Yangguizi · 31 octobre 2005 à 3:01 · 2 photos 30 messages · 12 participants · 15 419 affichages | | | | 31 octobre 2005 à 3:01 Chine: Huangshan: trois expériences Message 1 de 30 · Page 1 de 2 · 12 964 affichages · Partager Huangshan, les montagnes jaunes, dans la province chinoise de l'Anhui, est un des sites naturels les plus impressionnants de Chine, immortalisé par des générations de peintres qui ont su reproduire sur le papier les formes incroyables de ces montagnes émergeant de la brume.
Alléché par la réputation de ces lieux, il fallait bien évidemment que j'en aie le coeur net et que je le voie de mes propres yeux. Ce fut fait il y a deux ans et demi, en mai 2003, pendant les congés nationaux. Pendant cette période, la Chine est en principe inondée de millions de touristes découvrant leur pays, mais cette fois-là, Huangshan, à l'instar des autres lieux touristiques du pays était désert. C'était le pic du SRAS. La population des grandes métropoles était terrorisée, et tout était fait pour décourager ceux qui voulaient se déplacer. La plupart des avions étaient en plus annulés, faute de passagers. Mon voyage en Corée du Nord ayant été annulé au dernier moment (la Corée avait fermé hermétiquement sa frontière quelques jours avant le départ), il fallait trouver une solution de rechange dans l'urgence. Ce fut Huangshan, où je suis parti deux trois jours avec un ami.
Dès l'arrivée à l'aéroport, on était dans l'ambiance, avec un aérogare quasiment désert et des contrôles médicaux et des prises de température un peu partout. Idem à l'arrivée à l'aéroport de Huangshan. Ayant sympathisé avec deux autres francophones, nous partons tous les quatre au pied de la montagne pour dégoter un hôtel. Le temps était mauvais, on ne voyait rien. Le lendemain, nouveaux contrôles sanitaires avant d'attaquer la montagne à proprement parler. Les autorités avaient placé un cordon sanitaire strict autour de Huangshan, apparemment considéré comme une zone à protéger en priorité (vues l'absence de touristes et la faible densité de la population locale, on se demande bien pourquoi. Les équipes déployées auraient été plus utiles ailleurs).
Il pleuvait fort et on ne voyait rien du tout. On a malgré tout préféré monter à pieds plutôt qu'en téléphérique, espérant que le sommet était dégagé. Ce n'était hélas pas le cas. Il ne s'arrêtait quasiment pas de pleuvoir, et le brouillard très dense empêchait de voir quoi que ce soit. Il n'y avait pas grand monde au sommet, ce qui ne représentait qu'une maigre consolation. Histoire de passer le temps, on a fait quelques mauvaises blagues aux gens en leur faisant croire qu'on venait des zones les plus infectées ( Hong Kong et Pékin), puis avons recherché un logement pour la nuit. Seul un hôtel était ouvert, et, malgré l'absence de touristes, les prix pratiqués étaient exorbitants. On a heureusement réussi à trouver un dortoir plus abordable. Le lendemain, rebelote, brouillard complet. On n'avait toujours rien vu de Huangshan, bien qu'on y ait déjà passé plus d'une journée. L'après-midi, une éclaircie très timide nous permit d'apercevoir le panorama de Beihai pendant quelques minutes, puis ce fut fini, et on reprit le téléphérique pour descendre. Echec donc. | | | Deuxième tentative: samedi dernier. C'est cette fois en compagnie de mon oncle et ma tante de passage en Chine que j'allais tenter de voir enfin ces fameuses montagnes.
Le temps était toujours nuageux, mais au moins cette fois on voyait la montagne et ses formes. Le brouillard remontant le long des parois était conforme à la réputation des lieux, et le spectacle était très beau. Pour éviter les deux heures de queue, on est montés par le téléphérique ouest. Arrivés au sommet, la vue était très belle, mais c'était noir de monde. D'immenses groupes de touristes chinois, accompagnés de guides à hauts parleurs rendaient ce lieu féérique cauchemardesque, c'était assourdissant.
Je suis monté en haut le Pic du Lotus, le plus haut du massif, et là, les embouteillages humains étaient dignes d'une station de métro aux heures de pointe. C'était atroce. Je suis quand même resté admiratif devant l'art des batisseurs qui ont réussi à graver des escaliers en pierre dans des parois aussi abruptes. La grimpette était sportive, mais quel exploit d'avoir réussi à tracer un tel chemin! Les marches étaient à certains passages tellement abruptes qu'il fallait s'aider des mains pour monter. Hélas, les nombreux crachats qui parsemaient les marches étaient des plus dissuasifs pour qui voulait y poser les mains. Et oui, Huangshan (qu'on pourrait rebaptiser Crashan) est une des capitales chinoises du crachat, et une personne âgée a d'ailleurs expulsé une partie de sa salive sur mon manteau. J'ai eu beau la traiter de tous les noms, ni elle ni sa famille n'ont daigné me regarder. Enfin bref, ça hurlait et ça crachait partout, et j'ai eu beaucoup de mal à apprécier les lieux.
