Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 (Chine, Tibet) Pasqualina · 21 mars 2013 à 16:59 35 messages · 8 participants · 7 822 affichages | | | | À: Pasqualina · 2 avril 2013 à 19:26 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 21 de 35 · Page 2 de 2 · 1 717 affichages · Partager Bonjour pasqualina Je compte aller a Xiahé cet été et c'est avec beaucoup de plaisir et d'intérèt que je lis vos aventures. Continuez! J'ai l'impression d'etre déjà en voyage.... Les prairies autour de Xiahé m attirent: j'ai vu qu'on pouvait y faire du cheval, dormir chez l'habitant dans une yourte... Qu'en pensez vous? Jesuis interressee par vos conseils Alors merci | | | À: Pasqualina · 3 avril 2013 à 8:02 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 22 de 35 · Page 2 de 2 · 1 700 affichages · Partager chère Pasqualina ne sois pas triste car il y a bien un compteur (regarde l' en tête de tes messages....) et ton récit sur Xiahé par exemple a été affiché 71 fois !!!! donc tes messages sont lus par les membres du forum et pour sûr que ton récit servira à quelques voyageurs même si ceux ci ne te remercient pas directement de ton dévouement. Je serais un des futurs partants qui en profitera et je t en remercie... Apparemment on peut passer une bonne journée au monastère de Labrang ?Je comptais passer 2 nuits à Xiahé pour visiter le lendemain les prairies de Ganjia, j attends donc ton compte rendu avec impatience.... J ai bien vu ton post sur le Jiahuashan mais je n ' ai malheureusement pas d ' infos sur le sujet. à bientôt!! | | | À: Etathome · 4 avril 2013 à 19:43 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 23 de 35 · Page 2 de 2 · 1 679 affichages · Partager Merci à vous trois, Ragamuffin, Dominiquemil et Etathome et aussi à ceux qui m’ont écrit des messages privés. OK Etathome, j’a vu maintenant le compteur ! Vous n’êtes pas obligés de répondre bien sûr, mais c’est vrai que comme ça prend du temps d’écrire et que le but est évidemment d’échanger ses expériences, parfois on a comme un doute, mais est-ce que je n’écris pas seule dans mon coin et ça n’intéresse personne ? Maintenant grâce à toi, j’ai vu que mon compteur n’est pas à zéro et que je peux continuer d’écrire, même si mon temps libre est à nouveau en train de se raréfier.
A Ragamuffin, Merci d’illustrer mon récit avec cette magnifique photo qui me rappelle tant de choses. C’est vraiment exactement ça ! On se croirait à Xiahé ! Par contre pour la télé, je ne suis pas sûre qu’il s’agisse de censure. En 2006 lors de mes deux passages éclairs à Pékin à l’arrivée et au départ, j’avais choisi d’assez jolis hôtels « courtyard », il y en avait peu à l’époque, ils étaient plus chers que ceux du reste de mon voyage, et ils avaient TV5 Monde. Et en 2004, pendant mon séjour dans l’université des Langues Etrangères à Pékin toujours, ma chambre avait TV5 Monde, mais aussi la RAI, la TVE Espagnole, etc... Alors je ne sais pas s’il s’agit de censure, je crois plutôt qu’il s’agit d’un désintérêt de la part de la grande majorité des hôtels pour leur (rare en proportion) clientèle étrangère. Ce qui compte c’est la clientèle à 95% ou 99% (quand ce n’est 100%) chinoise. Alors tant pis pour le client étranger qui débarque là par hasard, pas de chaîne en anglais ou autre langue occidentale, et le plus souvent pas de personne à la réception qui parle un traître mot d’anglais. Je parle des hôtels, je crois que c’est un peu différent dans les AJ. Et c’est d’autant plus frappant en Chine, qu’il n’en va pas de même ailleurs, notamment au Vietnam proche, également communiste en développement économique capitaliste accéléré, les réceptions parlaient toutes anglais ! Je ne me souviens plus pour les télés.
A Dominiquemil, Mon prochain post parle des prairies de Gangia, où je n’ai pas dormi et où je n’ai pas vu de yourtes pour touristes. J’en ai vu sur la KKH au Xinjiang, mais elles étaient à moitié en béton, au bord du lac Karakul. Le LP parle de « simili-yourtes » dans les prairies de Sangkê, proches de Xiahé, où nous ne sommes pas allées car ça avait l’air trop touristiques d’après LP et le voyageforum. On peut voir, rarement, de vraies tentes de nomades dans les montagnes tibétaines du Khâm et de l’Amdo, j’en ai vu, mais elles ne sont pas en forme de yourtes, ce sont plutôt de grandes tentes rectangulaires, soit blanches avec des décorations, soit plus souvent de couleur très sombre, quasi noire. Et les nomades n’hébergent pas de touristes à ma connaissance. Le groupe dans lequel je me trouvais en 2006 s’était arrêté pour en visiter une, la femme nous avait servi du thé, on se faisait des sourires mais pas de possibilités de communiquer, j’étais un peu gênée, car je ne savais pas si elle n’était pas ennuyée de subir notre présence qu’elle n’avait pas vraiment réclamée. De ces tentes noires j’en ai vu notamment l’été dernier depuis la fenêtre de notre bus entre Xiahé et Tongren, ça c’est pour le post suivant celui sur Ganjia. Si tu veux dormir en yourte, je crois que la Mongolie ou le Kirghizistan sont plus aptes à te fournir cette expérience. Nous l’avons faite au Kirghizistan dans de vraies yourtes, avec de vrais semi-nomades qui améliorent ainsi leurs revenus, par l’intermédiaire d’une coopérative qui fait le lien avec les touristes : le CBT. Je ne connais pas, mais je crois que c’est la même chose en Mongolie (le pays, pas la région chinoise).
