| Voyage au Maghreb, juillet 2011 Lsttx · 4 juillet 2011 à 11:07 · 456 photos 72 messages · 16 participants · 19 055 affichages | | | | À: Lsttx · 12 juillet 2011 à 21:58 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 21 de 72 · Page 2 de 4 · 6 099 affichages · Partager 10 juillet 2011 Des bleds au bled Le sud de la Tunisie, d'un point de vue géographique, est de prime abord relativement homogène. As Sahara, le désert, c'est à dire le vide avec de temps en temps quelques dunes (tout le monde se rappelle al rub' al khali , le désert de la péninsule arabique un coup horrible - un coup sublime ?). Sauf qu'une petite chaîne de montagnes, partant pas loin de la mer et s'étalant presque jusqu'à la frontière libyenne, vient rompre cette monotonie sur plusieurs dizaines de kilomètres. Et qui dit montagne dit ? Peuple des montagnes ! Ah ah yallah !
Afficher Un petit tour au Maghreb sur une carte plus grande
Samedi 9, départ tôt de Tataouine pour quelques expéditions dans la région. On reprend un louage comme la veille de Djerba, taxi collectif (dolmuç en Turquie, bijou au Yémen etc. les vrais savent :o) menant au ksar ouled soltane. Les ksour (pluriel de ksar) sont en fait des sortes de villages fortifiés qui contiennent chacun un paquet de greniers ( ghorfas) où l'on planque récoltes et richesses, à l'abri, dans les montagnes, des dangers (à l'époque, surtout les nomades du désert). Ces planques sont donc intrinsèquement liées à l'histoire des Berbères, encore une fois véritables "autochtones" de la région (si ce mot à un sens, vues les étendues temporelles) et qui ont appris au fil du temps à s'adapter successivement aux différents envahisseurs. Well en l’occurrence, le ksar ouled soltane est moins défensif que pratique, si je puis dire, construit par des arabes (des plaines, donc) qui avaient saisi les vertus pratiques de ces garages-à-choses-précieuses (unepièceàlouer.com :nerd:).Ces savantes explications apparaissent tout à fait compréhensibles, me semble-t-il, à la présentation des photos de l'ensemble, assez superbement préservé. Les ghorfas en question sont même encore utilisés par quelques familles du bled, dont le sympathique... Soltan, rencontré sur place, vivant des aquarelles qu'il produit sur place et vend aux touristes (qui se font rares ces temps-ci, on l'a vu). Il allait à Tataouine pour quelques courses, j'y retournais après ma visite alors sommes-nous gaiement repartis, dans un louage évidemment, discutant principalement de la thoura. Il m'aurait montré les locaux du petit-tyran-local que les villageois ont brûlé en janvier si nous avions eu plus de temps ; en route il m'expliqua les pénibles concrétisations de la corruption locale (voilà bien un point sur lequel il semble possible de parler de vrai changement depuis janvier, en tout cas à l'échelle de Soltan : la fin des nécessaires "autorisations de travail", du racket légal). Il regardait par la fenêtre le paysage singulier de la région, souriant. "Bien sûr que cela va prendre du temps. Il faut de la patience, du travail en continu."
Parti de Tataouine, les reliefs apparaissent
Youpi le ksar !
L'isolement des localités visitées, ce samedi matin, expliquent qu'il m'a fallu vite limiter mes choix. Après ksar ouled soltane, j'allais à Douiret, un village qui était lui bien 100% berbère, 100% abandonné (les habitants ont bougé quelques centaines de mètres plus bas, il y a quelques décennies) bref 100% ghetto avec la promesse de découvrir l'un des plus anciens bleds du coin. Et il est en effet fort classe, perché sur sa petite colline, assez isolé et en hauteur pour assurer la protection des anciens habitants tout en envoyant plusieurs ghorfas utiles aussi, je ne l'ai point évoqué plus haut, pendant les vacances scolaires (:nerd:) lorsque l'on accompagne les chèvres brouter un peu plus loin (le village est ainsi un peu délaissé, or les ghorfas protègent efficacement). Bref aujourd'hui deux familles seulement occupent encore Douiret al qadim (la vieille, vs al jadid), qui a tout de même en partie été reconvertie par une association locale en lieu d'accueil de visiteurs à travers notamment des chambres d'hôtes. A vrai dire la vue, le charme du vieux village n'étaient pas grand chose en comparaison avec ce qui arrivait.
Ancienne en approche ! Une route d'un gros km sépare les deux Douiret.
J'avoue être partagé au sujet du réaménagement du bled. Il est ainsi entretenu, maintenu vivant en quelque sorte, mais perd quelque peu de son charme, inévitablement...
Et donc la vue tranquille. Photo un peu comme à Mardin, Turquie kurde :)
D'abord je suis allé voir les Libyens réfugiés qui occupaient un petit espace un peu plus bas. Des voisins qui ont rejoint la Tunisie à cause de la guerre, on en compte plus de 70.000 (ndlr en France, MM. Sarkozy ou Gueant ont évoqué de sérieux problèmes d'immigration tunisienne - au point de menacer les accords de Schengen - face aux quelques milliers d'hommes franchissant la Méditerranée) et il est vrai qu'à Djerba, le sujet avait été évoqué avec quelques interlocuteurs. On compte des réfugiés sur l'île, donc, mais surtout dans des camps du sud est de la Tunisie, comme à Douiret où je n'avais rien à dire face au malheur des quelques Libyens rencontrés (beaucoup d'enfants, des pères, quelques mères, un homme défiguré). Ils ont eau, nourriture, de l'argent envoyé "par le Qatar" et " Dubaï", comme me le confirmait l'un d'entre eux un peu plus tard. L'aide des Tunisiens, de l'armée tunisienne sont précieuses, la situation humanitaire difficile mais pas catastrophique. A Douiret en tout cas, on vit en espérant qu' al magnoun (le fou) ne sera bientôt plus qu'un fantôme abandonné par les quelques responsables du régime qui le soutiennent encore aujourd'hui. J'ai rejoint la nouvelle Douiret par la marche, sous le soleil, troublé par ces rencontres. L'isolement du bled signifiait que j'allais devoir bien attendre avant de rejoindre Tataouine ; j'ai attendu. Sous un arbre, rejoint par deux jeunes hommes. Berbères, de Tunis, s'étant rendus... au bled (Douiret!) pendant les vacances, un mariage la semaine prochaine aidant. Nous avons discuté, j'ai rencontré quelques amis des alentours (l'un d'entre eux tenait un magnifique bureau de poste, tout petit dans ce bout du monde) et puis le temps passait, il était bien 11h30 maintenant et pourtant l'agacement ou la gêne que suscitent toujours chez moi des imprévus ou des délais par rapport à l'emploi du temps prévu disparaissaient de façon progressive, diffuse. On était bien à l'ombre, finalement, et mes deux sympathiques pairs prenaient eux même le temps de ne rien faire, heureux de se poser un petit peu au village loin du travail dans la capitale. Alors j'ai cessé de surveiller la montre, j'ai pris un plaisir fou à les regarder bouger et parler, lorsqu'entre eux, cet incompréhensible langage qui est le leur (aussi lointain de moi que des Tunisiens arabes de Tataouine, pour donner une idée) ; j'ai eu le bonheur de manger le couscous ( masha Allah!) avec les quatre générations présentes à la maison ce jour là, de partager le même plat avec des anciens qui ont connu l'occupation française (et parlaient la langue, du coup, presque plus que les jeunes). Quand une voiture sortie de nulle part a fini par m'embarquer, m'arrachant du bout du monde, j'avais bien réalisé que le bonheur passait en bien des occasions par l'émancipation des contraintes, des pressions. Un peu d'espace, pour jouir du bled :)
Le "camp" des réfugiés libyens
Ah ah la famille ! Dans le Sud, au passage, les beaux hommes (je pense à Ahmed, à gauche ; la photo ne lui rend certes point justice) se font moins rares que les belles femmes.
