Jemaflor · 7 mars 2018 à 14:19 · 188 photos 77 messages · 20 participants · 15 728 affichages | | | | 7 mars 2018 à 14:19 Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 1 de 77 · Page 1 de 4 · 12 786 affichages · Partager
Boa Vista, Santiago, Fogo, Sâo Vicente, Santo Antão et Sal, voici les six îles au programme de ce récit de voyage au Cap-Vert. Un périple en bateau d'île en île... avec des découvertes à terre au gré des escales.De l'archipel du Cap-Vert, je n'avais qu'une vague idée, un petit pays composé d'îles éparpillées bien au large des côtes de l'Afrique de l'Ouest. En revanche, cela faisait longtemps que j'associais ces îles aux mélodies des chansons de Cesaria Evora... Et c'est sans doute elle, en grande ambassadrice du Cap-Vert, qui est à l'origine de mon envie d'en connaître un peu plus sur son « Petit pays ».Ce récit vous invite à une visite virtuelle particulièrement... visuelle ! De très nombreuses photos illustrent le texte.Alors prêt à embarquer ? Le cap est mis sur Boa Vista, la première île du périple...
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BOA VISTA, dunes de sable et désert de pierres
Une photo souvenir, celle d'une arrivée au petit matin en rade de Sal Rei, un petit port niché sur la côte de l'île de Boa Vista, notre première escale capverdienne. Le jour se lève à peine, les premières lueurs nous offrent un joli ciel teinté de rose orangé. Assurément une belle vision qui a tout pour vous mettre en forme pour débuter une journée de visites à terre et qui aussi, correspond parfaitement au nom donné à cette île :« Belle vue », « Boa vista » en portugais. C'est ainsi que s'étaient exprimés les découvreurs portugais en abordant l'île. C'était en 1456 et sans s'en douter ils venaient de baptiser définitivement le territoire.
Située la plus à l'est de l'archipel du Cap-Vert, Boa Vista se trouve ainsi à quelques 700 kilomètres des côtes de Mauritanie. Côté population, localement on ne se bouscule pas sur l'île, sa densité s'avère la plus faible des îles habitées de l'archipel, seulement 12 000 habitants vivent sur ce cailloux presque désertique. A l'époque coloniale portugaise et dès 1620, on exploitait ici le sol riche en sel. Un sel roi (Sal Rei, le nom de la ville principale en témoigne) pour assurer une certaine prospérité à l'île. Avouons tout de même qu'il n'y avait à cette période pas seulement le sel qui était exploité mais aussi la main d’œuvre, de pauvres esclaves déportés d'Afrique. Triste époque !
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Nous voilà partis sur une piste à la découverte de l'île. Une piste chaotique entre cailloux, terre, poussières et sable...
Du sable, sur Boa Vista, il y en a en quantité ! Sur une grande partie du littoral avec de belles plages mais également dans l'intérieur de l'île. Là, ce sont d'immenses dunes qui s'étendent entre affleurement de pierres et crêtes volcaniques. L'entrelacs de courbes est particulièrement photogénique comme le contraste, saisissant, entre la blondeur des dunes et la noirceur de la roche.
Quant à la végétation, elle est de plus en plus rare. Comment résister à l'avancée du désert ? Les racines effilées des arbustes tentent bien de s'accrocher mais la progression du sable alliée à la sécheresse les condamne inexorablement à une mort certaine !
La « sahélisation », on va à nouveau la constater en traversant la partie centrale de l'île comme ici à Fonte Vicent où nous arrivons. Il y avait là une vraie oasis avec un point d'eau, on y cultivait le maïs, les gombos (variété de haricots des régions tropicales) et des choux... mais la sécheresse a mis à mal ces cultures et le fertile lopin de terre semble aujourd'hui presque à l'abandon. Les chèvres errent à la recherche de très rares brins d'herbes totalement secs, même les palmiers n'ont plus fière allure...
Près de la piste un baobab trône avec ses fruits suspendus aux branches. Ces fruits appelés aussi « pain de singe » sont utilisés pour confectionner des confitures ou des punchs... la dégustation viendra un peu plus tard. Mais sur Boa Vista, il ne persiste plus que deux baobabs dont cet imposant spécimen. Alors pour la consommations des préparations à base de ces fruits les îliens en importent depuis le Sénégal.
