Toujours content d'avoir des "retours", donc merci
Je retrouve ces impressions notées lors de mon dernier passage
"Bamako, c'est la ville des mobylettes et petites motos chinoises, des commerces libanais, des hotels tenus par des italiens, du plus beau musée d'Afrique construit par la Hollande, des Marlboros américaines, de la bière ivoirienne, des tissus encore chinois, des 4x4 coréens, des mines exploitées par les sud africains, etc.. La maîtrise de notre ex-empire fout le camp, et ça fait du bien....à tout le monde.
Le MALI ENTRE Bamako et Gao c'est sécheresse et poussière, espaces infinis et plats, mais falaises et reliefs coloradiens. Un mélange de peuples, bozos, songhais, peuhls, touaregs, dogons, bambaras, des villes de terre, des villages de pierres et de bancos accrochés aux falaises, la présence visible des anciens empires, celui du Mali, l'empire songhai, des villes déjà commerçantes il ya 10 siècles, des mosquées et une fierté de lignées multi-centenaires, un rapport constant à l'histoire de ceux à qui l'on a nié d'en avoir une, des dromadaires qui frôlent des éléphants, un islam non voilé, intégrant un fond animiste plus que présent, des villes mythiques pour qui a révé avec les aventuriers et qui garde en lui l'image des René CAILLE, des Mungo PARK, DJENNE, TOMBOUCTOU, SANGHA, des ventilateurs et des moustiquaires, de l'eau toujours trop chaude et de la bière souvent si fraîche, des après-midi brûlantes où l'horizon se voile et se brouille et des ciels nocturnes contenant plus et plus d'étoiles, des vieillards dignes, des hommes riants, liants, des mecs louches et des femmes fières, des enfants et des enfants et des enfants, une jeunesse partout, un sentiment que tout est jeune, tout est possible, le pire, le meilleur aussi qu'on sent là, à portée dans les regards de ceux et surtout celles qui ne renoncent pas, ce sont des voyageurs, un vieux fonds nomade, ceux qui veulent tenter leur chance en risquant leur peau pour rejoindre l'Europe, ceux qui par millions sont allés en
COTE D'IVOIRE, au
SENEGAL, au BENIN, rejoint la ville, c'est ceux qui bougent, se déplacent sans arrêt, à pied, sur des taxis-brousses surchargés, rafistolés, oui, c'est cela l'impression dominante, ils bougent, ils avancent, ils se déplacent.
Et nous qui venons d'un pays où l'on vit comme un traumatisme d'être viré d'une usine après 20 ou 30 ans dans la même boite, la même ville, la même rue.....
Bouger, c'est ça, bouger...."
Misan
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