Le mal des montagnes qui m’avait touché avait vidé mon corps, et ma tête avait suivie, expulsant une culpabilité malsaine qui me tirait vers le passé. L’adaptation au manque d’oxygène m’imposait d’attendre je ne pouvais rien manger, et mon esprit se nettoyait tout seul alors que je n’y comprenais rien du tout et me contentait de boire des litres et des litres d’eau chaude dans une guest house vidée des derniers clients de l’arrière saison. Cela dura trois jours. +5° la journée, -10° la nuit, aucun échappatoire, si ce n’est d’allumer et éteindre un ventilateur pendant du plafond et qui brassait un air glacial.
Ce fut le moment le plus important de mon voyage, loin des idées reçues et des histoires idylliques
Ce voyage immobile me transporta vers des terres nouvelles que je ne quitterai plus comme un bateau qui lâche du lest pour ne pas s’ensabler.
Quelle ivresse, remise sur mes 2 pieds, les rencontres furent plus belles, le corps amaigri et la tête légère, ouverte, prête aux bras de l’inconnu dont le prénom est voyage.
"La seule liberté dont nous disposons est de devenir conscient de ce que nous sommes en réalité. C'est la seule liberté que nous ayons. Il n'y a pas d'autre liberté.." Jean Klein