Les esprits du Lac Baikal avaient sans doute retrouvé ma trace puisque mon genou a été pris de la même douleur que celle qui m'avait été infligée il y a moins d'un mois sur la terre des shamans, en Sibérie. Hélas, aucun lac glacé à proximité pour me purifier, et j'ai donc dû trainer ma douleur pendant deux jours. Les quelques heures de marche furent donc pénibles, d'autant plus que j'ai dû subir les quolibets de nombreux chinois qui avaient l'air de trouver amusante ma façon de marcher. Comme j'en ai repris pas mal en train de fumer, cracher ou jeter des détritus, on va dire que c'était de bonne guerre.
Finalement, il a fallu faire trois heures et demi de queue pour prendre le téléphérique est à la descente. Une expérience pas terrible donc. | | | J'étais d'autant plus crevé que j'avais passé une très mauvaise nuit, pendant laquelle je n'ai quasiment pas pu fermer l'oeil.
Mon oncle et ma tante avaient réservé un hôtel cher, un trois étoiles, le genre d'établissement où je ne vais en principe jamais. Cet hôtel était malheureusement bâti le long de la route principale, sur une belle ligne droite, et même la nuit, le trafic des camions qui accéléraient tout en klaxonnant était assourdissant. J'ai donc très peu dormi, et même une fois après avoir remarqué que la fenêtre était ouverte et l'avoir refermée, le bruit était toujours aussi pénible.
Vers six heures du matin je me suis finalement résolu à prendre une douche, ce à quoi j'ai dû renoncer en raison de la couleur de l'eau. Beurk  . Cette fois c'en était trop, je n'ai vraiment pas l'habitude de me plaindre du confort des hôtels, et me contente en principe de peu, mais lorsque je dois payer une certaine somme, il y a quand même un minimum.
A six heures et demi du matin, le téléphone sonna! Une dame voulait absolument me vendre un voyage organisé pour la journée. Après avoir vérifié qui elle était, je l'ai copieusement engueulée en lui disant qu'on ne réveille pas les gens comme ça (même si j'étais en fait déjà réveillé depuis longtemps). Mais j'étais de toute façon furieux et prêt à me défouler (je précise que lorsque je me défoule, je ne hausse pas la voix et ne me mets pas réellement en colère, mais dis mes quatre vérités d'une manière ironique, afin que mon interlocuteur perde la face de la manière la plus insupportable possible).
Je me suis rapidement habillé et suis descendu à la réception. bonjour bonjour, que peut-on faire pour vous? je suis très insatisfait de votre hôtel. ? je n'ai pu ni dormir ni prendre une douche, vous trouvez ça normal? ? la chambre est très bruyante et l'eau est sale. ah bon? l'eau est sale? mais oui! Vous n'êtes pas au courant? ah non, c'est bizarre. bon, alors moi je fais comment pour me doucher? Je dois aller où? ben dans votre chambre, il y a une douche. mais l'eau est sale!!!! ah bon? c'est parce que l'endroit s'appelle Montagnes Jaunes que l'eau est jaune? (c'est une blague) je sais pas. bon, appelez moi le manager. le manager ne peut rien faire pour vous. alors qui peut? je sais pas.
Sur ce, le manager arriva rapidement, et là, le dialogue devint franchement drôle. J'ai répété mon histoire, et voici à peu près ce qui se dit: l'eau est jaune oui c'est normal, ici ce sont les Montagnes Jaunes, donc l'eau est jaune (dans sa bouche, c'était pas une blague) et alors? et alors, dans toute la ville l'eau est comme ça. ne mentez pas, je suis venu il y a deux ans dans un hôtel bon marché du centre-ville et l'eau était très propre. ah mais c'est parce qu'ils prennent l'eau de la vallée, nous on prend l'eau de la montagne. et pourquoi payer plus cher pour avoir une moins bonne qualité? c'est comme ça. écoutez, j'ai déjà logé dans beaucoup d'hôtels en Chine. A 10 yuans, à 50 yuans, à 100 yuans, à 200 yuans, à 500 yuans, mais là je n'avais jamais eu une aussi mauvaise expérience, vous trouvez ça normal? non. et vous avez la réputation d'être le meilleur hôtel de la région! oui c'est exact. alors remboursez moi. non, ce n'est pas possible. bon, changeons de sujet. Je n'ai pas pu dormir et j'ai très mal à la tête. Je sais bien que vous n'y êtes pour rien, mais qui a pu avoir l'idée stupide de bâtir un hôtel aussi près d'une route aussi passante, sans mettre de vitres isolantes? C'est complètement débile! mais monsieur, beaucoup de clients aiment le bruit, il faut aussi les satisfaire....