Tranquillous. Pas réussi à accrocher la poste dans le cadre, ceci dit (juste à droite :p)
Une partie certaine de l'après midi fut passée dans les louages, quittant le Sud profond pour la partie supérieure de la région jusque là parcourue. J'arrivais, courant comme souvent en voyage lorsque j'essaie de boucler mes programmes à bout de souffle (mais la satisfaction est immense, quand ça passe ; tac flashbacks turco - émirati ), car il convenait tout à fait d'enchaîner deux rapides visites avant de rejoindre Douz, 100km plus loin, porte du désert où il était prévu de passer la nuit. Well tout se passa bien au début, pour Matmata : ce village inconnu il y a encore 60 ans fut découvert par les locaux puis rendu célèbre par George Lucas (qui y tourna des scènes des épisodes 4, 1 puis 2 de Star Wars - si je ne m'abuse) (ça fait un peu le mec qui les a enchaînés d'un coup, et dans le bon ordre en plus hein ah ah). C'est en fait qu'en raison du sol particulier (de l'argile tendre mêlé à du sable), nos amis berbères avaient décidé de creuser leurs habitations à même le paysage, donnant aujourd'hui l'impression que le village a été bombardé. Quelques cratères restent encore aujourd'hui occupés, mais ce sont surtout les hôtels et associations locales qui ont flairé l'affaire, transformant d'ailleurs quelque peu le bled en parc d'attractions.
Et nous voilà repartis, longeant plus ou moins cette chaîne de petits reliefs vers le nord-ouest
Voilà Matmata. A priori, rien de génial... (à part le nom :nerd:)
Il faut se pencher au-dessus des cratères pour apprécier l'ingéniosité des anciens habitants
Du coup, certains ont eu la bonne idée de taper dans l'une de ces anciennes demeures troglodytes un "musée berbère" (featuring notamment la reconstitution d'un salon ghetto)
Au bled, le famous hôtel Sidi Driss envoie posters, pancartes
et même horrible déco style R2D2 :mdr: la photo en l'occurence permet néanmoins d'avoir une bonne idée de la disposition des différentes "chambres"
La deuxième visite, ce devait être Tamezret, un bled 10-15km plus loin qu'il s'agissait de rejoindre par auto-stop (à partir de 16h, les louages se font rares en dehors des grands axes; le soleil se couche vers 19h30 ici). J'ai surtout eu le droit à une longue marche, très décidé que j'étais (refus des nombreuses propositions de guides de Matmata de me pousser jusqu'à Tamezret, voire Douz, pour de bien larges sommes), dans un paysage certes tout à fait agréable mais le soleil tapant tout à fait aussi. L'étape fut validée en plusieurs temps, quelques voitures me poussant quelque peu avant qu'un camion de chantier (à l'omanaise !) m'embarque pour un peu plus loin encore (à chaque fois, mes collègues n'allaient pas jusqu'à Tamezret ; il n'y avait vraiment quasiment plus de trafic). Après une joyeuse discussion avec l'embardée (ils étaient 3 à l'avant, deux à l'air), j'ai repris en rigolant le chemin jusqu'à que le chauffeur du camion vienne me récupérer quelques minutes plus tard... à bord d'une camionnette toute croulante. L'ami s'était pris d'amitié pour mon humble personne, et s'attacha à me déposer à Tamezret même (à la syrienne), non sans m'obliger à promettre que je ne tenterais pas d'attaquer Tamezret - Douz à pied (95km environ) avec les 2h de jour à peine qui restaient. Visitant le très charmant petit village, tout joyeux de cette succession de rencontres en cette belle seconde journée tunisienne, je pris le temps de prendre quelques photos, une vidéo pour la belle vue des alentours. Sans me douter que j'allais au devant de quelque chose d'inimaginable, d'immense !
J'avais "viens donc faire un tour à lambé" dans la tête,
et je me disais qu'il valait mieux être pommé dans un paysage pareil qu'avec des repères dans un coin moche :o
Ah ah la superbe rencontre :) ils avaient cet air ahuri, typique des omanais quand je faisais le tour du pays à vélo sous 30°c
Enfin arrivé à Tamezret, al hamdu lillah. De petites jolies ruelles
et une jolie situation ! La vidéo ci-après donne une jolie idée, je crois, de la vue dont l'on dispose à son sommet.
le lien de la vidéo :
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ceci est impossible pour une femme seule. Il est sûrement tout à fait possible de voyager seule sans voiture, dans cette région par exemple (j'arrive à Sfax, au centre-est ; 2è ville du pays, on perçoit vite le libéralisme, en comparaison à Tataouine et cie) ; mais sans tous ces échanges, qui à mes yeux sont la matière première de l'expérience.
Et pourtant, j'ai l'impression d'avoir déjà fait tout cela, bien avant votre naissance............. | | | À: Fangui · 12 juillet 2011 à 23:43 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 24 de 72 · Page 2 de 4 · 6 060 affichages · Partager Bonsoir Françoise,
Vous dites que vous avez visité les mêmes lieux "bien avant sa naissance". Donc cela a pu changer en plus que 22 ans, non?  . Ou peut-être pas, je ne sais pas. Mais dire qu'il est bourré de préjugés, je trouve cela un peu fort.
Jérémie était juste sorti de l'adolescence quand il a visité le Moyen-Orient (son profil affiche 22 ans, donc il n'avait que 19 ans en 2008), et il repart sur la route. Son profil me donne l'impression qu'il n'a pas de préjugés, au contraire. Peut-être un ressenti sur certaines choses, différent du votre, tout simplement. Mais je me trompe peut-être!!!!!!!!!!!
Jérémie, à toi de répondre! 
Amicalement, Valérie | | | À: Mahiska · 13 juillet 2011 à 7:31 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 25 de 72 · Page 2 de 4 · 5 607 affichages · Partager Bonjour,
Il y avait un peu d'humour............
Oui, le Maghreb a beaucoup changé, mais plutôt dans le sens d'une bonne évolution de la condition féminine (surtout en Tunisie), même si on n'est loin du compte et il est bien plus facile d'y voyager en tant que femme et moins surprennant pour la population locale.Pour info, j'ai vécu jeune en Tunisie deux ans dans un bled paumé de mentalité traditionnelle où les habitants étaient stupéfaits de voir une femme jeune (j'avais 23 ans) travailler et vivre seule ! Et encore plus stupéfaits de constater que mon père ne m'avait pas reniée !Depuis, je suis retourné plusieurs fois en Tunisie et j'ai constaté l'évolution des mentalités
Ceci dit, j'ai beaucoup de sympathie pour Jérémie et j'admire beaucoup son esprit d'entreprise à son âge et je le félicite chaleureusement pour son esprit de découverte
Quand je parlais de préjugés, c'est quand en réponse à une question d'une jeune fille, il disait que voyager seule dans le Sud tunisien risquait d'être gênant.Vu son sexe, je ne comprends pas bien comment il peut avoir se ressenti ? Une femme pourra toujours discuter avec les hommes, mais le contraire n'est pas évident partout..........
