Conseil 1 : au sourire legendaire de l'Indien tu ne te fieras point.Conseil 1 : au sourire légendaire d'un Indien dans la rue, tu auras l'humilité, et l'humanité de répondre
Vous avez raison tous les deux. La quantité d'arnaqueurs et de gagne-petit au m2 est impressionnante en
Inde, et c'est normal, compte tenu de l'indigence effrayante dans laquelle vivent 40% des Indiens. Il ne faut cependant pas généraliser: en
Inde comme ailleurs, il y a des bons et des mauvais. Il est difficile de faire le tri au début. L'expérience permet, au bout d'un certain temps, de faire la différence, avec également l'aide des amis indiens. Personnellement, j'ai trouvé de bons indiens. Une partie d'entre eux est d'ailleurs devenue ma belle-famille.

J'ajouterai qu'il n'est pas rare qu'un Indien, même un ami, ou un parent, ne tienne pas sa parole. Ce n'est pas dans ce cas de la malhonnêteté, mais de la politesse. Le but est, en l'occurence, de ne pas décevoir l'interlocuteur. C'est assez stupide puisque l'on est déçu lorsque l'échéance arrive, mais c'est comme ça. Ne pas compter sur une promesse indienne, ne pas en vouloir à celui qui ne la tient pas, et se préparer à ce qu'elle ne soit pas tenue. Parfois cela permet de bonnes surprises.
Je reviendrai au sourire indien, à travers celui de tous ces enfants qui ont souri devant mon objectif, spontanément, réclamant que je les photographie, et ne demandant (dans 99% des cas) rien d'autre en échange que de voir la photo sur mon écran de contrôle.
Conseil 2: La patience tu apprendras. Conseil 2: Tu apprendras que le temps est divisé en trois: le passé, le présent, et le futur, et que si tu n'apprends pas a vivre au moment présent, tu essaieras forcément de contrôler, et tu t'apercevras vite qu'il n'y a rien a contrôler
Pas besoin de se compliquer la vie. La notion de temps en
Inde n'est pas la notre. Elle n'est pas linéaire mais circulaire. Un pays où notre temps n'existe pas, c'est un pays qui apprend la patience, en effet. Cela est très éprouvant quand on a un agenda serré. Cela peut permettre de se couler dans une temporalité plus contemplative, ou plus conviviale, quand on a le temps de prendre le temps...
[Entre parenthèse, le coup du billet de train, on me l'a fait au
Pérou. L'
Inde n'en a pas le monopole...]
Conseil 3: En apne tu vivras. Conseil 3: Tu apprendras que l'odeur normale n'est pas celle de l'eau de javel!!!
Ben oui, l'
Inde ça pue. L'odeur de l'
Inde, acre et poisseuse reste accrochée aux vêtements. Elle saute à la figure quand on ouvre sa valise une fois de retour en
France...
Et puis l'
Inde c'est pollué, à en asphyxier le piéton qui arpente une longue avenue d'une mégalopole indienne...
Mais l'
Inde, si on essaie un peu de sentir autre chose que les ordures et les eaux usées, c'est le parfum de la guirlande de jasmin dans les cheveux d'une beauté en sari de coton, c'est l'odeur des mangues juteuses et sucrées, c'est la vapeur bouillante du
chai servi dans son verre de métal, c'est la fragrance des épices, du marché à l'assiette, c'est la fumée envoûtante de l'encens dans les temples...
Bonnes ou mauvaises, toutes ces odeurs si différentes et si puissantes qui abordent nos narines tels des tsunamis olfactifs, ne sont que l'une des variantes du grouillement de vie à l'état brut auquel l'
Inde nous confronte, nous qui venons d'un univers aseptisé.
Je crois qu'il ne faut pas en vouloir à celui qui se sent submergé par la part désagréable du bouquet indien. Il n'était tout simplement pas prêt, ou pas fait pour ça.
Pour ma part, lorsque je ferme les yeux, je me souviens mieux des bonnes odeurs que des mauvaises.
C'est comme après une randonnée en montagne: j'ai un souvenir plus clair de la beauté des paysages que j'ai eu le privilège de parcourir, que des douleurs physiques qui m'ont fait peiner comme un âne.