A Etathome, En dehors du thème du compteur, merci pour ton soutien. Il faut que je trouve le temps d’écrire sur Ganjia, mais je n’en ai plus beaucoup (du temps). Pour répondre à ta question : deux nuits à Xiahé, ça me paraît peu, je crois vraiment que trois c’est mieux (ce que nous avons fait, en arrivant en fin d’après-midi). Il faut que tu comptes qu’il faut une demi-journée pour venir de Lanzhou, avec le retard éventuel dû à la police. Ensuite l’inscription à l’hôtel, ce n’est jamais rapide en Chine. Tu auras de la chance si tu attrapes la deuxième visite guidée (de 15 h 15 écrit le LP, mais si l’horaire est avancé ?) Et quand elle sera finie, il ne te restera quasiment plus de temps pour voir le reste des bâtiments et respirer l’air de calme et de ferveur du lieu, il me semble que tous les temples ferment à 17 h. Mais je ne suis pas forcément bonne conseillère car j’ai besoin ‘d’aller lentement, quand je vais trop vite mes sensations sont comme émoussées et mes souvenirs flous. Pour l’excursion à Gangia, elle prend toute la journée. Et pour le départ à Tongren, si c’est là que tu veux aller ensuite, l’unique bus est très tôt dans la journée, vers 7 heures je crois, je n’ai pas noté, mais nous qui sommes du soir, nous avons eu l’impression que c’était à l’aube. Et tu n’auras pas le temps de te promener dans Xiahé. Evidemment ça dépend où tu vas avant et après. Si tu vas voir d’autres villages tibétains, Langmusi et ceux du Khâm, ou si tu continues comme nous sur Tongren et Xining ? Parce que dans ces trois lieux, Xiahé, Tongren, Xining, il y avait des temples bouddhiques magnifiques, mais seulement à Xiahé et dans les prairies de Gangia et de la route de Tongren, on pouvait respirer l’atmosphère tibétaine : paysages, maisons, habitants. Donc je pense que deux journées pleines sur place c’est bien si on va à Ganjia (qui vaut vraiment la peine). | | | À: Pasqualina · 5 avril 2013 à 0:56 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 24 de 35 · Page 2 de 2 · 1 671 affichages · Partager Excursion d'une journée aux prairies de Ganjia :Nous nous étions mises d’accord avec le staff de notre hôtel (c’est lui que nous avons payé si je me souviens bien) pour qu’après le petit déjeuner un chauffeur vienne nous prendre avec son véhicule devant l’hôtel et nous emmène aux prairies de Gangiá en visitant 3 sites. Il ne parlait pas anglais donc c’est avec la réceptionniste de l’hôtel que nous avions fixé les étapes et elle a ensuite bien tout expliqué au chauffeur. Nous avions insisté sur le fait que ce serait toute la journée et que nous aimions prendre notre temps et il ne s’est jamais impatienté de tout le jour. C’était un calme. Et comme nous avions besoin de prendre de l’argent à un distributeur et d’acheter nos billets de bus pour Tongren le lendemain matin, la réceptionniste le lui a expliqué et il s’est arrêté en ville pour nous attendre les deux fois. Ça nous a permis de gagner du temps et le soir au retour cela aurait été trop tard, la banque aurait été fermée (nous ne tirons jamais avec notre carte bleue si ce n’est à l’intérieur d’une banque pour pouvoir la récupérer en cas d’accident avec la machine) et le bus aurait peut-être été plein.
380 RMB, c’est-à dire environ 47 €, c’est peut-être trop cher pour certains forumistes, je n’en disconviens pas, surtout pour les voyageurs de longue durée, mais pour une journée entière de trajet, cela nous paraissait bien. Nous n’avons pas marchandé. Je ne me souviens plus si le prix de départ était un peu plus bas et si comme on a augmenté la durée, le prix a augmenté aussi. Probablement qu’en partant plus tôt et en allant plus vite, l’excursion peut se faire en une grosse demi-journée. Comme le LP parle de 34 km jusqu’au 1er monastère, je pense qu’on a dû faire environ 100 km en tout ce jour là.
La route (qui est au départ la même que celle empruntée par le bus pour Tongren le lendemain matin) s’est assez vite mise à monter et nous sommes arrivées après un petit col (le LP l’appelle le Naren Ka) en haut d’une sorte de mont couvert de fleurs et décorés des habituels rubans à prières tibétains. Ce mont dominait une large plaine verte d’altitude encerclée par des montagnes douces (pas de hauts sommets neigeux dans cette partie de l’Amdo), sauf certaines vers le fond à droite, à moitié perdues dans la nébulosité et qui semblaient plus arides et spectaculaires. J’ai aussitôt demandé à notre chauffeur de s’arrêter pour faire des photos. C’est toujours une des premières choses que nous demandons chaque fois que nous prenons un taxi dans tous les pays, c’est comment on dit « stop ! photo ! ». Je crois qu’il comprenait ces mots car je ne me souviens pas les avoir appris en tibétain. Il a même fait mieux, comme l’endroit était peu propice, il nous a montré par gestes qu’il irait se parquer un peu plus bas et que nous pouvions prendre notre temps. Nous sommes restées entre ½ heure et une heure dans cette praire enchantée. C’était la première fois que ma sœur voyait de près ces décorations tibétaines que l’on trouve à tous les cols et tous les sommets petits et grands dans les régions tibétaines. D’autre part nous sommes nées en Suisse et avons passé toutes nos vacances de notre enfance dans les alpages du Valais Suisse (j’ai quitté la Suisse à l’âge de 15 ans) alors ce pré couvert d’une trentaine de fleurs différentes de toutes les couleurs nous attirait comme un aimant. En plus alors que le temps était plutôt maussade depuis Lanzhou, il y avait justement une éclaircie. Bref un très beau souvenir et j’ai fait beaucoup de photos florales. Photos bien fatigantes, il faut se plier en deux, pour capter de près des fleurs quelquefois minuscules, car bien sûr nous n’avons rien cueilli ; il y avait notamment une espèce d’edelweiss, sorte de petite étoile blanche hyper-protégée parce qu’une voie de disparition en Suisse. Après avoir bien contemplé l’ensemble, le pré et ses fleurs, les décorations tibétaines, le paysage et le ciel avec ses nuages et ses rayons de soleil, nous somme descendues jusqu’au taxi.
Super détendu, il a trouvé tout à fait normal que nous soyons en extase devant ce mont fleuri. Comme pour les Tibétains toute montagne est un peu sacrée, c’était peut-être plus facile pour lui ? Je parle de son calme car je pourrais citer des douzaines de souvenirs de chauffeurs hargneux et pressés, dans nombre de pays, bien que nous ayons toujours bien expliqué et négocié d’avance la durée et notre rythme lent. Mais ils nous regardent, des dames déjà âgées, avec un certain embonpoint et ils s’imaginent toujours que nous ne tiendrons pas le coup, que nous serons fatiguées tout de suite et demanderons à rentrer plus tôt. Alors quand ils s’aperçoivent que oui, comme nous l’avions dit, nous sommes encore avides de tout voir jusqu’au coucher de soleil, leur déception se manifeste souvent par une certaine mauvaise humeur, pour ne pas dire pire.
Notre véhicule a ensuite traversé la plaine et un hameau-carrefour aux maisons éparses, avec une ou deux épiceries, je ne crois pas qu’il y avait un hôtel, cela pour les gens qui voudraient y séjourner. C’est cette plaine verte qui est la prairie de Gangia. Puis nous avons tourné vers la droite (je crois que pour Tongren on a continué tout droit le lendemain, pardon si après 8 mois mes souvenirs ne sont pas parfaits) et nous nous sommes dirigés vers les montagnes plus arides que j’ai signalées plus tôt. A un moment nous avons vu sur une colline les remparts d’un village fortifié, Bajiao, au pied de ces montagnes, et nous avons pris à droite et contourné un petit mont pour découvrir après quelques kilomètres notre premier but du jour : le monastère tibétain nommé Tseway Gompa par le LP.
