La question du pourboire embarrasse nombre de personnes qui préfèreraient un système "all in" avec une agence mais il faut s'y faire. Le problème est souvent qu'on ignore si les personnes (guides, cuisinier, porteurs) sont correctement payés ou pas. J'ai exploré internet avant de m'établir une ligne directrice et ai trouvé le lien suivant:
www.kiliporters.org/
Avant de partir j'ai questionné l'agence qui m'a conseillé des montants que j'estime exagérés puisque dépassant largement ceux de l'association elle-même déjà protectrice des porteurs. J'ai de suite, histoire de préfigurer les attentes, répondu que je ne comptais pas entrer dans cette gamme de pourboires. J'ai même demandé si l'agence payait correctement son personnel pour proposer un taux si élevé pour les pourboires, ayant constaté que cette agence n'était pas membre de celles qui adhèrent au protocole de kiliporters.
Finalement, malgré mon souci d'équité et ma vigilance sur la question, j'estime avoir été roulé par le guide et son ami l'assistant guide. C'est d'autant plus triste que les contacts avec eux avaient été excellents, que beaucoup doit leur être attribué quant au succès de l'ascension. Mais que doit vivre un enfant de 12 ans ayant participé à l'expédition, ayant pris comme exemple le guide qui l'a stimulé au mieux et qui finalement comprend via les adultes que le "héros" paraît avoir détourné de l'argent initialement dédié aux porteurs ?
Je m'explique. J'ai appliqué au maximum ce que kiliporters propose. Je n'ai pu réunir l'équipe avant le départ pour être bien certain du nombre d'accompagnants (comme on ne voit les porteurs que le matin et le soir, on ne se familiarise pas à leur visage) et noter leur nom. Cependant, en cours d'ascension, j'ai obtenu du guide la liste des noms. Suivant le barème proposé par kiliporters, parfois un peu amélioré, nous avons offert 100 U.S. $ au guide, 70 (ou 75 ?) aux deux assistant-guides, 70 au cuisinier et 40 à chaque porteur. Au moment où je comptais remettre l'argent en main-propre à chacun j'ai "senti" que j'enfreindrais une règle. J'ai alors opté pour participer à l'affermissement du rôle du guide par rapport à son équipe en lui remettant le montant total avec les prescriptions d'attribution à chacun sur la base de la liste qu'il m'avait donnée. Mal m'en a pris. Huit jours après, j'ai rencontré un porteur dans un magasin. Comme j'avais en outre aussi donné une lampe de poche à dynamo pour chacun, mais n'avais pu la remettre à la descente du Kili car stockées avec le matériel resté en bas, j'ai demandé s'il avait bien eu, via le guide, la lampe de poche. Répondant négativement il dit avoir reçu l'équivalent de 20$ (alors qu'il aurait dû en toucher 40!) comme pouboires.
J'ai bien revu ensuite le guide qui m'a expliqué qu'il avait juste prélevé une somme minime car un porteur, dans un moment difficile, avait dû se muer en assistant-guide pour accompagner une personne attardée. Passe (mais il aurait pu le dire et on aurait adapté notre prix). Pour le reste, il a affirmé avoir bien remis l'argent dû à chacun. Bref, la parole de l'un contre celle de l'autre sauf que celle du porteur était spontanée: "non j'ai pas eu de lampe de poche mais bien 30 000 shillings (20$)". Ma crainte est maintenant que le guide identifie le porteur qui naïvement m'a dit combien il avait reçu en l'excluant de futurs portages.
Bref, je propose de suivre scrupuleusement la règle de remettre en main à chacun le montant qui lui revient et d'en prévenir en temps opportun le guide. A cet effet, il est important d'avoir, ce qui n'était pas mon cas, des petites coupures pour faire le décompte juste.
Autre contrariété, cette fois minime, lors du safari: L'impression nette d'un échange d'argent entre le guide et le tenancier d'un magasin où il nous avait amené pour des achats de souvenirs. Un client attend de son guide qu'il préserve son intérêt de client. Pas qu'il se nourrisse à deux rateliers, d'autant que le pourboire est précisément là pour remercier l'attention attachée au client. Mais peut-être est-ce trop en demander. Cela dit, cela ternit un peu la qualité de la relation.