Bonjour,
Nous sommes, ma femme et moi, allés au Mali (dans le nord - Addrar des Ifoghas) 4 fois de 2000 à 2004, et nous avons vraiment envi d'y retourner.
En fait, lors du premier voyage, nous nous sommes liés d'amitié avec nos guides (une agence locale montée par l'un d'entre eux); ils habitent Aguelhock et Kidal et nous y avons ensuite été accueillis chaleureusement (séjours chez eux et dans leur campement); nous avons aussi pu accueillir deux d'entre eux chez nous à
Grenoble (en hivers et leur faire découvrir la neige).
Les paysages sont fantastiques même si ils ne sont pas aussi grandioses que le Hoggar (
Algérie), le Tibesti (Tchad) ou l'Akakus (Lybie); il n'y a des dunes que du coté de Timitrin; on y trouve aussi des poteries et silex taillés d'il y a 4000-8000 ans (prière de les laisser en places!); nous avons pénétré dans l'
Adrar en 4*4, à pieds et en chameau (nous en avions acheter un pour nos trecks, loué aux touristes entre nos séjours - l'argent étant pour le dispensaire du village).
Partout nous avons était accueillis chaleureusement (surement car accompagnes d'autres Touaregs et présentés comme des amis), même si la société Touareg est complexe et difficilement compréhensible.
C'est cependant un pays de "trafic" et il faut mieux éviter de s'y balader les mains dans les poches.
Nous y sommes allés la première fois peu de temps après la ré-ouverture du nord inaccessible après la rébellion des années 90); En 2002, nous devions aller à Timitrin, mais suite à des troubles (que nous n'avons pas bien compris - problèmes entre nomades - et l'intervention de l'armée malienne) ce ne fut pas possible (nous sommes aller à Tombouctou par le nord - Bourem - Bamba.. - et au détour d'une dune nous nous sommes trouvés nez-à-nez avec un blindé en embuscade, braqués par un canon, ce qui refroidi un peu); ensuite, nous avons constaté l'impact de l’extrémisme (écoles fermées, instituteurs menacés..) et nous sommes restés aux environs d'Aguelhock.
Enfin en 2005, nos amis nous ont fait savoir qu'ils ne pouvaient plus assurer notre sécurité dans le nord et nous ont déconseillé d'y aller.
Depuis, nous sommes rester régulièrement en contact téléphonique (et avons été tenu aux courant du retour des "brigands armés" de Lybie, de l'attaque d'Aguelhok -un de nos amis a du fuir en brousse et a perdu la moitié de son troupeau), puis lors de nos dernier contact il y a 3 mois, nous avons eu le récit des exactions des "barbus".
Nous savons juste que deux d'entre eux se sont réfugiés avec leur famille en
Algérie et q'un autre resterait dans le nord du Mali.
En ce qui concerne le tourisme, oui, cela les aides à vivre (et ils nous ont expliqué leur problèmes après 2005) et il n'est pas indécent d'y aller, loin de là (préférer les "agences" locales - être aussi raisonnable: il n'est pas sain qu'un gamin gagne en une journée plus que ses parents en un mois).
Quand à y retourner, à mon avis il faudra encore attendre car cela risque de rester encore une région troublée en partie par la présence résiduelle possible d'islamistes, d'indépendantistes convaincus et de "brigands", et en partie à cause de l’animosité entre les populations du nord (nomades et proches des autres Touareg d'
Algérie ou du Niger) et du sud (sédentaires et plus riches). Je pense qu'il faut attendre que le problème nord/sud (qui est le germe des troubles depuis des décennies) soit politiquement résolu (ce qui n'est peut être pas plus simple que de chasser les terroristes de l'
Adrar).
Nous espérons pouvoir bientôt reprendre contact avec nos amis pour être rassurés.