Je n'ai pas su quoi répondre à ça. En plusieurs années de Chine, j'en ai entendu des pas mal, mais là c'était vraiment trop: bon écoutez, je suis très insatisfait de la chambre et de votre hôtel, j'estime que je n'aurais pas dû payer plus de 100 yuans pour ça (la chambre coûtait 500), mais là, vous m'avez sorti des blagues tellement drôles, que finalement ça valait le coup de dépenser autant. Merci, au revoir.
Le type était tétanisé, il n'osait plus rien dire et baissait les yeux, on sentait qu'il ruminait sa colère, d'autant plus que le hall commençait à se remplir de clients.
Je suis passé ensuite au bureau du tourisme, histoire de dire quelques mots à celle qui réveille les gens aux aurores (son coup de fil a vraiment réveillé mon oncle, qui lui avait pu dormir car sa chambre donnait de l'autre côté): bonjour, c'est vous qui réveillez les gens à six heures du matin? hein? c'est bien le bureau du tourisme ici? oui c'est vous qui m'avez donné un coup de téléphone tout à l'heure? oui pourquoi vous avez fait ça? Vous êtes stupide? Ca vous arrive souvent de réveiller les gens comme ça, sans qu'ils ne demandent rien? mais je croyais que vous étiez chinois. (dit-elle en riant) et alors????? Les chinois n'ont pas le droit de dormir?
Elle riait trop, et je n'ai pas pu continuer la discussion.
Bon, ce post transpire peut-être la colère et le ras-le-bol, mais j'essaie de retranscrire mon état d'esprit après une nuit quasi blanche et un mal au crâne carabiné, faisant suite à une dure journée de travail et un voyage en avion.
Finalement on a changé d'hôtel pour en prendre un meilleur marché, qui avait l'avantage non négligeable d'être silencieux et d'avoir de l'eau propre. | | | Finalement, la journée d'hier, et donc la troisième tentative, fut la bonne. Le temps était splendide, et les couleurs vraiment éclatantes. Les couleurs d'automne embellissaient les arbres sur les parois rocheuses, et j'avais enfin la vision de rêve que j'étais venu chercher.
Pour éviter la queue au téléphérique, j'ai fait un long détour en bus pour rejoindre le côté nord du massif et prendre un autre téléphérique, désert celui-là. Certes, dans ce bus, j'ai dû endurer une conversation pénible (on m'a notamment demandé si Hitler était bien le président de la France), mais ça valait quand même le coup, d'autant plus que la route était superbe.
Une fois au sommet, côté nord, j'avais la montagne pour moi tout seul. Enfin du silence! J'ai rapidement rejoint le site dit de la Mer de l'Ouest, qui était époustouflant. Il y avait quelques touristes isolés, mais ils n'étaient pas en groupe et il n'y avait pas de guide ni de haut parleur, ça ne posait donc aucun problème.
J'ai marché une heure ou deux jusqu'au Pic de la Fée, un autre endroit grandiose, où j'ai aussi pu apprécier un paysage fantastique sans personne pour me déranger. C'est quand même marrant que tous ces groupes aillent aux mêmes endroits et délaissent ce qu'il y a de plus beau.
Voilà, finalement il fallait juste insister un peu. | | | Un délire de drôlerie comme toujours.... !
Te lire conforte un peu plus à chaque fois mon idée de ne pas aller en Chine...... Et le plus amusant c'est que toi tu t'y plais  
A bientôt pour d'autres découvertes !
Dolma | | | Pourquoi tu ne veux pas aller en Chine ? Tu es Tibétaine ? Népalaise ?
