Avant de partir en
Russie, nombre de personnes m'avaient indiqué que j'y trouverais les plus belles femmes du monde. Chose qui, je dois dire, avait attiré ma curiosité.
Les femmes russes étaient-elles toutes aussi jolies et puis leur caractère était-il aussi « extrême » que ce que l'on m'avait conté ? En bref une tonne de questions sur cette gente féminine, qui il semblerait tiendrait les hommes à la baguette.
Avant toute chose, il faut savoir que la mortalité masculine bat des records, le pays est en manque cruel d'homme (Vodka mon amour...).
Oui oui messieurs, la
Russie est un pays où une femme a pour habitude, par exemple, de demander à ce qu'on lui paye un verre et je ne vous parle pas de « miss vin nouveau », mais de canon de beauté, le monde à l'envers vous dis-je.
Et je dois bien l'admettre, elles sont jolies les demoiselles.
Par exemple, prendre l'escalator pour rejoindre le métro, c'est comme assister à un défilé de mode.
Quelle chance nous avons, nous, étranger, vieux blagueur à deux francs six sous (j'ai réussi à placer l'expression), et je vais vous expliquer pourquoi.
Les Russes sont très sérieux, j'entends pars là que le russe ne sourit pas, c'est un homme, un vrai, avec de grooooos bras et une groooosse voiture vroum vroum.
Bon,
j'en rajoute et je généralise, mais ça me fait marrer.
Par exemple, les Russes n'utilisent pas les pissotières, ils attendent tous devant la porte du seul toilette...
La première fois, j'ai attendu aussi, pensant que les pissotières ne fonctionnaient pas, mais quand la situation s'est représentée une seconde fois dans une boite alors remplie à craquer, j'ai vite compris qu'il était étrange que toutes les pissotières de
Russie soient hors service... ou alors que les Russes ne sachent faire que la grosse commission...
Plaisir immense, quand tu pousses tous les bonshommes, que tu sors ton « engin » et que tu imposes ton style si je puis dire. Mais alors, auraient-ils tous une petite b... ?
Plus sérieusement, je pense que le russe à tellement peur de passer pour gay s’il montre sa bistouquette qu'il attend ah ah aha. De plus, le russe ne fait pas de blague, ou il est très peu avenant.
Pour mettre ma théorie que j'ai intitulée « L'homme russe, un homme, un vrai, qui n'est pas gay, non non non » en pratique, j'avais besoin d'un spécimen « type » et c'est pour cette raison que j'ai l'honneur de vous présenter Vitally, qui est pour moi le fier représentant de tout ce que l'on peut attendre d'un homme russe.
Ce dernier a un niveau d'anglais bien supérieur au mien, mais avec un accent incroyable. Cela en devient très vite comique.
Imaginé ce bonhomme vous interrompre et dire avec une voix traînante et avec ce très lourd accent. « Oui ça me rrrapelle quand ma mèrrre est morrrte, elle avait oublié de payer l'electrrrricter alorrrs nous avons pleurrré dans le noirr. » (C'est un exemple, je ne souviens plus de ce qu'il disait exactement, mais c'étaient des choses de cette trempe-là) et c'est à ce moment que le monsieur se marre.
Le russe des villes, et je précise, des villes (campagne je n'en ai aucune idée) à cette sorte de flegme russe, ce menton très fier et en même temps, ce renoncement, c'est un peu ce que l'on pourrait appelé l'âme russe, bon j'avoue c'est un peu facile, mais je ne trouve pas les mots.
En
Russie, on se bat, et puis on meure, et alors on sort les violons et on pleurs.
Maintenant, imaginez l'introduction dans ce décor de rêve, d'un blagueur souriant, en soi une excentricité ici (une piste de danse russe c'est très drôle, on ne danse pas, on lève les bras ou alors on bouge les épaules. Avec l'ami canadien, les dieux de la piste de danse que l'on était, un comble:-), mais pour les femmes l'excentricité deviendra alors rapidement une échappatoire au monsieur qui ne danse pas, parce qu'il est un homme, un vrai...
Conclusion, si vous savez rire de vous, ou même, encore plus simplement, si faites sourire une Russe vous deviendrez alors vite un sujet de conversation.
