Vu que le démarrage de ce périple à Ampefy a déclenché un truc de malade, une avalanche de réactions et au regard de l'enthousiasme provoqué, poursuivons donc la fin de cette bouclette pour ne pas laisser retomber la vague.
On est donc au 3eme jour apres un trajet de
Tana à Ampefy qui a permis de traverser une foret de tapia assez unique puis de se retrouver au coeur du
massif central malgache avant d apercevoir le
lac Itasy et Ampefy. Un deuxieme jour de ballade au long de la Lily puis vers les geysers avant que d opter pour l'idée du parapente matinal. Un troisieme jour qui démarra donc par un vol de parapente au dessus du lac et des volcans éteints avant de prendre le chemin d'
Antsirabe. C'est ici donc que démarre la suite du message précédent.
On prend donc la route vers 10h30/11h pour
Antsirabe en quittant Ampefy et l'hotel Farihy apres avoir pris un ptt dej dans le village. Il fait encore beau et on profite donc de ce qu'il reste de soleil et de ciel bleu avant que les orages n'arrivent en début d apres midi. On se trouvera sur la RN43 jusqu a Sambaina ou on rejoint la RN7. Elle a été réhabilitée il y a pas si longtemps et sur la partie Faratsiho/Sambaina, elle est meme excellente. On passe toutefois par qq kms de purgatoire d'Ampefy à Soavinadriana, ici on est certain que la route est restée intouchée, authentique comme on dit. Pas topitop donc et cette portion heureusement courte monte peu a peu vers Soavinadriana en surplombant des paysages de rizieres mais aussi au début pas mal de plantations de christophines (chouchou, chayotte...), légume qui se prend pour un fruit de la passion avec ses vrillettes et ses excursions verticales le long de supports et de treillis de bambous. Excellent avec une sauce arachide, c est aussi de la confiture pour les cochons qui aiment pas mal.
Une fois à Soavinadriana, on récupère la portion qui a été réhabilitée, c est pas excellentissime mais c est tt de meme tres tres bien. Quasi pas de trous ni de passages très dégradés nécessitant de ralentir outre mesure. Jusqu a Faratsiho on va traverser la vallée de la Kitsamby qui est une riviere très encaissée et qui a fait son chemin, creusant les hauts plateaux du coin. On descend d abord beaucoup avec la Kitsamby loin en bas à main gauche avant de la traverser sur un petit pont à voie unique puis de remonter plus haut qu'on a descendu pour aller jusque Faratsiho qui est la ville la plus haute de Mada au coeur du Vakinankatra. Cela permet outre le magnifique escarpement de la vallée de la Kitsamby de faire des kilmoètres au haut de landes et de monts aux terres probablement assez tourbeuses et pauvres ou sont pratiqués ce qu'on appelle les cultures de tanety. La toponymie des villages récurrentes autour du terme Tanety ne vient que le confirmer : Antanety, Tanetibe... Cultures pluviales sur les flancs ou en haut de collines : riz pluvial, maïs, manioc (qui donne assez peu dans ces configurations), patates douces et pommes de terre (ovimbazaha : les oeufs des vazaha)... Des bosquets d'épineux ponctuent le paysage de pente et de collines douces, la terre est assez noire donnant au paysage une teinte un peu morose, en particulier les jours nuageux. Dans les vallons qui le permettent, des rizieres juste repiquées éclairent un peu le paysage de leur vert tendre satisfaisant. On entre ensuite sur le flanc d'une vallée avant d arriver sur une vaste plaine irriguée par les eaux de plusieurs rivières. Cinquante nuances de Green. Un damier Arlequin tout en vert. Entrelacs de champs, de canaux, de pépinières de riz et de dobo, ou les paysans industrieux ont usé de toute la science nécessaire pour permettre de connecter chacune des parcelles dans un puzzle infernal. C est juste magnifique. On remontera encore un poil longeant 1 ou 2 cascades dont 1 dédiée à la Vierge avant de poursuivre vers Sambaina. Nouvelle zone de hauts et de terres plus tourbeuses, royaume du maïs et des forets destinés à une production de charbon de bois pléthorique. Paysages agricoles une nouvelle fois splendides qui conduisent jusque vers le périmètre irrigué, immense d'Ambohibory qui annonce la jonction avec la RN7 (on le longe d ailleurs sur la RN7).
