Charleston... Un nom qui évoque les années folles, les femmes en jupes courtes et les cheveux plaqués, les robes au-dessus du genou. Peu de gens pensent à
Charleston comme à une des plus belles villes de la côte Est des
Etats-Unis.
Charleston, notre but du jour.
A la sortie de
Savannah, un grand pont enjambe la rivière et de l’autre côté, c’est déjà la
Caroline du Sud. Une large route conduit directement à
Charleston, mais nous décidons de faire le détour de
Beaufort, à prononcer « Biou-Four ». Comme dans toute cette région du sud-est, la ville comporte un centre historique, où les belles maisons succèdent aux somptueuses demeures. En arrivant par la US 21, nous tombons directement sur Carteret Street, l’artère principale de
Beaufort. Un Visitor Center accueille les touristes sur Craven Street et nous pouvons récupérer une carte de la ville.
Il n’y a pas grand-chose à voir ici, à part simplement se balader dans les rues, à admirer ces belles maisons du sud, avec leur porche, leurs balcons, leurs couleurs. Les petites allées à l’Est de Carteret sont un véritable trésor pour ceux qui goûtent à ce genre de bâtisse en bois, à colonnes et aux chaises à bascule sous le porche d’entrée. Le Waterfront est également agréable, mis à part le fort vent frais qui décoiffe. Le nord des
USA, la région des Grands Lacs et les Etats du centre sont sous la neige. Pas de flocon en
Caroline du Sud, mais un vent quasi polaire, particulièrement inhabituel pour la saison.
Le petit détour de
Beaufort valait la peine, nous avons apprécié la balade.
On ne vient pas en
Caroline du Sud ou en
Géorgie pour les paysages époustouflants. Non, les routes ne sont bordées que de pins ou de marais. L’eau est omniprésente ici. L’Océan n’est pas loin, mais avant d’atteindre les flots de l’Atlantique, il faut se contenter de vastes étendues de hautes herbes aquatiques à travers lesquelles se faufilent de petits cours d’eau. Evidemment en cette saison, point de moustique, mais il est certain qu’en période estivale, l’humidité ambiante doit changer la donne.
Les premières habitations de
Charleston sont en vue. Ce soir encore, nous avons fait le choix d’un logement chez l’habitant via le site airbnb.com. Nous avons ainsi réservé une chambre chez un jeune couple au nord de la ville. Notre GPS nous conduit sans encombre à la bonne adresse et nous sommes chaleureusement accueillis par Matt. Petite maison en bois, meublée simplement mais avec goût. Notre chambre est parfaite et tout comme hier, nous pouvons utiliser à notre convenance salle de bains et cuisine. Tout est parfaitement propre, les draps sont même encore un peu humides, ils sortent du séchoir.
Nous prenons le temps de nous présenter, de discuter un peu, c’est aussi le but de ce genre de logement. Matt nous fournit un petit plan de la ville et quelques tuyaux bien utiles. Des vélos sont même à notre disposition, mais le temps est si froid que le courage et l’envie nous manquent. Nous reprenons donc la voiture et nous trouvons facilement une place dans la région de South Battery, tout au bout de la péninsule de
Charleston.
South Battery est clairement le quartier riche de la ville, celui des planteurs de l’époque. Les demeures y sont cossues. Certaines datent de plusieurs centaines d’années, rénovées et entretenues régulièrement, restant propriété d’une seule et même famille au fil des générations. Il se dit qu’acquérir une maison ici pour 6 ou 7 millions de $ est une bonne affaire... En s’éloignant du bord de la rivière, les maisons se font plus petites, mais pas forcément moins belles. Contrairement à
Savannah, les porches et les balcons sont principalement sur les côtés des maisons et non pas sur le devant. Une influence importée des Caraïbes semble-t-il, pour des raisons de ventilation lors de la saison chaude, lorsque seule la brise pouvait atténuer la chaleur. Autre particularité, les maisons sont étroites, mais longues. Une autre explication pour la présence des porches et balcons sur une façade latérale.
Charleston est clairement plus étendue que
Savannah (bien que cette dernière est plus peuplée) et l’atmosphère n’y est pas pareille.
Savannah incarne, à mon goût, le romantisme et le charme de l’époque coloniale, alors que
Charleston serait plus aristocratique. On sent dans les rues colorées de
Charleston un goût des années de début de siècle, on y verrait facilement ces vieilles voitures, cette ambiance année 20. Evidemment, rien ne vient étayer cette théorie personnelle, il s’agit juste d’un ressenti instantané, peut-être le rapprochement entre le nom de la ville et la célèbre danse ? Mais impossible de vouloir les départager. Chacune a ses atouts et chacune mérite qu’on s’y attarde.