Nous avons payé une petite somme pour les tickets (les prix sont plus hauts, dans mon post du 24 avril) et nous avons visité ce petit monastère tranquille et dépourvu de touristes, ni chinois, ni étrangers, dont les bâtiments s’étageaient sur une petite montagne. Ils n’étaient pas tous ouverts, notamment l’un d’eux tout en haut, qui avait l’air en mauvais état avec un seuil et des murs fissurés, excitait notre curiosité car par la fente entre les deux vantaux de la porte nous devinions des statues d’êtres monstrueux. Et cette porte était décorée de crânes de squelettes. Je ne sais pas si le pavillon était fermé à cause de son mauvais état ou parce qu’il recélait des divinités trop dangereuses pour être laissées ainsi à la vue de tous.
Petite digression sur les temples bouddhiques, particulièrement les tibétains, et l’argent. J’ai lu dans des discussions sur la Chine que certains des forumistes dont j’admire l’esprit intrépide et le goût des voyages au long court refusent d’entrer dans un temple où il faut payer. En Chine, comme on paye même pour voir un village, une rivière, une vallée, enfin tout ce qui peut avoir une valeur esthétique ou touristique, payer pour voir un temple surprend moins, et personnellement cela ne me dérange pas. Les Chinois payent la même chose que nous pour visiter villages, palais, sites naturels, etc... mais ils ne payent pas, je crois, d’entrée dans les temples, pour prier cela me paraît naturel. Par contre, ce qui m’a frappée, surtout dans les temples tibétains, c’est que les fidèles payent chaque fois qu’ils prient, c’est-à-dire devant chaque statue devant laquelle ils se prosternent, il laissent un billet de un ou plusieurs yuans. Et vous pouvez imaginer combien il y a de bouddhas dans un seul pavillon d’un monastère tibétain et combien il y a de pavillons dans un monastère grand comme une petite ville ? Même les fidèles tibétains les plus pauvres déboursent quelque chose, et donnent un billet à leurs petits enfants pour qu’ils le déposent dans la coupelle devant la statue. Depuis le plus jeune âge, ils apprennent qu’il n’y a pas de prière sans offrande sonnante et trébuchante... S’il y a parmi mes lecteurs des spécialistes en bouddhisme qui peuvent m’expliquer cela, je les lirai à mon tour bien volontiers. Parce que pour le moment, je suis plutôt écoeurée par cette liaison si intime entre religion et argent. Après, où va l’argent, en impôts au gouvernement chinois, dans la nourriture des moines, dans la restauration des bâtiments existants, dans la construction de nouveaux pavillons pour étendre toujours plus ces monastères gigantesques, les couvrir de fresques, les remplir de statues dorées, couvrir leur toits d’or ou autre métal doré, je ne sais pas. Peut-être cet argent est-il bien employé, mais quand on voit de très pauvres gens mettre la main à la poche plusieurs fois sur une dizaine de mètres, ça choque un esprit fondamentalement laïque comme le mien. Ce même phénomène se voit aussi dans les temples du reste de la Chine, mais il me semble moins systématiquement, seulement une partie de ceux qui prient mettent ensuite de l’argent, certains arrivent déjà avec leur paquet de cierges par exemple et ne les payent pas dans le temple même. Et puis les fidèles avaient l’air moins pauvres la plupart du temps dans les temples que j’ai vu ailleurs en Chine.
Mais tout ce que je viens de dire ne s’appliquait pas vraiment à ce petit monastère perdu dans la montagne, car je ne sais même pas si nous y avons croisé des pélerins. L’heure du pique-nique se rapprochait et notre chauffeur a rebroussé chemin et après avoir traversé un ruisseau, nous a emmené vers le village fortifié de Bajiao. D’après LP ces remparts datent d’une cité Han d’il y a deux mille ans, ces mêmes Hans dont nous avions vu les restes de fortifications loin à l’ouest entre Dunhuang et le Xinjiang. Les villageois n’oublient pas de vous faire payer un petit droit d’entrée, mais en fait ils attendent de vous que vous montiez sur un point de vue sur l’un des remparts, que vous fassiez quelques photos et que vous repartiez aussitôt. C’est ce qu’a fait un groupe d’une vingtaine de touristes chinois assez bruyants. Ensuite, bien calées au sommet des remparts nous avons mangé les sandwichs préparés par notre hôtel, avec ce beau paysage apaisant sous les yeux. En fait il y avait deux vues : d’un côté la plaine entourée de montagnes, de l’autre une vue plongeante sur les constructions et la vie du village. Et ce n’est pas si fréquent de voir le quotidien de villageois en Chine, on visite bien plus de villes. A l’intérieur des hauts murs, les petites fermes étaient elles-mêmes séparées par des murets. Cela donnait l’impression que cette zone perdue devait avoir été peu sûre et que les villageois avaient longtemps vécu dans la crainte à l’abri de leurs remparts. Nous sommes ensuite descendues de notre perchoir et avons décidé de silloner un peu le village. Celui qui nous avait vendu les tickets n’avait pas l’air de cet avis et nous faisait de grands signes en nous indiquant la sortie, mais il a vite été absorbé par l’arrivée de grosses voitures chinoises dont les occupants n’avaient pas du tout l’air d’accord pour payer la taxe d’entrée. C’est ce que j’ai supposé en entendant le ton monter entre les 2 ou 3 villageois tibétains présents à la porte du village et la dizaine de chinois hans qui venaient d’arriver. Nous nous sommes donc éloignées du champ de bataille et avons pu voir le long des chemins-rues les portes (certaines décorées), les animaux, les outils dans les cours, par-dessus les murets. Les quelques villageois que nous avons croisés n’avaient pas le sourire, plutôt indifférents ou suspicieux je dirais, rien à voir avec l’attitude plus accueillante des villageois du Guanxi (villages Dong ou ceux des rizières de Ping’an) par exemple qui ont plus l’habitude de voir des touristes étrangers. Après une demi-heure de promenade dans le village, nous avons repris le chemin du taxi.
