| Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Docteurcoco · 3 mai 2010 à 11:06 · 62 photos 16 messages · 3 participants · 5 502 affichages | | | | 3 mai 2010 à 11:06 · Modifié le 3 mai 2010 à 14:35 Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Message 1 de 16 · 5 426 affichages · Partager pour notre voyage au Mali 2010, toujours trop court, vers le Pays Dogon, nous avons tenté un autre itinéraire depuis Bamako. la grande route nationale du Sud et le trajet depuis Ouagadougou sont déjà dans nos mémoires. et cette route qui longe le fleuve est moins connue même de nos fervents voyageurs. une semaine sur place, avec deux jours de plus cette fois-ci, c'est notre rythme habituel. reste que la densité des paysages rencontrés nous suffit presque, avant de pouvoir partir pour un vrai road trip un de ces jours. Jour 1 le vol: samedi matin, les pelouses d'Orly sont sous la neige une fois de plus, de cet hiver qui n'en finit pas. nous avions expérimenté la fin d'Air Sénégal l'été 2008, pour notre première expérience du Mali. ils ont déposé le bilan en Avril 2009. le retour avec 36 heures d'attente à Dakar fort heureusement dans un hôtel très correct ne nous a pas découragé d'essayer les compagnies nationales. pour cette fois, billets achetés chez Air Mali, anciennement ou je ne sais pas trop quel est le nom le plus récent, Compagnie Aérienne du Mali. et franchement rien à dire, hormis le retard tout à fait limité d'une heure. dommage pour ceux qui nous attendaient sur place. pour un tarif tout à fait concurrentiel de 500 euro par personne, le service, la propreté, la nourriture, rien à envier aux autres compagnies supra-sahariennes. escale technique pour faire le plein à Madrid, l'arrivée sur la capitale castellane est magnifique, de même que le survol des Pyrénées. à Madrid, il ne fait pas plus chaud qu'à Paris. nous ne sortons pas de l'aéronef et c'est tant mieux.
Bamako : nous sommes en Février et surprise à la sortie de l'avion, il fait encore 31° à 19h, alors que le soleil est déjà bien couché. 7° de plus que l'année passée à la même époque nous dit-on partout. l'information doit venir de la météo officielle pour qu'elle soit aussi consensuelle. résultat des comptes : 26° au moins dans la vue après seulement 8 heures de voyage... il nous faudra bien 24h pour s'y habituer. nos amis sont au rendez-vous, ils ont tenu le coup malgré la foule et la chaleur. la voiture aussi est là, qui va nous porter pendant notre voyage. un vieux Cherokee, sans les plumes, datant de l'époque de mes premières amours. nous n'avions de toute façon pas opté pour le séjour grand confort. Patrick, rencontré sur VF et Abdou, son voisin et propriétaire du 4x4, nous font un accueil digne de la tradition malienne. transfert direct vers l'hôtel, dans la nuit qui ne fraîchit pas et les embouteillages encore présents de Bamako la fiévreuse et poussiéreuse.
l'hôtel : pour faire un bonne surprise à ma chérie, j'ai choisi un lieu unique à Bamako, la Villa Soudan. entre les deux ponts sur la route du Palais de la Culture, l'hôtel, qui préfère qu'on l'appelle chambres d'hôtes, à les pieds dans l'eau. la terrasse donne sur le fleuve rive droite, avec vue sur l'autre rive beaucoup plus construite de la cap'tale comme on dit là-bas. le cadre est superbe, la déco irréprochable, la piscine à température. nous avions testé le restaurant en 2008, alors que l'ouverture était toute récente. et honnêtement, pour une nuit à 49000 CFA pour deux, on est sorti de la déçus et soulagés d'une bonne partie de notre budget. ce qui pèche souvent ne fait pas exception ici : l'entretien. la lunette se fait la malle, la pomme de douche arrose là où bon lui semble, le ménage pourrait être plus minutieux. rajouter à cela les tarifs prohibitifs pour les boissons, le restaurant, qui ne se démarque en rien de ce que l'on connais déjà, et un accueil qui a perdu de sa gentillesse et de ses attentions. pensez qu'ils proposent de venir vous chercher à l'aéroport pour 15000 CFA ? après deux nuits passées là-bas, nous n'y retournerons pas pour dormir, tout juste pour y boire un coup. www.villasoudan.com/frenchindex.htm Images attachées: | | | À: Docteurcoco · 3 mai 2010 à 12:23 · Modifié le 3 mai 2010 à 13:23 Re: Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Message 2 de 16 · 5 408 affichages · Partager Jour 2Bamako : la