J'entends très souvent dire en France qu'il est difficile, voire risqué, pour une ou pluisieurs femmes seules de voyager dans les pays musulmans et je m'élève vigoureusement contre ce préjugé qui risque de décourager des filles aussi entreprenantes que Jérémie........
D'alleurs, même dans un pays où la condition de la femme est encore très difficile, une occidentale n'est pas censée se comporter une locale, moyennant quelques conduites de bon sens dont j'ai parlées plus haut
Voyager en Tunisie n'est quand même pas une grande aventure..........et j'encourage les filles jeunes et seules à ne pas se priver d'y aller ; le seul danger : les Bezznes ! Celui-là est très réel pour............le coeur
Bon voyage à Jérémie dont je suivrai les aventures avec le plus grand plaisir ! | | | À: Lsttx · 13 juillet 2011 à 15:48 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 26 de 72 · Page 2 de 4 · 5 585 affichages · Partager slt jeremie
je suis avec plaisir ton périble et je te souhaite une bonne continuation  ,
juste une question : comment prépares tu ton circuit ??? à l'avance (itinéraire déja tracé), selon les occasions ou selon l'avis et les recommandations des autochtones ??? | | | À: Fangui · 13 juillet 2011 à 18:17 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 27 de 72 · Page 2 de 4 · 5 566 affichages · Partager Bonjour :)
Merci pour ces précisions intéressantes, merci Valérie aussi pour cette défense héroïque !! Vous avez raison, le "bezzness" est en fait une menace qui semble bien réelle ; précisons qu'il s'agit d'hommes locaux qui parviennent à gagner le coeur d'occidentales pour ensuite leur extorquer de l'argent (voire immigrer ? ça me fait fait froid dans le dos, pensant à Eric Besson et sa stigmatisation des "mariages gris").
Fangui, je pense que vous parlez surtout du Maroc que vous connaissez très bien ? Je ne le connais, moi, pas du tout. Les discours généraux, de toutes façons, me semblent difficilles à tenir : la loi tunisienne est peut être bien plus proche de chez nous qu'en Algérie au sujet des femmes (ce que vous résumiez par "une bonne évolution de la condition féminine"), mais il y a un monde entre les différentes régions du pays ! Je n'ai même pas encore vu Tunis, qui semble très proche de chez nous (c'est ce qu'on m'a dit), mais je n'ai pas vu de femmes seules sans voiles dans les rues de Tataouine (sans parler des bleds adjacents), alors qu'une très jolie jeune femme fringuée de façon tout à fait "occidentale", assise pas loin de moi dans le cybercafé de Kasserine où je me trouve maintenant (centre-ouest du pays), m'a fait de l'oeil (je lui rends bien). (elle est partie maintenant, damned).
Bref je pensais au sud, aux villages que l'on rejoint par transports collectifs. Vous dites avoir vécu dans un bled et vous y être bien intégrée, masha Allah !! :) ça m'impressionne et montre en effet que c'est possible. Aurons nous le bonheur d'avoir des détails sur cette expérience ? Convenez vous qu'il s'agit d'autre chose, par rapport au fait de débarquer, d'être mobile ? Dans le sud, les rues, les commerces, les hotels sont occupés par des hommes ; on ne considérera jamais vraiment une femme comme l'égale d'un homme (à formuler avec plus de nuances). En Tunisie comme en France, d'ailleurs (peut être un peu moins)... Enfin et surtout, mon propos n'est pas de dire que voyager seule au pays est dangereux (je ne le pense pas, et nous sommes d'accord à ce sujet) ; mais que les normes sociales empêcheront probablement une femme seule de vivre des expériences d'échanges sincères, honnêtes, "au feeling" comme j'ai tellement le bonheur de le faire ces jours ci.
Bref je persiste et signe, pour le sud. J'ai vécu ces derniers jours dans l'est, plus "libérale" et où surtout on peut visiter de grandes villes ( Monastir, Sousse, El Jem...) seul(e). Là pour une femme seule, cela semble tout à fait faisable. Restent les transports collectifs... !
Enfin sur les préjugés, j'admets tout à fait en être bourré au sujet des pays arabes. Et vous savez quoi ? Non seulement ils sont basés sur mon expérience passée (donc ce ne sont pas des préjugés qui tombent du ciel, mais tirés d'interprétations si je puis dire), mais en plus ils sont très positifs :)
(ma copine s'est assise à nouveau en face, youpi)
et voici le troisième article, le plus grandiose jusque là je pense !! :) ai hâte de vous lire à ce sujet (et sur les autres)
Jérémie-happy | | | À: Revoyage2011 · 13 juillet 2011 à 18:24 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 28 de 72 · Page 2 de 4 · 5 564 affichages · Partager ahlan frère, re :)
je fais vraiment les choses à l'arrache ! en fait je suis parti de France avec seulement quelques bouquins (deux super guides pour la Tunisie, un seulement pour l' Algérie - il faudra que j'en trouve un autre à Tunis insha allah, et un autre secret :o)
j'ai donc plein de destinations touristiques que j'imagine visiter, et ensuite je me laisse porter par les événements (i.e insha allah kheyr). Y compris les conseils de la famille (des autochtones), en effet ! Par exemple là je suis coincé à Kasserine (ouest tunisien) après avoir suivi de mauvais conseils :nerd: mais c'est un exemple qui ne fait point honneur aux kopains qui m'ont tant donné ces premiers jours :) | | | À: Lsttx · 13 juillet 2011 à 18:40 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 29 de 72 · Page 2 de 4 · 5 559 affichages · Partager 12 juillet 2011 Un mariage berbère Samedi 9, 19h, Tamezret. J'ai fait mon petit tour, mes photos, et j'attaque à nouveau à pied, malgré ma promesse à Ahmed, la route vers Douz. Je ne comptais pas pour autant me taper les 90 bornes seul, alors que le soleil se couchait, et mon intention était simplement de guetter, au bout du village, la voiture providentielle. J'ai attendu un petit bout, discuté avec quelques hommes qui m'ont confirmé qu'il n'y avait ici ni hôtel ni ébauche de restaurant, et puis résigné je suis aller m'affaler à la table d'un de ces petits bars sur le bord de la route, tellement présents (et le plus souvent occupés) ici. Un coca, des chips, j'avais repéré une cabane qui ferait l'affaire et je mangeais sans grand enthousiasme, méditant sur les leçons de mon humble échec. C'est alors qu'ont débarqué plusieurs hommes, parlant plutôt fort, rigolant, annonçant le café pour tout le monde (café avec des amandes d'ailleurs, un truc spécial) et s'attablant près de moi. Il s'agissait en fait de frères-oncles-amis qui comptaient parmi les plus proches de Lassad, un homme du bled qui allait... se marier. C'est qu'en haut du village, lorsque je prenais mes photos, j'avais bien entendu un bruit au loin (on ne l'entend pas sur la vidéo du précédent papier, à cause du vent) qui laissait effectivement penser qu'une teuf était en cours. C'était bien un mariage, c'était bien le soir même qu'avait lieu la cérémonie, et c'était bien moi qu'on invitait pour le dîner, la fête et la nuit. Assis à la terrasse, alors que le jour tombait, je pris très légèrement la mesure du miracle qui s'accomplissait.
