Bonjour Olivier !
Vous avez raison car autrement une voiture faite entièrement à l'étranger coûterait beaucoup trop chère et de croire que les Thaïlandais sont juste bon à faire du balayage, c'est bien mal les connaître !
Hello
Mis à part que le commentaire vient d'un pauvre homme un peu perdu, dire que les Thaïs sont juste bons à balayer signifie simplement qu'il ne fréquente pas d'ingénieurs et de cadres thaïlandais.

Pour le reste, il est exact que peu de biens manufacturés de high-tec sont de marques locales. Mais que je sache, ici comme dans 99% de pays, le marché du travail et la formation ne sont pas déterminés par la population ou l'Etat, puisqu'en dehors du service public, ni l'un ni l'autre ne possèdent capitaux et moyens de production.
Il se trouve que ce pays est sorti de la ruralité très tardivement, et a opéré une industrialisation massive à l'aide de capitaux étrangers, pour l'essentiel japonais et allemands.
La part de l'agro-alimentaire dans ses exportations a ainsi été divisée par 6 en 40 ans.
Mis à part les productions d'énergie et de matières premières ou secondaires, cette industrialisation s'est portée essentiellement sur l'automobile et les composants électroniques. Le pays produit donc dans ces secteurs, pour les plus grandes marques,
et en haute qualité. Outre la compétence du personnel (quantité de Thaïs bossant pour des marques japonaises sont formés au
Japon, par exemple), ce qui compte est le contrôle qualité.
Simple exemple dans le domaine des produits électroniques et automobiles, 2 secteurs clés: le pays, notamment dans la Plaine centrale, est constellé de zones industrielles, Navanakorn, Bang Pa In,
Ayutthaya, où les grandes marques mondiales ont des unités de production: TDK, Fuji, Nikon, Toyota, Honda...
En ce qui concerne la formation, la question n'est pas de savoir si le pays ne compte pas d'ingénieurs, de cadres ou de personnels qualifiés: ils sont au travail tous les jours, et il m'arrive de partager un repas avec quelques-uns d'entre eux.
La question est de savoir si l'appareil éducatif va parvenir à assurer la soif d'apprendre de ses étudiants.
Les objectifs originels des décennies précédentes ont été atteints: alphabétisation massive, et élévation d'une bonne partie des générations jusqu'aux niveaux comparables au brevet et au bac français.
Le secteur universitaire pose question, il est de qualité très moyenne, encore très orienté vers les classes aisées, et c'est un des défis majeurs de ces prochaines années.
Quant à "ne savoir que balayer", ça ne demande pas de formation très poussée, mais ce n'est pas non plus infâmant, et un technicien de surface mérite autant de considération qu'un ingénieur des mines.
D'ailleurs, si le voyageur n'a que peu l'occasion de parcourir les usines du pays, il doit y avoir une vingtaine de banques, public et privé confondu.
Il y verra dans leurs agences qu'il n'y a pas que des balayeurs qui y travaillent.