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Sur une île tous les chemins, même les plus tortueux, mènent toujours à un rivage ! C'est bien le cas sur cette île arrondie d'environ 30 kilomètres de diamètre. La piste caillouteuse sur laquelle nous venons de rouler nous conduit d'abord à une saline, une longue étendue blanche qui s'étire en parallèle au cordon dunaire.
La voie se poursuit parmi un paysage « lunaire » longeant la côte est. Pas âme qui vive dans cet univers minéral balayé par le vent... enfin, si. Nous croisons une chèvre solitaire juchée sur un tas de pierre, elle semble scruter les alentours afin de dénicher du regard quelques touffes à brouter. On lui souhaite bon courage à cette brave biquette !
D'ici, l'horizon marin se dévoile, austère et esthétique. La mer est agitée et de puissantes vagues viennent se briser sur les falaises en contrebas. Entre les avancées rocheuses, des plages de sable épousent le tracé du rivage. Peu fréquentées par les touristes qui préfèrent s'amasser sur les plages plus hospitalières de l'ouest de l'île, elles ont séduit les tortues marines. Chaque année, elles viennent y pondre en masse. D'ailleurs ces rives sablonneuses sont devenues des aires naturelles protégées.
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Un peu plus au nord, la baie d'Ervatão est plus favorable au farniente et à la baignade, les vagues y sont moins fortes. Même si le soleil s'est recouvert d'un voile, la baignade me tente... car je n'oublie pas que 36 heures auparavant j'étais encore sous la grisaille hivernale de la région parisienne, autant profiter du bienfait de ces eaux à 20/22 ° C.
Encore des cailloux et de la poussière... avant de parvenir à un village aux façades particulièrement colorées. Cela contraste avec l'environnement minéral et presque monotone que nous venons de parcourir sur des kilomètres.
-- Suite récit --> message suivant | | | Annonce · Sponsorisé | | | À: Jemaflor · 7 mars 2018 à 14:30 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 2 de 77 · Page 1 de 4 · 12 777 affichages · Partager
La bourgade s'appelle Fundo das Figueiras, un lieu à ne pas rater lorsqu'on se rend sur l'île de Boa Vista. Cela ne m'étonnerait pas que l'on trouve pas mal de figuiers dans les environs mais là n'est pas le principal intérêt de la flânerie dans les rues du village. Non, ce sont surtout ces habitations arborant des couleurs vives qui attirent l'attention : rouge, vert, bleu, jaune, mauve et j'en passe !
En ce dimanche on côtoie petits et grands dans les ruelles pavées, les enfants jouent et les quelques adultes rencontrés palabrent entre eux. Les bistrots locaux sont des lieux où se font les conversations, et il n'en manque pas dans ce bourg d'environ 250 habitants... une vingtaine de troquets, rien que ça !
Quant à nous, il est l'heure de déjeuner, ce resto aux couleurs pimpantes nous accueille. Au menu, le repas traditionnel du Cap-Vert : un cachupa. Un ragoût concocté avec une liste d'ingrédients qui varie selon les légumes disponibles et la recette personnelle du cuisinier (ère).
Le plus souvent le plat se compose de : maïs, haricots rouges, choux, tomates, potiron, oignons et viande de porc... ce n'est pas de la grande cuisine mais une préparation simple agréable au palais. Mais avant de passer à table, l'apéro nous attend... et un petit punch baobab ! Un peu épais et sirupeux, j'avoue que je conseille d'y ajouter un peu de rhum local, voilà, c'est parfait pour la saveur et la texture !
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Rabil est l'autre bourgade à ne pas rater, elle fut même capitale de l'île. C'était autrefois, avant de céder la place à la localité voisine de Sal Rei. Les Autorités administratives l'ont voulu ainsi.
Construite sur les hauteurs qui surplombent, côté terre, l'unique vallée verte de Boa Vista... de Rabil le panorama s'étend sur une coulée verte composée de lopins de cultures et plantée de palmiers dattiers.