A peine annoncée, la soirée allait commencer LOURD avec le dîner en famille :love:
Walid fut mon principal interlocuteur. A peine plus âgé que moi, travaillant comme son frère à Tunis, il avait le bonheur de parler plutôt habilement le français, se chargeant du coup pour l'ensemble des épisodes que j'allais vivre de taper à ma destination de savantes précisions et compliquées explications. Avec l'oncle Mohammed, le frère et le cousin Khalid (qui travaille à Matmata, comme Mo), nous nous sommes donc rendus chez Walid pour une introduction fracassante à la famille entière, qui m'a accueilli comme si cette incrust' avait été prévue de longue date. Les femmes surtout, la jeune sœur étaient d'une gentillesse assez stupéfiante mais surtout tapaient des blagues, me posaient des questions bref jouaient une partition tout à fait différente de ce qui a pu être connu au Machrek (je pense surtout au Yémen). Nous avons tout de même mangé entre hommes, à l'air (il faisait bon maintenant), très très joliment d'ailleurs : le couscous était de mise comme à midi à Douiret (la routine :p de la semoule nature avec des pois chiches, quelques poivrons et de la sauce ( marka) pour "mouiller" les cuillerées, selon le goût de chacun), mais il avait le très bon goût d'être froid, accompagnant merveilleusement un plat de magarounis (i.e des pâtes :nerd:) saucé à la harissa (purée de piments rouges ; assez forte, on en met partout ici). Des bouts de viande à droite à gauche, du gouga (coca :napo:) ou des jus de fruit et surtout du petit lait de chèvre ( l'ben), frais (en France on se le procure au marché ou en magasin, plutôt qu'avec sa chèvre dans le jardin) ! Et des pêches de Gabès (50km au nord) au dessert, dans le même esprit que les pastèques-melons qu'on avait dégustés le midi à Douiret.
La grande soeur de Walid avait opté pour quasi 100% de la tenue trad
Le gros de la soirée devait débuter vers 22h. On a évoqué la première étape, aperçue de loin (le tour du village avec quelques musiciens), et celle à laquelle j'eus le grand honneur-plaisir d'assister était en fait très codée, se déroulant en plusieurs étapes distinctes. Dans un premier temps, hommes et femmes prennent place de part et d'autre du lieu de la soirée (en l'occurrence une sorte de grande place, à l'air libre), le lien entre les deux étant assumé par le "super groupe qu'on a fait venir de Gabès" (un clavier, 4 tambours, un darbouka, et successivement un lezoud puis un zoukra, sortes de clarinettes). La musique commence vers 22h, les plus téméraires (i.e. les enfants) se lançant sur la piste de danse au centre, puis vers 22h30 on fait venir d'abord les mères-filles VIPs (qui rejoignent les autres, mais ont elles droit à l'interruption du groupe et à l'annonce de leur arrivée par des tambours et un zoukra, voir la vidéo ci-dessous) puis vient la mariée, Dalila, cachée sous un drap blanc entre 6 autres femmes (dont Myriem, la soeur de Walid d'ailleurs). La musique reprend pour deux heures environ, et Lassad débarque sans effet particulier (il rejoint ceux qui dansaient) ; petit à petit les gens se décoincent, si je puis dire, et se motivent à faire une petite démo chorégraphique. Enfin vers 1h, le groupe cesse de jouer pour une sorte de cérémonie qui conclue cette soirée dansante : Lassad, entouré de 6 hommes encapuchés (grr), va trouver Dalila parmi les 7 femmes cachées sous le drap.
THIS IS THE PLACE
Une bonne heure de solitude pour le groupe... jusqu'à qu'on puisse commencer à parler de "foule" sur le dancefloor :)
Entre temps, "les sept" avaient fait leur entrée. On aura compris, du coup, que Dalila ne dansera pas de la soirée...
Lien de la vidéo (pas mal !!) :
J'ai décrit cela de façon assez factuelle, froide car la restitution des différentes étapes, encore une fois très distinguées les unes des autres, m'apparassait important. Il est, cela dit, évident que j'étais dans un état extraordinaire, émerveillé à la fois par la beauté des gens présents (certaines femmes avaient des parures fabuleuses), les danses ghettos, la musique bien brute... Et puis, outre l'émotion esthétique, il y avait tout de même ce sentiment puissant d'assister à quelque chose de secret, caché ; on m'avait intégré au groupe en quelques heures, comme si ma présence allait de soi, comme si cet accueil fabuleux n'exigeait pas d'effort particulier de la part de Walid, Khalid et compagnie. Invité à parler autour de moi au cours de la cérémonie, planqué que j'étais dans un coin, puis à prendre des photos, on a même fini par me pousser sur le dancefloor, tapant d'improbables moves franco-berbero-sémitiques. Les mains prises par ceux qui m'entouraient, je remarquais en regardant un petit peu autour de moi que l'on ne tiltait quasiment pas sur cette situation surréaliste, géniale, inoubliable. Eux dansaient gaiement, moi j'étais sur une autre planète.
J'ai gardé mes photos préférées pour la fin :) voici le très beau Lassad ! qui rayonnait de bonheur, c'en était impressionnant d'ailleurs.
J'ai certes trop zoomé, sur ces photos prises en plein mouvements... mais cela rend pas mal, je trouve.
Lassad avait cette sorte de sabre, distinguant le marié. Là desus il simule un duel avec son frère (très beau aussi, en blanc)
Revoilà le frère, sur les épaules de Walid. Photo prise au milieu du combat !!
Ah il faut bien s'arrêter de danser... pour la conclusion.
Face aux hommes, une muraille féminine fait obstacle aux "7" cachées sous le drap. Lassad gagne, à la fin :) youpi ! | | | À: Lsttx · 14 juillet 2011 à 19:45 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 30 de 72 · Page 2 de 4 · 5 534 affichages · Partager Bonsoir,
Comment vas tu avec la chaleur ? tu dois vivre des moments très sympas ? Un grand merci à toi, pour tes narrations et tes belles photos. comment fais tu ? tu as un ordi portable ? ou tu vas les cyber ? SINOn tu compte partir en Algerie quand ? J'y serai à partir du 16 juillet, du côté d' Alger et de la Kabylie. si t'as besoin, tu me contactes. BOn séjour, et pleins de belles aventures ! A PLUS. sonia. | | | À: Lsttx · 15 juillet 2011 à 20:34 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 31 de 72 · Page 2 de 4 · 5 403 affichages · Partager (ma copine s'est assise à nouveau en face, youpi)
J'ai oublié de vous dire qu'il existe aussi des bezzness au féminin, tout aussi redoutables...........Généralement elles sont fringuées de manière occidentale.............
J'ai parcouru en individuelle Maroc, Tunisie, Algérie, Egypte, Turquie, Syrie, Jordanie,..........cela me donne un certain recul sur les différences entre ces pays et le fait d'y être une femme
Je n'ai jamais dit que c'était aussi cool que voyager en Europe, mais avec des précautions vestimentaires, une absence de familiarité déplacée et un peu de bon sens une femme peut voyager dans les pays musulmans, pays que j'adore et où je retourne régulièrement.Une touriste n'a pas à s"aligner sur la condition féminine locale ! Les campagnes et le Sud sont toujours en retard sur l'évolution des moeurs (comme chez nous) ce qui ne veut pas dire que cela ne change pas
Vos images de Tunisie me font chaud au coeur.........Si vous passez par la côte nord je vous conseille Raf Raf et Ghar El Melh entre Tunis et Bizerte
Bon voyage à vous et je suivrai avec plaisir vos aventures | | | À: Sonia9244 · 15 juillet 2011 à 21:41 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 32 de 72 · Page 2 de 4 · 5 393 affichages · Partager Ahlan :)
Chaleur difficile indeed, mais ça va plutôt en bord de mer ( Monastir, Sousse, Sfax, Tunis) grâce au vent agréable. Je suis dans la capitale, là, et ce n'est pas trop pénible :) ma partie tunisienne se finit doucement, plein de choses magnifiques à raconter ! Je passe 2-3h par jour à écrire - mettre en ligne - mettre en forme mes récits, que je publie sur mon blog (VF supporte mal google map par exemple... alors que cela permet vachement bien de repérer mon trajet je trouve !). Dans des cybers donc, quand il y a des cybers !! Et quand je ne passe pas la nuit chez des kopains :)
Masha Allah c'est justement demain que je devrais gagner les îles (Al Jazaïr, le nom arabe de l' Algérie ndlr - pour les profanes bien sûr :p) ! Merci pour ta proposition, je te contacte sûrement ces prochains jours du coup :) | | | À: Fangui · 15 juillet 2011 à 21:45 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 33 de 72 · Page 2 de 4 · 5 392 affichages · Partager ah ah oui merci pour ce message d'avertissement !! je me tiens sur mes gardes :D vous avez l'exclu, d'ailleurs (je ne l'ai pas évoqué dans mes carnets) : une autre jeune femme, certes repérée du coin de l'oeil, est carrément venue me demander de lui envoyer une invit' facebook :love: à l'iranienne, ya habib !!
