Je me demande ce que la démocratie vient faire dans cette conversation, Attila. Le régime politique importe peu, d'autant plus que dans le cas de l'
Inde, question démocratie, il faut y regarder à 2 fois...
Ce qui importe, si l'on veut vraiment connaître ceux que certains voyageurs appellent superficiellement "les locaux", c'est de faire le geste d'intégration, le geste qui suscite la confiance de la population locale, et son respect, conditions d'une véritable communication. Par exemple, je ne m'amuserai pas à manger avec la main gauche en
Inde en racontant des blagues paillardes et en m'éternisant à table, même si j'adore ça.
Évidemment, il y a d'autres façons de voyager, en se contentant de passer, en voyant "les locaux" comme un élément du paysage. Mais même dans ces conditions, le bon sens devrait inciter à ne pas les choquer. Quand on va chez quelqu'un, à moins d'y être autorisé, on ne fait pas comme chez soi, que votre hôte soit démocrate ou pas.
Vous m'avez mal lu: je n'ai jamais préconisé de figer des modes de vies. La tradition est dynamique, évolutive, comme la transmission des gènes. C'est tout le contraire de l'immobilisme. C'est une adaptation du bon sens populaire qui respecte le principe de réalité et les nécessités imposées par la nature. Les idéologues qui souhaitent briser cette continuité naturellement évolutive, des jacobins aux staliniens en passant par les libéro libertaires, ne sèment que solitude, névrose, et mort d'individus sans défense livrés à leurs appétits.
C'est étrange, vous me livrez deux exemples de publicités qui s'appuient sur la tradition indienne (survalorisation de la peau claire, femme scénarisée comme "il y a 50 ans" chez nous), et non pas de l'incitation à s'occidentaliser.
Je connais mal les publicités panindiennes. En revanche, j'ai remarqué que les nouveaux modèles briseurs de tradition sont de plus en plus visibles à Bollywood, avec une augmentation assez remarquable des bikinis, des baisers sur la bouche, et des couples vivant maritalement dans les films hindis. Cependant, les décors de ces transgressions sont encore majoritairement situés à l'étranger où tout est permis. Ainsi l'image de la terre sacrée de l'
Inde peut, sur les grands écrans, rester vierge de ce que la majorité des Indiens considère comme des turpitudes.