Comme vous l'aurez compris, j'étais donc en pleine étude de la gente féminine, quand, au p'tit bonheur la chance, mon cher ami Vincent et moi-même avons été comme attiré dans un endroit que l'on pourrait qualifier d'extraordinaire.
Un petit bar de Jazz avec une ambiance qui donne l'impression que tout est à faire, que l'on n’a encore rien vu.
Un endroit où l'on peut y croiser cette femme qui s'assoit à une table, seule, grande et mince, des cheveux noirs et un visage totalement axé sur les musiciens. Comble du bon goût elle se fait servir ce qui semble être un cognac, et puis elle ferme les yeux et commence à bouger la tête au son des notes jouées, et elle emmerde le monde, c'est juste sublime.
Et alors que tout est déjà parfait, plusieurs jeunes femmes ce mettent à danser, pas juste faire semblant, non, elles se laissent juste porter par la musique, et c'est beau bordel, c'est si beau que ça en parait irréel.
C'est dans ce petit espace, rendu hors du temps et réchauffé à l'aide du jazz, que j'ai aimé la
Russie, car à aucun moment un homme n'est venu les distraire, on a juste tous apprécié de voir des femmes savourer leur soirée, savourer le fait d'être telles qu'elles sont, d'être belle et puis merde.
À ce moment le copain Vincent et moi même, on a su que l'on vivait un « instant ». Et j'aime mieux vous dire que nous l'avons apprécié cet instant !
C'est alors qu'une femme d'une quarantaine d'années, blonde, installées à une table devant nous, nous a interpellés dans la langue de Molière.
Elle a posé les questions d'usage, Qui, Où, Quand, Comment. Ceci étant fait, elle a alors demandé :
J'adore parler français, puis-je me joindre à vous ?
Bien sûr ! Tu parles qu'on était content.
Assez rapidement, elle nous a demandé s’il était possible de parler en anglais, celle-ci étant meilleure dans cette langue.
Sure no problem !Elle était ravie et en deux-deux nous étions rendus à quatre, Moi, Vincent, Madame Blonde et Mademoiselle Blonde, sa fille.
Les présentations étant faites, nous avons pu constater la grande puissance des femmes russes.
Regard intense de Maman à la question
What's your jobs ?Vincent futur ingénieur, ingénieux... intéressant, regard de maman à sa gamine.
Bruno chômeur... aime bien l'art tout ça tout ça... léger blanc.
Retour sur Vincent, sourire, elle avait tout de suite su qu'il était ingénieur, regard à sa fille, et puis il a un petit coté russe Vincent ha ha ha ! On rigole et petit regard à sa fille.
Avec Vincent on ne dit rien, mais on comprend, c'est un bon parti, ça nous fait marrer comme situation. Par contre, désolé mon ami, mais les enfants n'écoute jamais leurs parents, les regards de la demoiselle étaient pour bibi niark niark.
C'est au moment où la mère a très gentiment demandé à Vincent de lui servir son verre que cela nous à tiqué.
Mais pourquoi ne peut-elle pas se servir elle même et avec sa propre bouteille qui plus est ?
C'est malpoli pour une femme de se servir toute seule si des hommes sont à table... Ah Ben mince alors...
Pour une tonne de femmes dans le monde cela pourrait être choquant, mais pas pour une femme russe.
On pose l'idée que c'est un peu dommage de devoir compter sur l'homme, sur quoi elle nous répond qu'elles tiennent à garder ce genre de galanterie.
L'homme russe doit prendre soin de la femme russe, doit être attentionné, mais en aucun cas dans l'idée de la séduire, c'est juste normal.
Les femmes russes auraient-elles réussi à trouver l'équilibre parfait, entre respects des hommes, mais sans aucune contrepartie ?
En gardant cette liberté magnifique qui les rend « femmes ». Si c'est le cas, cela expliquerait pourquoi elles me fascinent autant.
Après je ne suis qu'un homme, et je ne peux que constater que ma vision, hé bien, reste celle d'un homme.
PS : Je n'oublierai pas quand la Madame blonde, au moment de partir, s’est retournée, a regardé Vincent et a juste dit « Ah si j'avais été plus jeune », j'adore.
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