Merci pour vos précisions et vos gentils mots. A très bientôt ! | | | À: Lsttx · 15 juillet 2011 à 21:48 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 34 de 72 · Page 2 de 4 · 5 391 affichages · Partager Fin de partie méridionale (1/2) Ces deux premiers jours tunisiens avaient été follement bons, mais le programme était chargé et il se trouve que le reste du Sud du pays compte des coins à la fois moins denses, plus accessibles et qui consommèrent relativement moins de temps ces dimanche 10 et lundi 11. D’où cette sorte de joyeuse fuite, direction Sousse et la mer Méditerranée.
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On a quitté Tamerzet avec de grosses bises et plein de merci, ce dimanche, et je n’ai finalement pas trop attendu pour qu’une voiture allant à Douz me prenne en chemin. Il s’agissait d’un kopain travaillant sur place, qui revenait de Djerba et avec qui j’ai discuté du désert, de la révolution, du tourisme. Car Douz est en fait une sorte de porte du désert, petite ville d’où partent les excursions de plusieurs jours organisées par les chameliers qui vivent là bas. J’avais à l’origine prévu d’y passer quelques heures, mais le long temps finalement à Tamezret et surtout la perspective de goûter à nouveau aux sables dans quelques semaines (en Algérie) m’ont poussé à enchaîner, direction Tozeur.
Rares photos du transit... notons qu'on a bien laissé derrière nous les montagnes, pour le désert.
On longe, avant d'arriver à Tozeur, un grand lac salé dont l'eau s'est évaporée : le chott el jerid.
Tozeur est une destination bien connue des occidentaux. La ville, véritable oasis au cœur d’une région inhospitalière (mais dont les températures, l’hiver, expliquent son attrait), compte l’une des plus grandes palmeraies du pays et a notamment une vieille ville (médina) bien conservée. Arrivé sur place en fin d’après midi, notant l’écrasante chaleur (la quarantaine de degré, allez), ma petite balade a plutôt mal débuté : non seulement l’été n’est pas du tout propice aux voyages touristiques à Tozeur, mais encore une fois l’année 2011 est particulièrement mauvaise pour le secteur, l’oasis étant concernée comme tout le monde. Du coup on m’a sauté dessus, sifflé et dans cette ambiance il était donc impossible de discuter de façon relativement apaisée, désintéressée avec un local. La traversée de la vieille ville s’est donc faite sans grande euphorie, tachant de semer non sans amour ni respect les innombrables guides officieux que compte Tozeur. Et pourtant, heureusement, le vent a fini par tourner. Le signal a même été bien islamique, puisque je me suis rendu dans une des nombreuses mosquées de la ville nouvelle, tapant une petite prière solitaire comme je n’en avais point fait depuis bien longtemps. Je retrouvais, outre les sensations, la délicieuse climatisation de la salle des prières (cf. les mosquées du Golfe qui sont souvent des îlots de frais dans la fournaise) et eut même le plaisir de partager ma joie avec un bledard du coin (me demandant comment c’avait été, au moment où je sortais de la masjid, je lui répondais en faisant un geste de purification avec le sourire). Plus loin, plus tard, marchant alors que j’étais assez épuisé, je réalisais le caractère quelque peu irréel d’une ville touristique sans touristes (calèches occupées par les habitants et leurs familles, hôtels vides, certaines rues défoncées) et prenais du coup conscience des immenses difficultés de la grande ville de l’ouest tunisien. Vers 21h, j’avais acheté un sandwich que je dégustais assis sur le trottoir, alors que les rues désertes pendant l’après midi à cause de la chaleur connaissaient maintenant une grande activité. Il y avait comme un goût du Caire, ou de Luxor ce soir là, et j’étais assez touché par ce visage d’abord insoupçonné de la ville.
Ah ah voilà qui résume bien je crois ma première impression de Tozeur
C'est au XIVè siècle que le clan El Hadef, enrichi grâce aux caravanes marchandes, a lancé la construction de ce quartier dont l'architecture en briques est la marque de fabrique.
Les ruelles étant étroites, la chaleur y pénètre à peine... il fait bon, dans la vieille ville :)
La mosquée de la rédemption ce soir là :o
Cet épisode m'a donné par la suite une pêche d'enfer (pardon pour la photo, mais la lumière était vraiment belle)
Un peu plus tard, traînant dans les quartiers. Saleté frappante, s'il fallait donc résumer.
Fin de partie méridionale (2/2)
C’est vraiment ce lundi 11 que je quitte le Sud de la Tunisie avec de longs trajets en louages d’ouest en est. Au bout du chemin, c’est le début d’une nouvelle phase avec l’arrivée à Sfax, au bord de la mer. Un transit plutôt tranquille, sans grandes surprises pour clore cette magnifique première partie.
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J’ai quitté assez tard Tozeur, m’étant appliqué sur la rédaction des papiers précédents (mes soirées se font souvent dans les cyber-cafés, quand cyber-café il y a). Pour rejoindre la east coast, je suis passé par Gafsa, un point sur les routes des caravanes dans le désert tunisien. Les Romains avaient d’ailleurs bien développé le bled, à l’époque (IIè siècle) Capsa, puis quelques siècles plus tard les musulmans en prenaient le contrôle. Curieusement, Gafsa a plusieurs fois tenté par la suite de s’émanciper de toute autorité, les différentes révoltes tribales engendrant à chaque fois de violentes répressions qui condamnèrent l’oasis au déclin. Jusqu’à... la découverte du phosphate à la fin du XIXè, dans la région, qui redonne à Gafsa un peu d’énergie. Aujourd’hui, la ville frappe surtout par son dénuement, impression d’ailleurs accentuée par l’insupportable chaleur (un peu comme à Zzor , en Syrie), et je ne tardais point avant de trouver un louage pour Sfax, une centaine de kilomètres plus à l’est. Y arrivant en fin d’après midi, la brise marine adoucissait considérablement les températures. Une autre chose débutait.
