Je me lance dans le sujet qui déchaine les passions pour un petit point sur l'altitude et le MAM (Mal Aigu des Montagnes :
Premièrement tout le monde à raison et tout le monde tort ^^,
Je vais donc répondre en citant mes sources puisque que personne ne cite les siennes ou se déclare médecin, cela donnera au moins du crédit à mon post.
Tout ce que je dit est tiré du petit manuel de médecine de montagne de Emmanuel Cauchy (qui est médecin spécialiste de la montagne) édité chez Glénat dont je vous recommande la lecture car il est très bien fait !
Donc pour résumer l'altitude fait subir deux sortes de contrainte sur l'organisme :
- L'Hypobarie :
Elle est due à la baisse de pression atmosphérique qui s'accentue à mesure que l'on s'élève.
Plus on s'élève, moins la colonne d'air au dessus de notre tête est importante, plus la pression atmosphérique diminue.
La baisse de pression à l'extérieur de nos organes creux et mous (comme le tube digestif) ou durs (comme les sinus) entraîne leur dilatation et leur distension.
De même elle peut modifier et perturber les échanges des secteurs liquides ou gazeux partiellement perméables (vaisseaux, cellules).
Ces contraintes physiques peuvent être à l'origine de troubles (flatulences, douleurs abdominales, otalgie, douleurs dentaires, sinusite).
Elle participe aussi à la survenue des œdème pulmonaires et cérébraux.
- L'Hypoxie :
C'est la baisse de pression partielle en oxygène dans l'air.
La pression partielle en oxygène diminuant au fur et à mesure que l'on s'élève, la pression partielle en oxygène baisse avec elle.
Comme c'est la pression de l'oxygène dans l'air ambiant qui conditionne son captage au niveau des alvéoles pulmonaires, l'oxygène sera de moins en moins disponible avec l'altitude.
Cette baisse de pression en oxygène se manifeste dans le sang, les globules rouges chargés du transport de l'oxygène aux cellules, ne fournissent pas assez de molécules indispensables à la fonction cellulaire.
L'activité cellulaire est la première à souffrir de l'hypoxie.
Beaucoup d'autre fonctions se détériorent également comme celle des reins, la digestion, les fonctions cérébrales et la ventilation.
Notre organisme compense l'hypoxie grâce à l'augmentation de la ventilation et du rythme cardiaque dans un premier temps puis en augmentant le nombre de globules rouges dans un deuxième temps.
Si la baisse de pression en oxygène est à la fois trop brutale et trop rapide, notre organisme ne peut pas faire face et l'on risque de souffrir du Mal Aigu des Montagnes et de l'œdème de haute altitude.
J'ai volontairement zappé d'autres contraintes sur l'organisme pour ne garder que celles dont on parlait ici.
En ce qui concerne le traitement du MAM, on préconise :
- le repos à même altitude
- la redescente (seuls 500m de dénivelé peut améliorer l'état du malade)
- le caisson hyperbare (quand la descente est impossible)
- le Diamox : ce médicament est préconisé pour les personnes présentant des difficultés à l'acclimatation
L'oxygène est utilisé uniquement en cas d'œdème pulmonaire ou cérébral de haute altitude.
La descente urgente restant le meilleur traitement. Le caisson hyperbare est également utilisé.
En ce qui concerne le débat sur l'obligation de trimballer de l'oxygène on peut se demander si c'est vraiment utile (combien de gens font un œdème pulmonaire sur le
chemin de l'inca ^^, et quel guide à reçu une formation de médecine ou de secourisme de haute montagne pour le détecter et agir correctement ?).
Je ne fait pas que me moquer c'est aussi des vraies questions...
Enfin bref j'ai eu a me préoccuper vraiment de ces trucs la uniquement en faisant l'ascension du
Chimborazo en
équateur (+ de 6000m), sinon en s'acclimatant correctement je n'ai jamais eu de problème jusqu'à 5500m...
(Je parle ici pour les pays proches de l'
équateur, les effets de l'altitude se ressentent bien plus bas lorsqu'on se rapproche des pôles).