Ca y est le mois de vacances en
Inde est fini !
Aucun soucis pour ce quatrième voyage au pays de la vache sacrée à part une mousson très généreuse (la pire depuis 10 ans) qui n'a pas été sans conséquences sur les transports et les conditions d'hygiène générale

Je conseille donc une paire de chaussures qui supporte les bains de boue et une bonne provision d'immodium et d'intétrix

Le logement : j'ai réservé mes hotels par le biais d'hoteltravel.com qui sont vraiment très compétitifs pour l'
Inde ou par email pour les petites structures. J'aime bien mon petit confort, surtout pour cette destination. Je ne pourrais donc n'être d'aucun conseil pour les guesthouses

Les transports : J'ai demandé les prix à diverses agences conseillées par le Michelin
Rajasthan 2010 et j'ai opté pour l'agence la plus économique Merrygo Travels (28000 R pour une voiture AC d'une taille supérieure à l'Ambassador pour 15 jours de
Delhi à
Jaipur). Le chauffeur nous attendait bien à l'aéroport et il n'y a eu aucune embrouille genre arrêts shopping, programme non respecté etc. Il parlait bien anglais ce qui change de d'habitude.
A savoir : la conduite en
Inde est une horreur. Si vous avez peur, ne prenez pas une voiture trop puissante mais une Ambassador.
Comme cette antiquité ne dépasse pas les 60, on a moins l'impression d'être dans la voiture de Sébastien Loeb

Sinon, pour avoir loué une journée une Tata Indica, je ne la conseille qu'aux voyageurs solo ou pour un trio sans bagages pour une journée visite. (la dimension d'une petite twingo)
Pour le reste de mon parcours, j'ai pris le train en réservant mes billets sur Makemytrip : paiement par carte bancaire et eticket (non, non, vous ne rêvez pas, finies les queues interminables à la gare ou la prise de tête sur le site des chemins de fer indiens

)
Si l'
Inde s'est mise au Net, il y a pourtant quelque chose qui n'a pas changé : la vétusté et la lenteur des trains

La 2A (le haut du panier dans bien des trains) propose toujours l'équivalent du "confort" des vieux wagons en aluminium et sièges en Skai orange qui circulent encore en banlieue parisienne, la clim en plus

J'ai aussi goûté aux joies du Tuk tuk indien et de son équivalent à vélo. C'est là que votre talent de négociateur entre en jeu.... A
Delhi, on arrive à faire fonctionner le meter, à
Agra on a envie de noyer tous les chauffeurs-rabatteurs-magouilleurs dans la Yamuna

En gros, 10 roupies du kilomètre, c'est correct.
Sinon, les bus urbains, en été, c'est le sauna assuré

Le parcours : Arrivée nocturne à
Delhi et nuit à Gurgaon (c'est mieux de dormir là qu'à
Delhi pour accéder au
Rajasthan en voiture de location)
Le parcours en voiture avec chauffeur commence : Visites de Mandawa, Fatehpur et Nawalgarh (Havélis peintes souvent en ruines) La région est encore bien tranquille malgré la multiplication de boutiques à souvenirs plus ou moins douteux à Mandawa. Les premiers dromadaires pointent le bout de leur nez

En chemin pour
Bikaner, les premiers signes de l'abondance des pluies se font sentir : rues impraticables, boue, "nationale" quasi coupée. Le soleil jouera à cache cache avec les nuages durant tout le séjour.
De la visite de
Bikaner, je retiendrai surtout le panneau des statistiques de visiteurs : vers 1980 environ 5000 étrangers pour 500 indiens; en 2009, 25 000 étrangers mais surtout plus de 200 000 indiens (si mes souvenirs sont bons) ! L'
Inde est le pays du tiers monde où j'ai rencontré le plus de touristes locaux. L'occidental est souvent minoritaire que ce soit dans les lieux touristiques, que dans les hotels ou les restaurants et cela quelque soit la gamme des prix pratiquée! C'est pourtant un pays où 75 % de la population vit avec moins de 1000 R par mois et par personne et où la catégorie riche commence avec un revenu de 10 000R (statistique tirée d'un journal indien)

Mon parcours m'amène ensuite à
Jaisalmer sous une pluie battante. La magie des lieux sous la gadoue et le ciel gris opère beaucoup moins que 15 ans auparavant. Les grandes éoliennes installées au loin dénature aussi un peu les lieux.
Je retrouve à
Jodhpur les sensations de mon précédent voyage : la forteresse et les vues magnifiques qu'elle offre sur la ville bleue mais aussi les rues encombrées de vaches (toujours bien regarder où on met ses pieds

), le bruit, la marée humaine.
Les temples de
Ranakpur mais surtout la forteresse de
Kumbhalgarh et la vie dans les monts aravali auraient mérité une halte de quelques jours au lieu d'une malheureuse nuit. L'endroit est très paisible, très verdoyant et peu fréquenté.
Mes pas se dirigent ensuite vers Udaipur. Le site est toujours aussi magique

Je m'offre une chambre au Shiv Niwas à l'intérieur du City Palace. Quel plaisir de bouquiner en regardant le lac et les montagnes qui l'entourent

Un genre de foire du Trône version indienne se déroule aux alentours. J'ai l'impression de voyager dans le temps en regardant cette "grande" roue tirée à la force du poignée et tous ces attractions qui ont du faire les délices de mes grands parents

Mon circuit m'entraine alors vers les forteresses de Chittaurgarh et de
Bundi : c'est le
Rajasthan oublié du tourisme de masse.
Un petit tour à
Pushkar (pas un souvenir impérissable, la rue principale n'est qu'une succession de boutiques et bouis bouis destinés aux occidentaux), et il est temps de me séparer de la voiture à
Jaipur où la vie de Palace m'attend au Rambagh.
Je comprends que certains soient déçus par cette ville bruyante et son palais rose façon gâteau anglais.J'y ai pourtant passé un très bon moment entre le fort d'
Amber et le contraste entre ledit palais bonbonnière et la cour des miracles qui le précède (le top du sordide durant ce voyage).
5 heures de train me permettent de rejoindre
Agra qui ne vaut effectivement que par ses monuments (ne pas oublier le fort qui offre des vues splendides sur le
Taj Mahal). C'est ici que le harcèlement touristique est le plus prononcé (très raisonnable cependant).
Un autre train me conduit à
Orchha, petit village paisible aux palais abandonnés (la ballade le long de la rivière en face du site est très agréable), puis à
Gwalior, une ville sans pression touristique : on peut se promener tranquillement dans la forteresse, on est sollicité non pas par des rabatteurs mais par des familles indiennes qui veulent une photo des leurs avec les étrangers

.
Et c'est déjà l'heure du retour

En vrac : 15 ans après mon premier voyage au
Rajasthan, je n'ai pas ressenti de véritables changements dans la vie de tous les jours comme dans l'aspect général du pays. Il y a bien des portables, quelques routes à 4 voies, quelques antennes satellites, quelques voitures particulières en plus, les monuments ont parfois été aménagés pour mieux accueillir les visiteurs mais sinon tout semble immuable : les vaches, les ordures, la crasse, le bruit, la pauvreté, une impression que tout objet ou toute construction est de seconde main ou inachevé

les femmes et les hommes en habits traditionnels, l'esprit bon enfant, le plaisir des couleurs et la vie débordante

Je ne conseille pas l'
Inde du Nord pour un premier voyage. Le contraste est trop grand. De plus, si les prix peuvent être petits, l'hygiène l'est également

Un tour en Thaîlande puis en
Indonésie avant d"attaquer" l'
Inde me semble être une bonne option.