Je reviens d'
Amazonie, où j'ai relu entre autres, sans un sauter un seul mot, le passionnant livre du tchèque Zdenek Mlynar "le froid vient vient de
Moscou" (1968), l'auteur a été secrétaire au sein du Comité Central du Parti Communiste de Tchécoslovaquie avant de trahir et même de fuir.
Il n'y a pas de dialogue, pas de consensus possible sur ce type de sujet. Il s'agit de deux mondes différents. Dans un état marxiste-léniniste, l'argent est un simple moyen de paiement. Il ne peut pas être question de "faire de l'argent avec de l'argent", de "marché", de "bourse". A terme il ne peut pas y avoir de propriété privée. On n'a rien à faire de la notion de "revenu", de "PIB". Il ne peut pas y avoir, à terme, de croyance religieuse. Je me rappellerai toujours l'horreur qu'avait suscitée dans mon entourage la publication dans la revue occidentale "
Paris Match", en 1968, une photographie de quelques membres du PC de Tchécoslovaquie flanqués d'hommes affublés de robes et de bérets violets... A ce propos même en Corée du Nord la purge n'est pas complète, j'y ai vu deux bonzes. Seule l'
Albanie avait su éradiquer complètement le fait religieux, à la suite d'un nettoyage aussi soigné et méticuleux que le traitement des Aborigènes en
Tasmanie...
Certes il y a eu quelques anomalies, ainsi une chute par une fenêtre en 1948 ou Slansky à
Prague...
Dans l'intégralité de l'ancienne URSS et de toutes les anciennes démocraties populaires (y compris la
Mongolie), la situation actuelle est glauque avec de larges et imprécises zones d'interpénétration entre intérêts publics et intérêts privés. On emploie souvent le mot de mafia, on évoque la corruption.
Il est parfaitement vrai, comme cela est rappelé dans un des messages précédents, que par exemple les nomades kirghiz ont tout perdu (sauf la vodka...) depuis le jour où, à
Moscou, le poivrot l'a emporté sur l'homme à la tache de vin et au cerveau étroit. Avant ces nomades touchaient un salaire de kolkhozien et pouvaient même espérer aller une fois dans leur vie visiter le
musée de l'Ermitage à Leningrad. Mais pendant ce temps d'autres personnes au
Kirghizstan ont beaucoup gagné...