nuit à la villa fût tout de même reposante et le réveil tardif. passer du stress parisien à la chaleur malienne ne se fait pas sans mal ni sans fatigue. petit déjeuner très bon avec vrai café avalé goulûment, c'est parti pour la grande ville. c'est dimanche à Bamako et la traversée à pied du pont est faisable avec un trafic moindre. mais la chaleur en ce début d'après midi nous accable. et c'est limite défaillants que nous cherchons un point de repos arrivés à la place de l'indépendance. nos mains gonflent, nos yeux se troublent, nos esprits sont au ralenti. vite de l'ombre et à boire. tranquillement, les familles viennent faire leur lessive au bord du fleuve, les enfants jouent dans les flaques et les ados rivalisent de prouesses dans les trous d'eau. la baignade, bien que tentante, est fortement déconseillée. le fleuve est encore sauvage, les courants forts et surtout, il n'y a pas de brigade fluviale qui viendra vous réanimer en cas de noyade accidentelle. à notre retour, nous apprendrons la mort d'un jeune homme. épuisé, un routard nous demande où tirer de l'argent avec une carte Master Card... il ne savait pas que seule la VISA a cours dans les distributeurs par ici. il lui faudra attendre lundi matin. je me suis mis dans l'idée d'aller voir la route submersible de Sotuba... mais personne ne semble connaître. nous traversons les quartiers vrais de Bamako, sur les bords du fleuve, un peu avant le barrage des aigrettes, les jardins maraîchers sont un petit coin de tranquillité verdoyante bien appréciable. il faut continuer à longer le fleuve pour arriver au quartier résidentiel de la Cité du Niger. d'immenses villas, surprotégées avec barrière d'accès qui ferme à la tombée de la nuit. bref, tout ce que l'on aime de cette nomenclatura qui vit là en autarcie, sans se mélanger avec le peuple. nous quittons rapidement cet endroit sinistre. étape suivante, un marché aux bestiaux, dont je n'ai pas retenu le nom. si vous voulez voir de belles bêtes, lavées pour l'occasion, c'est le lieu, entre la cité des riches et la route de Koulikoro. une vache affolée est difficilement maîtrisée par les héros du jour. nous pouvons continuer notre boucle qui se finira au coucher du soleil au bord de la route de Koulikoro. retour à l'hôtel en taxi.
les taxis : autant ce moyen de transport est indispensable dans ces villes où seuls les résidents et les autochtones ont une chance de comprendre le maillage des transports en commun, autant la tendance à Bamako est plutôt désagréable. en effet, les chauffeurs pour augmenter leur marge n'hésitent pas à prendre plusieurs courses en même temps, et parfois même dans des directions opposées. nous en avons fait les fraîs et devant les protestations bruyantes de la femme qui nous précédait, nous avons écourté ce qui s'annonçait comme un petit cauchemar en plein jour. pour ceux qui n'auraient pas l'habitude, la course se négocie avant de démarrer. n'hésitez pas à faire franchement baisser le prix, de moitié, quitte à en remettre un peu à la fin, si votre chauffeur et sympa et si la route était encombrée. à la tombée de la nuit les tarifs prennent facilement 50%, encore une fois à l'appréciation des deux parties. Images attachées: | | | À: Docteurcoco · 3 mai 2010 à 13:48 Re: Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Message 3 de 16 · 5 384 affichages · Partager Jour 3le départ : enfin prêts, véhicule récupéré le matin après un long trajet de la Villa au quartier Boulkassoumbougou. même le chauffeur du taxi ne se souvenait pas que c'était aussi éloigné. inspection faire, rien à signaler, hormis la fumée noire qui s'échappe du pot, mais on doit bien faire comme les autres. le réglage des injecteurs n'est pas le fort des mécaniciens locaux, de même que l'équilibrage des roues. et la titine n'a pas la clim, on aura le temps de la regretter plus tard. nous restons optimiste même après un arrêt improvisé près d'une banque, pendant une heure en attendant la réparation de fortune du contacteur de démarrage. et vas-y que retire le volant, que j'y glisse mon tournevis par ci, ma clé de douze par là, que je remonte, que je redémonte... finalement après moultes discussions, où chacun a sa version du mieux, ça repart, le volant un peu de travers. il est 16h00 et nous sommes encore au centre ville. le proprio peut souffler et nous gardons le moral.
