Odni, tu as raison de dire qu'on n'a pas besoin de s'habiller à l'Indienne pour respecter la pudeur des Indiens. Il suffit de couvrir ses épaules, ses jambes, et de s'abstenir d'être dépoitraillée lorsqu'on est une femme. Pour un homme, éviter de paraître torse nu en public (une étoffe pendant des côtés du cou suffit à couvrir ce qui doit être couvert). Pour tous, ne pas exhiber la plante de ses pieds si des gens se trouvent en face de vous.
Mais en ce qui concerne le port de costumes indiens par les Occidentaux, j'ai une expérience opposée à la tienne: j'ai toujours entendu que les Indiens se sentaient honorés lorsqu'un Occidental arborait une tenue indienne. Je n'ai pas l'expérience d'un touriste, mais celle de l'époux d'une indienne, en immersion réelle dans la société tamoule de
Pondichéry.
Du moment que l'on porte ces tenues correctement et avec naturel, on n'a plus l'air déguisé. Même si l'habit ne fait pas le moine, il y contribue. Il suffit d'aimer l'
Inde et de se sentir un peu indien pour que l'
Inde vous le rende, notamment en vous offrant une seconde peau, qui peut être fournie par un costume.
"Enfermer les Indiennes dans les traditions" (vestimentaires je suppose), je ne sais pas trop ce que cela veut dire.
La tradition est la part de la culture qui se transmet, se modifiant légèrement d'une génération à l'autre, tout comme la vie se transmet par les gènes sans faire renaître des individus similaires. La tradition est l'image même de la vie. Lorsqu'elle se fige, elle meurt, devient folklore, et se range au musée. Comme tu le dis "L'
Inde change et même les tenues indiennes". Les gravures du XIX°s, les photos des années 1900, nous montrent que les Indiennes de l'ancien temps ne s'habillaient pas comme celles d'aujourd'hui. Le sari avait un tout autre air que celui d'aujourd'hui, le penjabi (salwaar kameez) ne se portait qu'au Penjab, etc.
Souhaitons simplement que l'
Inde n'interrompe pas le fil de la tradition, ne change pas au point de se couper de son identité (laquelle fait tout son attrait) et que les Indiens ne deviennent pas des consommateurs déracinés n'ayant plus pour repère que leur caddie, les spots publicitaires et les modèles américains.