A ABALONE
Effectivement la photo ne correspond pas au commentaire dans l'émission.
Nul doute que la présentatrice de l'émission n'est pas la même que celle qui a enregistré le reportage.
Exotisme facile........
La photo ne représenterait elle pas des "Phu La " ?
LES PA THEN Les ethnies minoritaires du
vietnam THEGIOI
Hanoi 1993
• Nom de l'ethnie: Pà Thèn.
Autres noms: Pà Hung, Man, Pa Teng, Tong
·
Groupuscules 'locaux: Tong, Mèo Lai
·
Population: 3.700 ·
Langue: hmông-dao
• Aire d'habitat: le district de Bac Quang (prov. de Hà Giang), Chiêm Hoa et Yên Son (prov. de Tuyên Quang).
Les
Pà Thèn, originaires de la
Chine, ont émigré au
Vietnam à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle.
• Vie matérielle: Les
Pà Thèn s'établissent de préférence près des rivières dont l'eau est amenée par des conduites jusqu'à leur habitation. Les villages de la rive gauche du fleuve Gâm semblent être les plus riches et les plus populeux, chacun comptant de 30 à 40 toits. Dans d'autres régions, la population est beaucoup plus clairsemée. Leurs habitations sont disséminées au pied des montagnes, au bord de grands ruisseaux.
Les maisons
pà thèn sont construites soit sur pilotis, soit à même le sol, soit mi sur pilotis-mi de plain pied. Chez les
Pà Thèn sédentarisés de longue date, on ·rencontre des maisons spacieuses, bâties à même le sol avec de grosses colonnes de bois posées sur des blocs de pierre. Autrefois, quand les
Pà Thèn menaient encore une vie nomade, leurs habitations temporaires étaient souvent rudimentaires.
Le costume féminin
pà thén se compose d'une longue jupe et d'une tunique, La femme
pà thén porte les cheveux enroulés dans un turban enveloppé lui-même dans un autre turban. Jupe et tunique sont décorées de différents motifs, chien, losange croix gammée., semblables à ceux qui décorent le costume féminin
dao. Les bijoux dont elle se pare volontiers sont des grandes boucles d'oreille et des colliers souvent formant un ensemble de trois ou quatre pièces.
Autrefois, les
Pà Thén pratiquent la culture du riz ou du maïs sur brûlis, Ils connaissent différentes variétés de riz ordinaire et de riz gluant et savent par expérience choisir la variété la plus appropriée. Le temps de jachère est aussi déterminé avec soin, Le sol des taillis couvert d'humus et en pente douce fournit après débroussaillage d'excellents champs pour la culture de riz, Les champs de moins bonne qualité, souvent caillouteux, sont réservés à la culture du maïs, A part le riz et le maïs, on cultive aussi les patates douces et les haricots, L'outil qui sert à moissonner est une petite pince qui coupe les épis de riz un à un. Ceux-ci sont liés en botte, séchés sur le champ même et enfin portés à la maison et serrés sur des étagères au dessus du foyer.
Basée sur cette agriculture entièrement tributaire des conditions naturelles, la vie des
Pà Thèn était précaire et dominée par des pratiques superstitieuses, Cependant, depuis quelques dizaines d'années, les
Pà Thèn se sont sédentarisés, Ils pratiquent aujourd'hui la culture intensive et élèvent des vo1aiIles et des animaux domestiques, Les bovidés élevés autrefois uniquement pour leur viande servent maintenant comme force de trait.
Pour améliorer leur quotidien, les
Pà Thèn pratiquent la chasse, la pêche ou la cueillette des produits forestiers dans les moments de loisir.
Les femmes
Pà Thèn sont par tradition de bonnes tisserandes. Leurs tissus sont très recherchés par les commerçants et servent d’article d’échange avec les ethnies voisines.
Les hommes sont habiles à fabriquer des objets ménagers en bambou et en rotin.