De gros nuages noirs étaient apparus au-dessus des belles montagnes dentelées dont j’ai parlé au début et vers lesquelles nous nous dirigions à présent. Et nous avons bientôt vu le monastère en hauteur, niché au pied de ces impressionnantes montagnes : le Trakkar Gompa (orthographe du LP). La situation des quelques bâtiments colorés du monastère, les falaises au-dessus et les nuages qui devenaient de plus en plus noirs, le spectacle était grandiose. En montant l’allée vers le monastère, nous avons vu plus haut une tente blanche ou des moines et des fidèles avaient l’air de faire une fête. Mais nous nous sommes hâtées vers le premier temple, le chauffeur nous avait montré le ciel, on voyait qu’il craignait un gros orage et nous l’avons compris quand nous avons vu que la route du retour n’était pas goudronnée au début. Un moine s’est présenté pour nous faire payer, mais il demandait plus qu’à l’autre monastère et n’avait aucun ticket à nous donner. Il nous demandait nos tickets, mais nous n’avons pas compris sur le moment. En fait le lieu de vente des tickets se trouvait près d’un site de grottes en contre-bas, le Nekhang, dont parle aussi le LP, mais que nous n’avons visité qu’après. Soit notre chauffeur l’ignorait, soit à cause de l’orage menaçant il avait coupé au plus court. Bref, comme notre moine, assez désagréable, ne trouvait pas que nous donnions assez d’argent, il ne nous a ouvert et fait voir que deux ou trois bâtiments et pas ceux qui étaient en haut. Et en plus alors qu’il montait des escaliers derrière ma sœur, il fixait son arrière-train avec un regard fort peu religieux et a ensuite fait des ricanements et des petits rires que nous avons trouvés tout à fait déplacés sur le visage d’un moine sensé vivre dans l’harmonie de sa retraite dans la montagne. Argent et sexe, mmh...
Nous sommes ensuite vite redescendues vers notre carrosse parqué en contre-bas, il ne pleuvait toujours pas, mais le ciel était couleur d’encre. Notre chauffeur a alors pris une piste en terre qui contournait la montagne et très vite nous sommes arrivés dans une sorte de faille dans la montagne avec une baraque en bois vendant des tickets, des parasols et des tentes comme une sorte de restaurant, un troupeau qui descendait de la montagne encadré par quelques magnifiques cavaliers tibétains. Je n’en avais plus vu depuis ceux du festival de Litang en août 2006, mais ceux du Nekhang n’avaient rien à leur envier. J’essayais de vite faire quelques photos, pendant que le chauffeur montrait par gestes que la pluie était imminente et qu’il fallait faire très vite. Nous avons donc enfilé nos grandes pélerines imperméables noires.
Dans la cabane en bois, un jeune moine comprenait l’anglais, nous lui avons expliqué nos déboires avec le moine du Trakkar Gompa, il n’a pas eu l’air du tout surpris et il a accepté de nous faire payer les tickets (qui donc concernent les deux sites) moins ce que nous avions payé au moine. Et un autre jeune moine adolescent (entre 16 et 18 ans) nous a accompagné vers les grottes. Le spectacle était fantasmagorique, des rafales de vent, le ciel obscurci, les décorations tibétaines partout, le troupeau qui descendait depuis le défilé, je ne savais plus que photographier alors que les première gouttes de pluie commençaient à tomber. Il n'y avait que 10 ou 15 minutes de marche, mais avec la pluie, le chemin devenait glissant, il a fallu traverser un petit torrent et se faufiler entre des buissons avant de monter un petit escalier et se retrouver dans une grotte sans grâce. Il y avait dedans des signes de culte, mais pas de belle statue de bouddha, cela semblait plutôt un culte très populaire à un site naturel, mais sans valeur artistique. Notre guide nous a proposé de nous enfoncer dans la grotte, mais on n’y voyait rien et j’avais lu le LP qui disait qu’un touriste hollandais s’était tué en tombant dans une des grottes en 2006. Il y avait plusieurs chinois de tous âges qui semblaient là autant pour se protéger de la pluie que par ferveur religieuse. Il pleuvait maintenant fort quand nous sommes sorties de la grotte et après un moment pour attendre une accalmie, nous sommes reparties sous une pluie plus apaisée, toujours avec l’aide de notre jeune moine. Il a dû nous aider plusieurs fois car le chemin était devenu vraiment glissant, notamment pour descendre certains rochers ou traverser le torrent. Après, quand le chemin ne présentait plus de difficulté, donc il est peu probable qu’il ait trébuché ou glissé, il a quand même réussi à mettre sa main bien contre mes fesses, alors que le charme séducteur d’une femme de 61 ans couverte de surcroît d’un grand imperméable noir allant jusqu’aux chevilles me paraît fort peu propre à détourner des moines de leurs prières ! Je crois que la retraite de ses malheureux moines dans la solitude de leur montagne leur tourne la tête... Quel paysage magnifique pourtant ! Je signale que jamais je n'avais vu de tels comportements, certes bénins, mais surprenants, en trois longs voyages en Chine. J’ai donc renvoyé notre guide, nous saurions faire seules les cinq minutes qui nous séparaient de la voiture.
C’est sous la pluie que nous avons pris le chemin du retour vers Xiahé, mais elle s’était déjà calmée avant notre arrivée en ville. Nous l’avons remercié avec effusion, c’était vraiment un chauffeur compétent et sympathique, et nous lui avons demandé de nous déposer en ville. Nous avons ensuite flâné le long de la grand rue jusqu’à notre hôtel, en regardant ce que vendaient les quelques boutiques de souvenirs, sans rien acheter. Il y avait pas mal de monde dans les rues, et aussi beaucoup de moines qui semblaient eux aussi flâner et faire du shopping.
Nous cherchions des couverts en aluminium pour nous aider lorsque les baguettes nous incommodaient trop et un réveil pour ma sœur dont celui acheté sur le marché de Kashgar avait rendu l’âme. Dommage, c’était un superbe appareil rose et bleu qui avait trois réglages sonores : le premier était une sonnerie très conventionnelle, le deuxième passait l’appel à la prière du muezzin et le dernier des gazouillis d’oiseaux. Hélas, cet effort esthétique ne correspondait en rien avec sa solidité car il n’avait pas vécu plus de 10 jours. Donc dans une boutique fourre-tout de la grand-rue de Xiahé, une jeune chinoise han plongeait dans sa réserve pour nous trouver un réveil entier et en état de marche. En fait elle semblait surtout avoir des morceaux de réveils ou des réveils entiers mais ne fonctionnant pas. Elle était prête à diviser son prix par deux, mais non merci, même à moitié prix, un réveil muet ne nous servirait à rien. Heureusement nous avions pu les tester en y mettant les piles de mon appareil photo. Ma sœur s’indignait doucement : « Mais elle était prête à nous vendre un réveil qui ne fonctionne pas ! ». Il allait donc falloir continuer à faire confiance à mon seul réveil de voyage que j’ai depuis des années et qui m’accompagne partout, mais qui a le gros défaut de ne sonner que trois fois. Une fois toutes les 5 minutes. Donc si en 10 minutes, nous ne sommes pas sorties des bras de Morphée, c’est fichu, nous pouvons repartir pour 2 heures de sommeil supplémentaire, car notre horloge biologique à toutes les deux est du soir. A minuit, comme maintenant, nous avons l’esprit vif, mais le matin tôt, nos organismes font la sourde oreille au bruit lancinant de plusieurs réveils alternés, et même tels des somnambules, nos bras sont capables de les éteindre sans nous réveiller. Et justement le bus de Tongren le lendemain matin partait très tôt : le LP indique un bus par jour, à 6 h 30 du matin. Je ne sais plus si c’était 6 h 30 ou 7 h mais c’était à l’aube pour nous, c’est sûr.
