À partir du 4 décembre, la compagnie sud-américaine Lan réduit sa liaison hebdomadaire entre Papeete et Rapa Nui à un seul vol contre deux actuellement. Une “adaptation de l’offre à la demande” selon son directeur régional Alfonso Luna.
La compagnie Lan à son tour réduit la voilure avec la
Polynésie. Au lieu des deux liaisons hebdomadaires actuelles, à partir du 4 décembre la liaison avec l’île de Pâques sera réduite à une seule rotation par semaine. C’est le vol du dimanche qui sera supprimé, celui du mercredi continuant dans les mêmes conditions et horaires qu’actuellement. Une décision mûrement réfléchie, selon la direction de la compagnie à Papeete, après avoir constaté une progressive mais constante diminution du trafic passager.
[Même en réduisant ses rotations avec la
Polynésie à une seule par semaine, la compagnie Lan assure que la liaison avec le fenua n’est pas remise en question. Elle dure depuis 42 ans.::] La compagnie attend décembre tout simplement parce que la “décision d’annuler un vol prend du temps, surtout quand elle est prise selon une tendance historique”, précise le directeur régional Alfonso Luna. “L’aéroport Tahiti-Faa’a a connu une diminution moyenne générale de 30% depuis quatre ans. Pour Lan en 2010, la fréquentation a baissé de 15% par rapport à l’année dernière. À cela s’ajoute l’augmentation du coût opérationnel. Lan a donc décidé de diminuer la fréquence de ses vols. C’est l’adaptation de l’offre à la demande”, explique le responsable local de la compagnie qui précise que la compagnie sud-américaine est en bonne santé et même en pleine expansion. La première liaison opérée par Lan date de janvier 1968 avec un DC6B. Depuis, la compagnie n’a jamais suspendu la liaison. Elle est même allée jusqu’à quatre rotations hebdomadaires en 1994. La compagnie se dit prête à revenir à deux liaisons hebdomadaires dès que la demande s’en fera sentir. “Cette réduction du nombre de vol n’est pas déterminée dans le temps. Elle va dépendre de la situation. Nous nous adaptons à la demande. On espère le moins longtemps possible, mais ça dépend du comportement de l’industrie de l’aviation”, précise Alfonso Luna. Les deux liaisons hebdomadaires ne sont en effet plus rentables pour la compagnie, avec un taux de remplissage oscillant entre 60 et 70%. “Mais le taux de remplissage n’indique rien. Tout dépend du tarif pratiqué en fonction du quota de remplissage !” insiste le directeur régional.
Nous nous adaptons à la demande
Cette diminution augure-t-elle la fin de la liaison entre le continent sud-américain et la
Polynésie française? “Pour l’instant ce n’est pas le plan de Lan. C’est aussi dans notre intérêt de continuer à relier l’Amérique latine et la
Polynésie pour développer le tourisme. Nous allons continuer la promotion avec le gouvernement local pour inverser la tendance. Lan veut continuer à développer le tourisme à Tahiti, mais a besoin d’optimiser la situation actuelle, surtout avec l’augmentation du coût opérationnel”, rapporte Alfonso Lucas. Un coût élevé, en augmentation croissante, dont le coup de grâce a visiblement été la taxe de redevance océanique (ROC). Un facteur qui a accéléré la décision prise par Lan. La ROC est arrivée comme une “cerise sur le gâteau” alors que contrôles, mesures de sécurité, kérosène et autres taxes sont en augmentation constante. Mise en place depuis le début de l’année, cette ROC concerne le contrôle dans l’espace aérien jusqu’à 50 kilomètres avant l’atterrissage où la redevance des services terminaux prend le relais. “L’administration est à la recherche de fonds, raison pour laquelle la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a cherché à recouvrir les dépenses liées à cette prestation auparavant gratuite”, explique l’aviation civile. Même si la RSTCA (la Redevance des services terminaux de circulation aérienne) a diminué de 21%, la compagnie Lan volant vers l’est, elle est celle qui reste le plus longtemps dans l’espace aérien polynésien. En conséquence, elle a vu sa facture s’alourdir particulièrement.