La thoura est passée par Tozeur, for sure ! La révolte s'est notamment cristallisée sur Fathi Kalifa, potentat local qui voulait privatiser le local assumant le rôle de gare des louages
Vers Gafsa. On a bien quitté les montagnes
A Gafsa, il y a une seule et curieuse trace du joli passé romain : deux piscines creusées au beau milieu de la ville
Du coup, avec cette chaleur... on ne le voit pas sur la photo (il aurait fallu zoomer hard) mais quelques inscriptions latines viennent représenter
En route vers Sfax, on ne passe pas loin de montagnes qui appartiennent à une chaîne essentiellement algérienne. La frontière n'est pas loin (50km à l'ouest à peine). | | | À: Lsttx · 15 juillet 2011 à 21:50 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 35 de 72 · Page 2 de 4 · 5 388 affichages · Partager Un peu de profondeur historique (1/2)
Le centre-est de la Tunisie contient un bon paquet de villes riches en histoire, superbes medinas, jolies plages, zones touristiques. Surtout, ces nombreuses étapes sont particulièrement proches les unes des autres (une dizaine de kilomètres à chaque fois) et ont pu être enchaînées de façon assez efficace donc assez jouissive. Où l'on prend conscience, principalement, de la puissance historique du pays !
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On était arrivé lundi 9 en fin de journée à Sfax, qui est en fait la deuxième pays et qui, de façon assez agréable, semble d'abord bien incarner le clivage un peu forcé nord/sud du pays : grandes avenues bien rangées, beaucoup de gens dans les rues le soir, jeunes femmes comme "libérées" et surtout précisément plus jolies que ce qu'on a pu voir jusque là (les hommes tenaient esthétiquement le haut du tableau, mais les forces s'équilibrent !)... La ville a elle aussi une histoire singulière, sa medina ayant connu une prospérité sous les premiers musulmans (IX-XXè siècle) avant de tomber dans une certaine torpeur jusqu'aux XVII-XVIIIè siècle. Elle devient alors deuxième ville de Tunisie, grâce au commerce maritime bientôt concentré sur Marseille, Gênes notamment. Les Français (protectorat de 1881 à 1956) investissent pleinement le lieu, bâtissant une ville nouvelle aux côtés de la madina (la transition est d'ailleurs très rapide entre les deux quartiers, chose surprenante et plutôt sympathique). Le phosphate de Gafsa y est exporté par le port, de même que les olives, les textiles.
L'une des portes de la vieille ville ; pas ma meilleure photo ever, pardon :o
Au coeur de la medina, la vieille mosquée... qui n'est ouverte qu'au moment des prières. WRONG !
Les ruelles, désertées, ont un drôle de charme
La nouvelle ville a plusieurs bâtiments typiquement coloniaux, si je puis dire. L'hôtel de ville, par exemple.
Ou celui-ci, qu'occupe aujourd'hui le Consulat français (il y a certes matière à discussion) De façon assez inédite, ce n'est pas vraiment la visite même de Sfax qui fut heureuse mais quelques rencontres sous bien des aspects emblêmatiques. Sans vouloir taper de généralisations douteuses, ces instants ont donné une image assez superbe, complexe d'une ville de 750.000 habitants (10 millions dans tout le pays) qui fut quittée le lendemain matin. D'abord, alors que je vaquais dans la vieille ville, une jeune jolie femme, non voilée, a engagé la conversation ; Toufah ( pomme en arabe) m'avait d'abord vu dans le bus Gafsa- Sfax, puis croisé par hasard dans la medina. Nous avons marché un peu, parlant en français, et Mlle (32 ans, non mariée) lâcha, face à mes interrogations sur le regard que l'on pourrait porter sur elle, ne pas aimer "un seul Tunisien"... La jeune femme, bien consciente du relatif libéralisme de Sfax (je lui disais être deux jours avant à Tataouine), ne souffrait pas moins du conservatisme social, rigolant à mon évocation de Tunis comme l'endroit rêvé pour la jeunesse féminine ("c'est même plus que l'égalité !", souria-t-elle). Quelques mètres à peine plus loin, de façon du coup vraiment frappante, un vieil homme avec un visage fatigué, un peu de ventre et une canne (il marchait avec peine) m'arrêta dans un français quasiment parfait. Mohammed avait passé plus de 15 ans à Paris, travaillant en France avant de retourner au bled dans les années 1980 auprès de sa mère qui perdit alors la vie. A nouveau pleinement Tunisien depuis, il me dit assez durement "s'emmerder ici" (dixit), ne trouvant plus "les bonnes personnes" là où la vaste société parisienne avait fait son bonheur, semblait-il. Question de mentalité, grommelait-il. Il y a bien la famille, les enfants en fait (divorcé), mais il y avait surtout beaucoup d'amertume, de frustration. Autre chose que Toufah, pour d'autres raisons. Je repris ma route seul. J'ai rencontré un autre Mohammed, un peu plus tard. La nuit était tombée et j'avais décidé de me mettre bien culinairement, après ces derniers repas "pris en route" et pas vraiment à la hauteur des couscous de Douiret ou Tamezret. J'ai donc débarqué dans un restaurant assez chic, en tongues, où il n'y avait pas grand monde et dont l'unique serveur cessa de me donner du "Monsieur" après mes supplications. A chaque (belle, bonne) assiette qu'il apportait, Mo s'arrêtait un peu plus pour discuter, certes étonné-ravi de mon "parcours", ma démarche (comme quasiment tout le monde ici :)), mais surtout au bout d'un moment pour confier ses réflexions, son avis sur tel ou tel point. Ne manquant pas de l'interroger sur la thoura, j'eus le droit à d'intéressantes et désagréables réflexions à l'égard des "gens de Gafsa", ces veaux du Sud qui ne savent pas se contrôler et ont connu une plus grande insécurité, du coup, lors des semaines tendues début 2011. Nous avons, plus sereinement, parlé de Sfax, des relations entre la France et la Tunisie. Il avait un beau visage, une immense gentillesse, semblait ne plus porter ses habits de travail, semblant se confier sans plus vraiment de gêne à mon grand plaisir.
Du jasmin ! Il se vend beaucoup dans les rues, et les hommes en portent à l'oreille gauche, droite ou accroché à la chemise selon leurs "intentions" (célibataire, casé ?.. :o)
Shuf les sièges en cachemire :nerd: GHETTO
Masha Allah l'entrée fracassante accompagnant une salade : olives, thon-piments-huile d'olive, "doigts de fatma" (feuilles de brick farcies avec un peu de viande et de fromage) et concombres ! La photo de la (très bonne) dorade ne rendait pas aussi bien :o
De retour à l'hôtel, délicieuse discussion avec M., officier de police parlant quasi-parfaitement français... et récitant sans prévenir certains des poêmes dont il est l'auteur :love:
Attirés par une musique dans une rue adjacente, nous sommes tombés sur une cérémonie de mariage (décidément!) fidèle à la tradition des îles Kerkennah, situées au large de Sfax. Un truc plus "freestyle" qu'à Temzeret, avec beaucoup de femmes sans voiles notamment (différence la plus aisément visible). Longue vie la famille ! (nb: oui, les deux types au premier plan font l'ouverture en dansant :love:) J'ai connu mardi un merveilleux enchaînement de visites, comme je les aime lorsqu'ils sont faits avec rigueur, sans bâclage.. El Jem dans la matinée, à 40km au nord de Sfax. La ville n'est pas située au bord de la mer, expliquant l'insupportable chaleur qu'il y régnait alors (et encore, ce doit être pire vers 14h), mais compte deux superbes attractions : un amphithéâtre romain et un musée archéologique. Thysdrus (nom antique) est en effet l'occasion de taper un gros BIGUP aux Romains, qui développèrent la cité surtout aux Ier-IIè siècles avec nouveaux quartiers, demeures privées, ateliers de mosaïstes et, donc, un amphithéâtre qui était tout de même svp le troisième du monde romain après Rome et Campoue (30.000 spectateurs, plus que comptait la ville d'habitants..) ! J'en profite donc pour faire un léger point historique, d'autant plus que le récit a été plutôt timide en la matière depuis le début. Les Romains, ils s'imposent vraiment dans le coin au III-IIè siècle avant Jezuz, mettant fin à l'hégémonie de Carthage sur l'actuelle Tunisie (on va en parler un peu plus tard, de Carthage). Débarquant pleinement sur place (établissement d'une zone tampon avec la Méditerranée, puis de l'Afrique consulaire juste avant Jezuz, comprenant également le nord ouest de la Tunisie ; puis pleine colonisation), les Romains développent un buenal réseau de villes (fondations de la nouvelle Djerba, Sfax, El Jem, Monastir, Sousse, à l'intérieur et dans le Nord tout à fait également) et de routes. Les Vandales (des germains :o) mettront fin à la teuf au Vè siècle, débordant d'ailleurs sur Rome qu'ils pilleront peu de temps après (455, merci bien). Well donc merci et à bientôt les Romains, dont le musée d' El Jem expose quelques sublimes mosaïques découvertes dans le coin. Une bien belle étape, ma foi !
