voici un article du monde sur le pays justementl'etat afghan pourrait de nouveau s'effondrer à cause du problème de la drogue, alors que le pays produit plus de 92% de l'opium dans le monde, a affirmé samedi le responsable américain de la lutte contre le trafic de drogue à Kaboul.
L'Onu doit dévoiler plus tard dans la journée les chiffres estimés de production d'opium en Afghanistan en 2006 et selon toutes les indications ce sera une année record, malgré les centaines de millions de dollars dépensés par la communauté internationale pour tenter d'enrayer le phénomène. "Ce pays pourrait de nouveau s'effondrer à cause de ce problème de la drogue", a déclaré Doug Wankel, le directeur de la cellule américaine de lutte contre la drogue basée à Kaboul, devant quelques journalistes.
"Nous avons vu ce qui peut venir d'Afghanistan, rappelez vous (des attentats) du 11 septembre. Les
Etats-Unis ne veulent pas que cela se reproduise", a déclaré M. Wankel pour expliquer pourquoi
Washington a fait de ce sujet une priorité alors que la très grande majorité de la production afghane est surtout vendue en Europe ou encore en
Russie.
"Les
Etats-Unis travaillent sur ce problème pas tellement parce que c'est un problème directement lié à l'héroïne aux
Etats-Unis, mais parce que la culture, la production et le trafic en Afghanistan sont un danger pour la sécurité de l'Afghanistan, pour la région et pour le monde", a-t-il insisté.
"Ce pays est tellement fragile et vous avez une économie basée sur la drogue, vous avez au moins 35% du Produit intérieur brut qui vient du trafic illégal de drogue, et cela a un effet corrupteur très important", a-t-il ajouté.
La hausse de la production qui doit être annoncée par l'Onu samedi, malgré les efforts faits pour la combattre, a ses racines dans la corruption, les problèmes de sécurité particulièrement sévères dans le sud, qui est la région où est produit une grande partie de l'opium, mais aussi les problèmes de gouvernance, a expliqué un haut responsable américain à Kaboul, sous couvert d'anonymat.
Aussi bien pour les surfaces cultivées que pour la production "nous sommes nettement au-dessus de l'année dernière et même largement au-dessus de l'année record 2004", a-t-il dit.
Pour autant, ce haut responsable juge que la stratégie mise en place, qui est basée sur l'information, les ressources de remplacement, mais aussi la répression, est la bonne.
"Il y a des échecs et il y a des choses qui n'ont pas été assez mises en oeuvre", a estimé ce haut responsable, jugeant que la communauté internationale comme le gouvernement afghan ont fait des erreurs.
Toutefois, "je pense que la stratégie et la politique (mise en peuvre) sont bonnes au regard du problème que nous avons ici mais le problème c'est qu'elles n'ont pas été mises en oeuvre", a-t-il déclaré.
"Tout tourne autour, de la sécurité, de la gouvernance, de la criminalité et de la corruption, les deux étant intimement liés, et on a la drogue", a-t-il expliqué.
"Je pense que nous devons nous concentrer sur ces cinq éléments pour pouvoir mettre en oeuvre une stratégie nationale exhaustive de contrôle de la drogue", a-t-il ajouté.
La campagne d'éradication cette année a permis de détruire 15.300 hectares de culture contre 5.100 l'année dernière. Toutefois les surfaces cultivées ont également augmenté, ce qui fait qu'en 2006 moins de 10% de la surface totale cultivée a été détruite.
Une chance sur 10 "n'est pas un facteur de danger assez important" pour dissuader un fermier de faire de l'opium, a expliqué le haut responsable.
Selon les experts, un fermier doit s'apercevoir qu'il a une chance sur 4 de perdre sa récolte pour hésiter à planter du pavot, a indiqué ce haut responsable.