Namaste Mulato. | | | À: Dolma · 6 novembre 2005 à 23:12 Re: Chine: Huangshan: trois expériences Message 7 de 30 · Page 1 de 2 · 12 808 affichages · Partager Salut Dolma,
Content de voir que je ne suis pas tout seul à ne pas vouloir aller en Chine. Et pour ma part, je parle en connaissance de cause car j'ai fait le Tibet qui n'est absolument pas Chinois pour moi et qui ne l'a jamais été dans l'histoire, et donc j'ai pu voir l'attitude des colons chinois envers les Tibétains. Je ne parle pas de la police et des soldats chinois mais bien des colons chinois car il n'y a pas besoin de chercher beaucoup pour voir les injustices et l'oppression journalière que subit ce peuple pacifiste. C'est vraiment bête à dire mais je ne vous conseille pas trop le Tibet si vous ne supportez pas l'injustice car à l'époque pour avoir voulu aider un tibétain, moi et mes amis avons faillit passer une nuit au poste de police !!!  N'oublions pas que la Chine, c'est plus de 29 000 executions capitales depuis les dix dernières années... Si vous voulez voyager dans un paysage proche de celui du Tibet, je vous conseille le Ladakh, et en plus vous rencontrerez des Tibétains en exil avec qui vous pourrez parler en toute liberté. | | | À: Rickdeckard · 7 novembre 2005 à 11:37 · Modifié le 7 nov. 2005 à 12:04 Re: Chine: Huangshan: trois expériences Message 8 de 30 · Page 1 de 2 · 12 791 affichages · Partager Bonjour Rickdeckard,
Nous nous éloignons du récit de Yangguizy et de son humour ravageur qui nous fait "connaitre" les Chinois sous leurs pires aspects  !
Quand je disais que je ne voulais pas aller en Chine, c'était une toute petite provoc, même si je te confirme que je défend ô combien la cause tibétaine......
Dolma | | | À: Dolma · 7 novembre 2005 à 12:00 Re: Chine: Huangshan: trois expériences Message 9 de 30 · Page 1 de 2 · 12 786 affichages · Partager Salut dolma,
Tout d'abord, comme tu le dis, je me suis éloigné du sujet de Yangguizy et je tiens à m'excuser auprès de lui. J'ai trouvé, comme toi, son humour excellent. Quand à mes impressions, je sais qu'elles étaient un peu agressives mais je ne peux m'empêcher de m'emporter quand il s'agit de parler de ce sujet par rapport à mon voyage dans ce pays qui était il y a bien longtemps le royaume des dieux. Et j'ajoute, que je ne veux en aucun cas stigmatiser tout le peuple chinois qui en grande partie souffre de cette dictature. Car comme je l'ai dit dans mon message, s'il y a plus de 29 000 exécutions capitales dans ce beau pays, et bien il faut en déduire que cela veux dire qu'il y a tout de même beaucoup de chinois qui se révoltent contre le " parti " et qu'il faut penser à ces derniers qui souffrent en silence... | | | Il ne faut surtout pas s'excuser!  Si mon sujet a pu permettre qu'une discussion de fond s'engage, j'en suis le premier ravi. Et comme je reconnais que ce genre de sujet ne donne pas vraiment envie d'aller en Chine, je peux comprendre que d'autres arguments apparaissent en ce sens. Hélas, mes photos du Huangshan sont ratées, et je ne peux donc même pas les poster pour compenser ce ton quelque peu négatif.
Sur la question tibétaine, je préfère ne pas me prononcer, car je ne suis jamais allé dans la région autonome du Tibet. J'ai déjà abordé l'aire culturelle tibétaine par le sud ( Ladakh), l'est (Yunnan) et le nord (Gansu), mais - dans les deux derniers cas - n'y suis pas resté assez longtemps pour me faire une opinion sérieuse. Je dirais juste que les quelques tibétains avec qui j'ai pu alors discuter m'ont fait une bonne impression (sauf un c**** dont j'ai déjà parlé dans un autre fil) et ne m'ont pas eu l'air malheureux ni opprimés. Leur culture n'avait pas non plus l'air trop atteinte, mais je sais que tout cela n'est pas représentatif d'une réalité beaucoup plus large.
Sur la peine de mort, il faut savoir que les exécutions de dissidents sont très rares de nos jours. L'immense majorité des condamnés à mort sont accusés de crimes de droit commun, et leurs droits de la défense sont d'ailleurs souvent bafoués (il y a beaucoup d'innoncents dans le lot). Mais il s'agit là plus d'un problème de procédure et de politique pénale (les autorités semblent enfin s'y sensibiliser) que de totalitarisme.
Quant aux révoltés, ils existent, ils sont nombreux, mais ils ne sont en général pas révoltés contre le Parti ni contre le système dans son ensemble, mais contre soit des injustices ponctuelles, soit des phénomènes non globaux. C'est le cas de paysans spoliés, de victimes d'expropriations abusives, etc. Ils sont malheureusement souvent ignorés dans le meilleur des cas, et punis dans les autres. Mais s'il fallait compter les dissidents globaux, ceux qui font la synthèse de tout ce qui ne va pas, la théorisent, et en concluent que c'est le système entier qu'il faut abattre et remplacer, je pense qu'on n'aboutirait pas à un chiffre très élevé. Ceux-là sont d'ailleurs souvent dans les oubliettes du régime ou exilés à l'étranger. Leur exécution n'est en général pas à l'ordre du jour, car elle ne passerait pas inaperçue.