Côté ville, la vue se prolonge sur les habitations et l'on remarque le nombre important d'habitations en cours de construction. Ici et d'ailleurs dans toutes les îles du Cap-Vert, on construit progressivement, pièce après pièce, étage après étage, selon ses moyens ou selon l'agrandissement de la famille. La partie de la maison achevée étant toujours peinte à grand renfort de couleurs vives.
Quant aux belles demeures, spacieuses et joliment colorées, souvent elles appartiennent à des capverdiens résidents à l'étranger. Ils profitent de leurs (presque) cossues résidences lors du retour au pays, pour les vacances ou à la retraite.
La terre argileuse locale est utilisée depuis bien longtemps pour la fabrication de tuiles, de poteries et de céramiques. Et voilà que l'on reparle des tortues, devenues un emblème de Boa Vista. Non, non, n'imaginez pas que ces sympathiques tortues viennent pondre sur ces hauteurs mais on en trouve tout de même en nombre ici. Avec l'arrivée des visiteurs les artisans potiers de Boa Vista se sont ainsi mis à confectionner des tortues d'argile. Une bonne idée pour compléter leurs revenus. Quant à cette dame très appliquée (photo), j'ai bien l'impression qu'elle est en train de finir une tire-lire à l'image non pas d'une tortue mais d'un rondouillard goret !
Devant la fabrique d'objets en terre cuite, trônait cette surprenante décoration ? En fait, un arbre de Noël décoré de guirlandes confectionnées avec des bouteilles en plastique, un lampadaire faisant office de tronc, pour le moins une idée originale !
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Au Cap-Vert, tout commence et finit en musique... et sur l'île de Boa Vista on est fier d'être sur la terre d'origine de la fameuse « morna ». Ce style musical est naît ici sur cette île dans les années 20 et puis a été largement popularisé au-delà du Cap-Vert par Cesaria Evora, notamment. Des mélodies douces et tristes évoquant la nostalgie du pays et la partida (le départ, l'immigration). Sodade, sodade (1) ....
« Qem mostra' bo Ess caminho longe? Quem mostra' bo Ess caminho longe? Ess caminho Pa São ToméSodade, sodade, sodade.. »
« Qui t’a montré Ce long chemin ? Qui t’a montré Ce long chemin Ce chemin Pour São Tomé ? Mélancolie, mélancolie, mélancolie... »
[ Les chansons citées dans ce récit peuvent être écoutées et vues... les liens numérotés vers « You Tube » sont rassemblés à la fin du récit, donc après la 6 ème île du périple]
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Suite du récit, île de Santiago --> message suivant | | | À: Jemaflor · 7 mars 2018 à 14:44 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 3 de 77 · Page 1 de 4 · 12 768 affichages · Partager SANTIAGO, à la découverte de l'histoire du Cap-Vert
L'île de Santiago est la plus grande (env. 55 kms sur 27 de large) de tout l'archipel capverdien, c'est aussi la plus peuplée avec ses quelques 300 000 habitants, en fait cela correspond à plus de la moitié de l'ensemble de la population du Cap-Vert.
Au sud de l'île, une large baie abrite la capitale administrative du pays, Praia ; et à seulement une bonne dizaine de kilomètres de là, on peut découvrir avec intérêt les vestiges de l'ancienne capitale, Cidade Velha. Une ville qui à l'époque coloniale portugaise s'appelait Ribeira Grande.
Ainsi, la seconde escale de notre périple sera principalement consacrée à la découverte du patrimoine de l'île de Santiago. Nous sommes à quai, prêts à mettre pied à terre pour en découvrir un peu plus sur le passé de l'île et de l'archipel.
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Depuis ce point de vue élevé nous surplombons la vallée verdoyante de la Ribeira Grande. Une large échancrure sinueuse entaillant un plateau aride, un lieu qui prend l'allure d'un canyon dont le fond est tapissé de verdure : des cultures en terrasses, maïs et canne à sucre et puis, près du lit du cours d'eau, des parcelles de cultures maraîchères. C'est à l'embouchure de cette vallée fertile qu'a été bâtie l'historique capitale coloniale, un lieu qui n'avait donc pas été choisi au hasard.
