours desquelles il y a eu de graves violations des droits de l'homme. | | | À: Grosminet · 18 février 2005 à 8:44 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 17 de 20 · 2 020 affichages · Partager Amnesty s'inquiète pour les droits de l'homme au NépalAlors que le roi s'est arrogé les pleins pouvoirs depuis le 1er février, l'organisation dénonce le contrôle du pays par l'armée et appelle à une suspension de l'aide militaire au royaume himalayen.
Par Libération.frjeudi 17 février 2005 (Liberation.fr - 12:52)our tenter de mettre fin à la crise politique qui secoue le Népal, le roi Gyanendra a nommé jeudi une commission anticorruption, un des maux qui alimente la rébellion maoïste en lutte depuis neuf ans contre la monarchie népalaise. Mais deux semaines après le coup de force du roi, qui s'est emparé des pleins pouvoirs le 1er février, Amnesty International dénonce une prise de contrôle du pays par l'armée. Et l'organisation de défense des droits de l'homme appelle à une suspension de l'aide militaire au petit pays de l'Himalaya. Le roi Gyanendra a renvoyé le gouvernement, pris le pouvoir pour trois ans et décrété l'état d'urgence, après avoir accusé son premier ministre de ne pas avoir réussi à mettre fin à la guérilla maoïste et à organiser des élections.
Face à la suspension des libertés et de nombreuses arrestations ces dernières semaines, Amnesty International a accusé l'armée d'exercer de fait le pouvoir. «L'armée a pris le contrôle sans le dire. L'état d'urgence a renforcé les forces de sécurité. Le processus politique et les droits de l'homme sont relégués au second plan», a expliqué Irène Khan, la secrétaire générale de l'ONG. «Le temps presse, le Népal est dans une spirale descendante», a-t-elle dit à New Delhi, au retour d'une mission au Népal, où elle a rencontré le roi et des dirigeants gouvernementaux et militaires. Face à ce putsch larvé, l'organisation demande un arrêt de l'aide militaire internationale. Notamment de la part des trois principaux fournisseurs du pays que sont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l' Inde. La dirigeante d'Amnesty a aussi demandé aux Nations unies de nommer un rapporteur spécial sur les droits de l'homme au Népal.
Le numéro deux du nouveau gouvernement népalais a de son côté justifié la suspension des libertés et de la démocratie par la lutte contre l'anarchie. Les Etats-Unis, l'Union européenne et l' Inde ont rappelé cette semaine leurs ambassadeurs à Katmandou pour consultations et Washington a indiqué que son aide pourrait être suspendue. «Les Etats-Unis et les pays de l'UE ont réagi rapidement sans comprendre la réalité fondamentale des grands problèmes du Népal», à savoir, selon le vice-président Tulsi Giri, «le terrorisme maoïste et le maintien de la paix et de la sécurité». Les Etats-Unis ont qualifié la guérilla maoïste népalaise d'organisation terroriste et ont alloué 44 millions de dollars au Népal pour 2005. L'aide étrangère est essentielle à ce petit pays, l'un des plus pauvres du monde. Sur un budget de 115, 2 milliards de roupies (1, 6 milliard de dollars) pour l'exercice 2004/05 s'achevant en juillet, elle représente 32, 2 milliards (456, 1 millions de dollars).
Alors que le nouveau gouvernement avait promis de faire de la lutte contre la corruption une de ses priorités, le palais royal a annoncé la formation d'une commission anticorruption de six membres dirigée par un haut fonctionnaire, Bhakta Bahadur Koirala. Cette commission possède des pouvoirs de justice et est autorisée à confisquer des biens. Sa mission: réprimer la contrebande, l'évasion fiscale et la corruption en général. Elle peut imposer des amendes de 5.000 roupies (70 dollars) ou des peines de six mois de prison à ceux qui s'opposeraient à ses enquêtes. | | | À: Grosminet · 18 février 2005 à 8:46 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 18 de 20 · 2 018 affichages · Partager KATMANDOU, 17 fév (AFP) Le Népal demande aux gouvernements étrangers de ne pas l'abandonner
Le numéro deux du gouvernement népalais a appellé les gouvernements étrangers à ne pas abandonner le Népal, affirmant que le roi Gyanendra avait déclaré l'état d'urgence pour empêcher l'anarchie dans ce petit pays pauvre de l'Himalaya.
"Il n'y a rien d'étonnant à ce que l'état d'urgence ait été déclaré quand l'anarchie était à son comble", affirme le vice-président du gouvernement dirigé par le souverain depuis le début du mois, Tulsi Giri.
