Avertissement.L’
Australie est un continent aussi vaste que l’Europe (hormis la
Russie). Visiter toute l’
Australie en un mois est impossible. Mon expérience ne concerne donc que la découverte de la façade est du pays, de
Melbourne à
Cooktown, façade où se trouvent la plupart des grandes villes et où vit l’essentiel de la population, de début janvier à début février 2016.
Un long voyage.L’
Australie, au départ de
Paris via
Shanghai, c’est plus de 20 heures de vol sans compter les heures en transit et à l’arrivée 10 heures de décalage horaire. Et autant au retour ! Autant dire qu’on ne part pas en
Australie pour une semaine, ni même pour 15 jours. Prévoir si possible un bon mois ou plus pour le voyage.
Conduire à gauche.
En
Australie on roule à gauche avec des véhicules équipés d’un poste de conduite à droite.
En théorie pour un Français c’est assez simple : il suffit de tout faire à l’envers. L’ennui c’est que, si vous avez pris l’habitude de conduire à droite pendant des années, il va vous falloir par un effort d’attention permanent, lutter contre des années de programmation de votre cerveau. De sorte que, tant que vous faites attention à chacune de vos manœuvres tout va relativement bien. Mais sitôt que vous vous laisser distraire ou que vous quittez la route des yeux, sitôt que vous vous fiez à vos habitudes ou à votre « instinct » droitier, vous risquez de faire une fausse manœuvre. La plus fréquente étant de conduire trop à gauche au risque de sortir de votre file voire de la route ou de heurter malencontreusement un trottoir ; la plus grave étant de recommencer tout naturellement à rouler à droite, en particulier après un changement de direction ou en quittant un stationnement, et donc de risquer un choc frontal avec un véhicule roulant en sens inverse. Sans compter les fréquents cafouillages entre clignotants et essuie glace et la tendance à chercher niaisement des yeux votre rétroviseur central sur votre droite où il n’est plus ! Résultat des courses : il est nerveusement beaucoup plus fatiguant de conduire à gauche, surtout en ville, pour qui n’y est pas habitué. Quant à passer en plus des vitesses avec un « joystick » situé à gauche c’est une difficulté supplémentaire inutile et franchement déconseillée. Adepte des boites automatiques, je ne me suis pas embarqué dans cette galère. Profitez donc de votre séjour en
Australie pour évoluer un peu vers une transmission automatique up to date qui, dans ces conditions, n’a vraiment que des avantages.
Enfin, bien que les Australiens soient en général des gens très sympathique, il se trouvera toujours sur la route quelques imbéciles pour ne pas comprendre que tous les usagers ne sont pas des Australiens du cru. J’ai choisi de faire fi de leurs stupides coups de klaxon rageurs.

Un pays où il fait bon vivre.
Ce n’est pas pour rien que
Melbourne est classée première ville du monde où il fait le meilleur vivre. C’est que
Melbourne est en
Australie au pays des gens les plus sympathiques du monde. Sympathiques parce que les Aussies sont en général communicatifs, aimables, polis, serviables et super bien éduqués. Ce qui fait que les incivilités et les fraudes sont pratiquement inexistantes, que les gens respectent spontanément les règles qui permettent de bien vivre ensemble sans râler, qu’on peut se promener de jour comme de nuit avec un sentiment de grande sécurité, que les équipement publics ne sont pas dégradés. Vous vous en rendrez compte en empruntant les transports en commun, en utilisant les toilettes publiques gratuites et propres qui ne font jamais défaut, les nombreuses fontaines publiques où vous désaltérer, les barbecues électriques publics mis gratuitement à la disposition de tous aux abords de certaines plages ou jardins publics. Le tout en très bon état parce qu’il ne vient à l’idée de personne de dégrader ce qui est utile à tous. Et ne croyez pas que c’est une surveillance policière qui en est la cause. Toute cette civilité vient de la source la plus sûre : de la conscience et de l’éducation mêmes des gens.
J’ai bien vu quelques SDF à
Sydney. Les Australiens aussi ont leurs problèmes. Mais personne n’a cherché à m’extorquer de l’argent. Sans doute parce qu’on pense à se débrouiller soi-même en travaillant avant de chercher à taxer quelqu’un ou la société. Dans les grandes villes on trouvera toujours des commerces ouverts. En
Australie, on cherche à s’enrichir en travaillant volontiers tous les jours, même le dimanche et même parfois la nuit.
Abus d’alcool déconseillé.
Question alcool, l’
Australie n’est pas un pays islamique. La vente et la consommation d’alcool n’est pas interdite. On trouve même de nombreux restaurants et magasins spécialisés qui en distribuent. Les Australiens boivent volontiers leur chope de bière à la terrasse des bars. Mais les pouvoirs publics ont tout fait pour encadrer strictement cette liberté et dissuader la consommation excessive d’alcool. D’abord en taxant l’alcool vendu à des prix généralement exorbitants ensuite en interdisant purement et simplement la consommation d’alcool dans de nombreux lieux publics et sur les routes enfin en en encadrant strictement la vente (impossible d’acheter la moindre bouteille de bière ou de vin au supermarché du coin). Dispositif parfois rasoir mais finalement efficace, puisqu’on n’est presque jamais confronté à des faits d’ivresse publique, notamment chez les mineurs et aux ennuis qui en résulteraient.