Ségou : de la belle cité riveraine nous ne verrons que ses rues désertées. nous avons fait la moitié du trajet de nuit (oui je sais, c'est déconseillé) mais je voulais pousser au plus loin. notre objectif de Markala attendra le lendemain. la tranquillité sous les grands arbres ne fait pas défaut. c'est la pleine saison et les hôtels du centre ville sont complets. c'est finalement dans un annexe de l'Auberge, le Meriva, situé au bord du carrefour de l'An 2000, que l'on nous accepte. chambre propre, hôtel rénové pour sa partie restaurant et bar, pas encore les chambres. mais pour une nuit, le prix vaut le confort et l'accueil est très sympa. pour le repas, nous retournons à l'Auberge, un peu tard pour profiter de la piscine, mais avec un concert de jeunes musiciens locaux, on est dans l'ambiance. une adresse qui ne perd pas de sa qualité avec les années. les proprios sont ici toute l'année et ça se sent. la télévision japonaise en plein reportage n'acceptera toutefois pas l'interview spontanée du leader du groupe, qui ne se déchaîne pas moins en une danse endiablée (sous inlfuence ?). en y repensant, la bande son prise sans permission leur fera un fond sonore gratuit et ils ne risquent guère les poursuites judiciaires. Image attachée: | | | À: Docteurcoco · 3 mai 2010 à 17:43 Re: Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Message 4 de 16 · 5 361 affichages · Partager Jour 4la clé : comme tout ne va jamais aussi bien que prévu, l'Afrique est probablement le continent des aléas, voulus ou non. ils font son charme tant que l'on est pas contraint par des nécessités de calendrier. nous étions un peu entre les deux voyant la journée s'avancer et les kilomètres encore à parcourir. au moment de partir, la clé des portières, aussi âgée que le Cherokee, me reste dans les mains. heureusement, le pène n'est pas dans la serrure. et c'est une chance que nous soyons en ville. pas de souci, le réceptionniste de l'hôtel me conduit vers un ferrailleur, serrurier à ses heures. et c'est parti pour trois bonnes heures de limage, de mesure, d'essai, finalement trop de meulage, nouvelle clé, pour obtenir un objet qui ouvre la porte mais qui devrait figurer parmi les records de la démerde toutes catégories confondues. le temps pour nous de discuter boutique avec les moutards du quartier et d'en apprendre un peu plus sur les conditions de l'élève de primaire à Ségou. que l'on soit fils de touareg ou fille de bozo, on est tous à la même enseigne. à signaler sur cette avenue, un supermarché tout à fait moderne equipé d'une caisse informatisée et de la clim. la porte s'ouvre, et vu le prix "élevé", 3000 CFA si mes souvenirs sont exacts, ce qui rapporté au nombre d'ouvriers (3) et au nombre d'heures (3), atteint tout de même les 333 CFA brut de l'heure (quand on sait que nos ouvriers de l'automobile refusent des jobs en or à 150 euro par mois en Tunisie, de quoi se plaint-on ?), j'exige la frappe de la marque JEEP sur la nouvelle clé, modèle unique. caprice accepté avec le sourire. nous voilà repartis.
Markala : sur la route très belle, à ne pas rater à la sortie de Ségou (sinon, c'est direction Bla), nous franchissons un premier canal, celui de Tio, une longue langue verte qui mène à un village singulièrement appelé Nowere. la ville de Markala est un peu à l'écart de la route. les constructions visibles sont des anciens bâtiments coloniaux. nous avions pour projet de passer la nuit dans le nouvel hôtel de Markala, mais avec bientôt 24h heures de retard, nous ne poussons pas la visite plus loin. le barrage est une merveille de construction et la preuve que le Mali sait entretenir lorsque c'est nécessaire. en effet, hormis la production électrique, la retenue en amont permet l'irrigation des terres avoisinantes et notamment de région située entre le Niger et le Bani. les gardiens sont en poste à chaque extrêmité. il est formellement interdit de photographier l'ouvrage, mais bon, si c'est fait discrètement... toujours demander avant de dégainer l'appareil, pour ne pas froisser la susceptibilité policière.
