ce qui m’intéresse en fait, c'est de voir comment le processus d'arabisation a trouvé ses limites.
quels sont les "restes" de cette civilisation enfouie sous celle de l'islam venue d'Arabie : pas seulement la langue, mais la religion - les religions- qui existaient avant, autres traits culturels.
C'est un vrai millefeuilles !
Par exemple, on parle beaucoup au
Maroc de la "magie des arabes", mais quand tu regardes les rituels, notamment avec le plomb, ils sont extrêmement proches des rituels romains. D'autres rites, comme "Ayuden Tachourt" (l'Achoura des Juifs de Goulmima) sont tellement voisins des carnavals des montagnes en Europe que c'en est troublant.
par exemple on dit les femmes, plus libres etc....mais les femmes berbères rencontrées lors des treks, le soir, ne me semblaient pas plus libres et même moins que d'autres. Elles se planquaient dans les cuisines.
Il y a beaucoup de romantisme dans la "liberté" des femmes berbères. On a souvent tendance à l'assimiler à "notre" liberté, mais cela se joue à plein de niveaux. "En général" les femmes berbères ont "culturellement" un pouvoir plus fort sur la vie à la maison que les femmes arabes, et l'homme berbère est presque soumis à sa femme pour l'organisation interne (en tout cas il ne veut pas s'en mêler).
Il y a "relativement" moins de polygamie chez les berbères.
Les femmes berbères sont plus libres de sortir de chez elles, dans le village, de se rendre visite, voire même d'aller au marché vendre des articles pour les femmes (mais pas partout, au contraire dans le Rif elles sont beaucoup plus enfermées).
Rajoutes à tout ça des trucs totalement faux, "montés" pour le tourisme, comme la légende d'
Imilchil...
mais cela ne veut pas dire grand chose, c'est trop superficiel comme témoignage.
C'est surtout que les Berbères, c'est comme les Européens... Entre les Mauritaniennes qui s'enorgueillissent de leurs divorces, qui continuent à posséder la tente, les tribus où la femme divorcée est renvoyée dans sa famille et celles où c'est le mari qui quitte la maison, entre les régions où les femmes ont accès à l'éducation et celles où ça n'est pas le cas... il y a toute une palette de situations et de nuances.
Mais globalement, oui, je trouve qu'en dehors des milieux privilégiés, les femmes berbères sont plus libres. Et même chez les privilégiés : regarde le nombre de femmes d'affaires arabes, vs. berbères...