(je ne parle pas ici de ce qui se passe au Tibet, qui constitue un cas je pense réellement à part, mais que je connais trop peu) | | | C'est assez amusant de lire ces réactions sur l'envie (ou plutôt la non-envie) d'aller en Chine car, j'y ai passé quelques mois il y a bien longtemps, et tout ce que tu décris et qui rebute bien des gens est exactement ce qui m'a fait adorer ce pays et ses habitants (pas seulement ça évidemment). Mais ça, c'est très dur à expliquer de retour ici... | | | En avril 2004, j'ai vu une très belle exposition au Grand Palais : Montagnes célestes -
Précieuses estampes pour un voyage immobile dans l'empire du Milieu... Image attachée: | | | Salut Yangguizi,
Dis donc ton pseudo de "fantôme étranger" est assez marrant mais dénote le fait que tu as dû, soit parcourir la Chine il y a "quelques" années déjà, soit lire des bouquins datant eux-aussi d'il y a quelques années. Tu dois bien savoir que plus personne ici ne parle de Yangguizi mais plutôt de Laowai... Par ailleurs, si tu peux tenir des conversations avec le personnel des hôtels c'est que tu dois être bilingue chinois car (tout comme les francais d'ailleurs!) les chinois ne sont pas nombreux en dehors des grandes villes à parler anglais, donc bravo à toi !
Par contre ce qui me surprend c'est que tu sembles réagir comme un novice complet sur le terrain. Alors laisse moi avoir un doute sur ce qui est la part du vécu et la part du fruit de ton imagination. Tu parles d'un hôtel au prix exhorbitant mais tu sais bien qu'en Chine tout se négocie AVANT, même et surtout une chambre d'hôtel. Tu sais de surcroit qu'à la campagne un étranger est considéré comme un milliardaire et que tu dois d'autant plus être vigilant. Dans les grandes villes où aujourd'hui tous les Boss d'usines et de boites d'import-export roulent en BMW, Mercedes ou autres, cela s'est calmé...
Tu parles d'une conversation pénible dans le bus où on te demande si Hitler était le Président de la France, alors la laisse moi rire "de ton imagination". Et d'une tu sembles à l'aise pour discuter dans les bus locaux où on sait que personne ne parle le mandarin (ce qui signifie que tu maitrises les dialectes locaux + de 500 en Chine, bravo encore !) et de l'autre je suis d'accord que les réflexions de chinois peuvent parfois être niaises mais en tant que résident en Chine depuis pas mal d'années et familier de pas mal de situations, je suis désolé mais je ne crois pas un mot de cette fameuse discussion.
Ceci étant tiens moi au courant et si tu passes par Ningbo où j'habite, j'aurais plaisir à t'inviter prendre un café (ou ce que tu veux d'ailleurs), à pratiquer mon mandarin avec toi et te présenter à quelques amis dont certains sont profs de chinois à l'université...Si tu ne connais pas Ningbo tu peux visiter mon site www.helloningbo.com en ligne depuis 2 mois.
La Chine est immense et tout (vraiment tout) est différent d'une province à l'autre. Il vaut mieux que certains lecteurs évitent de globaliser et de juger un pays aussi vaste en lisant ce genre de tribulations aussi cocasses (j'en conviens) que fictives...
Au plaisir | | | À: Chinoiserie · 30 novembre 2005 à 5:38 · Modifié le 30 nov. 2005 à 7:17 Re: Chine: Huangshan: trois expériences Message 14 de 30 · Page 1 de 2 · 12 343 affichages · Partager Salut Yangguizi,
Salut chinoiserie,
Dis donc ton pseudo de "fantôme étranger" est assez marrant mais dénote le fait que tu as dû, soit parcourir la Chine il y a "quelques" années déjà, soit lire des bouquins datant eux-aussi d'il y a quelques années. Tu dois bien savoir que plus personne ici ne parle de Yangguizi mais plutôt de Laowai...
J'ai été traité deux fois de yangguizi, une fois en 1999, une fois en 2002. Les deux fois, les auteurs de ce gentil mot pensaient que je ne comprenais pas. Mais bien que très péjoratif (c'est plutôt diable/démon que fantome), j'aime bien ce quolibet, et j'adore me présenter comme un "yangguizi" quand on prononce le mot laowai devant moi.
Par ailleurs, si tu peux tenir des conversations avec le personnel des hôtels c'est que tu dois être bilingue chinois car (tout comme les francais d'ailleurs!) les chinois ne sont pas nombreux en dehors des grandes villes à parler anglais, donc bravo à toi !