Voici le fort majestueux amphithéâtre. Et tout d'un coup, je rencontre mes premiers collègues : il y a bien d'autres touristes en Tunisie !..
Magnifique petit épisode sur place. Visitant, je tombe sur ce groupe d'ouvriers faisant une pause (soleil hardcore...). Mon "zalamalek" + "saha" (santé, bonap) leur suffit pour m'inviter à les rejoindre autour de la pastèque. Ceci n'était pas compris dans le ticket d'entrée :love:
J'avoue ne pas avoir été particulièrement ému par l'édifice, certes imposant. La classe tout de même.
La grande classe ! J'y étais à 48h près :)
Un peu plus tard, dans le très joli musée
Certaines des mosaïques font bien 5m sur 5, incroyablement bien conservées
"Dionysos enfant chevauchant une tigresse" :love:
Un peu de profondeur historique (2/2)
On continue le petit tour du centre-est de la Tunisie, "Sahel" riche en jolies et riches villes du littoral (ou pas). Après Sfax et El Jem, Mahdia, Monastir, Sousse et Kairouan ! Et on garde le rythme :)
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En regagnant la mer pour Mahdia, c'est retour aux origines islamiques (:nerd:). Et quelles origines ! La ville fut en fait la première capitale de l'empire Fatimide, cette dynastie qui a fondé le Caire. Début XXè, venus d' Algérie, les dissidents (contestation des Abbassides, qui avaient écarté les Omeyyades et transféré la capitale de l'Empire musulman de Syrie à Baghdad) enlèvent Kairouan (visitée quelques heures plus tard, patience) puis fondent Mahdia en 909 qu'ils abandonnent à peine un demi-siècle plus tard (la rançon de la croissante gloire). Du coup Mahdia a un côté très puissant, lié à cette histoire fabuleuse, alors même que sa medina n'est pas si développée et qu'il n'en reste pas grand chose. A vrai dire c'est surtout le cadre magnifique (cap Africa, qui est en fait un bout de terre qui se prolonge vers la Méditerranée ; comme une rampe de lancement, un peu :napo:), le calme de la vieille ville qui ont rendu l'étape si agréable.
"As Skifa al Kahla", "porche obscur" marquant l'entrée de la medina. L'une des rares traces de la ville fondée au Xè siècle... si elle n'en avait que les matériaux, reconstruite au XVIè :o
Ah ce devait être tout à fait superbe, à l'époque :) merci les Espagnols de Charles Quint qui ont tout rasé après bombardement au XVIè..
Du toit, on aperçoit les superbes plages de la ville. Les hôtels bourrins s'y concentrent.
Et de l'autre côté, la vieille ville s'étend joliment
Le couscous de poisson au déjeuner !! :cool: la sauce avait été servie direct avec la semoule, chaud chaud :o
Alors je ne fais pas du tout honneur à la grande mosquée, mais celle-ci 1. n'est qu'une reconstruction il y a 50 ans de l'old school, 2. n'est ouverte qu'aux heures de prière ²
Je me suis davantage appliqué par la suite, tapant une petite balade le long du rivage :)
Le petit carré d'eau est en fait le port d'origine de la ville Fatimide !! Ghetto ghetto ! Avec un cimetière autour
Je me trouvais alors sur le "borj el kebir", forteresse construite à la fin du XVIè au bout de la medina
La jolie vue qui va avec.
On finit avec les ruelles de la vieille ville : il y a bien quelques grands axes avec boutiques touristiques
Mais on se perd vite, tranquillou
Youpi.
Enchaînement quasi sans transition, quelques heures plus tard : nous voici à Monastir, à nouveau au bord de la mer. Le nom est assez familier car les infrastructures touristiques sont très développées, la beauté des plages aidant. Ceci dit, la ville elle même n'a pas de glorieux passé ou d'épisodes historiques particulièrement marquant... Il s'agit surtout de la ville natale d'Habib Bourguiba, père de l'indépendance (membre du Destour, parti de la Constitution pro-autonomie dans le cadre du protectorat, puis créateur du Néo-Destour en 1934, quelques années avant d'appeler puis d'obtenir l'indépendance, à force de publications et surtout de tournées internationales, forcé à l'exil par les autorités françaises) qui est revenu y vivre lorsque Ben Ali le déposa en 1987. Ceci dit, Monastir n'est pas "que" la ville du premier Président tunisien et le ribat (sorte de monastère fortifié) au bord de la mer atteste de la notoriété passée de l'ancienne Ruspina (nom antique). Difficile toutefois, en quittant la ville après quelques heures à peine, de trouver autre chose que les plages pour comprendre ce qui retient tant de touristes plus de quelques nuits (c'est un autre tourisme, dirait-on plus simplement).
Et nous voici à la timide Monastir, dont le fier Ribat et la surprenante (car petite!) "grande mosquée" représentent tout de même.
Les Tunisiens aussi ont le droit de profiter des belles plages de Monastir :napo:
Prise du haut du ribat, la photo montre un peu l'intérieur de celui-ci + la mausolée de Bourguiba au second plan
Le voici, plutôt fier ! Imposant une épouvantable marche, sans ombre.. Mon portable a eu la mauvaise idée de me laisser alors tomber, ne pouvant montrer la délicate organisation de l'intérieur : tombes de la famille, tombe d'Habib, chambre discrètement décorée avec des effets personnels du Président... Plaiz !
La journée avançait, et si j'avais gagné Sousse avant que le soleil se couche c'est surtout aux premières heures de mercredi 13 que je visitais la ville. A vrai dire, la troisième ville du pays m'a fait très forte impression et ce timing plutôt original (visite assez solitaire de l'immense vieille ville, Jerusalem-style ) a grandement aidé à rendre la visite vraiment superbe. Non seulement les ruelles de la medina sont charmantes, très étendues et surtout pleines d'activités (souq jusqu'à 22h, repris dès 8h ! là où l'on remballe généralement les affaires en début d'après midi ailleurs), mais Sousse compte quelques superbes monuments. La gloire est venue principalement des Aghlabides (la dynastie musulmane gérant l' Ifriqiya, la région maghrébine dans la bouche des Arabes, avant les Fatimides) qui lui donnent sa medina, son ribat et sa grande mosquée tout à fait superbe (1250 years old svp). La plus belle vieille ville jusque là, Tunis n'a qu'à bien se tenir !