De cet autre belvédère, on domine l'ancienne cité et une partie des falaises alentour. Autre avantage du site, il y avait là des conditions idéales pour y construire un port bien accessible. Fondée dès 1587, Ribeira Grande avait à l'époque tout d'une grande. Un port où se pressaient les navires marchands en provenance d'Europe, d'Afrique et d'Amérique. Les affaires étaient florissantes : matériels, denrées alimentaires et... commerces d'esclaves ! Un fait que l'on ne peut passer sous silence, souvent à la base de la réussite commerciale mais surtout la honte de cette époque !
On aperçoit au cœur de la cité les ruines de la grande église de cette période. Des vestiges entourés de nombreuses nouvelles constructions dont beaucoup sont en chantier, le gris des parpaings attriste un peu l'esthétique du panorama.
Les dimensions gigantesques de cette cathédrale, dorénavant à ciel ouvert, témoigne de l'ambition des colons portugais pour cette cité. Et dire qu'à la période de sa construction en 1556 il n'y avait qu'environ 500 habitants dans la localité ! Mais rien n'était top grand pour Ribeira Grande, la première ville de la première île de la première colonie conquise par les Portugais sous les tropiques.
Grandeur et décadence... Une Ribeira Grande si prospère ne pouvait qu'attirer la convoitise des pirates des mers. Un certain Francis Drake attaqua la ville en 1585 accompagné d'un millier d'assaillants, rien que ça ! puis ce fut au tour de Jacques Cassard, lui aussi pirate de son état, de partir à l'assaut de la capitale insulaire. Saccages, pillages, incendies et meurtres... bien entendu, la ville a eu du mal à résister et la cathédrale aussi. Il faudrait, paraît-il, quelques 22 millions d'euro pour restaurer cet édifice... encore beaucoup trop pour les finances du pays qui a bien d'autres investissements à réaliser par ailleurs. Certes, la ville est classée au patrimoine mondial de l'Unesco mais ce n'est pas suffisant pour obtenir les aides indispensables.
Devant les assauts des pirates, les colons ont essayé de résister. Sur les hauteurs une forteresse a été édifiée après le passage du terrible Cassard. Un Fort São Filipe qui lui a été restauré il y a quelques années avec des pierres de l'île (il n'en manque pas dans ces terres volcaniques) et des pierres plus claires importées du Portugal. Ainsi remis en état la visite du fort s'avère instructive. On y découvre au milieu de l'enceinte, les fondations de la résidence du Gouverneur, de la poudrerie et de l'indispensable réserve d'eau située sous le dôme.
Des canons sont encore en place mais les astucieux pirates les avaient mis hors service : il suffisait de couper les barres métalliques latérales pour qu'ils deviennent impossible à fixer sur leur support d'origine... les assaillants pouvaient partir sans la crainte de recevoir un déluge de boulets.
Autre témoignage du passé colonial de la ville : le pilori. Une colonne de marbre clair trônant au centre de la place, près du rivage. Douloureux souvenir que celui qu'il évoque. C'est ici que les esclaves « récalcitrants » (mais peut-on accepter cette condition si inhumaine ?) étaient attachés à ces anneaux avant de subir de terribles châtiments corporels.
Bon, après une telle vue et ce qu'elle laisse imaginer avec effroi... allons prendre l'air près du rivage. Changeons d'ambiance !
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Des pêcheurs sont au travail, l'un hilarant tire son filet un autre donne un coup de pinceau à la coque de son bateau... jolies, ces teintes vives sur cette coque et comme si l'on était pas avare de couleurs, en fond de cadrage, il y a aussi ce linge étendue qui apporte son lot de nuances complémentaires. Gentiment ces pêcheurs acceptent que je les prenne en photo. C'est ainsi au Cap-Vert, on est le plus souvent bien accueilli, les gens sont chaleureux, un sourire sur fond de musique.... sans doute, c'est cela la « Morabeza », la fameuse hospitalité à la capverdienne.
Quelques autres scènes de la vie quotidienne fixées sur ma carte mémoire et me voici traversant le lit de la Ribeira Grande... totalement à sec. Il y a même un terrain de foot improvisé sur la terre battue et rebattue.