le long du fleuve : un peu plus loin sur la route, on croise un autre barrage, plus petit, qui lui se prolonge par un autre canal, celui de Massina. il est facile de s'y arrêter et de visiter, en toute prudence bien entendu. ici pas de gardien. et c'est là qu'est le piège : la route vers Massina commence entre les deux barrages. très impressionnés par nos découvertes, nous avons filé droit vers le Nord, sur la belle route qui mène vers Niono... et ce n'est qu'une fois presque arrivé que notre bourde nous est apparue. au passage, si vous vous égarez aussi, admirez les rizières en bordure de route. la production de riz du Mali est en pleine expansion et le pays commence à exporter chez ses voisins. coup d'oeil à la carte : il semble y avoir une piste qui rejoint la route de Massina depuis celle de Niono. et nous voilà partis dans le sable, premier village, la piste est toujours visible. puis un village de peuls, très étendu et plus rien... avis pris auprès des villageois, en tenue traditionnelle, parlant françois comme nous pulaar : la piste, c'est par là nous assurent t-ils confiants, en nous désignant une étendue sablonneuse, touffée d'herbes sèches, sans aucun signe distinctif. gloups : il est déjà 16h00 et nous venons à peine de quitter Markala... donc retour parce que la nuit dans le Sahel avec une bouteille d'eau chaude pour tout compagnon c'était un peu trop roots pour les petits parisiens, perdus loin de tout GPS.
entre le fleuve et le canal : la route finalement retrouvée chemine entre le Niger au Sud et le canal Massina au Nord. les deux rives sont magnifiques et attention aux virages, quand on est absorbé dans la comtemplation d'une pirogue à voile. que d'arbres, de cultures, de troupeaux, de vestiges coloniaux d'une époque révolue. il y a là bien de quoi s'arrêter un jour ou deux, mais nous n'avons qu'une semaine... la route arrive à Massina ville, le soleil se rapproche de l'horizon et nous sommes encore loin de notre prochaine destination : Mopti. arrêt obligé dans cette petite bourgade tranquille qui visiblement n'est pas habituée aux touristes. ici, pas vraiment d'hôtel. et puis la route jusqu'à Mopti, "ça passe pas bien". et pis on a pas de temps à perdre à vous accompagner, il est trop tard, et de profiter des blancs de passage pour faire un peu d'argent, ici, ça ne se fait pas. Massina en saison des pluies se referme entre le canal et le fleuve. mais en hivernage, la piste vers Mopti est trop incertaine et pour continuer notre route, il nous faudra prendre le bac. je n'ai pas réfléchi sur le moment, mais 5000 CFA pour un véhicule et deux personnes, j'aurai du tiquer. peut-être le fleuve est-il plus large à cet endroit, peut-être y a t'il moins de clients. nous étions pressés et nous avons donné le billet sans sourciller.
de Massina à Djenné : la piste qui relie la berge Sud de Massina à Djenné est très agréable. les villages en banko sont plus authentiques les uns que les autres, le bus de nuit fait son petit bonhomme de chemin. pour quelques portions toutefois je la déconseillerais sans véhicule tout terrain. mais même de nuit (je sais, je sais, c'est pas conseillé), nous avons trouvé notre chemin. compter entre deux et trois bonnes heures jusqu'à Djenné, dans laquelle on entre par le Nord, entrée inhabituelle pour des touristes. l'hôtel Campement de Djenné nous attendait. la chambre confortable, ventilée et climatisée, une grande salle de douche. bref le grand luxe après une longue journée pleine d'incertitudes et de rencontres. accueil un peu distant mais cordial. de nuit Djenné est encore plus mystérieuse, avec ses ruelles sombres, où l'on erre de lampadaires en boutiques encore ouvertes. "bonsoir ça va ?" et le regard un peu craintif ou interrogateur se transforme en sourire de bienvenue. repas vite avalé, la fatigue nous prend et la chaleur fait le reste. la nuit nous passe dessus sans bruit. nous touchons bientôt au but. Images attachées: | | | À: Docteurcoco · 5 mai 2010 à 10:40 Re: Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Message 5 de 16 · 5 320 affichages · Partager merci, pour le récit et les photos....on attends la suite. francia | | | À: Songhai73 · 26 mai 2010 à 15:23 Re: Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Message 6 de 16 · 5 198 affichages · Partager Merci Songhaï, j'ai au moins une lectrice.