Ensuite on retrouve la RN7, ces trous, sa circulation, ses poids lourds souffreteux, pris de hoquets pathétiques à chaque déflagration du bitume et ses as de la virevolte au volant de leur minibus ou de leur SUV tachant de trouver la meilleure trace au milieu de ce chaos de piéton, d animaux affolés et de véhicules dépités. Moins de 40 bornes en plus d'une heure pour rejoindre
Antsirabe et l hotel Couleur Café. Bien situé sur la route circulaire et à 2 pas du centre ville, beau jardin et de jolis bungalows et chambres vastes dans de belles maisons coloniales ou à style colonial. Un air d avant dans un Mada de maintenant. Grande salle de restauration pour un repas qui propose aussi une cuisine familiale teintée de touches malgaches avec des plats typiquement malgaches aussi. Bon sans etre renversant toutefois, un peu décu au regard de l'hotel en lui meme et de ce qu'il nous promettait au niveau de sa cuisine.
Le lendemain une marche tranquille sur les rues pavées vers le centre ville entre vieilles villas parfois réhabilitées, parfois à la dérive, l hotel des Thermes, son immense jardin, son escalier monumental et ses boiseries, la suite du roi du
Maroc qui y vécut en exil, l'épave échouée au 21 eme siecle d'un palais des temps passés, a bien chercher on doit pouvoir y trouver la belle au bois dormant et sa cour endormie au détour d'un couloir. Mélancolique cheminement qui se poursuit vers le batiment des Bains et son petit lac avant de remonter vers la cathédrale par de petites ruelles. C'est beau comme ce qui a été et c'est triste comme ce qui pourrait être. Mais pas de temps pour la nostalgie, la vie continue et ce sont les malgaches qui écrivent leur histoire désormais, comme ils le souhaitent ou en tous les cas comme ils le peuvent. Le lac sert désormais a laver les véhicules et à 2 pas de l hotel des Thermes, des espaces pour des jeux pour enfants ou d'argent et manger des masikito autour d'une THB ou de boissons hygiéniques. Plus loin une plus grande fete et ses myriades de stands et de roues à rotation humaine ou s amusent et revent les enfants.
On se prépare à quitter ce mirage du passé dans son manteau de contemporanéité, en souhaitant que le chemin se poursuive à
Antsirabe, forte de son histoire mais aussi de ce qu'elle deviendra.
Pour ce qui concerne la RN7, c est tt vu, des passages catas en particulier en sortant d
Antsirabe, rien de fameux jusqu'à
Tana de ttes facons. On évolue entre le completement pourri et le vraiment pas génial. La circulation assez dense ralentissant le tout dans les passages les plus abimés. Pause à Behenjy prendre un peu de foie gras et Ambatolampy un peu d artisanat et arrivée à
Tana après 5h de conduite. Long.
Au final et au bilan de ces 4 jours, une bouclette qui se tente vraiment soit sur un WE ou 3 jours juste pour Ampefy et ses activités (il y a bcp de choses à faire au dela de ce qu'on avons fait), soit pour la boucle en elle meme et pour pouvoir ensuite poursuivre au dela d Ampefy grace a la RN43. De mon point de vue, la portion qui permet la découverte de la campagne des hauts plateaux et de ces différents types de paysages agricoles dans les meilleures conditions, les plus confortables sur une distance aussi importante.
Il me semble même que la descente de la RN7 devrait plutot intégrer Ampefy désormais en s y arretant ou pas car permet d arriver a
Antsirabe en découvrant des paysages qu'on ne voit pas ailleurs et dans des conditions qui ménagent les dos fragiles et la mécanique. Et plutot que
Tana Ambatolampy
Antsirabe, un
Tana Ampefy
Antsirabe (avec ou sans pause) peut etre une alternative à envisager désormais (et probablement encore plus quand la RN7 se sera pris 1 ou 2 saisons cycloniques ou de pluies en plus).
Fini cette fois et bonne fin de WE à tt le monde