Je crois que c’est ce soir-là que ma sœur à fait connaissance avec ses premiers momos (sortes de raviolis) tibétains à la cafétéria de l’hôtel. Un peu d’internet, paiement de l’hôtel, bagages, c’était notre dernière nuit à Xiahé. Une bien belle halte. Un vrai avant-goût du Tibet, si vous passez par Lanzhou, ça vaut vraiment la peine de faire un détour par Xiahé. Le Tibet (la région autonome) est cher et difficile d’accès et je ne pense pas que je le verrai un jour, ce sera pour les générations futures. Mais Xiahé est là, qui vous attend ! | | | À: Pasqualina · 6 avril 2013 à 1:29 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 25 de 35 · Page 2 de 2 · 1 650 affichages · Partager Trajet en bus de Xiahé à Tongren : Le matin tôt (je ne sais plus comment nous avons réussi à nous réveiller), nous quittions l’hôtel, sautions dans un taxi et arrivions juste à temps à la gare de bus pour notre départ vers Tongren. La réceptionniste de l’hôtel nous avait bien aidé en nous réservant par téléphone les nuits d’hôtel de Tongren et de Tianshui, par contre elle n’avait pas réussi à prendre contact avec Xining. C’était une aide précieuse car nous aurions été incapables de téléphoner en chinois à ces adresses du LP, d’autant plus que ça n’a pas l’air simple : j’ai été surprise du temps que les réceptionnistes de Lanzhou et de Xiahé ont passé au téléphone à chaque fois, pourquoi tant de choses à dire ?
Le bus a donc pris la même route que la veille, puis après Ganjia il a pris un col. C’était le seul bus de la journée et dans un hameau une famille attendait avec des ballots pour prendre le bus, mais il était plein et le chauffeur ne les a pas laissés monter. Que pouvaient-ils faire ? Attendre le lendemain ? Comme j’étais abrutie de fatigue, mes souvenirs sur ce début de trajet ne sont pas très nets, mais je me suis totalement réveillée quand nous sommes arrivés sur une hauteur qui dominait une vaste prairie parsemée de troupeaux de yacks et de tentes sombres de nomades. Hélas le bus ne s’arrêtait pas, au contraire, comme le bus Lanzhou-Xiahé, il roulait à vive allure. Quel dommage ! Le paysage était si typique du Tibet et je n’ai pu le voir que fugitivement de la fenêtre du bus. Peu après le bus s’est arrêté dans un village, en face d’un hôpital attenant à un monastère et de l’autre côté il y avait une échoppe vendant des yoghourts au lait de yack. Quel délice ! La moitié du bus est descendu en acheter, manifestement la vendeuse était prête, le passage du bus quotidien devait être sa meilleure vente de la journée.
Je me suis souvenue alors que Ragamuffin avait parlé de la beauté du trajet et le LP aussi : « le trajet entre Tongren et Xiahé est encore plus beau, car il passe au milieu de spectaculaires roches rouges et par l’impressionant Gartse Gompa... ». J’avais évoqué la possibilité de faire le trajet en voiture avec la gérante de l’hôtel de Xiahé, mais cela n’avait pas l’air d’une demande habituelle, et elle avait dit que ce serait sans doute cher, plus de 400 RMB, alors que le bus ne nous a coûté que 62 RMB à deux. Je commençais à me demander si nous n’aurions pas dû creuser plus la question et négocier une voiture car le trajet était vraiment unique. Nous aurions pu nous arrêter près de la prairie aux nomades et pour visiter le monastère de ce village : le Gartse Gompa. Pour les yacks, on en avait vu et photographiés de près la veille à Gangia, désolée j’avais oublié de vous le raconter. Cela avait bien amusé notre chauffeur de voir notre enthousiasme à la vue de ces yacks. Mais hélas il était trop tard pour changer de véhicule et après quelques minutes consacrées à la pause yoghourt, le bus repartait à vive allure.
Plus loin nous avons longé les fameux monts rouges cités par le LP, cela a duré au moins une demi-heure, la route faisait des lacets et était dominée par ces montagnes rouges arides extraordinaires. J’ai essayé de faire des photos mais ma sœur m’a dit qu’elles sont toutes floues. Il y en avait tantôt à droite, tantôt à gauche du bus, la vallée était d’une beauté à couper le souffle. Nous avons traversé un village très pittoresque qui était blotti au pied de ces pics rouges. Et à un carrefour nous avons vu une procession de gens avec des costumes, cela avait l’air d’une fête villageoise ? Mais ce ne fut que la vue d’un instant, le bus continuait sa course vers l’avant. Quels regrets de ne pas avoir pris une voiture... Mais nous aurions sûrement pris beaucoup plus de temps que le bus, car nous nous serions arrêtées dix fois pour contempler la vue et faire des photos. Amis voyageurs, si vous prenez cette route, et si vous pouvez vous le permettre financièrement, je crois que vous devez sérieusement envisager de louer une voiture avec chauffeur pour faire ce trajet, car les paysages traversés sont d’une beauté unique et aussi très différents les uns des autres. Mais il faut bien sûr préciser qu’il faut rajouter une, deux ou trois heures, à votre choix, pour les arrêts, en plus de la durée du trajet lui-même (entre 3 et 4 heures). Et pensez que la voiture devra revenir. Je pense que cela peut coûter facilement entre 400 et 500 RMB (une centaine d’euros ou un peu plus), mais ça les vaut.
La route avait certainement redescendu et l’altitude semblait moins élevée, en tout cas nous longions maintenant des vallées fertiles avec des champs et des arbres et l’agriculture y avait l’air assez riche. C’est ensuite assez vite que nous avons commencé à voir les premiers immeubles et de grands chantiers de construction. Quoi, c’était ça Tongren ? Nous avions imaginé un village de montagne et comme souvent en Chine, c’était une petite ville en pleine expansion. Sur le coup nous étions assez déçues, mais en fait Tongren fut une étape très sympathique et valait pleinement le détour.
