Bonjour
Dans mon post précédent post j'avais mentionné le documentaire suivant : "De la brique à la ville à Hariharâlaya : considérations sur la première capitale angkorienne"
Avant de m'intéresser aux temples angkoriens, je n'avais jamais entendu parler de Harihara et de Hariharâlaya
Voici quelques explications
Hariharalaya première capitale angkorienne ?"Harihalaya ne serait pas la première capitale angkorienne" ("Angkor résidence des dieux" de Claude Jacques)En effet vers 790 apparaît Jayavarman II, fondateur de la royauté angkorienne. Ce roi n'a laissé aucun écrit (on n'en a pas trouvé à ce jour). Ce que l'on sait de lui est gravé sur une stèle du temple de Sdok Kak Thom (situé en
Thaïlande). Ce temple a été construit au XIème siècle. La stèle est datée de 1053
(1)
On sait donc que Jayavarman VII a occupé plusieurs capitales : Indrapura (A l'Est de
Kompong Cham) – Hariharâlaya (Roluos) – Amarendrapura (Ak Yum ?) puis Mahendraparvata : "la montagne du grand Indra", au Phnom Kulên. C'est à Mahendraparvata qu'en 802 il se proclama "empereur du monde". Il est ensuite retourné à Hariharâlaya où il est décédé.
802 est la date retenue pour le début de l'empire angkorien. On peut donc considérer que la première capitale angkorienne est
Mahendraparvata
Voir l'article de Philippe Stern "IV. Hariharâlaya et Indrapura". BEFEO année 1938, volume 38, pp. 175-198 :
www.persee.fr/...9_1938_num_38_1_4719
Le culte de Harihara
Le nom "Hariharalaya" provient de Harihara
Harihara est le nom donné à la divinité combinant les caractéristiques de deux dieux de la Trimurti hindouiste
(2) :
Hari fait référence à Vishnou et
Hara à Shiva.
Lorsqu'on fait face à la statue, on voit :
- A droite :
Vishnu qui est reconnaissable à sa mitre cylindrique, un disque qu'il tient dans la main
- A gauche :
Shiva qui tientun trident. Il est coiffé du haut chignon des ascètes, avec un croissant de lune.
On voit également sur son front son troisième œil.
Jean Boisselier (1912 – 1996, Membre de L'EFEO de 1949 à 1955) a écrit un article sous le titre Une tête angkorienne de Harihara" dans "les Arts asiatiques", année 1989, volume 44, Numéro 1 pages 44-49. Dans cet article J. Boisselier mentionne que l'on a depuis longtemps observé que le culte de Harihara paraissait avoir connu une exceptionnelle faveur dans le
Cambodge préangkorien. Des idoles et des sanctuaires de Harihara demeurent assez fréquemment mentionnés dans les textes épigraphiques jusqu'au règne de Sûryavarman II (1113 – 1150)
www.persee.fr/...8_1989_num_44_1_1257
Les sculptures de HariharaOn a trouvé quelques statues de Harihara.
- La photo représente Harihara. Cette statue a été découverte au cours de la Mission Etienne Aymonier (1882-83) dans l'Asram Maha Rosei (province de Ta Keo), On a pu estimer la date de cette statue en fonction de son style du Phom Da : fin VIème - VIIème siècle.
Cette sculpture semble être, en l’état actuel des connaissances, l’une des plus anciennes représentations khmères de Harihara,
- On peut avoir des explications très détaillées de cette statue dans le livre de Pierre Baptiste et Thierry Zéphir : "L'art khmer dans les collections du Musée Guimet".
- Voir également les explications sur le site du Musée Guimet (
www.guimet.fr
) dans Collections –
Asie du Sud-Est –cliquer sur la photo "Harihara".
- Voir encore le site de Vero...
veroeddy.over-blog.com/
Dans la partie
Cambodge, Eddy présente diverses sculptures du musée Guimet dont une représentation de Harihara avec quelques explications
La Trimurti BouddhisteVoici quelques explications. Sources : "Pour mieux comprendre
Angkor" de George Cœdès.
Jayavarman VII qui pratiquait le Bouddhisme Mahayana (ou Grand Véhicule) a créé, le "bouddharaja". Il a aussi créé la Trimurti Bouddhique composée de la manière suivante :
- Bouddha : sa représentation, probablement au Bayon
- Lokeçvara (Bodhisattva dans la bouddhisme Mahayana) : la représentation de son père, le roi Dharanindravarman II. Le Prah Khan, était destiné à abriter la statue de son père
- Prajnaparamita (mère mystique des Bouddhas, symbole de la Sagesse)
: la représentation de sa mère. Le Ta Prohm était son mausolée.
(1) La stèle de Sdok Кak Тhom
- L'inscription de Sdôk KAK Thom a été publiée par Etienne Aymonier, dès 1901, il a résumé et traduit partiellement ce texte.
- Louis Finot, en 1915, a donné la traduction complète de cette stèle sous le titre "Notes d'épigraphie". BEFEO année 1915, volume 15, numéro 2, pp. 1-135. Voir en particulier les pages 53 à 135 (XVI. L'inscription de Sdok Кak Тhom) p. 53 à 59. La traduction commence p. 77
www.persee.fr/...9_1915_num_15_1_5229
- George Cœdès et Pierre Dupont ont également écrit un article sous le titre Les stèles de Sdŏk Kǎk Thom Phnom Sandak et Práah Vihār. BEFEO année 1943, volume 43, numéro 1, p. 56-154 Voir :
www.persee.fr/...9_1943_num_43_1_5738
(2) La Trimurti hindouiste est composée des dieux suivants : Brahma, Vishnou et Shiva
Jacques
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