Je ne suis pas parfaitement bilingue, mais parle plus ou moins couramment. Suffisamment en tout cas pour ne pas subir la fameuse "barrière de la langue" et pouvoir utiliser le chinois dans la vie courante et professionnelle (je rencontre quand même des limites quand ça devient vraiment trop technique, ou quand l'interlocuteur a un accent trop fort et que le sujet est complexe).
Par contre ce qui me surprend c'est que tu sembles réagir comme un novice complet sur le terrain. Alors laisse moi avoir un doute sur ce qui est la part du vécu et la part du fruit de ton imagination.
Tu as raison, il faut toujours douter de tout. 
Tu parles d'un hôtel au prix exhorbitant mais tu sais bien qu'en Chine tout se négocie AVANT, même et surtout une chambre d'hôtel.
Mon oncle qui était sur place depuis le début de la matinée avait réservé et je me suis retrouvé devant le fait accompli. Par ailleurs, le prix est exorbitant pour mes standards, mais serait normal pour beaucoup de gens, dont mon oncle. 500 yuans, ce n'est pas non plus extraordinaire, mais c'est exorbitant pour la prestation fournie.
Quant aux hôtels du sommet, ils sont réellement très chers, c'est notoire. Et même si en négociant on peut faire un peu baisser le prix (et encore pas toujours), ça reste quand même élevé.
Tu sais de surcroit qu'à la campagne un étranger est considéré comme un milliardaire et que tu dois d'autant plus être vigilant. Dans les grandes villes où aujourd'hui tous les Boss d'usines et de boites d'import-export roulent en BMW, Mercedes ou autres, cela s'est calmé...
Huangshan, ce n'est quand même pas la campagne profonde! Les étrangers et les chinois riches, ce n'est pas ce qui y manque!
Tu parles d'une conversation pénible dans le bus où on te demande si Hitler était le Président de la France, alors la laisse moi rire "de ton imagination". Et d'une tu sembles à l'aise pour discuter dans les bus locaux où on sait que personne ne parle le mandarin
Ravi de t'avoir fait rire. Puisque tu as l'air de si bien connaître la Chine, tu devrais savoir au contraire que presque tout le monde parle mandarin! Il n'y a que dans le grand ouest, dans les régions tibétaines et à Hong Kong que j'ai trouvé des gens qui ne parlaient pas mandarin. Ah si, il y avait aussi une ancienne voisine à Shanghai qui devait bien avoir 80 balais et qui ne parlait que shanghaien...
Alors maintenant, certes, ils le parlent avec un accent plus ou moins fort, mais ça reste quand même du mandarin. Et pour des conversations simples comme celle du bus, ce n'est pas vraiment problématique.
(ce qui signifie que tu maitrises les dialectes locaux + de 500 en Chine, bravo encore !)
Non, je ne parle pas un seul dialecte. Seulement le mandarin.
et de l'autre je suis d'accord que les réflexions de chinois peuvent parfois être niaises mais en tant que résident en Chine depuis pas mal d'années et familier de pas mal de situations, je suis désolé mais je ne crois pas un mot de cette fameuse discussion.
Je ne t'y oblige pas. Mais j'avancerais quand même une explication plausible: en chinois Hitler se dit "xitele'er" tandis que Chirac se dit "xilake". Dans les deux cas, c'est le même caractère "xi" qui débute le mot, et j'ai supposé après coup que le gars a fait une confusion.
Ceci étant tiens moi au courant et si tu passes par Ningbo où j'habite, j'aurais plaisir à t'inviter prendre un café (ou ce que tu veux d'ailleurs), à pratiquer mon mandarin avec toi et te présenter à quelques amis dont certains sont profs de chinois à l'université...Si tu ne connais pas Ningbo tu peux visiter mon site www.helloningbo.com en ligne depuis 2 mois.
Merci pour l'invitation  Je suis passé à Ningbo une seule fois, il y a un an, et a priori il y a peu de raisons que j'y retourne prochainement, mais sait-on jamais. Peut-être auras-tu l'occasion de venir à Shanghai un de ces jours, et c'est avec plaisir qu'on pourra prendre un verre de ce que tu veux (sauf du café, désolé j'aime pas ça)
La Chine est immense et tout (vraiment tout) est différent d'une province à l'autre. Il vaut mieux que certains lecteurs évitent de globaliser et de juger un pays aussi vaste en lisant ce genre de tribulations aussi cocasses (j'en conviens) que fictives...
Bah je pense que la plupart des lecteurs ici sont suffisamment adultes pour prendre ce texte pour ce qu'il est, à savoir anecdotique. Quant à l'accusation "d'imagination fertile", je ne peux qu'y opposer une fin de non recevoir.