Nous avions quitté le Gansu et nous étions maintenant au Qinghai pour trois jours, avant de retourner au Gansu. C’est pourquoi j’ai parlé d’une "boucle dans l’Amdo". En fait quand on est à Xiahé, on a en général deux chemins possibles : - ou aller vers le sud : Langmusi (je ne connais pas) et ses prairies tibétaines et ensuite vers le Khâm et le Sichuan, - ou, comme nous l’avons fait, bifurquer vers l’ouest et le Qinghai, qui lui aussi a des régions tibétaines peu touristiques. Mais Tongren et Xining, bien qu’en altitude, ne sont pas des villages de montagnes, et si elles ont de beaux temples, on y voit surtout de hauts immeubles et ce n’est pas l’ambiance des villages tibétains qu’on peut voir à Xiahé, Langmusi, ou autres. | | | À: Pasqualina · 9 avril 2013 à 0:13 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 26 de 35 · Page 2 de 2 · 1 620 affichages · Partager Je vois avec un peu de tristesse qu’en mon absence de cinq jours, personne n’a posté sur mes trois discussions. Dommage qu’il n’y ait pas sur voyageforum un compteur du nombre de visiteurs, même s’ils ne postent pas, je verrais ainsi si mon récit intéresse quelqu’un d’autre qu’Etathome, à qui il était au départ destiné.
Ce n'est pas parce que l'on ne poste pas que l'on apprécie pas !
C'est juste que l'on ne visite pas VoyageForum ni tous les jours, ni toutes les destinations connues ou envisagées.
Voilà ce que j'ai noté dans mon fichier projet pour un voyage Xinjiang / Gansu (en venant et repartant par le Kirghizistan) : Précieux compte rendu détaillé avec indication de temps, transports, hébergements, tarifs, jugements argumentés...
Vous lire me conforte dans l'idée que c'est une destination pour moi, même si j'ai moins besoin de confort (à ce jour en tout cas).
Personnellement, je lirais avec avidité les notes que vous pourriez publier sur le Xinjiang.
Grand merci de partager ainsi vos souvenirs.
Fabrice | | | À: Pasqualina · 9 avril 2013 à 0:52 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 27 de 35 · Page 2 de 2 · 1 609 affichages · Partager BSOIR PASQUALINAje me délecte en te lisant, la sensation de voir les lieux....Je te remercie de nous faire partager ce voyage et je suis ravie de lire ton récit.
(un jour peut être ?, il suffit que je trouve la pers qui pourrait m accompagner.... un ÊTRE comme ta soeur) et j oserais franchir la barrière de mes doutes..... AMICALEMENT Georgette | | | À: Pasqualina · 9 avril 2013 à 0:57 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 28 de 35 · Page 2 de 2 · 1 609 affichages · Partager ce qui m’a frappée, surtout dans les temples tibétains, c’est que les fidèles payent chaque fois qu’ils prient, c’est-à-dire devant chaque statue devant laquelle ils se prosternent, il laissent un billet de un ou plusieurs yuans. Et vous pouvez imaginer combien il y a de bouddhas dans un seul pavillon d’un monastère tibétain et combien il y a de pavillons dans un monastère grand comme une petite ville ? Même les fidèles tibétains les plus pauvres déboursent quelque chose, et donnent un billet à leurs petits enfants pour qu’ils le déposent dans la coupelle devant la statue. Depuis le plus jeune âge, ils apprennent qu’il n’y a pas de prière sans offrande sonnante et trébuchante... S’il y a parmi mes lecteurs des spécialistes en bouddhisme qui peuvent m’expliquer cela, je les lirai à mon tour bien volontiers.
Je crois avoir entendu que dans la culture chinoise ce don d'argent s'apparente à un investissement, dans le cadre d'une demande faite à la divinité. Il me semble que l'on rencontre le même comportement chez les bouddhiste de l' Asie du Sud-Est.
Fabrice | | | À: Pasqualina · 10 avril 2013 à 0:07 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 29 de 35 · Page 2 de 2 · 1 584 affichages · Partager Pasqualina, je vais partir dans quelques mois dans le Gansu, j'ai lu mon guide LP mais je n'ai encore rien préparé, votre récit super bien détaillé va m'aider, merci d'avoir écrit cet article. | | | À: AlexDeWavrin · 10 avril 2013 à 11:59 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 30 de 35 · Page 2 de 2 · 1 568 affichages · Partager j'ai lu mon guide LP... votre récit super bien détaillé va m'aider,...
Il vaut mieux lire Pasqualina car le LP consacré à la Chine est peu fiable et bourré d'erreur.
J'en fait l'expérience tous les jours 
Mais faut quand même bien faire avec | | | À: Ragamuffin · 15 avril 2013 à 0:25 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 31 de 35 · Page 2 de 2 · 1 489 affichages · Partager Merci Fabrice, Georgette, Alex et mon guide Ragamuffin, pour votre participation à cette discussion. Maintenant que j'ai compris l'histoire du compteur, je ne m'inquiète plus du tout d'écrire pour personne. Mais c'est sûr que le Gansu reste une région bien moins fréquentée par les touristes étrangers que Pékin-Pingyao-Xi'an-Shanghai, avec ou sans Yangshuo, ou que le Yunnan, donc les discussions sur le Gansu intéressent moins.
Premières impressions de Tongren : Il y avait deux jeunes Français dans le bus, ils n’avaient pas le LP et nous leur avons donné les deux adresses d’hôtels, nous avions réservé dans le premier, le Tongren Holyday Hotel, ils ont pris celui d’en face. Les deux étaient en bout de ville, surplombant une immense place neuve entourée de bâtiments modernes. Cela faisait assez maoïste, mais le soir et le lendemain matin tôt de notre fenêtre nous pouvions voir les gens danser en rond sur la place au son des hauts parleurs, c’était assez sympa. Après une petite lessive dans notre chambre d’hôtel, il fallait profiter du soleil, nous sommes parties en taxi vers les temples des monastères du Wutun Si situés à 6 km de Tongren (du côté de l’hôtel, nous n’avons pas eu à retraverser la ville). Les deux jeunes français, que nous avions perdus de vue, avaient pensé à réserver leur bus pour Xining le lendemain et avaient choisi le premier de la journée. Nous, nous faisions confiance au LP qui annonçait un bus toutes les 40 minutes jusqu’à 17 heures. Nous prendrions notre temps le lendemain pour visiter le grand monastère de Tongren et prendrions le premier bus après. Finalement nous les avons retrouvés au Wutun Si, mais ils étaient plus pressés que nous et ils sont repartis plus vite du monastère. Ils avaient pris un minibus à la gare de bus et avaient beaucoup attendu qu’il se remplisse pour partir, mais en vain, et finalement ils avaient dû se résoudre à payer plusieurs places pour qu’il parte. Donc le taxi n’était pas une mauvais option. Nous ne l’avons pas fait attendre, soit nous en retrouverions un autre, soit nous rentrerions à pied, 6 kilomètres c’est long mais pas impossible.
