Bonjour à tous et à toutes,
Comme je suis à l'origine de ce post, qu'il y a de nombreuses réponses très intéressante et que je viens d'entrer au
Sénégal, il me semble intéressant de partager certaines informations qui peuvent être utiles pour ceux qui feront la route
Maroc/
Mauritanie/
Sénégal.
Tout d'abord, comme toi Jérémy, j'ai eu un problème à
Rabat pour le visa Mauritanien.
1°) Je suis resté planté 5 j pour l'obtenir (arrivé à
Rabat un jeudi après l'h de fermeture, je suis passé le lendemain pour déposer ma demande. On récupère le visa le lendemain mais comme c'est fermé le sam et le dim, j'ai dû attendre le lundi.
2) J'avais demandé un visa de 2 mois car à vélo ce n'est pas facile d'estimer quand on parviendra à la frontière Mauritanienne car au plus court par la côte il y a un tout de même un peu plus de 2 000 km. Le prix est de 340 dirhams. Personne m'avait dit que pour 2 mois c'était 500 drh.
Au moment de le chercher, on me donne un visa qui ne pouvait démarrer que maximum 15 j après la demande. Du coup, comme toi Jérémy, j'ai dû filer au plus vite par la route côtière alors que j'avais prévu de passer par
Marrakech et la montagne.
3)Pressé par le temps, j'ai dû rouler beaucoup sans prendre mon temps.
4)Le désert commence vraiment à Guelmin qu'on appelle "la porte du désert". A partir de là il reste 1 600 km pour atteindre la frontière
Je précise qu'en faisant la route seul, il est nécessaire d'avoir un mental en acier. Perso, ayant connu la multitude de contact qu'on peut avoir avec la population de
Tanger jusqu'à Guelmin, la transition est rude. Des étapes obligées de plus de 100 km. La journée on pédale du matin jusq'en début d'après midi sans voir autre chose que des voitures ou camions qui nous doublent. Le soir en fonction des endroit, bivouacs difficiles pour cause de vent fort le soir ou bien bouis-bouis pas terribles. J'ai donc fait le route jusqu'à Laâyoune (450 km)
5)Pressé par le temps mais aussi parque le désert j'en avais soupé, j'ai pris le bus de Laâyoune (société supratour) jusqu'à Dakhla (680 km de nuit pour 160 dirhams), même si c'est un peu contre mes principes.
6) Dakhla la frontière jusqu'à Guaguarate en trois étapes dont deux de 130 km très éprouvantes physiquement et moralement. C'était en plein la migration due à la fête d'Elkébir. Le peu qu'il y a sur la route était fermé. Exemple station service ou on ne pouvait avoir que de l'essence. Pas de boutique ouverte, donc ravitaillement impossible ce qui accentue la difficulté.
7) fatiqué par cette route ui n'en finit pas, je passe la frontière de la
Mauritanie. Je trouve un camion pour me transporter jusqu'à
Nouakchott (gratoche, sympa le routier).
Je ne regrette pas ma décision car je ne vois pas bien ce qu'il y a de bien intéressant sur cette route. Nombreux sont ceux qui l'ont prise mais c'est aussi valable pour le Sahara Marocain et qui font l'éloge de cette route. Chacun son opinion bien entendu, mais n'est ce pas non plus édulcorer la réalité et masquer la difficulté finalement.
Faire la route à 2 ou plus est complètement différent de la faire seul. C'est un fait et je l'ai bien senti. Je ne suis pas du genre à me laisser abattre à la première difficulté mais là vraiment ce fut dur. Je précise aussi que le vent à cette époque n'a pas été systématiquement de dos. Parfois il est de 3/4 de côté, voire un peu dans le nez ce qui rend le parcours encore plus raide malgré le plat. Des jours très chauds à cette période. Sous Dakhla j'ai eu jusqu'à 38° voir même plus en fin de parcours.
Bref, pressé d'en sortir.
La
Mauritanie :
A quel moment doit-on prendre en considération les risques au niveau sécurité, enlèvement etc...
Pour moi les deux paramètres ont joué : le ras-le-bol du désert et aussi le risque que représente la traversée. Je me suis dit : moins de temps j'y passe, mieux c'est.
Je ne regrette pas. On peut évIdement faire les 700 km qui séparent du
Sénégal, mais la route encore une fois n'a rien d'extraordinaire. A vélo, difficile de sortir de la route à couse du sable. Dans la mesure où j'aurais bien voulu faire une sortie dans l'
Adrar mais que là c'est zone rouge et personne quasiment y va actuellement, la
Mauritanie pour moi perdait du coup de son intérêt.
Je me suis décidé à faire les 220 km de
Nouakchott à
Rosso. Bof. Arrêt à Tiguent, village vraiment sans intérêt aucun. Et finalement Rosse, fidèle à sa réputation et là je n'ai pas été décu. On est assailli par des gus qui veulent te faire du change te vendre des billets de bacs, te faire passer plus vite.
Alors si je peux donner un conseil pour le passage pas simple de cette frontière :
- Avoir des francs CFA avant
- Garder le minimum d' Ouguyas en poche et les changer en FCFA
- N'écouter personne vous donner des conseils vous mettant en garde sur déventuels paiements ou nécessité d'avoir une grosse somme à montrer à la police etc. Ne pas donner votre passeport à qui que ce soit d'autre que le policier à la sortie du bac quand vous arrivez au
Sénégal sur l'autre rive. Je précise que je n'ai rien payé à la police ni à la sortie de
Mauritanie ni en arrivant au
Sénégal.
Comme vous vous en doutez, Je suis très très content d'arriver enfin au
Sénégal où je retrouve une population sympa, de la verdure, bref je m'y sent bien.
Je ne regrette pas d'avoir traversé au plus vite ces deux déserts car maintenant que j'ai de l'avance, je vais rester plus longtemps au
Sénégal. Grâce à cela, je vais pouvoir descendre en
Casamance, aller en Guiné
Bissau, en
Guinée pour remonter enfin à l'ouest du Mali (à côté de Kayes).
ExCusez-moi si j'ai été un peu long mais je dois bien ces précisions.
Bruno