Dans un coin de la medina de Sousse, deux puissants monuments : le ribat
Et la jama'a, la grande mosquée. Qui n'a pas de minaret, puisque le " nador" (la tour de guet) du ribat faisait l'affaire, pour l'appel !
Mais on l'aura compris, Sousse tire surtout sa beauté de ses superbes ruelles
parfois couvertes
La vieille ville compte, en outre, quelques merveilles bien planquées : zaouïas (petites mosquées, ou sanctuaires d'hommes saints), anciens caravanserails...
ainsi que, plus classiquement, de jolies mosquées.
Revoici le ribat, qu'on a pu pénétrer (:vice:)
Construit au XVIIIè, il s'agit du plus vieil édifice de la medina
Surtout, le premier "étage" envoie quelques cellules pour les moines-combattants, et surtout une salle de prière qui, en restant debout tout ce temps, est aujourd'hui la plus vieille du continent :cool: !
La preuve :o (le mihrab, qui indique la direction de la Mecque)
Juste à côté, la mosquée représente tout de même bien avec une jolie cour intérieure
Une salle des prières assez modeste, calme. Petit détail, pas de tapis ici (à Kairouan non plus, ça ne le fait pas trop) mais des espèces de paillassons un peu cheap :o
Un petit dernier tour par les ruelles, allez :)
Le joyeux tour s'est conclu assez magnifiquement avec Kairouan, en fin de matinée. Si le nom dit quelque chose, c'est peut être qu'il s'agit de la quatrième ville sainte de l'Islam, de façon plus certaine le lieu musulman le plus sacré du continent africain : débarquant chez les Berbères dès 670 (ndlr l'Hégire est en 622), le conquérant du Maghreb Oqba Ibn Nafi fonde "le camp", al Qarawin. La famille (les Berbères :p) résiste puit se fait écraser, et Kairouan devient du coup le centre de propagation de l'islam en Ifriqiya que ne remettent pas en cause les Fatimides, offrant à la ville une prospérité quasi-continue jusqu'à l'invasion des Hilaliens au XIè siècle (envoyés par les Fatimides... du Caire, right, en punition à une rebellion des Zirides qui avaient pris le relai sur place). La vieille ville compte du coup un nombre fou de mosquées ( Abu Dhabi n'a qu'à bien se tenir, en densité :p) dont la grandiose jama'a (probablement précisé dans de précédents papiers, mais il est bon de le rappeler : le nom se forme à partir de la base verbale "se rassembler", et a donné son nom au jour saint musulman, le vendredi... i.e. le jour où l'on se rassemble) dont la beauté de l'édifice me coupa proprement le souffle (une impression qui n'avait pas été ressentie depuis longtemps). La balade dans la médina avait été tout à fait paisible, et assis dans la salle des prières, bercé par la mélodie des fidèles priant à voix basse, je m'allongeais un petit peu, tout heureux de cet enchaînement assez magnifique de visites.
L'une des "bab" (porte de la medina)
La medina de Kairouan est plutôt charmante, peu "touristique"
Il y a surtout un parfum un peu plus islamique qu'ailleurs, des hommes barbus étant fréquemment croisés (si si c'est un signe de religiosité)
Mais les différents points d'intérêt de la vieille ville ne pèsent point grand chose à côté de la grande mosquée
Dont l'intérieur est sublime (ici le minaret)
Si Oqba s'empressa évidemment de fonder un mosquée dès 670, "la grande" fut bâtie par les Aghlabides, au IXè siècle. Ca va quand même, 12 siècles d'âge :o
Dans la salle des prières (interdite d'accès pour les infidèles, comme beaucoup des importants lieux islamiques du pays), le plus joli est le calme, l'ambiance bien muslim-croyant-à-donf.
Allez tout de même, quelques autres attractions de la vieille ville : l'une des innombrables mosquées
"Le chameau réduit en esclavage"... en fait on force le pauvre bougre à tourner en rond all day long pour récupérer de l'eau d'un puits (au centre de la petite pièce) nommé "Barouta"... Selon la légende, l'eau serait tout à fait sacrée, jumélée (:nerd:) avec l'eau de zem zem (voir mon papier sur la Mecque, google "La Mecque ouverte").
et, enfin, l'une des superbes zaouïas de la medina (de l'extérieur, impossible d'imaginer de telles maisons). A noter que je n'ai point visité celle très populaire de Sidi Sahab, partenaire de route du Prophète carrément, et où les locaux viennent volontiers se recueillirent ou demander quelques divines faveurs. Un louage fut trouvé trop rapidement ! | | | À: Lsttx · 15 juillet 2011 à 22:40 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 36 de 72 · Page 2 de 4 · 5 382 affichages · Partager Je découvre ce récit aujourd'hui, je suis absolument ravie de retrouver quelques lieux découverts il y a un peu plus d'un an, enrichis de tes précieux commentaires. Quel plaisir, merci. | | | À: Libed3 · 15 juillet 2011 à 22:55 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 37 de 72 · Page 2 de 4 · 5 375 affichages · Partager ah merci ça me fait très plaisir !! :) aurais tu écrit un carnet, pris des photos ?
je vais quitter le pays demain ou après demain et ai fait quelques choix discriminants (des impasses, kwa). Par exemple Hammamet, dont je serais heureux d'avoir un feeling about. | | | À: Lsttx · 15 juillet 2011 à 23:21 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 38 de 72 · Page 2 de 4 · 5 371 affichages · Partager Un carnet non, j'en ai été empêchée. Bien que, j'ai pu quand même noter exactement la même chose que toi au musée de Guellala. D'où le constat qu'il est bien difficile de faire le bon choix d'un compagnon de route. Des photos oui, et curieusement, parfois les mêmes "point de vues" que les tiennes, mais uniquement du sud. Je ne suis pas allée plus haut que Gafsa. A Tozeur, (et même ailleurs) je me suis laissée embarquer, mais, à propos de vos échanges sur les femmes seules, j'aurais découvert bien plus de choses si je l'avais été. Un enfant m'a prise par la main et m'a montré comment il jouait avec l'architecture. Images attachées: Photo postée par le membre Libed3. Photo postée par le membre Libed3. Photo postée par le membre Libed3. | | | À: Fangui · 16 juillet 2011 à 21:18 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 39 de 72 · Page 2 de 4 · 5 354 affichages · Partager "Une touriste n'a pas à s"aligner sur la condition féminine locale "
désolée mais là tu te trompe completement, faut respecter le pays que l'on visite et shabiller en conséquence, ne pas chercher a les provoquer ou choquer ; on visite un pays pour comprendre un pays et non pas imposer son style de vie parcque dans ce cas là on est pas fait pour partir a la rencontre de l'autre, à souvrir lesprit ; | | | À: Cerine456 · 16 juillet 2011 à 21:37 Re: Voyage au Maghreb, juillet 2011 Message 40 de 72 · Page 2 de 4 · 5 349 affichages · Partager Tu ne sais pas lire ? C'est exactement ce que j'ai dit dans mes messages sur la tenue vestimentaire.........
Mais, je ne fais pas le Ramadan, je bois de l'alcool si j'en ai envie, je ne porte pas de fichu sur la tête sauf si je rentre dans une mosquée et je ne m'efface pas devant les hommes avec humilité...........et j'assume tout à fait ma religion d'origine et la fierté de mon propre pays
Et surtout je tiens beaucoup à ce que les hommes aient avec moi la conduite respectueuse qu'ils revendiquent des étrangers pour leur propre femme !!! Parce que sur ce chapitre, il y aurait beaucoup à redire............ | Discussions similaires sur l'Afrique du Nord: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 152 visiteurs en ligne depuis une heure! |