Malgré le froid, nous avons parcouru les petites ruelles du sud de la ville, les magasins sur King Street, les restaurants et les bars aux environs de East Bay. Succinctement, en quelques heures. Il nous faudra revenir demain, pour explorer un peu plus à fond. En vélo peut-être si la température le permet.
Après un repas dans un des nombreux restaurants de East Bay, nous regagnons notre base. Matt est encore là et peu après, son épouse Allison nous rejoint. Nous aurons pris le temps de parler, d’échanger, de partager un verre de vin aussi. Une manière de voyager bien moins impersonnel que les hôtels habituels.
Deuxième jour à
Charleston, le temps reste au beau, mais aussi au frais. Nous décidons d’aller visiter la Magnolia Plantation à une quinzaine de miles de la ville. Le GPS fait son job et il est facile de trouver le chemin pour s’y rendre. Le dernier tronçon sur Ashley River Road est magnifique, vu la petite route sous les chênes. Nous arrivons sur place et il n’y pas trop de monde. Mais le parking est suffisamment grand pour comprendre qu’il peut y avoir facilement de l’affluence. Le droit d’entrée est de 15$ par personne et donne droit à la visite des jardins de la maison principale, ainsi qu’un petit zoo d’animaux. Les enfants peuvent nourrir des biches et des chèvres, mais c’est là le seul attrait de l’enclos.
Plusieurs autres attractions sont possibles (visite de la maison, tour en bateau, tour de la plantation en petit train ou visite des marais sur des passerelles de bois), mais il faut chaque fois rajouter 8$. Il existe aussi un pass qui permet de tout faire pour 47$ par personne. Nous décidons de faire le tour des marais, qui nous paraît moins « attrape-touriste » que le reste. Au total, nous passons plus de 3 heures sur place et suivant les tours choisis, on peut y rester la journée ! Si les jardins sont beaux, avec les magnolias en fleurs, le marais sera plus sauvage. Les tortues sont en nombre hors de l’eau et nous apercevons même quelques alligators dont seuls les yeux crèvent la surface verte de l’eau. Des oiseaux aussi, des hérons blancs ou bleus, et même un lapin ! Bref, par beau temps, la balade de la plantation est agréable, sans être vraiment indispensable dans la région.
Nous reprenons la route pour revenir sur
Charleston, mais nous faisons un arrêt en chemin pour le lunch dans un petit restaurant familial en bordure de route. Comme toujours, le personnel est très accueillant et efficace. Il faut dire que notre hôte Matt nous a appris que les salaires sont relativement bas en
Caroline du Sud, et notamment ceux des employés de la restauration. Parfois, moins de 2$ de l’heure suivant les endroits, mais rarement plus de 6 ou 7$. Le complément se fait donc uniquement avec les pourboires et le personnel se doit donc de le mériter !
Il y a un Visitor Center à
Charleston, sur Meeting Street. Dans les rues adjacentes, il est facile de trouver des places de parking et nous nous posons là. Au Visitor Center, nous pouvons avoir un plan de la ville gratuit et nous apprenons que plusieurs bus gratuits sillonnent la ville un peu dans tous les sens. Nous en prenons un et descendons au début de King Street, qui est la rue commerçante au milieu de la ville. Boutiques, bars, restaurants, l’endroit est assez animé. Sur Meeting Street, à la hauteur de Market Street, nous tombons par hasard sur le City Market. Une grand halle, toute en longueur, avec une multitude de stands d’habits, de bijoux, d’artisanats, et notamment les paniers en osier confectionnés sur place. Un monde fou bien sûr, mais une visite intéressante et pourquoi pas quelques bonnes affaires à réaliser ?
Nous sommes fourbus une nouvelle fois en cette fin d’après-midi, nous avons à nouveau bien marché. Nous reprenons la voiture pour regagner notre logis, un peu plus au nord sur King Street. Petit arrêt dans un supermarché pour se ravitailler pour notre petit-déjeuner du lendemain et retour chez Matt. Ce soir, nous nous ferons livrer la nourriture directement à domicile et nous partagerons un moment de convivialité avec nos hôtes. Un des avantages de la formule airbnb !
Demain, nous changeons d’Etat. Même si nous restons en Caroline, nous passons chez le voisin du Nord, au pied des Smoky Mountains. Quelques heures de route, sur un rythme tranquille et hors des Interstate pour rejoindre Forest City.