Jour 5
MoptiNous sommes maintenant tout proches de notre destination préférée. Nous quittons Djenné à regret et à une heure inhabituelle pour des visiteurs. La ville a chaud sous le soleil inhabituellement intense de ce mois de février. Les ruelles n'en sont pourtant pas désertes. Selon nous, c'est le moment idéal pour visiter, alors que tous se cachent dans l'ombre. Et plutôt que de foncer vers Bandiagara, nous choisissons de bifurquer vers la cité au carrefour des deux fleuves. Le bac de Djenné est vite franchi, le niveau du Bani est bas cet année et la sécheresse menace. La pause à Mopti s'est faite attendre dans la voiture surchauffée, avec l'embrayage qui donne de sérieux signes de faiblesse. Ne jamais s'arrêter, au risque de caler, est une pratique qui demande mesure et patience à la traversée des villages et hors de question de mettre des vies en danger. Tant pis pour la mécanique de mémée Cherokee. Somme toute une vraie virée à l'africaine, avec ennuis de voiture inclus et nous n'avons pas encore abordé les pistes du Pays Dogon. Les rives grouillent de vie, les piroguiers sont en mal de touristes et c'est à moultes reprises qu'il faudra refuser polimment la ballade sur le fleuve. une cargaison de sel gemme est arrivée en provenance de Tombouctou et les transactions vont bon train; ce même sel que transportent les chameliers au départ du Maroc et d'ailleurs : Tombouctou 52 jours de marche pour ceux qui sont passés à Zagora. Parmi les emplettes indispensables, un kilo de noix de cola : 4000 CFA. C'est un prix d'ami, consenti après que l'on ait parlé de Baba Napo, notre guide et ami. Selon le petit rabbateur, le prix se fixe en fonction de la couleur et de la fréquence de visite des voyageurs : 10000 CFA pour un japonais qui connais pas, 7000 s'il est déjà venu ou pour un européen, 5000 sinon... et 4000 pour nous ! Une petite sucrerie avalée à l'ombre des grands arbres et c'est parti pour Bandiagara la douce.
BandiagaraLa route superbe file si vite lorsque l'on touche au but. La dernière grande ligne droite bordée de grands arbres et les premiers panneaux publicitaires nous réchauffent le coeur si besoin était. Le carrefour et l'hôtel La Falaise enfin, les mêmes têtes qu'un an auparavant, les mêmes sourires aussi et la gentillesse intacte. Un nouveau bâtiment et une terrasse ont été ajoutés, ainsi qu'une salle de réunion, des chambres plus grandes pour accueillir les groupes. La piscine, c'est encore remis à l'année prochaine, incha-L-Lah. Et Baba est là pour nous accueillir à bras ouverts. Son bureau fraîchement construit et peint jouxte désormais le mur de l'hôtel, une place de rêve pour recevoir ses clients présents et futurs. Il a guidé notre Jack L. national il y a peu et ses clients de l'ambassade de France ne vont pas tarder. Mais pour le moment nous avons l'exclusivité. L'émotion est à son comble, d'autant que nous apprendrons qu'à la fois il porte le deuil et attend un heureux événement : la vie suit son cours, avec son cortège de joies et de peines. Il viendra nous voir à Paris et au moment où j'écris ces lignes c'est chose faite. Trois jours de visite intense fin avril, sous un temps magnifique, pour voir notre belle capitale. Et déjà, le programme s'établit : Niongono (Niongoni sur l'excellente carte de la région de Mopti éditée par l'OMATHO), Kendié, Doganibéré, Borko, mais aussi une après midi avec les membres en action de l'Association Bandiagara Environnement Propre, qui milite activement pour le nettoyage des rues, la mise en place de poubelles, de latrines et l'éducation des villageaois en matière d'hygiène. Douentza et les monts Hombori sont décidément trop éloignés pour si peu de temps sur place, c'est à nouveau partie remise. Que la soirée est douce si loin de notre quotidien bruyant et trop pressé. La Castel nous embrume progressivement l'esprit et nous aide descendre doucement les volées de marches qui nous séparent du rythme malien. Nous sommes enfin vraiment en vacances. Images attachées: | | | À: Docteurcoco · 26 mai 2010 à 21:29 Re: Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Message 7 de 16 · 5 185 affichages · Partager bonjour la lectrice est toujours la...et attendais la suite. en effet il faisait très chaud en février d'après mes amis Touaregs, la sècheresse s'intensifie, ça va être encore plus difficile pour les Maliens, en plus du manque de touristes. la prochaine fois j'irais certainement vers Bamako, Segou que je ne connais pas encore. La région d' Hombori est superbe avec ses montagnes rocheuses rouges, pour 1 prochain périple, je te le souhaite. bonne soirée francia | | | À: Songhai73 · 17 juin 2010 à 13:46 Re: Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Message 8 de 16 · 5 104 affichages · Partager la suite arrive avec le temps.