Le monastère Wutun Si est très célèbre pour la qualité de ses peintures et de son école de peinture toujours en activité. Ils envoient leurs œuvres dans un grand nombre de temples tibétains et perpétuent les traditions sans rigidité, car la richesse des tracés et des couleurs est tout à fait remarquable. C’est pourquoi, je pense que sa visite est vraiment incontournable pour qui s’intéresse à l’art tibétain, en particulier à la peinture, car à Tongren, c’est vraiment de l’art vivant. Ils vendent aussi des peintures de tailles diverses, collées sur des tissus de soie, des tankas. Les prix sont assez élevés surtout dans les ateliers des monastères, mais voir sans acheter c’est déjà un grand plaisir. Le Wutun Si est divisé en deux parties, le monastère d’en bas (Mango) et celui d’en haut (Yango) un kilomètre plus haut.
Nous avons commencé par le monastère inférieur, visite payante bien sûr, et en partie guidée. On nous a ouvert plusieurs pavillons ou temples, avec des peintures et sculptures de qualité, qui nous ont permis de mieux connaître le style de Tongren, mais le monastère s’étendait encore loin au-delà. Ensuite le moine qui servait de guide nous a emmenées dans une petite salle servant de magasin aux peintres du monastère inférieur ; nous avons demandé certains prix, pas exagérés étant donné le travail fait à la main, mais pas dans notre budget. Mais il n’y a eu aucune pression désagréable de la part de notre guide. Quelqu’un ensuite nous a dit qu’il valait mieux acheter en dehors du monastère, qu’il y avait des prix moins élevés dans les quelques boutiques d’art autour du temple et le long de la rue qui monte entre les deux monastères, mais nous n’y sommes pas allées. Après nous avons pu admirer seules et tout à loisir les différents chörtens dorés et colorés du temple près de l’entrée. C’était un tout autre style que le monastère de Xiahé, qui est plus traditionnel.
Nous avons ensuite monté la pente sur la route en direction du monastère supérieur (Yango) : à gauche de la route des montagnes aux reflets rouges, à droite les murs du monastère bordés par des plates-bandes fleuries et des statues de bouddhas. Puis une petite route à droite descend vers l’entrée du monastère, avec une très grand et très extraordinaire chörten de plusieurs étages ornés de sculptures colorées. A nouveau on nous a guidées pour un tour rapide de quelques pavillons, avec de belles fresques. C’est un peintre, qui n’était pas habillé en moine, qui nous a fait faire la visite, et ensuite il nous a emmenées à l’atelier-maison de sa famille et montré ses œuvres et des photos. Il semblait avoir une certaine célébrité, son père et son frère aussi peignaient des peintures bouddhiques, mais il n’a pas même évoqué l’idée de nous vendre un tanka. C’était intéressant de voir la structure de la maison toute en bois avec une cour intérieure et dans une des salles la chapelle familiale, évidemment très bien décorée avec statues et peintures. Dans ces deux monastères du Wutun Si, une grande partie des œuvres, peintures, sculptures et chörten sont assez récentes et montrent la qualité des artistes locaux. En plus le chörten domine la vallée et se voit très bien de loin.
Après avoir bien tourné pour essayer de photographier le chörten le mieux possible, nous avons repris la route en sens inverse. En fait si nous avions poursuivi notre chemin, nous serions reparties vers Tongren, mais nous voulions voir un troisième monastère, situé non loin, de l’autre côté de la rivière. Le LP citant le « mystérieux Gomar Gompa » avec ses « allures de village médiéval fortifié » nous avait mis l’eau à la bouche. Il était déjà assez tard et nous ne savions pas vraiment si nous trouverions un véhicule pour rentrer, quand un taxi est venu dans notre direction et nous avons décidé de le prendre juqu’au Gomar Gompa. La voiture est descendue au niveau d’un pont sur la rivière, puis est remontée de l’autre côté et nous avons assez vite atteint une esplanade avec un autre beau chörten, décorés de nombreuses statues et bas reliefs colorés. Cette esplanade dominait la vallée et constituait un superbe point de vue. De l’autre côté du chörten se touvaient les murs du monastère et une grande porte, bien fermée. Il y avait un vieux monsieur non loin et nous avons essayé de nous renseigner avec l’aide de notre chauffeur (on lui avait fait comprendre qu’on visiterait le monastère et qu’il nous ramènerait ensuite à Tongren). Etait-ce dû à l’heure tardive (il était un peu plus 17 h) ? Je ne sais pas car j’ai demandé « demain ? » en chinois et la réponse semblait aussi négative. Donc je ne peux pas vous dire chers lecteurs si ce monastère se visite toujours ou pas. Un peu déçues, nous avons tourné autour du chörten et d’un petit pavillon accessible aussi et nous avons contemplé un moment le panorama. On voyait très bien de l’autre côté de la vallée les magnifiques chörtens des deux parties du Wutun Si.
Et nous pouvions aussi voir juste en-dessous de notre promontoire un village avec ses murs et ses ruelles. Alors notre chauffeur qui avait compris notre déception de trouver porte fermée, nous a proposé de nous emmener dans le village. Nous avons bien sûr accepté, il nous y a emmenées en voiture puis nous a guidées à pied. C’est un très joli village ancien bien conservé et une des maison (il y a un panneau en anglais à l’entrée) peut se visiter : la cour, la cuisine, les chambres à coucher à l’étage avec aussi l’endroit réservé à la religion, sorte de chapelle privée, très intéressant. Nous avons déambulé un petit moment dans ces ruelles sinueuses étroites entourées de murs de pisé, en nous demandant si le LP parlait bien du monastère ou aussi du village quand il décrivait « des allures de village médiéval fortifié ». Nous n’avons pas croisé grand monde, mais c’étaient des enfants ou des paysans, pas des moines. Mais l’interdépendance entre ce village et le monastère qui le surplombe doit sûrement être grande et depuis longtemps.
Ensuite le taxi nous a ramenées devant notre hôtel, nous avons apprécié son calme souriant et qu’il se soit improvisé guide pour ne pas nous laisser sur le petit goût amer d’une porte fermée. Grâce à lui nous avons découvert ce village, alors qu’il est si difficile d’en voir en Chine ou tant de villages se transforment rapidement en villes, ou restent en dehors des circuits touristiques.
