Bonjour,
Je vous réponds d'un point de vue personnel, ayant vécu dans différents pays d'Afrique et m'étant moi même engagé dans des causes humanistes et altruistes.
L'engagement humanitaire se fait avant tout par la volonté et d'aider les autres, d'apprendre de soi-même et de faire un travail sur soi-même en se rendant utile.
Aussi en Afrique comme partout dans le monde, il existe beaucoup d'ONG ou d'associations a but humanitaires,
les plus importantes et les plus réputées, gèrent de gros dons et sont très organisées, elles offrent des postes avec logements et indemnités à des personnels très "pointus", ces indemnités sont toujours bien dessous des salaires équivalents en Europe ou en occident, mais parfois égaux ou supérieurs a ceux des pays en voie de développement.
De plus l'infrastructure d'hébergement et de vie est souvent bien au dessus de la moyenne locale.
Il est évident, qu'il y a plein de gens qui rêvent de gagner 1500 dollars d'argent de poche et d'avoir les voyages payés, ainsi que l'hébergement tout en pouvant se rendre utile a l'humanité...Mais ces places sont rares et difficiles a obtenir car il y a énormément de postulants, que les tests de recrutements sont drastiques, et que toute la bonne volonté du monde ne suffit pas, tant il faut avoir de réelles compétences et diplômes.
C'est comme cela que 90% des gens se disent prêt a faire de l'humanitaire.
Ensuite il y a de petites associations locales ou privés qui agissent pour des villages, ou dans la construction d'école, de puits, ou le développement de petits métiers, ces associations ne payent pas, ne logent pas, et sont souvent animées par leurs membres fondateurs et bienfaiteurs, il y en a beaucoup et individuellement je pense qu'elles ont plus d'impact que les grosses ONG.
Pour rencontrer ces associations, il convient d'être avant tout membre ou d'y aller de façon tout a fait autonome pour apporter son aide, soit sans salaire et en donnant de son temps, par conviction et altruisme.
Puis il y a des ONG ou associations qui n'en sont pas, qui proposent de payer pour effectuer des stages, et qui en réalité sont purement a but lucratif et sans incidences pour la qualité de vie de ceux qui souffrent, mais tout a l'avantage de ceux qui se servent de leur misère comme prétexte.
Mais surtout il y a des gens, totalement anonymes, qui aiment donner et partager par conviction, de manière anonyme, sans reconnaissance, juste par idéal et conviction, ceux qui s'émeuvent du regard d'un enfant, du sourire d'une mère, de l'humilité de peuplades dignes et conviviales, et qui se disent que si un peu de leur temps et quelques unes de leurs économies peuvent directement changer la vie d'une famille ou d'un individu sur terre alors il devient naturel de les offrir.
Toutefois il y a deux mots que je relève dans votre question et qui me font réagir...
Voyage et sécuritaire...
Le terme
voyage peut faire penser qu'il s'agirait de joindre l'utile à l'agréable, or souvent humanitaire rime plus avec misère, manque, dénutrition, mutilation, faim, orphelin ou épidémie. Je ne saurais que vous conseiller d'employer le mot mission ou le mot engagement, car il n'existe aucune vacances humanitaire, même si on peut ressentir du plaisir a se sentir utile aux autres, ce plaisir ne ressemble pas à de la gaité et laisse toujours des traces qui mènent normalement a l'engagement plus qu'a la reconnaissance.
Ensuite
sécuritaire est un mot très paradoxale, car l'humanitaire c'est partager la détresse de ceux qui justement ignorent ce qu'est la sécurité, il n'y a pas de sécurité particulière en dehors de recommandations et des connaissances des règles élémentaires d'hygiène que vous devrez observer.
Je me suis déjà engagé personnellement lors d'une épidémie de choléra à
Madagascar, je l'ai fait car l'épidémie a surgit dans mon village de brousse, il est amusant de voir alors les touristes fuir, ceux la mêmes, qui vous voyant vivre sur place vous traitent aisément de colons en fumant un pétard avec les rastas locaux et que la mort fait vite se réfugier a l'abri.
Il y a peu de choses a faire pour lutter contre le choléra, a part boire de l'eau saine, se laver les mains, bouillir les aliments pour éviter de l'attraper, et disposer d'antibiotique large spectre de glucose et d'aiguilles intraveineuses pour soigner.
Pour autant il faut désinfecter les puits artésien avec du chlore en cachette, enterrer les morts dans des fosses communes sans sépulture traditionnelle et les recouvrir de chaux avec l'aide de l'armée, transporter les malades dans son véhicule, voir des enfants mourir sans pouvoir rien faire parce qu'il n'y a plus d'aiguilles épicrânienne, entendre les râles de dizaines de personnes etc...
Pour la petite histoire, mon engagement ne m'a rien rapporté, pire même j'ai perdu la clientèle des hôtels et des touristes quand il est devenu officiel que mes véhicules avaient servis d'ambulances et de corbillard.
J'avais néanmoins des amis humbles, simples pêcheurs vezo, venus nombreux me saluer à mon départ définitif du pays quelques mois plus tard...Et je suis en paix avec ma conscience, j'ai fais tout ce que j'ai pu, mais sans aucun doute pas assez.
Mais toute ma vie je me souviendrais de ces râles, de l'odeur de la mort de corps entassés, de ces larmes et du regard dédaigneux des touristes bien pensants...
Je me suis un peu lâché, mais ca fait du bien.
Pour finir, pour aider l'Afrique, allez y, sortez des grands hôtels, transposez vous à la place des habitants locaux, respectez les et donner tout ce que vous avez en vous, c'est déjà pas mal...
Cordialement