Jour 6les écoles : Madame aime non seulement l'Afrique, le Mali, le Pays Dogon mais aussi l'éducation des enfants, dont elle a fait son métier. voir la réalité du monde scolaire aussi loin des salles de classe parisiennes est une étape incontournable. accompagné de notre fidèle ami, qui a grandi dans les ruelles de Bandiagara et y scolarise maintenant ses propres enfants, nous commençons par le jardin d'enfant. après l'entretien de rigueur avec le directeur qui nous reçoit en toute simplicité, nous découvrons une ambiance survoltée qui tranche avec la discipline que l'on impose à nos petites têtes, blondes ou brunes. deux maîtresses et au bas mot 50 mini-dogons, mais pas que : Bandiagara est aussi une ville multi-ethnique. rester assis par cette chaleur relève de l'exploit, surtout que les âges sont mélangés et les bancs partagés. l'école suivante est du niveau primaire : changement radical, sauf pour la température qui continue de monter en ce milieu de matinée. les plus grands préparent leur certificat d'étude, porte d'entrée vers le second degré. et malheureusement ils n'espèrent que peu d'élus nous confie l'adjoint au directeur, également professeur d'éducation physique, qui mène la visite. malgré le surnombre, les classes sont studieuses. le discours improvisé de la maîtresse française devra être repris par le prof malien : "les élèves ont du mal avec votre accent", nous avouera-t'il plus tard... le directeur, nous l'apercevrons un peu plus tard : il doit partir pour Bamako se faire opérer des yeux. il aura attendu jusqu'au bout. l'âge de la retraite approche, mais pas l'envie de quitter ce travail et ces enfants à qui il consacre ses journées.
Deguimbéré et Niongono : à quelques kilométres de Bandiagara, sur la route de Mopti, une piste bifurque vers la gauche. c'est l'ancienne route qui part vers Djenné, sans passer par Sévaré. la voie est assez praticable, pas de barres rocheuses comme plus loin sur le plateau et on rejoins facilement le village de Déguimbéré. en contrebas d'une colline, c'est au dessu de ce petit village tranquille, entouré de quleques champs, que disparut pendant la guerre contre les français El Hadj Oumar Tall , l'un des leaders de la résistance peule contre l'envahisseur et fondateur de l'empire Toucouleur. l'ancien qui conserve la clé de l'entrée nous accompagne et après une rapide montée, nous arrivons près d'une petite construction. c'est un lieu sacré pour les croyants, un lieu de prière et de recueillement. une toute petite grotte et beaucoup d'émotion pour Basseydou, le jeune frère de Baba : pour sa première fois en ce lieu saint, il en profite pour adresser une prière à son créateur. un peu plus haut, la prtie abandonnée du village où s'était installé le saint homme. il en reste quelques fondations en pierre et une petite mosquée toujours debout. en poursuivant sur la piste, on arrive ensuite à Niongono, Niongoni sur la carte de l'OMATHO Région de Mopti, support indispensable pour une vue d'ensemble et suffisament détaillée du Pays Dogon. ce village a pour caractéristique d'être perché sur un éperon rocheux. un raidillon permet d'accéder au constructions. le style "classique" dogon est ici adapté à la faible surface et à l'écoulement en saison des pluies. les greniers en particulier sont intégrés à la maison, dont la forme extérieure prend des arrondis. les toits sont accessibles pour y faire sécher oignons, mil, bissap et autres récoltes. l'intérieur n'est pas sans évoquer les maisons du pays Sénoufo au Sud du Burkina Faso, ou les agadirs à flanc de falaise du moyen atlas marocain. ce village est d'ailleurs à la limite du Pays Dogon. en redescendant, les "ça va ? ça va ?" nous accompagnent d'une lithanie répétée. le marchand de boissons fraîches est le bienvenu au bas de la colline. nous découvrons chez lui un petit trésor de sculpture, un couple posé là négligement, qui après bien des péripéties finira par orner notre salon. après expertise, le représentant de la mission culturelle à Bandiagara nous assurera qu'il ne s'agit pas d'antiquités, mais n'en prendra pas moins moultes photos. un emballage solide, ainsi qu'une boite sur mesure seront nécessaires au transport, et ne nous éviteront pas les minutes de transpiration beaucoup plus tard devant le tapis de bagages à Roissy. Images attachées: | | | À: Docteurcoco · 18 juin 2010 à 15:25 Re: Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Message 9 de 16 · 5 076 affichages · Partager bonjour je continue le voyage... suis étonnée, j'ai toujours trouvé que nos "têtes blondes " étaient bien plus agités que les "têtes brunes " des petits Africains dans les écoles et ce malgré le nombre.... belle journée francia | | | À: Songhai73 · 10 août 2011 à 13:19 Re: Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Message 10 de 16 · 4 181 affichages · Partager je reprends la route, après l'avoir délaissée bien longtemps... Jour 7
