Je n'ai que l'histoire de mes parents et surtout de ma mère à raconter mais elle illustre bien qu'avec beaucoup d'amour on peut vivre heureux au soleil, entouré des siens.
Ma maman est décédée le 14 janvier 2005 de la maladie de Parkinson, entourée de tous ses enfants qui se relayaient jour et nuit à son chevet à l'hopital de
Strasbourg.
Ces 17 années précédent son décès se sont déroulés comme suit.
Mon père à acheté un terrain à Mbour au
sénégal et y a fait construire une maison entièrement conçue pour y vivre avec une handicapée. Il s'est assuré au départ les services d'une sénégalaise (triée sur le volet comme on dit), jacqueline qui est restée pendant 17 ans avec mes parents et les a suivi partout, renonçant à sa vie personnelle (privée) bien que n'y étant pas obligée vous vous en doutez.
La maison de
France, dans les vosges a entièrement été amménagée pour y accueillir une handicapée.
Mes parents ont ainsi vécu pendant les 17 dernières années de la maladie de maman entre la
France et le
Sénégal. (6 mois en
France et 6 mois en Afrique)
De la fin avril à la fin Octobre, mes parents et jacqueline vivaient dans la maison familiale dans les vosges et le reste du temps dans la maison de Mbour. Ils vivaient donc en permanence au chaud.
En
France, nous aidions jacqueline tous les week-ends et parfois le soir. Donc nous, les 5 enfants, prenions en charge ma mère sur place chez mon père, à tour de role sans qu'il y ait eu besoin de faire un tour.
J'ai connu comme mes frères et soeurs le pipi, caca, les douches, les soins médicaux et tout et tout et tout le reste. Il est arrivé à ma mère de pleurer parce qu'elle était gènée que je la débarbouille et je lui ai répondu que je pleurerai le jour ou je ne pourrai plus faire cela. Depuis ce jour là, tout devenait normal et elle se concentrait aux efforts physiques et aux exercices de respiration qu'elle devait pratiquer tout le temps pour survivre et participer à la vie de la communauté.
Maman, totalement dépendante les 8 dernières années, en chaise roulante etcétéra, veillait à ce que les préparatifs de départ pour
Dakar ne soient pas retardés et c'est moi qui accompagnais mes parents et jacqueline à l'aller et au retour pendant toutes ces années. Mes parents étant agés (82 et 83 ans), il fallait les seconder. la présence d'un homme était indispensable
Mon père a bien entendu adopté jacqueline et nous sommes maintenant 6 enfants qui auront bien entendu chacun les mêmes droits à la mort de mon père sans que cela ne donne lieu à des discussions que chacun ici pourrait imaginer.
Le soleil, le bien être de ma mère a été le fil directeur de mon père pendant toutes ces années et c'est exactement ce qu'il fallait faire.
Pour ce qui est des soins médicaux de ma mère au
sénégal, je pourrais en parler mais ce n'est pas l'objet. Sachez que le
sénégal a aussi de très bons médecins et que les médicaments venaient de
france avec une régularité calculée et bien organisée.
Mon père (84 ans) a enfin décidé de reprendre ses voyages vers Mbour et je vais l'accompagner. Nous partons le 17 janvier 2006 avec jacqueline et je reviens le 5 février. Jacqueline restera avec lui.
J'y vais non pas pour me reposer mais pour assister mon père dans l'épreuve qui l'attend, celle de revoir l'endroit ou il vivait avec sa femme. Il faut donc que je vide la maison et que je la prépare pour que ce retour ne soit pas une épreuve de plus. Il restera chez nos amis du coco beach hotel pendant la journée de préparation de la maison.
Pour ceux qui seraient tentés de croire qu'avec de l'argent on peut faire beaucoup de choses, je répond qu'il n'y avait pas de richesse matérielle dans notre famille. Construire au
sénégal n'est pas irréalisable et avec peu d'argent 20 000 euros on peut construire une maison qui vaudrait 200 000 euros en
France. Je sais de quoi je parle. La vie la bas ne coûte pas cher et avec 1000 euros, mon père s'en sortait parfaitement bien, ne se privant de rien du tout. (2 voitures au
sénégal, un gardien à l'année, une personne de compagnie en l'occurence ma soeur jacqueline aujourd'hui, l'eau, l'éléctricité; la télé, le gaz, les taxes locales, les assurances, la nourriture, les médicaments presque tous remboursés par la SS, les trois billets d'avions deux fois par an et j'en oublie....
Je souhaite que tous les enfants de la terre s'occupent de leurs parents comme nous nous sommes occupé de notre maman et les évènements de 2003 ne se reproduiront plus. (mortalité excessive des vieilles personnes en
France). Les liens familiaux se perdent en
France et les Africains pourraient nous donner de belles leçons dans ce domaine.
Vivre au chaud, oui, oui et oui, je vais suivre ce chemin qui est à mon sens le meilleur. Ceci étant, jacqueline n'a manqué de rien, mon père lui a assuré un avenir sympa et nous veillerons tous à son avenir, le moment venu.