RV donc à 6h30 aux bureaux de Navtec, à 100m de mon hotel.
On est huit clients, sur deux bateaux type zodiak aux boudins énormes. Donc quatre sur mon raft, plus le guide (c'est donc Bryan, le responsable raft de Navtec), mais on fera la descente ensemble à deux bateaux. C'est mieux et plus sympa.
Mise à l'eau sur Potash rd.
Sur eau calme, on va à 55km/h me dit mon GPS (gros moteur hors bord). On avance vite, on voit d'en bas les points de vue traditionnels bien connus d'en haut, Thema&Louise Pt, Deadhorse Pt, Gooseneck Overlook, Panorama Pt,...). Temps couvert, mais peu de pluie (qques goutes de temps à autres). Puis on arrête les moteurs, on se laisse dériver sur le fleuve (calme, mais courant assez rapide), et les 2 bateaux se fixent pont à pont ; on prend alors un p-d sympa, sur l'eau, dans un décor grandiose.
On repart, puis nouveau stop 20 km plus loin, à un lieu nommé "the loop". On descend des bateaux, sauf nos guides qui continuent sur 7km. Le
Colorado fait une grande boucle qui revient quasiment à son point de départ. Nous on grimpe de 300m, puis on redescend de l'autre coté et on retrouve nos coquilles de noix (à 500m à vol d'oiseau de notre départ).
Continuation jusqu'à la confluence
Colorado - Green River. Arrêt vers 11h pour picnic. Léger mais correct. Et sympa.
Je repère le point d'où on peut apercevoir cette confluence depuis les Needles.
Jusque là balade cool et agréable.
Mais ensuite on se change, combinaison imperméable (en théorie, parce qu’en fait on sera rapidement trempé jusqu'à la moelle), méga gilet de sauvetage très épais et bien serré, casque,...). On range tout (habits secs, appareils photo et caméras,...) dans des sacs ou caisses étanches bien arrimés.
On repart vers midi.
Et les rapides arrivent très rapidement. Des catégories 5, c.à.d. considérés comme infranchissables, sauf par des pros. Et en plus en juin, c'est là que le
Colorado a le plus de débit, donc les plus hautes vagues (plus que sur les vidéos dont je donne le lien plus loin).
Bien arrimés sur un boudin du bateau, deux mains seulement pour se tenir c'est vraiment très limite. Jamais je ne pensais que l'eau pouvait être aussi agitée dans ce bas monde. Rien à voir avec la mer, même en furie. Des vagues de 4-5m qui vont dans tous les sens de manière imprévisibles, avancent, reculent, déferlent, nous retombent dessus, et chaque fois envoient des m3 d'eau dans le bateau. Les pilotes sont des pros, mais il ne pourrait pas en être autrement. Parfois les bateaux piquent dans la
vague, ou se cabrent fortement, ou prenchent brutalement d'un coté.
Mais les rapides sont souvent au centre du fleuve, et près des rives il est parfois plus calme. Il est souvent possible, avec ces petits bateaux agiles et sur-motorisés, en longeant la rive, de remonter pour faire 2 ou 3 fois les parties les plus marrantes. Mais même au bord en dehors des rapides, notre bateaux (qui pourtant file à 55km/h) ne peut pas toujours remonter, tant le courant est puissant et rapide.
Parfois nous chutons de 3-4m, du haut d'une vague dans le creux de la suivante. Aïe-aïe-ie mon pauvre dos !!!
Pour avoir une petite idée vous pouvez visionner la vidéo suivante, faite justement par Bryan à titre de pub (mais il y avait alors moins de débit qu'hier, donc plus petites vagues) :
J'étais dans le bateau gris, avec une bande jaune dessus, probablement le même que dans la vidéo.
Des bateaux bleus concurrents, plus gros, sont également spectaculaires à voir :
La zone des rapides se poursuit sur une soixantaine de km. Très excités, tout le monde se demande quand même quand cela va bien se terminer.
Et vers 16h30, le fleuve s'élargit un peu, et surtout se calme. On s’arrête sur une très belle plage de sable fin, on se décrispe, bière fraiche (ou gatorade, beurk) et chips ; on se sèche, on se rhabille. Il fait soleil, on se décontracte 1/2 heure, la vie est belle. Chacun, heureux, frappe dans les mains de ses voisins (à l'américaine).
Bryan trouve que la chemise blanche légère que je porte (dont le seul avantage pour moi est de bien protéger les bras du soleil) est terrible et lui plait beaucoup car elle fait bien français (????, j'évite de lui dire que je l'ai achetée l'an dernier à
Hong-Kong). Il veut me la racheter. Comme mon épouse a horreur de cette liquette -je ne la porte que quand nous ne sommes pas ensemble-, je la donne royalement bien volontiers à Bryan, trempée (ça fera mon pourboire). Et ce sera ça de moins à ramener dans l'avion en
France.
Puis on repart pour une petite heure, à grande vitesse, sur un
Colorado à la vallée toujours aussi majestueuse.
On passe sous le pont de la route d'Hite, et 2 km plus loin, près du
lac Powell, on stoppe sur une aire de débarquement. On monte les bateaux sur les remorques de deux grosses voitures qui nous attendaient.
Direction l' "aéroport" d'Hite. C'est une mince bande de goudron parallèle à la route, en pente (pour faciliter le décollage).
Cinq d'entre nous, les plus riches, rentrent avec l'avion taxi sur
Moab en moins d'1h. Leur avion décolle à 18h30. Le survol au dessus de Canyonland pourrait être joli, mais aujourd'hui c'est sombre et couvert. Et tellement cher !!!
Avec deux autres, plus les chauffeurs et les pilotes de bateaux, nous rentrons par la route (via Hanksville, et non Blanding). Je récupère de la journée par un petit somme dans la voiture, malgré la beauté de cette route. Arrivé à 22H à
Moab. Il pleut fort, alors que la pluie avait été faible et non gênante durant la journée.
Repas rapide dans ma chambre.
Douche. Je m'aperçois que j'ai des tas de marques sur le thorax, qui feront vite des bleus. Même pas mal !
Et dodo bien mérité.
Une bien belle et mémorable journée !!!
Le meilleur souvenir que je garderai de ce voyage.
JP
3.14