Après une matinée paresseuse - c'est tout de même les vacances, nous rejoignons l'Association Bandiagara Environnement Propre qui a organisé le nettoyage de la rue 211. leur bureau était situé dans cette rue. Depuis, après un cambriolage qui a vu disparaître le matériel informatique et quelques déboires financiers, il a été transféré devant l'hôtel La Falaise, ce qui permet à son principal responsable, Baba Napo, de surveiller de près le matériel. les femmes d'une autre association ont été conviées pour l'occasion. dans la joie et la poussière, le plastique, les branches, les débris organiques finiront dans un feu de joie improvisé un peu plus loin. la musique accompagne les ramasseurs du jour. l'assocation envisage de promouvoir la propreté et l'hygiène de la ville et progressivement des villages du plateau, la constrution de latrines et l'organisation d'un ramassage des poubelles. le jeune maire fraîchement élu la soutient, même si les caisses trouvées vides de la commune ne permettent encore un grand effort financier. nous profiterons de l'occasion pour rendre visite à la toute petite boulangerie située dans la même rue, qui prépare une excellente petite baguette dans un four de conception ancestrale. Images attachées: | | | À: Docteurcoco · 10 août 2011 à 15:38 Re: Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Message 11 de 16 · 4 053 affichages · Partager Jour 8
Une longue journée nous attend, en direction du Nord à la sortie de Bandiagara, vers des villages moins fréquentés. Comme la Cherokee donne tout de même des signes de faiblesse sur les pistes dures et cahoteuses du plateau dogon, Baba nous confie, pour un tarif négocié, son vénérable Land Cruiser rouge passé. Le véhicule accuse plus de 500000 km au compteur qui est resté bloqué depuis. Ce qui serait considéré comme une antiquité par chez nous rend ici fidèlement des services quotidiens. confort spartiate mais résistance à toute épreuve : c'est le HJ60, une légende pour les amateurs. Au retour, un petit coup de mou dans les freins à l'arrivée sur un gué nous vaudra un décollage en règle : aucun problème, cet engin est prévu pour ça de toute évidence...
Kendiéce petit village à 41 km de Bandiagara est perché au bord d'une dépression dans le plateau. Son impressionnante Toguna où se réfugient enfants et vieillards, et quelques moutons parfois, ne distrait pas les hommes du village dont l'activité principale est la production de pierres de construction. les murs ici sont d'ailleurs appuyés sur des fondations en dur. les femmes et les filles, elles, vont aux champs et remontent du puits situé en contrebas l'eau indispensable. une petite visite au forgeron et après quelques salutations, nous voilà repartis vers le Nord.
la palmeraieil y a de cela certainement quelques temps prospérait ici une grande palmeraie, roniers, dattiers. nous sommes entre Kendié et Borko. la vaste étendue sableuse sépare les arbres qui subsistent tant bien que mal. la production doit être anecdotique. les sécheresses sont passées par là. une halte somme toute agréable après une heure de plus sous le soleil. la piste est assez bien entretenue. nous reprenons notre voyage.
Borkoconnu pour sa mare aux crocodiles, ce village qui est à la limite Nord du pays Dogon, non loin de la nationale qui ralie Sévaré à Douentza, est surtout riche des 30 et quelques sources qui jaillissent des collines avoisinantes, comme un miracle ininterrompu. ici le vert contraste avec les tons ferrugineux du plateau. l'eau coule en abondance, assez pour s'y rafraîchir, s'y baigner. les reptiles nous ne ferons que les apercevoir. la multiplication des tickets à acquitter : pour le gardien, pour la nourriture des crocos, pour la nourriture du gardien, pour l'association, pour la commune... bref on frôlait les 15000 CFA par personne, un peu cher pour voir de loin les narines de ces prédateurs endormis.
