Bonjour Jean-Jacques,
C'est le médecin habitant au
Vietnam qui t'écrit.
Le problème de la prévention antipaludéenne est le même que pour tout autre type de prévention contre les pathologies liées à des virus comme la grippe et les hépatites (A, B, C, E). A chaque fois la question que nous nous posons est : Quel est le facteur de risque par rapport à la physiologie de la personne qui pose cette question ? Le facteur de risque prenant naturellement en compte la prévalence de la maladie considérée dans un endroit donné. Certains de mes confrères se soumettent totalement au principe de précaution en systématisant les prescriptions de traitements préventifs (vaccins ou chimioprophylaxie), d'autres privilégient les comportements préventifs visant à éviter de contracter la maladie, et entre les deux il y a tous ceux qui disent "faut voir, c'est à vous de choisir...!" Donc la question n'est pas si simple !
Pour en revenir précisément au palu, il faut que tu saches que si l'on focalise sur sa cause de transmission principale, qui est la piqûre de moustique, ce dernier transmet bien d'autres maladies tout aussi dangereuses. En fin je devrais dire cs derniers, car le palu c'est l'anophèle qui pique surtout le soir et la nuit, le culex, moustique nocturne lui, transmet l'encéphalite japonaise ou des parasites comme la filariose lymphatique, l'aedes, moustique diurne, transmet la dengue, le phlébotome, moustique nocturne et diurne et quasi-invisible, nous dote des leihsmanioses.. Et encore je ne te décris que celle qui ont cours au
Vietnam ! Tu vois, sales bêtes ces petites bestioles ! Cette explication pour te dire que traitement antipalu ou pas, IL FAUT EVITER LES PIQURES DE MOUSTIQUES. Pour çà, il faut adopter des comportements préventifs simples, dans les endroits où tu peux croiser le vol de ces petits démons, et le
delta du Mékong en fait partie : répulsifs antimoustique sur toutes les parties du corps découvertes (ne pas oublier nez, oreilles, nuque!!!). Le mieux c'est d'utiliser des répulsifs qui contiennent du DEET, de préférence, à une concentration de 50 %. Consulte ton pharmacien. Ensuite utiliser une moustiquaire pour les nuits. Si tu es en hôtel où il peut y avoir des moustiques, en général il y en a une. Eventuellement si tu es encore inquiet tu peux emporter avec toi un anti-moustique qui se branche sur une prise de courant...Enfin tu peux te couvrir en soirée, chemise manche longue et pantalon long...
Si, EN PLUS et, NON A LA PLACE !, tu veux te garantir contre la contraction du palu, par une chimioprophylaxie, alors compte-tenu du peu de jours que tu séjourneras en zone impaludée, je te conseille un médicament, MARALONE, qui peut parfois présenter ds effets secondaires bégnins, mais je le préfère au LARIAM qui lui peut poser de réels problèmes d'intolérance. D'ailleurs ce n'est pas par hasard que ce dernier doit être administré une semaine avant le départ : çà permet de valider que vous le supportez bien avant votre séjour !!!!..et non pour que la molécule soit efficace à votre arrivée. Vois ton médecin pour celà.
Enfin, après ce long exposé, un peu didactique, j'en conviens, et je ne recommencerais pas à chaque fois !, je tiens à te rassurer en te disant que sur 100% de cas de palu constaté en
France auprès de voyageurs venant de régions impaludée, il y en 2% originaire d'Asie, 2% du Continent américain, 2% d'ailleurs dans le monde, et 94% d'Afrique !!! En plus, miracle vietnamien, l'anophèle ne propage pas la fièvre jaune au
Vietnam !
Allez finalement le risque de rapporter des globules rouges parasitées en
France est moins important que d'attraper la turista.
Bon voyage à vous deux et je laisse à mes amis forumistes du Sud le soin de te donner des conseils sur ton séjour.