Jour 5: Kyoto
Le shinkansen Nozomi est vraiment une très belle réalisation. Silencieux, spacieux et confortable, il incite à la détende et à la somnolence...
Un peu trop même... Je devais être trop bien dans les bras de Morphée en passant
Osaka car je ne me suis réveillé que lorsque le train s'est arrêté en gare de
Kyoto.
Dommage pour moi: mon Kansai
Hiroshima pass ne couvre pas cette portion de la ligne Tokaido. Je dois donc passer par le guichet « fare adjustment » et m'acquitter de la différence de tarif soit 1410 JPY.
Bizarrement, le préposé me propose de retourner à
Osaka par le prochain shinkansen et de revenir gratuitement par un train normal... J'hésite un quart de seconde mais le simple fait d'imaginer un contrôle durant ce premier trajet me conforte dans l'idée qu'il est certainement préférable de payer le supplément. De plus je n'ai pas une heure à perdre... ni vraiment envie de frauder.
Il n'y a que deux lignes de métro à
Kyoto mais elles sont parfois bien utiles, patticulièrement ce soir en ce qui me concerne. Après un rapide trajet sur la Karasuma line, je passe sur la Tozai line à Karasuma-Oike et deux minutes plus tard, je m'arrête à la station Sanjo-Keihan pour remonter en surface par la sortie n°1 qui est la plus proche de mon hôtel.
Il pleut toujours... je ne suis pas surpris.
Le court trajet dans la rue déserte me donne soudain l'idée de ressortir après avoir laissé mes bagages dans ma chambre. Compte tenu de la météo, je ne devrais pas être trop bousculé par le foule en faisant une balade nocturne dans le quartier de Gion... déjà qu'habituellement, les soirées sont très calmes dans l'ancienne capitale.
Quelques ruelles plus tard, j'atteins Nishinocho. Les deux rues principales de ce quartier proche du canal Shirakawa sont désertes. Seuls des convives sortant des restaurants bordant les rues s'engouffrent prestement dans des taxis en maraude.
Je constate que le pont Tatsumi franchissant le canal Shirakawa a été rénové. Dommage, j'aimais bien les anciennes balustrades en bois gris.
Je ne m'attarde pas dans le quartier Sueyoshicho. Je ne suis attiré ni par les restaurants et izakaya d'où s'échappent des rires tonitruants qui ponctuent des conversations animées ni par les filles légèrement vêtues qui tentent de rabattre les passants esseulés vers des lieux peut-être moins bruyants mais aux animations surement différentes...
Je franchis Shijo-dori et entre dans le quartier historique de Gion par la ruelle Hanami-koji.
Un autre monde se reflétant sur les pavés luisants s'offre à mes yeux. Seuls d'intrépides passants et quelques taxis troublent rapidement la quiétude de l'instant.
Sur le trajet, j'aperçois deux geiko sortant d'un restaurant. Fidèle à mes principes, je baisse mon objectif et les salue avec respect en les croisant. Le souvenir de leur sourire lorsqu'elles me répondent est mieux imprimé dans ma mémoire que toutes les photos...
Arrivé à l'entrée du temple Kennin-ji, je monte en direction de la pagode Yasaka en passant par les ruelles désertes entourant le sanctuaire Yasui Konpiragu.
Un imposant torii m'invite à aller vers Kodai-ji mais je l'ignore pour prendre Yasaka-dori, la ruelle suivante en haut de laquelle la silhouette de la pagode du temple Hokan-ji se découpe dans le ciel.
Un peu plus haut dans la ruelle, on peut faire ce genre de photos de Yasaka no tô, visible dans tous les guides touristiques de
Kyoto.
J'arrive enfin en haut de Sannenzaka.
La journée, cette ruelles est une des les plus animées de la ville, drainant les milliers de visiteurs sur le trajet du temple Kiyomizu-dera. Mais la pluie et l'heure tardive ont eu raison des derniers passants. Je suis seul à gravir les marches.
Mais je ne vais pas aller plus haut... il faut aussi penser à revenir !
J'emprunte la ruelle Nineizaka. Le « starbucks machiya » est fermé depuis longtemps... il est tard.
En dessous de Kodai-ji, la ruelle Ishibe-koji m'appelle... là non plus il n'y a personne. Je suis comme un enfant, heureux d'avoir les plus beaux endroits de cette ville pour moi tout seul !
Le sanctuaire Yasaka est éclairé toutes les nuits... même sous la pluie!
La porte monumentale franchie, je repasse par le canal Shirakawa dans le dédale de ruelles pour regagner mon hôtel
La pluie s'est arrêtée sur le trajet du retour. Il m'a même semblé voir la lune... mais c'était certainement la fatigue...
Ces quartiers furent, au début du siècle, un de mes lieux de balades favori lorsque nous passions nos vacances chez Obaachan dans l'arrondissement voisin de Yamashina. C'est pour cela que j'ai pu facilement parcourir les méandres de cet itinéraire de plus de 5 kilomètres.
Je rentre à l'hôtel trempé (une nouvelle fois) fourbu mais heureux.
Demain? Tout dépendra du temps !