Flânons rua de Banana, elle longe le cours d'eau asséché. C'était la première rue de la cité coloniale, on y voit encore quelques habitations traditionnelles aux toits de chaume. Certaines sont à vendre et à restaurer, une info pour intéressés d'autres sont habitées et pour la population locale c'était semble-t-il jour de lessive.
Passons par une ruelle à gauche puis bifurquons sur la droite avant d'arriver à l’ église catholique Nossa Senhora de Rosario, édifiée en 1495. De style gothique, une architecture très rare en Afrique subsaharienne, ce serait même la plus ancienne. Il n'y a pas que la population locale qui s'y rassemblait pour prier, d'illustres navigateurs tels Vasco de Gama en 1497 lors de son voyage vers les Indes ou Christophe Colomb en 1498 lors de son troisième voyage vers les Amériques s'y sont également recueillis.
Un édifice dont l'intérieur est joliment décoré d' azulejos, juste à gauche du porche d'entrée, la petite chapelle de style manuélin constitue l'élément fondateur de ce lieu de culte.
Grandeur et décadence.... j'écrivais plus haut. Des pillages successifs, des destructions puis des années de sécheresse... il n'en fallait pas plus pour précipiter le déclin et la fin de la prospérité de cette capitale. Fini donc le rayonnement de Ribeira Grande devenue bourgade en perdant son rang de capitale au profit de Praia. Fini également le temps de l'esclavage, comme quoi le déclin a parfois des aspects particulièrement positifs.
-- Suite récit --> message suivant | | | À: Jemaflor · 7 mars 2018 à 14:56 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 4 de 77 · Page 1 de 4 · 12 762 affichages · Partager Quittons la cité historique de Ribeira Grande pour rejoindre la capitale actuelle de la république du Cap-Vert, Praia et son agglomération de 170 000 habitants. Nous y arrivons en traversant les quartiers résidentiels qui dominent la baie. Se succèdent ici quelques villas et résidences de belles allures, nous sommes dans le quartier des notoriétés de l'île et des ambassades étrangères. Un secteur de la ville en pleine expansion vers la corniche mais aussi qui avance sur la mer.
De ce point de vue on perçoit à travers la brume le site d'un gigantesque chantier. Celui de la construction d'un casino et d'hôtels... le projet prévoit à terme de combler de terre (et de constructions évidemment !) le bras de mer entre la côte et l'îlot. Pour de tels travaux, ce sont des entreprises chinoises qui sont à l’œuvre, sans oublier de citer les investisseurs, chinois aussi.
La grande plage de Quebra canela visible en avant-plan sur la vue panoramique est plus calme, presque déserte en ce jour de semaine, en observant attentivement le sable je ne devine qu'une seule personne très zen sur la gauche, allongée face au soleil, les bras étendus.
Le quartier du Plateau sur les hauteurs de la corniche constitue le centre historique de la capitale. Elevée sur la falaise une haute statue de bronze trône aux côté du drapeau du Cap-Vert : un hommage au grand navigateur portugais Diogo Gomes qui a découvert en 1460 cette île de Santiago.
Le style architectural des bâtiments du quartier est typique de l’architecture coloniale portugaise : l'hôtel de ville sur la place centrale, la caserne militaire et à quelques pas de distance, l'élégant Palais présidentiel du XIXe siècle entourée d'une remarquable pelouse parfaitement verte... le seul vrai gazon que j'ai vu durant tout le périple dans l'archipel, présidence oblige !
Passons la place Albuquerque et empruntons l'avenue piétonne qui la prolonge... peu à peu un brouhaha se fait entendre, de plus en plus puissant à mesure que l'on approche d'un des lieux les plus animés de la ville, le marché central. Le son a précédé l'image. En pénétrant sous cette halle, on découvre des monticules de fruits et de légumes : des bananes aux papayes, des choux aux salades, des patates douces aux carottes, des lentilles aux grains de maïs, des tomates aux oignons particulièrement en nombre en cette période, c'est la pleine saison !
Des étalages aux couleurs vives qui font concurrence aux robes chamarrées des vendeuses qui toutes portes autour du cou... un badge officiel, celui de vendeuses patentées comme des employés d'usines de haute technologie. Amusant contraste entre l'ambiance africaine très décontractée d'antan et ces badges très contemporains.