mais l'heure avance, il nous faut rebrousser chemin. trois heures nous séparent d'une bière fraîche et d'une bonne douche, luxe de touristes à cette période de l'année où les températures dépassent allègrement les 40 degrés, alors que nous ne sommes que fin février. une petite halte en chemin pour admirer de près ces formations creusées par le vent et l'infiltration des eaux de pluie. Images attachées: | | | À: Docteurcoco · 13 août 2011 à 14:59 Re: Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Message 12 de 16 · 4 014 affichages · Partager bonjour je reprends la route avec toi !  bon weekend francia | | | À: Songhai73 · 19 août 2011 à 18:41 Re: Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Message 13 de 16 · 3 968 affichages · Partager Jour 9
la faille de Nomboricette journée est placée sous le signe de la randonnée. après une visite de village au bout de la piste, nous laissons la cherokee sur le bord et entamons la descente. une à deux heures sont nécessaires pour atteindre le bas de la falaise. ballade somme toute assez reposante malgré la chaleur, vu la hauteur des murailles naturelles que nous frolons. en bas, la village est accolé au pied de la falaise. les enclos le séparent du sable et de la grande dune. au passage, nous croisons ce qu'il reste d'un baobab après sa mort. nous remonterons quelques kilomètres plus au Sud Est. la marche dans le sable sous le soleil de l'après midi est accablante et nous rappelle notre humble condition d'humain face à l'immensité et l'aridité de la nature. une famille de peuls a établi son campement à l'écart du village, comme à leur habitude. c'est avoir enmprunté la grande échelle sacrée et non sans soulagement que nous retrouverons le véhicule qui nous ramènera à Bandiagara. Images attachées: | | | À: Docteurcoco · 19 août 2011 à 19:07 Re: Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Message 14 de 16 · 3 965 affichages · Partager Jour 10
Teriya Bugule moment est venu du départ. Nous serrons nos amis contre nous avant de prendre la route en direction de Teriya Bugu . sur les berges du Bani, le père défroqué Vespieren a un jour rencontré un homme et tous deux ont rêvé une utopie. à grands renforts de fonds personnels et de connaissances d'Europe et d'ailleurs, une véritable oasis a vu le jour là où auparavant l'on ne trouvait que du sable et quelques herbes. après avoir planté des centaines d'eucalyptus, des plantations maraîchères ont été développées, plusieurs écoles, une station solaire, une centrale de méthanisation, une piste d'atterrissage, un complexe touristique. le rêve a été concrétisé mais la question de l'équilibre financier du projet n'avait jamais été réellement pensée. au décès de son fondateur en 2003, une lente déchéance a commencé. ce n'est que dernièrement que sous les efforts d'une association malienne et des amis du père Vespieren, que le projet a été relancé. vous y verrez des animaux semi-domestiques, une piscine, des chambres d'hôtels défraichies mais confortables dans l'esprit du tourisme solidaire. on peut aller sur le fleuve en pédalo, visiter l'école, les infrastructures. des volontaires expatrisé tentent de faire vivre le projet et notamment en développant une culture d'agrocarburant et en assurant une consultation médicale en dispensaire. la restauration est correcte sans plus. le miel produit localement est très bon. c'est une étape agréable sur la route de Bamako à Bandiagara. deux pistes praticables sans 4x4 (hors saison des pluies) y mènent à partir de la RN6 un peu avant ou après Bla, selon que l'on vienne de Ségou ou de Djenné.
la fin de notre voyage, le retour vers Bamako, le coeur lourd de devoir repartir vers nos contrées grises et froides, je vous en ferais grâce. nous n'aurons pas le plaisir de reprendre Air Mali, son dernier vol en direction de l'Europe avait eu lieu quelques jours auparavant. Tant bien que mal, un charter nous ramènera à bon port. la compagnie nationale a depuis déposé le bilan à ma connaissance.
merci à ceux qui sont arrivés jusqu'ici avec nous. en espérant que cela vous fera rêver comme nous continuons de le faire, en attendant notre prochain voyage dans ce pays magnifique et accueillant, qui ne mérite pas de souffrir des restrictions actuelles qui sont en train de tuer dans l'oeuf une industrie du tourisme naissante.
bon voyage à tous special thanks à Songhaï73 Images attachées: | | | À: Docteurcoco · 29 août 2011 à 23:42 Re: Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Message 15 de 16 · 3 915 affichages · Partager bonsoir je viens de relire ton post, je pensais retourner au Mali en janvier et je voulais aller à Teriya Bugu, mais un heureux évènement familiale va m'en détourner, ce sera pour plus tard !  malheureusement pour ce beau pays, le contexte est encore bien incertain. à bientôt sur VF ou ADM  francia | | | À: Songhai73 · 30 août 2011 à 23:31 Re: Retour d'un circuit à Bamako vers le pays dogon par Massina Message 16 de 16 · 3 869 affichages · Partager c'est à dire??? (incertain?) | Discussions similaires sur le Mali: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 7 234 visiteurs en ligne depuis une heure! |