• Vie familiale et sociale: La société
Pà Thèn a atteint le stade de différenciation en classes. Sous le régime colonial français, les
Pà Thèn étaient gouvernés parun chef originaire d'une autre ethnie. Aujourd'hui, ils sont maîtres de leur village et sont administrés par des autorités
Pà Thèn auxquelles incombe aussi la gestion économique, sociale, culturelle,
Dans chaque village, il y a en général plusieurs lignages dont l'un prédomine: celui sans doute qui a participé à la formation du village. Les
Pà Thèn considèrent comme des descendants de huit anciens clans, d'où le nom de
Pà Thèn qu'ils se donnent et qui signifie "8 clans". En réalité, le nombre actuel des familles est beaucoup plus grand. Les Vestiges de la consanguinité et du totémisme sont encore assez visibles dans les relations entre divers lignages
Pà Thèn: entre membres d'un même lignage, le mariage est interdit et en outre dans leur comportement les uns envers les autres, ils doivent observer un certain nombre de tabous.
La famille
Pà Thèn est la petite famille patrilinéaire, La monogamie est de règle chez les
Pà Thèn. Après le mariage la femme habite chez le mari. Les enfants prennent le nom du père. C'est au fils aîné que revient l’héritage des parents. En cas de divorce, les enfants du couple restent sous la garde du père. La femme divorcée doit revenir chez ses parents les mains vides sauf quelques modiques effets personnels. Dans certains cas de plus en plus rares, le jeune époux doit vivre chez ses beaux-parents pendant 12 ans comme le prescrit une vieille coutume. Mais au bout de 6 ans, avec l'accord de sa belle-famille, il peut rentrer chez lui moyennant un dédommagement symbolique.
Les
Pà Thèn ne donnent pas de nom à l'enfant qui vient de naître mais l'appellent par un adjectif numéral correspondant à son rang dans la famille. Quand il atteint sa majorité, il reçoit un vrai nom au cours d'une cérémonie de présentation aux
- ancêtres. Ce vestige de l'antique rite d'initiation n'est cependant applicable qu'aux enfants mâles.
Les
Pà Thèn, croient que chaque personne possède 12 âmes, c'est pourquoi au moment de mettre le corps en bière, ils tapissent le cercueil fait d'un tronc d'arbre évidé de 12 mesures de riz grillé et y déposent 12 bols de grès renversés.
• Vie spirituelle: Sans compter le culte des ancêtres, les croyances agricoles primitives constituent l'expression la plus marquante de la vie spirituelle et culturelle des
Pà Thèn. Le culte de l'Eau et du Feu qui sont à l'origine des concepts mâle et femelle
(Yin, Yang) laisse ici des vestiges encore bien distincts. La culture traditionnelle se traduit notamment dans le culte des ancêtres ou dans certains rites et cérémonies. Sur l'autel de chaque famille se trouve en permanence un bol d'eau bien couvert -à côté d'un vase de baguettes d'encens. Devant l'autel, on colle un papier rouge sur lequel sont dessinés des épis de riz, fleurs et animaux qui doivent symboliser l'âme du riz, _l'âme des végétaux et des animaux auxquelles on rend un culte. Avant de s'installer dans une maison nouvelle, le chef de la famille apporte un peu de cendres venant du foyer de l'ancienne demeure, l'autel des ancêtres et un certain nombre d'objets de caractère symbolique comme le riz, le maïs et les animaux domestiques...
Avant les semailles, est organisée une cérémonie dédiée au génie du sol et selon le cycle de production, la cérémonie du riz nouveau est célébrée chaque année. Parmi les offrandes, on note, en plus du riz gluant coloré, des courges et des courgettes, des légumes et des tubercules trouvés dans les forêts. Un vestige des rites relatifs à des croyances agricoles primitives.
Les
Pà Thèn ont conservé un fonds culturel oral. Des chansons populaires lyriques, les chants alternés
pà dung, semblables au
hât vi des
Viet, qu'on peut toujours entendre dans les cérémonies de mariage ou autres grandes occasions.
Les contes relatant l'émigration des ancêtres
pàthén, les légendes et les fables que retient encore la mémoire populaire dénotent les relations étroites et les échanges culturels entre les
Pà Thèn d'une part, et les
Dao et
Tày d'autre part au cours de l'histoire.
L'art populaire
pà thèn est réaliste, évoquant la nature, les instruments aratoires ou le mode de vie; les motif\ sont reproduits de manière vivante dans les broderies qui ornent le costume féminin.
Les ethnies minoritaires du
vietnam THEGIOI
Hanoi 1993