Souvent Santiago est décrite comme l'île la plus africaine de tout l'archipel, par les origines de sa population mais également par son ambiance qui évoque celle de l'Afrique noire. Il faut se promener vers l'autre marché de Praia, celui de Sucupirapour être immergé dans une atmosphère typiquement africaine. Là, on y trouve vraiment de tout et même encore plus : des produits frais, des ustensiles, des récipients, des chaussures, des tissus et des tailleurs, des minuscules salons de beauté ou de coiffure... j'y ai même vu quelques porcelets à vendre, ils étaient blottis à l'étroit dans une bassine.
Le secteur vêtements de ce grand bazar est copieusement fourni en habits souvent en provenance de l'étranger. Ce sont les familles capverdiennes, des USA par exemple, qui expédient des vêtements de marque ou d'occasion. Entassés dans des bidons arrivés en cargo, ils alimentent les étalages où ils s'amoncellent et question prix, on y fait paraît-il de bonnes affaires.
Les vendeurs et les acheteurs se faufilent entre les passages étroits qui séparent les étals, on se salue, on palabre et on sourit... comme ces enfants qui se sont prêtés avec amusement au jeu des portraits photos.
A ces sourires, j'ai envie d'y ajouter quelques notes de musique entraînante, une des coladeira très dansante de Cesaria Evora et qui a pour thème un pays africain cher aux Capverdiens... Angola, Angola... (2)
« Ess vida sabe qu'nhôs ta vivêParodia dia e note manchéSem maca ma cu saburaAngola, Angola ».
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Suite récit, île de Fogo... --> message suivant | | | À: Jemaflor · 7 mars 2018 à 15:12 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 5 de 77 · Page 1 de 4 · 12 759 affichages · Partager FOGO, l'île de feu et de lave
Après une navigation nocturne se profile au petit jour la silhouette d'une des îles les plus surprenantes de tout l'archipel, une île qui est en fait un volcan. Toutes les îles du Cap-Vert sont certes d'origine volcanique mais à Fogo, le volcan reste toujours actif ! L'histoire de l'île est ainsi émaillée d'éruptions successives qui ont régulièrement affolées ses habitants et pourtant, ils demeurent nombreux à être attachés à leur île. Car c'est bien connu, les versants des volcans possèdent des terres fertiles favorables aux cultures, là est sans doute une de leurs raisons de rester sur Fogo. Ils sont donc quelques 37 000 habitants à résider sur cette île-volcan de forme arrondie (25 kilomètres de diamètre) dominée par le Pico do Fogo, point culminant de l'île et de l'archipel avec ces quelques 2829 mètres de haut. Bien sûr, c'est pour la découverte du volcan et de sa caldeira que les visiteurs viennent à Fogo... et il en est de même en ce qui me concerne.
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Mais auparavant faisons un tour en ville. Ici, la principale localité s'appelle São Filipe, une agglomération construite entre la mer et le versant ouest du volcan.
Une petite ville coquette où les constructions s'étagent à flanc de collines. Quelques belles demeures datant de l'époque coloniale portugaise, des « sobrados », avec étage et balcons, ont été restaurées, certaines étant transformées en résidences hôtelières de charme. Elles appartenaient autrefois aux riches propriétaires ou aux commerçants installés à Fogo.
D'autres sobrados quant à elles auraient un grand besoin de travaux d'entretien et de restauration pour l'instant, elles attendent les bienfaiteurs. En tout cas, la plupart des façades, simples ou anciennes habitations, arborent de plaisantes teintes particulièrement vives. Apparemment on ne lésine pas avec la peinture en ces lieux. La mairie est parée de bleu comme l' église et ses deux campaniles (fin XIXe), le tout s'harmonisant avec la tonalité bleue du ciel et de la mer.
Au détour d'une place et d'une ruelle en pente, on déambule dans la principale artère commerçante de la ville avant d'arriver à l'incontournable marché local, une nouvelle fois le lieu le plus animé de la cité. Je ne vais pas faire l'énumération de tous les fruits et légumes locaux qui s'entassent sur ces étals bien achalandés cependant je vais tout de même en citer seulement deux, des vraies spécialités de l'île.
