La première fois qu'André et moi sommes passés par Page parce que la ville se trouvait sur notre trajet, nous avons regardé autour de nous en disant "Bof!".
D'ailleurs, en observant la carte routière, tout semblait vierge de centres d'intérêt répertoriés. Circulez, il n'y a rien à voir!
Hé hé, ma foi, c'était avant d'avoir creusé plus profond, d'avoir vu des photos d'endroits extraordinaires, d'avoir fait plein de lectures, sur Internet notamment, avant d'avoir découvert le livre de Kelsey qui a été un détonateur pour notre intérêt pour la région de Page et du Plateau du
Colorado en général.
La notion de "wilderness" que nous découvrions nous a ouvert l'esprit sur le fait qu'il pouvait y avoir des beautés cachées encore plus belles que les Parcs Nationaux.
Page et sa région n'apportera pas grand-chose au voyageur pressé de pouvoir "faire" le plus de parcs possible lors d'un périple.
C'est un endroit qui ne se révèle qu'à celui qui prend son temps pour chercher ce qui est à première vue "invisible pour les yeux" mais se cache derrière une montagne ou dans le creux d'un canyon où personne ne semble aller et où l'on ne rencontrera pratiquement personne.
Peut-être faut-il même s'y reprendre à plusieurs fois avant de trouver et de s'enchanter, car ces beautés se défendent: manque de signalisation, de balisage, mauvaises pistes, chaleur ou froid, pluie, neige, inconfort, fatigue personnelle, crainte.
C'est une région pour des "explorateurs" bien avertis des dangers à force de s'informer, prudents sur les questions de sécurité, tenaces et bien organisés, familiers des pistes et du camping à moitié sauvage, éventuellement. Pour des contemplatifs qui savent trouver de la beauté dans des choses nouvelles, non encore érigées en "incontournables".
Les secrets les mieux cachés de l'Ouest se trouvent dans les déserts autour de Page, pas à Page même.
Il n'y a qu'à regarder les journaux de voyage des uns et des autres, je ne vais pas commencer à les énumérer, il y a déjà quelques noms ci-dessus, Sedonax est un phare pour cela!
Certains n'ont pas de goût pour ce crapahutage inconfortable, ce n'est pas une tare!
D'autres n'ont pas le temps matériel de le faire, tant pis, c'est comme cela.
Pas grave, les Parcs Nationaux recèlent tellement de trésors qu'il y a de quoi faire!
Nous les fréquentons nous-mêmes avec bonheur, parallèlement aux déserts des cartes routières!