Les compagnies aériennes utilisent aujourd'hui l'itinéraire le plus court
pour les vols reliant l'Europe et l'Asie – la voie transsibérienne – et versent
de l'argent à Aeroflot pour ce service.
Au début des années 1970, les compagnies étrangères étaient prêtes à tout
pour que l'URSS mette ce couloir aérien à leur disposition: de cette manière,
elles pouvaient réduire la distance de 4 000 km et économiser jusqu'à 30 000
dollars par vol, explique Alexandre Neradko, directeur de l'Agence fédérale
russe des transports aériens (Rosaviatsia).
Les principales compagnies bénéficiaires sont Lufthansa, British Airways et
Air France. Lufthansa est au courant de ce problème et craint des pertes
éventuelles estimées à plus de 1 milliard d'euros en trois mois de sanctions,
affirme une source proche d'un sous-traitant des grandes compagnies aériennes
européennes. Cette information n'a pas pu être confirmée.
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"La fermeture du transit
transsibérien pour les compagnies étrangères allongerait la durée des vols de 60-90 minutes en moyenne", explique Oleg Panteleev, chef du département analytique à l'agence Aviaport. Les dépenses pour le carburant et le personnel seront plus élevées, la sollicitation du matériel augmentera, mais l'exploitation des appareils se réduira. Compte tenu de la rentabilité minimale du secteur de transport aérien, la hausse significative des frais supplémentaires placeraient les compagnies européennes dans une situation compliquée et dans des conditions très inégales par rapport aux compagnies asiatiques: elles ne pourront pas augmenter les tarifs mais il sera en même temps impossible de les maintenir au même niveau en raison de la faible rentabilité du secteur