Pour INFO à tous ceux qui vont se rendre à DAKAR
Toujours inondée,
Dakar va mal
SÉNÉGAL - 23 septembre 2005 – AFP
Rues encombrées de branchages ou envahies d'ordures empuantissant l'atmosphère, cas de choléra et de paludisme à la hausse, coupures répétées d'électricité:
Dakar va mal et la ville reste en beaucoup d'endroits de sa banlieue envahie par des eaux verdâtres héritées des inondations de la mi-août.
Les participants à un conseil interministériel tenu mardi ont estimé que l'agglomération de
Dakar se trouvait dans une situation "d'extrême urgence sanitaire". Et le premier ministre Macky Sall, qui a présidé la rencontre, a sonné la mobilisation générale avec pour mission de faire de la capitale une "ville propre" en l'espace d'une semaine.
En attendant, au Plateau, coeur de la ville, d'énormes tas de feuilles encore fraîches jonchent des rues et, souvent, les obstruent, au grand dam des automobilistes qui expriment leur colère à coups de klaxon énergiques avant de rebrousser chemin.
Le piéton, déjà habitué à slalomer entre des étals de vendeurs de vêtements, fruits, montres, lunettes ou autres bricoles occupant les trottoirs, ne sait plus à quel chemin se vouer. Ici, comme dans la rue du
Liban, ex-Tolbiac, des passants marchent, pantalon retroussé, pour ne pas se salir avec la boue qui y a pris ses quartiers. Là, comme dans la rue Emile Badiane, ils tentent d'éviter de l'eau charriant des ordures non ramassées depuis plusieurs jours. Ces immondices, visibles un peu partout dans la ville en des tas chaque jour plus importants, sont à l'origine de la recrudescence du choléra.
Selon des chiffres officiels publiés en début de semaine,
Dakar enregistre 60% des cas, avec une moyenne de 120 malades par jour contre 40 il y a quelques semaines. Le relevé épidémiologique quotidien du ministère de la Santé faisait état, pour la journée de mercredi, de 184 nouveaux cas de choléra dont 122 nouveaux cas à
Dakar. Sept décès ont été enregistrés dont 5 à
Dakar.
Aux ordures, s'ajoutent les eaux stagnantes laissées par les pluies diluviennes qui ont frappé le
Sénégal depuis la mi-août, provoquant des effondrements de maisons et le déplacement de milliers de personnes à
Dakar et dans sa banlieue. Des opérations de pompage des eaux ont été lancées dans le cadre du "plan d'organisation des secours" (Plan Orsec) déclenché le 20 août. Des milliers de personnes, pour la plupart de la banlieue, ont également été évacuées de leurs domiciles et recasées sur des sites temporaires.
Cependant, à Thiaroye et Yeumbeul (banlieue est), on constate que les routes, qui étaient impraticables au lendemain des pluies diluviennes, restent coupées sur certains tronçons. Beaucoup de gens demeurent dans leurs maisons envahies par des eaux devenues verdâtres, nauséabondes et polluées, faute de place dans les sites aménagés pour l'accueil des sinistrés, expliquent les riverains et les secouristes. Outre le choléra, les cas de paludisme sont également à la hausse. Cette maladie est la première cause de morbidité et de mortalité dans le pays où il représentait jusqu'à récemment "35% des motifs de consultation", selon les autorités.
Pour l'heure, une opération de nettoiement a été lancée mercredi à Fass (centre de
Dakar), et le ministère de la Santé a annoncé le déploiement de "1.500 volontaires de la Prévention", chargés notamment de distribuer des désinfectants, des moustiquaires imprégnées et de sensibiliser sur le choléra. En revanche, aucune mesure concrète n'a été rendue publique contre les délestages (coupures de courant), alors que
Dakar est abonnée depuis quelques jours à une chaleur de fournaise.