
Deux mois après l'instauration de l'état d'urgence, la censure et les arrestations se poursuivent

Reporters sans frontières rappelle que 15 journalistes népalais sont actuellement emprisonnés, parmi lesquels 10 ont été arrêtés depuis la prise des pleins pouvoirs par le roi Gyanendra, le 1er février 2005. Au cours des deux derniers mois, 45 professionnels de l'information ont été interpellés ou emprisonnés par les forces de sécurité.
Dernier en date, Ganesh Mahar, journaliste indépendant et ancien rédacteur en chef du Farwest Daily et du Sahakarmi Weekly, est détenu à Dadeldhura (dans l'ouest du pays) depuis le 25 mars 2005. Il a été arrêté alors qu'il couvrait un rassemblement de partis politiques d'opposition.
Reporters sans frontières dénonce ces arrestations et les mesures liberticides adoptées par les autorités népalaises au nom des intérêts nationaux. L'organisation est fortement préoccupée par la censure toujours imposée aux organes de presse. Ces derniers sont dans l'interdiction de publier des articles ou des interviews qui pourraient inciter à "des actes violents ou terroristes allant à l'encontre des intentions et de l'esprit de la proclamation royale du 1er février", selon un communiqué publié par l'agence de presse gouvernementale RSS.
Les radios FM font également l'objet de censure. Ainsi, le 9 mars, le ministère de l'Information et de la Communication leur a réitéré l'interdiction du 2 février 2005 de diffuser des programmes d'information.
Depuis que le roi Gyanendra a décrété l'état d'urgence le 1er février, de nombreux médias népalais ont disparu, entraînant la mise au chômage d'au moins 600 journalistes.
Reporters sans frontières se joint aux actions de protestation qui ont rassemblé 400 journalistes dans les rues de
Katmandou le 29 mars 2005. Ils ont réclamé la fin de la censure, le rétablissement de la liberté de la presse et la libération des journalistes emprisonnés. En février, Reporters sans frontières avait listé onze mesures urgentes pour sauvegarder la liberté de la presse au
Népal.
Onze mesures urgentes pour sauver la liberté de la presse
1. La fin de l'interdiction, imposée le 1er février, de publier, pour une durée de six mois, toute information négative sur le roi, le gouvernement et l'armée.
2. Le retrait des directives imposées, le 7 février, aux responsables de publication sur les informations autorisées.
3. La reprise des programmes d'information sur les radios FM.
4. La levée du blocage des chaînes de télévision privées et internationales.
5. La réouverture de tous les médias en province.
6. La libération des journalistes emprisonnés.
7. La fin du contrôle par les forces de sécurité des rédactions, notamment des hebdomadaires d'opposition.
8. La réouverture des radios communautaires.
9. La fin du harcèlement à l'encontre des dirigeants de la Fédération des journalistes népalais.
10. La reprise des retransmissions en FM des programmes en népalais de la BBC World Service
11. La fin de la censure des sites Internet d'information.