Bonjour,
En passant par le forum, après une longue absence, j'ai lu cette conversation, à partir de ton message initial. Tout ce que dis chacun est légitime de son point de vue, et le point de vue d'autrui, est toujours différent du sien, sinon nous serions autrui ! Donc, je en vais pas en rajouter sur le "tu as tort ou tu as raison". Par contre, je voudrais souligner quelque chose qui me paraît important et qui peut permettre de relativiser les états d'âme. Il me semble évident que selon le statut que l'on occupe, on ne peut voir et comprendre le
Vietnam de la même façon. Sur ce forum s'exprime des touristes qui y sont allés une fois, des aficonados qui y retournent régulièrement, des viet kieu qui reviennent à leurs origines, des enfants de viet kieu qui viennent découvrir leurs racines, des expatriés momentanés qui viennent y travailler, des expatriés par force ou par conviction qui essaient de s'y installer, des vietnamiens de souche qui s'expriment en français, mais qui n'ont jamais quitté leur pays, des immigrés qui y vivent en parlant la langue du pays et en s'étant intégré culturellement et socialement, des aventuriers qui survivent comme ils peuvent en attendant des jours meilleurs, etc...Il est donc évident que chacun a une vision différente du
Vietnam et une capacité différente à l'appréhender. Si la Vérité existait, çà se saurait !
Je crois l'avoir déjà écrit dans ce forum, ce qui m'inquiète le plus, voire m'irrite, c'est le discours et l'image véhiculée sur le
Vietnam, autant par les guides (livres) touristiques, que par les reportages télévisés ou les agences de voyage occidentales. Le nombre d'idées fausses qui circulent dans ce concert d'informations pourraient remplir 10 pages de post ! Il y a une telle ignorance de la vie quotidienne, des réalités économiques, de l'actualité, et souvent même de la géographie et de l'histoire du pays, que je me demande dans quel pays les auteurs sont allés pour rechercher leurs sources !!! Et ce forum n'est pas non plus exempt de ce type de défaut. Je comprends que lorsque l'on arrive au
Vietnam avec des idées fausses, on puisse être déçu ou désagréablement surpris.
Il est cependant une réalité, commune à l'ensemble des pays émergents qui ont choisit d'utilsier le tourisme comme ressort économique : le tourisme, qu'il soit de masse ou plus confidentiel, pollue ces pays. La
France s'est ouverte au tourisme au cours du 19° siècle. Mais elle était déjà dans une démarche de développement économique, et le tourisme qu'elle offrait était celui d'un littoral déjà équipé. Les touristes n'allaient pas visiter l'arrière-pays breton ou le cantal reculé...Aujourd'hui, la
France, comme le
Canada, et d'autres pays occidentaux, peut absorber le tourisme rural, le tourisme urbain, le tourisme balnéaire, car le développement économique et social, permet d'absorber une population de touristes qui ont un niveau de vie identique ou inférieur à celui du pays d'accueil. Or, le
Vietnam, comme l'
Inde, comme la
Thailande, comme les pays d'Afrique, est un pays dont la majeure partie de la population vit dans des difficultés économiques et sociales redoutables, et a bien d'autres préoccupations que d'être ouverte au tourisme, sauf à ce qu'il contribue à enrichir ceux qui sont à son contact. Légitime ! Alors effectivement, que l'on soit backpaper, dulich ba lo, ou touriste d'agences de voyage, on représente de toute façon une possibilité de gagner de l'argent, de toutes les façons possibles, légales ou illégales. N'oublions jamais que le simple fait de poser le pied au
Vietnam suppose d'avoir pris un avion, et même si l'on a eu le billet le moins cher sur la compagnie la plus mauvaise, le prix de ce billet représente plusieurs mois du salaire de ceux que l'on côtoie au
Vietnam (hormis quelques exceptions). La notion de congé payé et de dépenses inutiles est encore ténue au
Vietnam. D'où le raisonnement suivant de la part de ceux que vous rencontrez : "Si il a pu dépenser plusieurs mois de mon salaire pour venir ici, alors qu'il aurait pu rester chez lui, c'est qu'il a de l'argent à dépenser (cqfd !)" D'où le sentiment d'être un porte-monnaie sur pattes ! Au passage, je souligne que les chauffeurs de taxi, garçons de café et autres prestataires du tourisme faisaient la même chose avec les américains dans les années soixante/soixante-dix !
Si l'on accepte avec humilité sa condition de touriste, ses limites et ses contraintes, le
Vietnam reste un pays intéressant à découvrir, tant au niveau des paysages que de sa culture.
Dernier point important : la barrière de la langue reste un énorme problème pour ceux, qu'ils y vivent ou qu'ils y passent, qui ne savent pas parler le vietnamien. Et faire un voyage avec un guide-interprète est parfois plus utile que de vouloir absolument économiser sur cette dépense. Sur ce plan, je termine avec une anecdote perso, donc partiale ! comme vous je suis souvent victime de chauffeurs de taxis peu scrupuleux qui cherchent à me faire payer trois ou cinq fois le prix affiché au compteur ou qui ne l'affichent pas du tout...Que ce soit à Saï Gon, à Ha Noï, à Da Lat, ou dans toute autre ville, à chaque fois il me suffit de m'adresser à lui en vietnamien, et parfois en utilisant des termes "percutants", pour qu'aussitôt le chauffeur en rabatte et accepte le montant que j'ai décidé de lui donner. J'y gagne en plus le respect de l'étranger qui parle la langue du pays et qui ne se laisse pas faire...sans s'énerver ! Ca s'appelle sauver la face et celle de son interlocuteur et dans ce pays, cà c'est primordial !
Reviens avant dix ans, parce que le
Vietnam change très vite, et que la nostalgie d'un
Vietnam qui ressemble aux images de nos livres d'histoire, est en cours de laisser la place à un pays moderne qui s'ancre dans le 21° siècle...
A plus
Nhaqué