Le 1er février, le roi Gyanendra a dissous le cabinet et a pris les pleins pouvoirs pour trois ans, formant un gouvernement de loyalistes. Il justifié la suspension des libertés et de la démocratie par la lutte contre l'insurrection maoiste qui contrôle une grande partie du pays et a fait 11.000 morts en neuf ans.
Lundi, il a appelé deux vétérans, anciens premiers ministres sous son père à l'époque de la monarchie absolue, M. Giri et Kirti Nidhi Bista, tous deux agés de 79 ans, pour le seconder comme vice-présidents du gouvernement.
Dans une interview à l'AFP, M. Giri affirme que l'intitiative du roi n'a pas été comprise par la communauté internationale qui l'a largement condamnée.
Les Etats-Unis, l'Union européenne et l' Inde ont rappelé cette semaine leurs ambassadeurs pour consulations et Washington a indiqué que son aide au Népal pourrait être suspendue.
Les Etats-Unis qui ont qualifié la guerilla maoiste d'organisation terroriste ont alloué 45 millions de dollars au Népal l'an dernier et 44 millions sont prévus pour cette année.
"Les Etats-Unis et les pays de l'UE ont réagi rapidement sans comprendre la réalité fondamentale des grands problèmes du Népal", ajoute M. Giri.
"Le terrorisme maoiste et le maintien de la paix et de la sécurité sont les principaux problèmes du pays. Si les pays donateurs ne comprennent pas nos vrais problèmes, il n'y a pas grand chose que nous puissions faire", dit-il.
L'aide étrangère est essentielle pour le Népal. Sur un budget de 115, 2 milliards de roupies (1, 6 milliard de dollars) pour l'exercice 2004/05 s'achevant en juillet, 32, 2 milliards (456, 1 millions de dollars) doivent provenir de l'aide, prêts et dons, bilatérale et multilatérale.
"Nous avons besoin de l'aide étrangère pour notre développement. Mais s'ils insistent pour l'annuler à cause de la démocratie, nous ne pouvons nous prosterner à leurs pieds et faire l'aumône", ajoute le responsable, soulignant que l'aide servait à "lutter contre le terrorisme et tenter de réduire la pauvreté".
Il a assuré que le roi restait partisan de la démocratie malgré la suspension des libertés et la censure de la presse.
De nombreux opposants ont été arrêtés ou assignés à résidence : un millier, selon un parti d'opposition, une centaine selon l'armée.
"Ce ne sont que des mesures temporaires parce que le plus grand problème du pays est aujourd'hui le maintien de l'ordre. Le roi a décrété des mesures d'urgence pour un temps afin de contrôler le terrorisme. Si les droits fondamentaux sont suspendus temporairement, on ne peut pas parler de mesure non démocratique", a-t-il affirmé.
Il a noté que d'autres nations avaient fait de même face à des situations graves et que les droits fondamentaux restaient garantis par la constitution.
Le ministre a reconnu d'autre part que le gouvernement n'avait pas réussi à contrecarrer le blocus décrété pour une durée indéterminée depuis dimanche dernier par les rebelles et qui a considérablement réduit la circulation dans le pays.
"Nous ne pouvons pas les stopper partout. Notre sécurité est en train de les réprimer et de stopper leurs activités prochainement", a-t-il dit. | | | À: Grosminet · 18 février 2005 à 8:49 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 19 de 20 · 2 016 affichages · Partager UNESCO : pas de paix au Népal sans respect des droits fondamentaux
17 février – Déplorant la perte en quelques jours de « 15 ans d'acquis en matière de liberté de la presse », le directeur de l'agence de l'ONU pour l'éducation et la culture a rappelé que le Népal ne pourrait pas vivre en paix sans respecter les droits fondamentaux.
Le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, a exprimé aujourd'hui sa profonde inquiétude face aux atteintes portées à la vie démocratique et à la liberté d'expression depuis la proclamation de l'état d'urgence au Népal, indique un communiqué de l'agence publié le 16 février à Paris.
« L'annonce de la fermeture de dizaines de médias, d'un contrôle direct des forces armées sur les autres, de l'interdiction de toute publication d'information critique, ainsi que les nombreuses arrestations de journalistes, constituent autant d'atteintes à la liberté d'expression que l'UNESCO a pour mission de défendre », a déclaré Koïchiro Matsuura.
« En quelques jours, ce sont 15 ans d'acquis en matière de liberté de la presse, et par conséquent de progrès démocratiques, qui ont été réduits à néant. La liberté de la presse, comme les autres libertés fondamentales, est pourtant indispensable à la bonne marche d'une société. Le Népal ne pourra vivre en paix sans respecter les droits fondamentaux, la démocratie et le multipartisme », a-t-il poursuivi.
