Bonjour à toutes.
Je profite du confinement pour reprendre mes petites activités...
J'ai écrit un poème sur l'
Andalousie il y a quelques années, qui je pense est très visuel, et je cherche des photographes qui voudraient bien collaborer pour l'illustrer. S'il y a des photos intéressantes, je pourrai monter une vidéo à poster sur ma chaîne youtube, avec le poème lu et une guitarre flamenca en fond sonore.
Voici le poème. Si á intéresse quelqu'un... Je pense que le projet peut être sympa avec de belles photos de l'
Andalousie (pas besoin d'être pro) Les participants seront bien entendu cités dans lesc crédits finaux.
Couleurs andalouses.
Jaune, le râle du vent,
les relents du soleil,
le seigle et le chiendent
dans les champs qui sommeillent.
Jaune, la moiteur du lit
d'un torrent qui s'assèche
sous le ciel de midi,
l'herbe rebelle et rêche
Où j'allongeais ton corps,
dénouais les rubans
luisants d'aurore et d'or
qui ceignaient tes seins blancs.
Blanc, le sel et le pain,
les cimes d'El Mulhacen,
la vierge et la putain,
la chaux vive et l'arène.
Blanc, l'éclat du couteau,
la folie de la lune
sur le fil de ta peau,
le ressac et l'écume ;
La médina tordue
la taverne et l'église
la candide vertu
de ton nu qui me grise.
Grise, la mule fourbue,
la fève et le pois chiche,
l'olivier biscornu,
la bouffée du haschich
À tes lèvres moroses.
Roses, les soirs enivrés,
quand la chaleur arrose
ta gorge déployée ;
Le clin d'œil et l'œillet
sur le pli de ta frange,
les fleurs et les reflets
aux effluves d'orange.
Orange, les alcazars,
la terre gorgée de feu,
le galop des guitares
chargées de notes bleues.
Bleu, le fil des collines,
les ombres du patio,
la tristesse enfantine
des premiers Picasso.
Le miroir de l'Afrique
divaguant sur la mer,
l'appel des Amériques
dans les cieux découverts.
Vert, l'odeur de la menthe,
les chants de l'
Alhambra,
les yeux de mon amante
et les vers de
Lorca ;
La fleur qui cherche à naître
sous le voile de l'Islam,
les barreaux aux fenêtres
où se cachent les femmes.
Vert, les prés en hiver
sous le crachin furtif,
constellés d'éphémères
coquelicots rouge vif.
Rouge, pareil à la fleur,
sauvageonne, écarlate,
ton cœur s'embrase et meurt
dès que l'averse éclate.
Rouge, mon âme jalouse,
la douleur et l'ombrage,
mes couleurs andalouses
sous les feux de l'orage.
Rouge le soleil blessé,
dérouté chaque soir,
qui cherche à déchirer
des lambeaux de nuit noire.
Noir, l'amère procession,
les pénitents qui portent
les macabres passions,
les vieilles aux pas des portes ;
Les rêves exilés
les anges d'Alberti
le taureau terrassé
ta photo qui jaunit.