11 avril – Jour 1
C'était l'hiver, un hiver où il faisait beau,
Une saison qui n'existe que dans le sud-ouest de l'Amérique,
J'me souviens très bien de c'que j't'ai dit ce matin-là
Il y a un mois,... Il y'a un siècle, il y a une éternité...
On ira... où tu voudras quand tu voudras...
Ben oui, rentrés de la vadrouille dans notre envoutant ouest-américain depuis un mois, nous allons déjà croquer la pomme avec l’un de ses méconnus concurrents. « Ma Flo, si tu ne devais retenir qu’une seule et unique raison pour justifier ton amour étasunien, ce serait laquelle ? » Les burgers bien gras et dégoulinants ? Non, je crois ne pas trop m’avancer en affirmant que ce serait les grands espaces... Ben justement, notre nouvelle quête nous transporte sur une terre à l’autre bout du globe où là aussi, l’horizon semble ne jamais prendre fin, où le silence a le goût salé du vent et du sable, où la liberté se mesure en kilomètres de pistes désertiques, où le GPS sert surtout à te confirmer que tu es paumé au milieu de nulle part... Ajoute à cette formule magique qu’on y croise plus de zèbres, de girafes, de gnous et d’éléphants que d’habitants au kilomètre carré, et tu nous imagines poser les pieds pour la première fois en
Afrique Australe, plus précisément dans le petit aéroport de
Windhoek, capitale de... de... de... ? Révise ta géographie, bordel ! Nous débarquons en
Namibie !!!
En toute transparence, cela fait une sacrée paille que les paysages namibiens me faisaient du gringue. Du coup, comment ai-je réussi à résister toutes ces années à cette île de la tentation ? Déjà, le budget. Faut dire que pour le même nombre de bras et de reins, le banquier t’autorise à choisir deux autres vadrouilles presque partout sur la planète. Ensuite, mes filles. Ben oui, jadis, elles étaient trop minis pour qu’on les booste à la Malarone, seul remède de l’époque pour se prémunir du palu... Tout ça pour dire que dix ans plus tard, toutes les planètes sont maintenant alignées. Déjà, j’ai gagné à l’Euromillions ! Enfin, presque... Disons plutôt que mes filles sont désormais assez grandes... non pas pour prendre de la Malarone, mais pour ne plus me suivre dans toutes mes vadrouilles ! Jackpot ! "Ma Flo, ça te dirait un petit caprice à deux, tous tous tous les deux, à l’assaut des pistes namibiennes ?"
En débarquant sur la piste d’atterrissage, premier effet wahou : L’horizon est démesuré. C’est plat de chez plat, incroyablement plat... Tout plein d’espace plat ! Je t’ai déjà dit que c’était plat ?... En regardant au loin, on a l’impression que notre regard va faire le tour de la terre sans rencontrer le moindre obstacle jusqu’à pouvoir se mater l'arrière-train. « Oh les belles fesses ! » Ben quoi, c’est la première fois que je vois mes fesses sous cet angle ! Instant émouvant... Bon, désolé, je m'égare, ça doit être la fatigue de notre marathon de trois vols qu’on vient de s’ingurgiter via l’
Ethiopie et l’
Afrique du Sud... Et pourtant, pas le temps de philosopher sur mon anatomie. Car comme à notre habitude, nous souhaitons nous enquiller nos premiers kilomètres pour être au premier rang dès demain matin à la fraîche. Fastidieuses formalités à l'immigration namibienne bouclées, prise de contact avec le 4x4 qui va accompagner nos jours, mais également nos nuits, ces quinze prochaines unités, et go ! Nous ne sommes pas frais mais bien dispos au volant de notre défi des cinq cents prochains kilomètres en mode nocturne, conduite automatique réglée plein sud ! A la sortie de
Windhoek, la faune locale représentée par un chacal nous accueille avec le sourire : « Bienvenue en
Namibie ! » C'est ce qu'il nous dit ! Si si, j’te jure... Allez, première route interminablement droite, premier coucher de soleil flamboyant, première piste en taule ondulée, première voie lactée incroyablement dépourvue de pollution lumineuse... Tu l’as compris, c’est forcément la journée des premières... Première nuit en bivouac, aussi, dans le grand coffre de notre Toyota Fortuner posé en bord de piste... L’aventure, la vraie, celle qui sent sous les aisselles, peut enfin débuter...