Au plaisir
itou | | | Hello
Y'as un truc que je ne comprendrais jamais, c'est ce reflexe comunautaire... (ma fillancer à le même dans des situations totalement stupide...)
M'enfin c'est pas grave il faut le laisser pour ce que c'est.... Super bon récit en tous cas...
Philo | | | Je reponds un peu tard... Bravo pour la repartie, on sent l'avocat!!!
Bye | | | je suis d'accord que les réflexions de chinois peuvent parfois être niaises mais en tant que résident en Chine depuis pas mal d'années et familier de pas mal de situations, je suis désolé mais je ne crois pas un mot de cette fameuse discussion.
Eh bien moi je la trouve tout à fait crédible au contraire, car quel que soit le pays, l'ignorance de l'individu moyen est confondante, car il ne s'agit pas de niaiserie mais d'ignorance: quand je vais en Pologne en bus depuis Paris, mes voisins me demandent si je mets plus d'une semaine (il doivent confondre avec la Sibérie), si je trouve à manger (ils se croient encore au temps de Brejnev) et si je danse la Polka (danse d'origine tchèque) quand, adolescent, je revenais de Tahiti chaque été, mes voisins me demandaient s'il faisait beau aux Amériques (à cause d' Haiti) en Inde, un ingénieur des Ponts et Chaussées m'a demandé si les Français mangeaient de la pizza et des frites tous les jours (il n'avait pas d'autre idée de la cuisine occidentale) aux USA, un copain s'est vu demander si la France était en Afrique du Nord (peut-être à cause du film Casablanca?) en revenant d' Iran, Yangguizi a montré ses photos de Persépolis, et ses collègues instruits lui ont demandé " ah, ils font des trucs comme ça, les Arabes?"
C'est ainsi qu'un restaurateur tamoul ( Inde du Sud) peut faire sa pub avec une photo du Taj Mahal ( Inde du Nord), les Français n'y voyant que du feu. De même un cinéaste bollywoodien de renom peut tourner à Budapest un film dont l'histoire se passe à Rome, et les Indiens n'y voient goutte.
Dans un roman de science fiction, on ramène à la vie, en l'an 3001, un astronaute de notre époque. Devenu une star, il se voit assailli de questions du style: avez-vous connu George Washington?L'écrivain a bien compris l'ignorance confondante de la plupart des gens, dont les faibles connaissances restent souvent dans le vague.
Hitler, ce doit être bien loin et vague pour le chinois moyen. J'ai fait visiter Auschwitz à des enseignants taïwanais qui n'avaient aucune idée de ce qui s'y était passé. Pour eux, Hitler était juste le chef des Allemands pendant la guerre. Ils prenaient frénétiquement des photos de tout pour faire un cours spécial à leurs élèves, tellement ils voulaient que leurs compatriotes ne restent plus dans l'ignorance. | | | Salut Nalesnik,
Dis donc, tu sembles avoir fait de beaux périples...
Bon tout à fait d'accord avec toi sur l'ignorance des uns et des autres. J'en conviens (hélas) parfaitement. Ne disait-on pas de mon jeune temps que "les voyages forment la jeunesse", en tout cas ils ouvrent l'esprit pour sûr... 
Maintenant concernant la niaiserie, je faisais essentiellement allusion au propos concernant la chambre d'hotel ("les clients aiment le bruit, etc...").. Bon peut-être sorti du contexte (?)
Le problème dans pas mal de situations et surtout en Chine, ce sont les malentendus d'un coté comme de l'autre...car bien qu'il y ait le mandarin, il est loin d'être parlé de la même façon selon les régions. Le mandarin par exemple pratiqué à Ningbo est complètement "teinté" d'accent et d'expressions venant directement du dialecte de Ningbo. On nait en Chine dans une région où on y apprend d'abord son dialecte. Ensuite on apprend le mandarin à l'école sachant que l'on reparle le dialecte le soir à la maison avec toute la famille, c'est aussi pour cela que le mandarin n'est pas toujours aussi simple à comprendre selon les régions et selon le niveau de "mix" de certains avec leur propre dialecte. C'est d'ailleurs pour cela que les chinois ne se comprennent pas toujours immédiatement entre eux... La question ne concerne pas seulement les vieilles dames de 80 ans comme le souligne l'auteur mais la population en générale. Toutes les chaines chinoises sous-titrent, leurs films, émissions, infos...non pas qu'il y ait en Chine un nombre considérable de malentendants mais justement à cause de ce problème de non uniformité du mandarin et des dialectes...
Maintenant à chacun sa vérité...