Nous avons ensuite fait une promenade dans la rue de notre hôtel, la Dehelong Bei Lu, en direction du centre ville. C’est une rue à taille humaine, bordée d’arbres et de boutiques et restaurants populaires, avec une ambiance sympathique. Au milieu du trajet, il y a aussi un petit marché sur la gauche. Finalement nous avons acheté de la volaille bouillie, du pain, des tomates et des fruits, pour changer des repas trop épicés ou trop gras. La cuisine chinoise est une grande cuisine, mais le handicap de la langue en fait perdre beaucoup, surtout quand un estomac fragile oblige à une certaine prudence. En tout cas nous avons apprécié l’ambiance de cette rue commerçante, la plupart des vendeurs étant très accueillants et sympathiques, sauf une marchande de fruits et légumes qui voulait nous faire un prix exorbitant pour quelques tomates. Mais sa concurrente, 50 mètres plus loin, nous en a même offert sous prétexte qu’elles n’avaient pas très bon aspect et nous lui avons acheté des fruits aussi, des citrons, des pommes, des bananes et des litchis. Nous aurions bien aimé acheter du yaourt de yack qui était affiché sur certaines vitrines, mais c’étaient de grands pots familiaux d’un kilo, alors nous avons dû renoncer.
Le soir de la fenêtre de notre hôtel nous avons entendu de la musique et vu des tas de gens danser en bas en faisant de grandes rondes concentriques. J’avais vu la même chose dans certains villages ou bourgs que j’avais traversé au Yunnan et au Sichuan tibétains, je crois bien en avoir vu à Zhongdian (Shangri-Là) en particulier. Mais cela s’est vite arrêté, vers 21 h il me semble, et nous avons pu reprendre des forces en prévision de la visite qui nous attendait demain : un monastère aussi grand que celui de Xiahé, mais en plus sur une pente de montagne. | | | À: Pasqualina · 15 avril 2013 à 8:13 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 32 de 35 · Page 2 de 2 · 1 483 affichages · Partager Un grand merci ! J' en ai l ' eau à la bouche... vivement le mois de juillet Le wutun si sera pour moi le point d ' orgue de notre voyage et je compte bien y acheter un thanka. Je pense que l'on doit pouvoir le rouler dans un tube pour le transport. Au fait toute cette région est en altitude et tu y étais en été, j' ai cru comprendre en lisant quelques récits qu' il pouvait y faire frais le soir venu...Tu confirmes? | | | À: Pasqualina · 19 avril 2013 à 14:53 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 33 de 35 · Page 2 de 2 · 1 456 affichages · Partager Bonjour Pasqualina, Vos textes sur les prairies de Ganjia, sur la route de Xiahé à Tongren laissent tellement entrevoir de belles rencontres qu'il est difficile de choisir! J' aurai 2jours et demi à Xiahé avant de repartir pour l'aéroport de Lanzhou. Que me conseillerez-vous?Les prairies ou la route deTongren? (sachant que je ferai une boucle, je n'irais pas jusqu'à Tongren) J'essaie de préparer ce voyage avec une carte au 1/2000000.Avez vous trouvé des cartes avec des échelles qui permettent de mieux visualiser la région? Un grand merci pour tout ce que vous avez déjà donné. Une petite curiosité: avez vous un voyage en prévision pour cet été? A bientôt | | | À: Dominiquemil · 19 avril 2013 à 23:19 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 34 de 35 · Page 2 de 2 · 1 435 affichages · Partager Chère Dominique, Deux jours et demi c'est bien. Vous aurez peut-être même le temps de faire une randonnée d'une demi-journée aux alentours. Ce que je sais c'est qu'une partie des hôtes de notre hôtel Overseas Tibetan Hostel se préparait le matin pour une randonnée, alors que nous, nous nous préparions pour la visite du monastère. Je crois que c'étaient des mini-groupes avec guide, mais les gérants de l'auberge pourront sûrement vous informer (en anglais).
Pour Ganjia et la route de Tongren, comme je l'ai écrit, c'est dans la même direction, sauf que Ganjia est proche de Xiahé, la prairie d'altitude avec les yacks, les tentes de nomades et le petit village avec hôpital, monastère et yaourts au lait de yack un peu plus loin (je ne me souviens plus à quelle distance de Ganjia, peut-être une heure ?), tandis que les monts rouges sont nettement plus loin, plus près de Tongren. Nous, nous avions pris notre temps, puisque nous n'aimons pas nous lever tôt, que nous nous étions arrêtées à Xiahé pour tirer de l'argent et acheter notre billet de bus et que nous nous sommes arrêtées très vite dans une prairie en fleurs. Donc il doit tout à fait être possible de partir plus tôt, par exemples entre 7 et 8 heures et de pousser au-delà de Gangiá jusqu'au village des yaourts (j'ai indiqué son nom, tiré du Lonely Planet, dans mon récit) puis faire demi-tour dans le village. Celà vous permettrait au moins de voir ce qui est le plus tibétain : les yacks et les tentes de nomades. Après pour les monts rouges, ils doivent être à 2 h 30 ou 3 h de Xiahé peut-être, (mes souvenirs ne sont pas nets sur la distance entre ce village et les monts rouges), c'est à dire 5 à 6 h aller-retour, c'est peut-être un peu loin si vous voulez aussi avoir le temps de vous arrêter dans les différents sites de Ganjia. Ces pics rouges sont magnifiques, mais ils font moins tibétains. Posez franchement la question à la gérante de l'auberge, elle en parlera avec son chauffeur, et après c'est affaire de négociation et d'argent... Pour l'instant ses clients prennent le bus pour Tongren, mais si elle voit que les étrangers sont aussi intéressés par cette route, je pense qu'elle ne tardera pas à offrir cette nouvelle excursion aux hôtes de l'auberge, en plus de la visite de Ganjia (qui peut prendre une demi-journée ou une journée suivant les goûts). Ce serait bien que les VFistes qui passeront par là bientôt nous racontent leurs aventures et l'organisation pratique. Il me reste à raconter la journée suivante entre Tongren et Qining, une autre journée à Qining et enfin notre séjour à Tianshui au Gansu, entre Lanzhou et Xi'an. Malheureusement je manque de temps en ce moment ! Bon voyage à Xiahé, Pasqualina. | | | À: Pasqualina · 20 avril 2013 à 5:56 Re: Souvenirs du Gansu et de l'Amdo, été 2012 ( Chine, Tibet) Message 35 de 35 · Page 2 de 2 · 1 424 affichages · Partager Chère Pasqualina Dès que tu auras un moment, peux tu, pour compléter ton superbe récit, nous parler du climat que tu as rencontré dans le Gannan (merci Daming!  ) car j ai cru comprendre tu y étais un été et ça m intéresse tout particulièrement ! Merci! | Carnets similaires sur l'Asie du Nord-Est: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 18 361 visiteurs en ligne depuis une heure! |