Bonjour,
Français résident à
Bogota, je suis tombé un peu par hasard sur ce "topic"... Et je crois devoir vous donner quelques conseils, quitte à passer pour un désagréable individu (en complément de ceux, excellents, fournis par Solcito)...
1. Pour Nathalie
Première règle si vous vous installez en famille en
Colombie,
ne donnez aucune information sur vos enfants sur internet - pas de nom, pas d'âge, pas de photographie/vidéo en ligne, pas de détail sur l'établissement scolaire. Dans ce charmant pays, on a recensé 687 enlèvements en 2006 ; plusieurs dizaines d'entre eux concernaient des mineurs. Les étrangers ne sont pas épargnés : deux français sont morts en captivité ici depuis 2000 (en Irak : 0 ; en Afghanistan : 0 - touchons du bois).
Ceci dit,
Bogota est une ville agréable à vivre - quand on prend ses précautions et quand on a de l'argent (les habitants de
Ciudad Bolivar et de Soacha nuanceraient sans doute la première partie de ma phrase (-;). Aucun problème d'approvisionnement, des loisirs en pagaille, une vraie vie culturelle, des jardins publics à foison et des habitants charmants, travailleurs et "cumplidos" (i.e. qui tiennent leurs promesses). Le climat est un chouïa déprimant (il pleuviote à peu près toute l'année) et il vous faudra sans doute quelques mois pour vous habituer à l'altitude.
Mais abandonnez votre idée de vivre dans une maison, pour d'évidentes raisons de sécurité (attention : certaines agences en ont à refourguer dans le nord, p. ex. dans les environs du carrefour Santa Ana et de l'hôtel Radisson, en assurant que la zone est "parfaitement sécurisée" - ce qui est faux). Choisissez un appartement et pas un "premier étage" (équivalent de notre rez-de-chaussée). Avec un salaire d'expatrié, vous trouverez sans problème d'immenses appartements dans les quartiers chics pour le prix d'une cage à lapins à
Paris.
Pour préparer votre arrivée, vous pouvez contacter :
l'association
Bogota-Accueil, dont la fonction est justement d'aider les expatriés à s'installer dans cette métropole, en leur permettant de rencontrer d'autres francophones.
bogota-accueil@hotmail.fr
57 1 620 79 30 ou 57 1 647 00 96
Elle est sans but lucratif. Sa présidente actuelle, dont le nom m'échappe, est l'auteure d'un guide très complet sur
Bogota à l'usage des étrangers, publié (en
Colombie) en français, en anglais et en espagnol.
et l'
Ambassade de France :
www.ambafrance-co.org
(qui recommande d'ailleurs
Bogota Accueil).
Ji'magine que vous avez déjà le site du lycée français... Ce dernier occupe l'espace compris entre les rues 86 et 87 d'une part, et les carreras 7 (la "Séptima") et 8 d'autre part. A
Bogota, les "Calles" sont perpendiculaires à la montagne (sens ouest-est, donc) et les "carreras" sont parallèles à celle-ci (sens nord-sud, donc). Il est parfaitement possible de vivre dans cette zone, l'une des plus sûres de la ville (ce qui ne veut pas dire qu'on peut s'y ballader avec des colliers de diamants en promenant son chien).
S'agissant de votre chien, justement, aucun problème, même s'il est de bonne taille : il y a même des agences spécialisées, ici, qui vous font du "dog sitting" en journée. Ce qui sera plus compliqué, et plus long, ce sera de le faire entrer sur le territoire : il faut satisfaire certaines exigences sanitaires. L'ambassade de
Colombie en
France vous les précisera, mais il faut vous y prendre
maintenant - ne serait-ce que pour déterminer si c'est possible (pour les chats, par exemple, il me semble que ce n'est pas le cas). Il peut être utile, également, de vous renseigner sur la procédure pour vous permettre de ramener ensuite votre compagnon à 4 pattes en
France (ce n'est pas facile depuis la
Colombie - il y a des prélèvements à faire, etc.).
2. Pour notre ami qui veut traverser l'Amazonie en pirogue depuis Léticia
Ce n'est certainement pas l'idée de l'année, à moins que vous ayez les moyens de vous payer les services d'un guide officiel et agréé par les autorités. Si vous ne me croyez pas, visitez
www.marc-beltra.info
.
Pour les mêmes raisons,
la visite de la Colombie en sac à dos avec quelques pesos en poche s'apparente à une (coûteuse)
tentative de suicide. Pour l'anecdote, un touriste italien qui avait le même projet, l'an dernier, a été enterré vivant par son "pote" colombien (qu'il connaissait depuis des années) et deux complices de ce dernier, un peu au sud de
Carthagène.
Bien sûr, des dizaines de routards vous diront qu'ils ont fait sans difficulté le même genre de périple ; les autres ne sont plus là pour le raconter (ou, déniaisés après avoir survécu à une histoire impossible, ont a posteriori trop honte d'eux-mêmes pour vous en faire part).
Chris