... mais c'était prévisible; les talibans ont fait pareils en Afganistan dans le passé.
Bonjour,
on lit souvent ce que vous dites. Mais, à mon avis, ce n'est pas une analogie légitime ou disons une analogie qui ne rend justice suffisamment ni à la ville de Tombouctou ni à sa population. Les bouddhas de Bamiyan sont des bouddhas sans bouddhistes, et les protestations les plus fortes contre leurs destructions venaient de la communauté internationale, et non de la population afghane elle-même. D'autre part, les mosquées, les mausolées et les rares et uniques manuscrits de Tombouctou appartiennent à la culture populaire de cette ville (je l'ai déjà dit). Ils représentent une tradition de laquelle les habitants sont fiers et que beaucoup considèrent comme une ressource importante (soutien étatique, aide internationale, industrie touristique). Les saints sont jusqu'ici de la plus grande importance pour la population : les hommes demandent de la pluie pour une bonne récolte et pour le cheptel (juste dans une zone très aride !), les femmes demandent de la fécondité pour pouvoir accoucher...
La convergence est – et ici on est d'accord – que des fanatiques religieux (Talibans/Ansar Dine) démolissent des sanctuaires pour montrer leur puissance au monde et aux adversaires intérieurs.
Le fait que juste des islamistes détruisent les traces historiques de leur propre religion semble être complètement dingue a priori mais ce n’est pas nouveau : des hérétiques présumés sont toujours un objectif profitable pour des intégristes. Le Mali est empreint du soufisme, et pour les salafistes (d’Ansar Dine), le soufisme (avec sa mystique révélation divine et son culte des saints) n’est rien d’autre que de la pure hérésie...
mais c'était prévisible. Absolument !
Bonne journée.