Hola Hannah... y demas

Arratzalde on - Buenas tardes !!
A plusieurs reprises, pour justifier la constitution d'un nouvel état, la langue est citée comme facteur déterminant afin de connaître les "limites" de cet éventuelle nation.
Dans le cas de l'
Espagne, le
pays basque espagnol, ou Euskadi, a souvent été cité en exemple... mais.... !!!
Mais, dans ce cas précis, c'est un mauvais exemple !!
Le dénominateur commun de la langue ne peut s'appliquer

Déjà, l'actuel
pays basque espagnol est constitué de trois provinces qui n'ont jamais rien eu en commun, ni dans l'histoire, ni dans l'économie et pas plus dans la langue : le Guipuzcoa, la Biscaye et l'Alava (il faudrait également parler de la Navarre... mais ce sera "une autre fois")
Chaque province, et dans chaque province pratiquement chaque "vallée" avait sa forme de parler basque.
Dans le cas de l'Alava, c'est encore plus flagrant, car lorsque l'autonomie basque a été créée, les bascophones devaient représenter entre 10 et 15% de la population !!
les gens d'une vallée ou d'une ville se comprenaient entre eux, mais lorsqu'il s'agissait de communiquer avec "ceux d'à côté", les difficultés apparaissaient et l'espagnol (ou castillan) servait de vecteur commun.
Quand, en 1978, l'autonomie d'Euskadi a été confirmée, les "lettrés" se sont mis à la tâche afin de parvenir à une langue uniforme pour les trois provinces, avec tout ce qui se rattache à une langue : grammaire, déclinaisons, conjugaison et... "dictionnaire" commun !
C'est ainsi qu'a été créé, le BATUA ou "basque officiel", celui que l'on enseigne aujourd'hui dans les ikastolas (écoles) et qui est maintenant parlé dans la rue.
Cette imposition du batua remonte déjà (ou seulement) à 40 ans !!
Ce sont donc les génération "d'habitants du pays basque", nées après 1978 qui ont été éduquées avec ce basque moderne et qui, par la force des choses et du temps qui passe, représentent peu à peu une plus grande majorité.
Je dis "habitants du pays basque" car malgré le bi-linguisme officiel, nombre de métiers sont fermés à ceux qui ne pratiquent pas le basque, notamment dans tous les domaines de l'administration !!
Les "non-basques" employés dans ces administrations, locales, autonomiques et même nationales, et nombre de grandes entreprises, ont été contraints d'apprendre et de pratiquer le batua ou bien de chercher un poste hors d'Euskadi !
Qu'ils se soient appelés Lopez, Rodriguez... ou Echegarray, ils n'ont pas eu le choix !!
Le cas de l'Alava est encore plus édifiant en ce qui concerne cette imposition d'une langue.
Avant la création des autonomies, la province d'Alava était essentiellement agricole (patates et betteraves - aujourd'hui encore le surnom des alaveses est "patatero"), et du fait de sa géographie l'Alava est tournée vers les plaines de La Rioja ou de Navarre, plutôt que vers les côtes biscaïennes ou guipuzcoannes.
Seule la frange limitrophe avec la Biscaye, sur le versant nord-ouest de la sierra Cantabrica, était bascophone, cela devant représenter environ 10 à 15% des "alaveses".
Pour "basquiser" cette province, mais aussi pour régler la rivalité existant entre
Bilbao et
San Sebastian afin de savoir laquelle allait être la "capitale" d'Euskadi, la ville de Vitoria a été choisie par les dirigeants du PNV (partido nacionalista vasco) pour être cette capitale et c'est ainsi que ce qui était une ville de +/- 100.000 habitants à la fin des années 60, est devenu en 40 ans une agglomération de >250.000 habitants !!!
Les institutions du gouvernement basque y ont été implantées, et comme dans le reste de l'autonomie, l'enseignement du basque "batua" a été obligatoire !!
Sa pratique et sa connaissance étant incontournables pour qui travaille dans une administration, dans tous services publics, dans les banques, etc...
Contrairement à ce que beaucoup pensent en voyant le nom de cette ville, VITORIA-GAZTEIZ, sur les panneaux routiers ou sur différentes publications, les deux noms accolés ne sont pas le résultat du bi-linguisme, comme dans le cas de
Bilbao/Bilbo ou
San Sebastian/
Donostia.
Vitoria et Gazteiz étaient les noms de deux parties de la ville qui se sont "rejointes" au fil du temps. C'est pour cela que dans les cas des autres noms de villes citées dans les deux langues co-officielles (castillan et basque) ces deux noms sont séparés par un " / ", alors que Vitoria et Gazteiz sont reliées par un " - ".
Alors... pour revenir au début de mon message, lorsque je lis que la langue doit être le facteur déterminant pour dessiner les contours d'un (nouvel) état... je suis pour le moins sceptique, et encore plus s'agissant de l'
Espagne !!

Hasta luego... Agur arte