L'agence de l'ONU indique que « selon le Kathmandu Post, près de 1000 journalistes risquent de se retrouver sans travail du fait de l'interdiction de diffuser de l'information sur les radios FM. Plusieurs dirigeants de la Fédération des journalistes népalais seraient obligés de se cacher. Les communications ont été rétablies mais les fermetures de médias se poursuivraient selon Reporters sans Frontières ».
Le directeur de l'UNESCO a rappelé que le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, avait dès le 1er février qualifié de « recul grave pour le pays », les dispositions visant à dissoudre le gouvernement, instaurer l'état d'urgence et suspendre les libertés publiques et la liberté d'expression (voir notre dépêche du 1er février 2005 et voir aussi notre dépêche du 27 janvier 2005 sur la déclaration de Louise Arbour, Haute Commissaire aux droits de l'homme).
Cette condamnation avait été suivie d'un communiqué conjoint de neuf experts de l'ONU (voir notre dépêche du 8 février 2005). | | | À: Grosminet · 18 février 2005 à 8:59 Re: Nouvelles du Népal (la presse) Message 20 de 20 · 2 014 affichages · Partager ÉCLAIRAGE - Chronologie népalaise
L'affrontement entre les rebelles maoïstes et la monarchie est le résultat de plusieurs décennies de tâtonnements constitutionnels.
1923 : Un traité avec la Grande-Bretagne officialise la souveraineté du Népal
1951 : La monarchie est restaurée.
1959 : Le royaume se dote d’une Constitution qui prévoit le pluripartisme. Les premières élections législatives sont organisées.
1960 : Le Nepali Congress Party (NCP) remporte le vote populaire, mais le roi Mahendra décide de limoger le Premier ministre, de suspendre le Parlement et d’interdire tous les partis politiques.
1962 : Une nouvelle Constitution remplace le pluralisme démocratique par un système de conseils élus placés sous la tutelle du roi.
1972 : Birendra succède au roi Mahendra, décédé.
1980 : A la suite d’un mécontentement populaire, un référendum constitutionnel est organisé. Le système des conseils remporte une faible majorité. Le roi autorise des élections législatives mais sans partis politiques.
1985 : Le NCP lance une campagne de désobéissance civile pour la restauration du pluripartisme.
1986 : De nouvelles élections ont lieu. Elles sont boycottées par le NCP.
1989 : A cause d’un conflit commercial, New Delhi ferme ses frontières avec le Népal. La situation économique du royaume s’aggrave.
1990 : Manifestations prodémocratiques. De nombreux manifestants sont tués ou arrêtés par l’armée. Finalement, le roi Birendra accepte l’adoption d’une nouvelle Constitution et lève l’interdiction des partis politiques.
1991 : Premières élections démocratiques, remportées par le NCP.
1994 : Une motion de censure fait tomber le gouvernement du NCP. Les communistes arrivent au pouvoir.
1996 : Début de l’insurrection maoïste dans les zones rurales.
1999 : Après plusieurs années de forte instabilité politique, le roi dissout le Parlement. De nouvelles élections portent le NCP à la tête du gouvernement.
avril 2001 : Les maoïstes déclenchent une grève générale qui paralyse tout le pays.
juin 2001 : Le prince héritier tue treize membres de sa famille, dont le roi Birendra, avant de se donner la mort. Gyanendra est couronné roi.
juillet 2001 : Les maoïstes lancent une nouvelle offensive contre le régime. Un nouveau gouvernement, dirigé par Sher Bahadur Deuba, est formé. Une trêve est annoncée.
novembre 2001 : Les maoïstes constatent l’échec des pourparlers de paix. Le roi Gyanendra déclare l’état d’urgence.
2002 : La guérilla s’intensifie. Le gouvernement américain accorde 20 millions de dollars d’aide au Népal.
octobre 2002 : Le roi Gyanendra limoge le Premier ministre Deuba.
janvier-août 2003 : Cessez-le-feu entre les rebelles et le gouvernement. Echec des négociations.
juin 2004 : Après l’échec d’un gouvernement royaliste, Gyanendra rappelle Deuba aux affaires.
août 2004 : Les insurgés organisent le blocus de Katmandou pendant une semaine.
décembre 2004 : Nouveau blocus de la capitale pendant une semaine.
1er février 2005 : Le roi limoge à nouveau Deuba, déclare l’état d’urgence, supprime toutes les libertés individuelles et s’octroie tous les pouvoirs.
3 février : Le roi forme un gouvernement de onze membres placés sous son autorité.
7 février : Le roi prend de nouvelles mesures pour restreindre la liberté de la presse.
12 février : Les maoïstes organisent un blocus illimité du pays. Le roi subi une forte pression de l’Occident, qui a condamné son coup de force. Ingrid Therwath | Discussions similaires sur le Népal: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 15 274 visiteurs en ligne depuis une heure! |