Bonjour,
Merci pour ta précision : "Pas besoin d'organisme... Il est possible d'avancer dans la vie sans toujours avoir recours à des organismes!"
Mais ce sont des gens comme toi, qui pense pouvoir partir au bout du monde sans personne de référence en se prenant pour des 'sauveurs' et qui font bien du mal sur la terrain....
Hmm, c'est plutôt ta réponse qui me semble peu avisée, alors que tu ne connais même pas les raisons pourquoi j'y suis allée! Loin de moi l'idée d'arriver en sauveur, j'y suis même allé dans le but de me rendre compte moi-même du phénomène de quelconque «tourisme humanitaire», sur les motivations des gens et sur l'impact réel que cette pratique a dans les communautés d'accueil, souvent négatives. Ceci, dans le but d'un approfondissement sur le terrain de théories critiques de la sociologie du développement. Je te conseille donc de ne pas lancer de remarques du genre à la légère, c'est très insultant et pas du tout constructif.
Qui a parlé d'y aller «sans personne de référence»? Je parlais plutôt d'une absence de médiation d'organisme occidental, qui, très souvent, se fait dans une logique lucrative et suivant un plan de marketing, et à l'intérieur d'un paradigme de «développement» qui place la modernisation comme but ultime à atteindre, sans réellement tenir compte de l'expertise des gens de la communauté d'accueil, qui savent très bien comment s'en «sortir» (s'il y a véritable besoin de le faire, souvent leur manière de vivre est déjà très bien) par eux-même.
À Los Gorriones, il y a une personne de référence en la personne de Gil, le fondateur de la Casa, et de la personne qui l'aide à coordonner l'activité des bénévoles, qui sont là pour aider les éducatrices dans leur travail et offrir un peu d'énergie pour jouer avec les enfants. C'est lui-même qui demande à recevoir des bénévoles et les intègre pleinement dans le fonctionnement de la Casa, afin de pouvoir relayer un peu les éducatrices, qui font des quarts de travail de 12h chacune.
Il ne faut pas se leurrer : on ne change pas le monde en y allant, loin de là. C'est juste un bon moyen d'intégrer davantage une communauté qui n'est pas la nôtre, d'apprendre sur leurs manières de faire, leurs manière de vivre, de participer à un échange enrichissant. Et de passer un peu de temps avec des enfants formidables.
Donc personne a parlé de se prendre «pour des sauveurs». J'ai connu plusieurs Français qui y était dans cette optique, en prenant l'attitude : «je daigne donner de mon précieux temps, regardez comme je suis utile». Mais ce n'est pas l'attitude de tout le monde, inutile de généraliser stp.
Et puisque tu semble vouloir faire la morale sur la notion d'humilité, sache qu'une petite expérience comme celle-là en apprend beaucoup sur la petitesse du rôle que nous jouons sur cette planète ; nous comprenons que nous ne faisons pas grand différence, mais qu'il y a encore tant à apprendre des autres cultures, si riches et intéressantes.
Peut-être devrais-tu donc garder tes commentaires pour toi, ou du moins les étayer avec des arguments réfléchis et pertinents. Je comprend ton point de vue car j'en partage plusieurs aspects, mais tu n'es pas obligé d'annoncer ça comme si tu détenais la sagesse absolue. Un peu d'humilité ne ferais pas de tort...