Lu ce jour..Peut être intérressant pour vous afin de lier terrain et ONG...Cordialement !
Source de presse :
www.sudpresse.be
Verviétoise expatriée au
Canada, Catherine Tahan a tout d’un destin hors-série: après une terrible maladie qui a failli lui coûter la vie, elle décide de s’engager dans un projet humanitaire au
Cambodge. Elle projette d’y retourner dans quelques mois pour y fonder une maternité entièrement gratuite.
Son parcours personnel ne la prédisposait pourtant pas vraiment à emprunter cette voie. Née en Verviers à la fin des années’ 0, Catherine Tahan a laissé ses études de côté à l’âge de 16 ans pour découvrir le monde:
Angleterre,
USA,
Israël... font partie de ses destinations. Pas de vrai diplôme en poche mais une franche aptitude à la communication et une audace hors du commun lui ouvrent toutes les portes. “J’ai été directrice artistique pendant des années.
J’ai toujours travaillé dans les milieux de la musique et des médias, en
Belgique, d’abord, puis au
Canada ”. Directrice artistique outre-Atlantique, elle travaille pour des photographes, des stylistes, la télévision.
En 2006, une grave embolie pulmonaire la terrasse. Elle est conduite d’urgence à l’hôpital de Drummondville. “J’ai vraiment failli y passer ”, raconte-telle. “Les médecins ne savaient pas si j’allais passer la nuit ”.
Elle se rétablit, cependant. Mais secouée par cette expérience, sa hiérarchie des valeurs se modifie sensiblement. Quatre mois, plus tard, elle était dans l’avion pour le
Cambodge, pour participer à une mission humanitaire.
POURQUOI LE CAMBODGE?
Durant sa convalescence, Catherine surfe sur le Net. Elle y découvre notamment qu’au
Cambodge, moins de 10 % des femmes peuvent accoucher avec une assistance médicale et que la première cause de mortalité des femmes au
Cambodge, ce sont les complications dues aux accouchements: hémorragies, bébés en siège, etc. C’est sur le Net aussi qu’elle découvre qu’un médecin cambodgien, expatrié en
France pendant 20 ans à la suite du génocide des Khmers rouges, venait de créer dans la banlieue de Phom Penh une maternité gratuite. “Il y avait le numéro de téléphone de cette clinique et j’ai appelé ”, raconte encore CatherineTahan.“ J’ai eu le Dr Keo-San en ligne et je lui ai dit: “ Je suis Belge, je vis au
Canada, je ne suis ni médecin ni infirmière mais j’ai envie de venir vous aider ”. Il m’arépondu: “Ce sera avec les bras grands ouverts ”. Et je suis partie ”.
RUDIMENTAIRE
Sur place, elle s’aperçoit bien vite que les conditions de travail sont très rudimentaires: manque d’hygiène, chaleur étouffante dans les salles d’accouchement, coupures fréquentes d’électricité, pas de groupe électrogène de rechange. Trop peu pour la faire reculer. “C’était des conditions extrêmement pénibles, mais j’y suis allée. Je leur ai appris à désinfecter, à se protéger avec gants, masques et lunettes ”. Et puis, au sein de la clinique, la Verviétoise va très vite se trouver confrontée aux réalités des accouchements. “J’ai appris à sentir les contractions à la main, à inciser le périnée, à dérouler le cordon ombilical lorsqu’il s’est enroulé autour du cou du bébé, à couper le cordon, à recoudre après, avec l’aide d’une sagefemme, bien entendu. Sur lemoment même, on ne se rend pas vraiment compte. On vous dit: “Faut mettre une perfusion ” et vous y allez ”. L’expérience de Catherine a duré cinq semaines. Elle a aidé à réaliser cinquante à soixante accouchements. Puis il était temps de regagner le
Canada, son mari et ses deux enfants.
RETOUR DE MISSION
Quelque chose avait changé.“À l’aube de mes quarante ans, je me suis aperçue que mon destin venait de se mettre devant moi. Beaucoup se sont intéressés à ma mission, à mon expérience. J’ai rencontré des journalistes de télé, de radio et de presse écrite, j’ai été contactée par la Chambre de Commerce et d’Industrie qui m’a annoncé ma nomination au titre de Personnalité de l’Année. Et j’ai reçu le soutien de parlementaires canadiens aussi. Et un énorme soutien de mon mari ”.
Mais il y a eu d’autres réactions aussi. “Plusieurs m’ont dissuadé de poursuivre cette expérience mais en pure perte, car il y aura une suite à cette première mission ”. Catherine vient en effet de créer une ONG, la “ Fondation Kivna”. Elle existe depuis peu légalement et est reconnue par le gouvernement canadien. La finalité de cette fondation: ouvrir au
Cambodge une nouvelle maternité accessible aux futures mères gratuitement, comme celle du Dr Keo-San, et financée à 100 % par sa fondation. Elle espère mener son projet à bon port dans quelques mois, en mars 2009 (voir ci-dessous)...
On l’appelait “Dr Barang”
Même si elle n’est pas infirmière, ni encore moins médecin, là-bas, les Cambodgiennes et Cambodgiens ne faisaient pas la différence: “On m’appelait Dr-Barang”, confie-t-elle. Ce qui veut “docteur occidental, étranger ”. Dans neuf mois, le temps d’une grossesse, Catherine Tahan donc bien ouvrir cette clinique, avec encadrement médical. D’ici là, “ je multiplie les démarches administratives avec les gouvernements canadien et cambodgien. Et puis je vais récolter des fonds, bien entendu, pour alimenter la fondation, car sans argent, rien n’est possible. Si des gens veulent m’aider, je garantis que tout l’argent récolté sera intégralement consacré à cette maternité”. Envie de l’aider? Toutes les infos et un numéro de compte pour la
Belgique sur le site internet de cette fondation:
www.kivna.net.