J'ai bien connu un anglais qui m'affirmait que tous les français buvaient du thé (!) et comme il me soutenait sa thèse mordicus j'ai fini par dire "Ah oui sans doute..." pour éviter d'argumenter pendant des heures. Peut-être ce brave homme avait-il fait un séjour dans une famille s'abreuvant de thé Lipton ? De la en aurait-il tiré la conclusion que "Tous les francais boivent du thé" ? | | | Le problème dans pas mal de situations et surtout en Chine, ce sont les malentendus d'un coté comme de l'autre...car bien qu'il y ait le mandarin, il est loin d'être parlé de la même façon selon les régions. Le mandarin par exemple pratiqué à Ningbo est complètement "teinté" d'accent et d'expressions venant directement du dialecte de Ningbo. On nait en Chine dans une région où on y apprend d'abord son dialecte. Ensuite on apprend le mandarin à l'école sachant que l'on reparle le dialecte le soir à la maison avec toute la famille, c'est aussi pour cela que le mandarin n'est pas toujours aussi simple à comprendre selon les régions et selon le niveau de "mix" de certains avec leur propre dialecte. C'est d'ailleurs pour cela que les chinois ne se comprennent pas toujours immédiatement entre eux... La question ne concerne pas seulement les vieilles dames de 80 ans comme le souligne l'auteur mais la population en général. Toutes les chaines chinoises sous-titrent, leurs films, émissions, infos...non pas qu'il y ait en Chine un nombre considérable de malentendants mais justement à cause de ce problème de non uniformité du mandarin et des dialectes...
C'est très intéressant tout ça. J'avais remarqué l'abondance de sous-titres sur les DVD chinois, et je croyais que c'était réservé aux seuls Chinois du sud. Finalement, il faudrait toujours avoir un calepin en Chine, pour pouvoir écrire ce qu'on veut dire. Pour ma part, j'ai essayé de mémoriser les fameux quatre tons du mandarin. En vain. 
Les italophones et les germanophones parlent aussi en dialecte à la maison, mais ça pose moins de problèmes. 
Quant à la niaiserie, Yangguizi est un as pour la mettre en scène dans ses divers récits, quel que soit le pays relaté. Peut-être aime-t-il tellement s'en délecter qu'il attire inconsciemment vers lui les pires crétins. Il la découpe au scalpel et nous la ressert en sashimi (pardon pour cette expression japonaise). Qu'elle soit réelle ou exagérée, c'est toujours un régal. | | | Bonjour chinoiserie,
Ca faisait... longtemps 
Trouverions-nous un terrain d'entente? Oui bien sûr que le mandarin n'est pas uniformément parlé d'un bout à l'autre de la Chine, mais il reste dans la plupart des cas compréhensible de chinois à chinois. De chinois à étranger comme moi, c'est parfois plus laborieux, mais rarement insurmontable pour les conversations simples. Certes j'ai moi aussi déjà assisté à des scènes de chinois ne se comprenant pas entre eux, c'est-à-dire en général un chinois parlant le mandarin standard, et un local parlant un mandarin déformé, mais ça n'est quand même pas si fréquent que ça. J'exclue évidemment de mon propos les personnes d'un certain âge dont le mandarin est parfois effectivement rudimentaire, pour ne parler que de ceux qui sont suffisamment jeunes pour avoir été éduqués en mandarin.
Parfois irrité par les gens qui ne font aucun effort pour me parler dans un langage intelligible, alors qu'ils en sont plus ou moins capables, il m'arrive parfois de demander "parlez-vous le mandarin standard?" lorsqu'à la question "parlez-vous mandarin?" on me répond oui. Oh le vilain esprit, mais que voulez-vous, ça défoule.
De toute manière, dans mon récit, il n'était nulle question de problème linguistique. Le personnel de l'hôtel parlait un mandarin tout à fait standard et je ne vois donc aucune incompréhension possible de ce fait. Des réponses niaises à des remarques simples, j'en ai entendu suffisamment pour pouvoir, sinon publier un livre, au moins réaliser un beau recueil. Mais je reconnais que celle de l'hôtel mériterait une place à part.
Je me languis de ton prochain passage sur le forum en novembre 2007. 
Nalesnik,
Merci pour les fleurs. Oui, c'est vrai que j'aime les situations absurdes à tous les degrés, et je ne fais rien pour les éviter. Et effectivement, la Chine n'est pas une des plus mauvaises options pour qui aime ce genre de chose. En revanche, je n'ai jamais eu besoin dans mes récits d'exagérer le trait, le talent des gens rencontrés est toujours largement suffisant. | Carnets similaires sur la Chine: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 20 339 visiteurs en ligne depuis une heure! |