Attention aux prix.
L’
Australie pratique une « politique » de prix et de salaires élevés. Ce fait n’est pas grave pour les résidents dont les salaires sont ajustés aux prix, mais peut être gênant pour un visiteur un peu désorienté par certains prix en Dollars australiens. Il vous faudra donc mettre la main à la poche pour presque tout, en particulier pour l’alimentation et pour l’hôtellerie qui est en général plutôt chère ou, quand elle est moins chère, plutôt miteuse. Exception notable à cette règle : le prix très abordable du carburant et des locations de véhicules, si on sait louer malin mais attention aux prix des parkings et aux péages furtifs* dans les grandes villes. On apprécie aussi la gratuité des autoroutes et de l’accès à de nombreux équipements (piscines publiques, musées nationaux, jardins botaniques, et même quelques transports en commun).
* Je dis furtifs parce que les voies urbaines à péage de
Melbourne,
Sydney et
Brisbane, contrôlées des caméras automatiques, sont juste signalées par un affichage pas toujours très lisible il n’y a PAS de barrière de péage, celui devant s’effectuer a posteriori sur Internet ou par téléphone, sous peine de fortes amendes. Les voitures de location sont heureusement dorénavant équipées d’un système de paiement électronique entièrement automatique évitant ce risque.
Mais où sont passés les kangourous ?
Nous avons certes rencontré les nombreux ibis, perroquets et iguanes qui vivent dans les jardins publics, observé le vol impressionnant de milliers de chauves souris géantes au crépuscule, découvert en bord de mer de splendides pélicans et même un lion de mer près de l’
opéra de Sydney, assisté aux incroyables facéties des dauphins en mer de corail. Mais, faute de nous être enfoncés dans le bush, à l’intérieur du pays, en plusieurs milliers de kilomètres nous n’avons vu dans la nature ni serpents, ni crocodiles, ni koalas, ni kangourous (sauf quelques pauvres bêtes écrasées). Et il nous a fallu nous rendre au grand
Australia zoo à une heure de route au nord de
Brisbane (visite chère mais incontournable) pour y découvrir la faune locale et voir serpents et crocodiles mais aussi rencontrer des koalas et des kangourous adorables.
Nous avons pu visiter la
grande barrière de corail pendant une semaine de croisière à bord du Coral Expédition II basé à
Cairns pour nous immerger dans la féerie de ce merveilleux aquarium naturel débordant de vie. Il est souhaitable mais pas strictement nécessaire d’être plongeur pour découvrir cette merveille. La pratique du snorkelling encadrée par des naturalistes compétents permet déjà de contempler à loisir et sans risques toutes sortes de formes de vie et des paysages marins somptueux.
Difficile de ne pas devenir un peu philosophe pour s’interroger sur la raison qui pousse la nature à produire, sur plus de 2000 kilomètres, une telle abondance de vie et de beauté.
Au pays des méduses.
Notre périple s’est achevée au nord est de l’
Australie dans le
Queensland. Là règne la chaleur tropicale humide parfois étouffante de l’été austral. Là s’étend, au nord de
Cairns, la fameuse rain forest de
Daintree jusqu’au célèbre Cap tribulation où Cook faillit faire naufrage. Là serpente dans les hauteurs, de forets en cascades, l’exotique chemin de fer qu’est le
Kuranda scenic railway. Plus au nord encore la petite ville de
Cooktown présente l’unique intérêt d’être dédiée au navigateur éponyme dont l’image et la mémoire sont omniprésentes dans tout le pays.
Il y a aussi, de superbes plages de sable fin dont les eaux tièdes peuvent atteindre voire dépasser localement les 30°. Idéal direz vous pour s’y baigner nus ? Rêve auquel il vous faudra pourtant renoncer pour la double raison que la nudité sur les plages est formellement interdite dans le
Queensland et que, pendant l’été austral, la baignade y est formellement déconseillée voire interdite, à cause de l’invasion saisonnière de méduses urticantes voire venimeuses capables d’infliger de graves malaises aux baigneurs imprudents. Pour surmonter ce problème, certains sites touristiques ont implanté sur les plages des zones de baignade surveillées et protégées par des filets anti méduses... filets hélas finalement inefficaces. La seule parade réelle est, à
Cairns, la construction d’une généreuse piscine publique d’eau de mer jouxtant l’esplanade qui longe le front de mer et permettant de profiter gratuitement du soleil et de la baignade dans les eaux tièdes, dans des conditions de confort et de sécurité idéales notamment pour les enfants, sans oublier les toilettes, douches, barbecues électriques et tables de pique nique gratuitement disponibles à proximité. Une autre solution est tout simplement de prévoir, pour cette saison, une combinaison de bain ou de snorkleling anti méduses, seule protection efficace contre les piqûres des méduses... mais pas contre les morsures des redoutables crocodiles marins signalés à proximité de nombreuses plages. Attention !... De toute façon, même si vous échappez aux méduses, aux serpents et aux crocodiles, vous reviendrez quand même de ce pays « mordu ». Bon voyage.
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