D'abord, les crémeux fromages au lait de chèvres (en bas et à droite sur la 1ère photo de marché), ils sont présentés ici entourés de feuilles de sisal, ensuite évoquons le café local que me propose ce sympathique vendeur.
Bien que l'on m'ait vanté la saveur incomparable de la production locale, un des trois meilleurs cafés du monde, paraît-il... je suis désolé mon bon monsieur, mais vous n'avez apparemment que des grains verts à me vendre ! Aussi, j'attendrai de dénicher un peu plus tard des grains de café torréfiés prêts à moudre, ce sera plus simple à déguster une fois de retour de voyage.
Plusieurs ruelles pavées et pentues mènent vers le front de mer qui domine une longue plage de sable noir, l'origine volcanique ne fait pas doute, nous sommes bien au pied d'un volcan.
A deux pas (enfin un peu plus quand même !), se situe le musée municipal. Des collections d'objets de la vie d'antan sur Fogo y sont exposés. Un beau cadre pour ce musée, la maison coloniale est élégante avec étage, balcons et cour intérieure. Et voilà que l'on reparle du volcan... avec notamment une reproduction miniature en relief de l'île et de son cratère. Les coulées de lave y figurent et pour chacune des différentes éruptions, elles sont identifiables par des teintes distinctes. Certaines ont même débordées de la cuvette de la caldeira, coulant sur le versant est du volcan jusqu'à la mer. Impressionnant !
Histoire de mieux comprendre les conséquences des éruptions pour la population, il y a aussi une projection vidéo. Elle nous montre quelques vues filmées lors de la dernière importante éruption, celle de fin 2014. Et de voir l'évacuation des villageois devant l'avancée de la lave incandescente. Impressionnant, bis !
La vue de toutes ces évocations concernant l'activité volcanique de Fogo a pour effet de nous rendre encore plus impatients d'aller voir de plus près le volcan.
Trente cinq kilomètres de route en lacets séparent la ville de São Filipe du cratère du fameux volcan.
Ça y est, enfin, nous sommes sur la route ! Des faux plats, des montées, des virages et puis un dernier hameau au pied d'une ancienne coulée de lave. Plus que quelques kilomètres de route pentue et nous parvenons à l'endroit où la crête du volcan (à env. 1500 m d'altitude) présente une échancrure : le panorama y est d’exception !
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Suite du récit --> message suivant | | | À: Jemaflor · 7 mars 2018 à 15:29 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 6 de 77 · Page 1 de 4 · 12 756 affichages · Partager
La vue est grandiose sur ce paysage austère et pourtant si esthétique. Devant nous s'étend un immense champ de rochers, de pierres et de lave... un paysage à l'allure « lunaire » dominé par le cône volcanique régulier du haut Pico do Fogo (2829 m). La vision de plusieurs bouches volcaniques situées au pied du pic complète cette vue à couper le souffle. Je sais, l'expression est commune mais c'est bien ce que l'on ressent en observant cet étonnant panorama. De plus, avouons que nous sommes chanceux avec les conditions météos du jour : grand soleil et température agréable. Pas de brume ni de vent, c'est vraiment idéal. Une telle luminosité fait ressortir les teintes des roches et des cendres volcaniques : la palette est variée passant du noir au rouge avec des tonalité grises et beiges... superbe !
Il faut imaginer ce site il y a plusieurs milliers d'années. En ces temps reculés, ce volcan formait un dôme s'élevant à près de 3500 mètres de hauteur. Puis à la suite d'un effondrement de la chambre magmatique son sommet s'est abaissé d'environ 700 mètres. C'est ainsi que s'est constitué le relief de cette caldeira de Chã dascaldeirasque nous avons sous les yeux. Un vaste plateau de 8 kilomètres de diamètre bordé par une paroi presque verticale de 1000 mètres de haut, la bordeira.
Une piste contourne les champs de lave du centre de l'immense caldeira, elle a été tracée au bas du rempart montagneux que forme la bordeira. Le début de la piste est une voie pavée puis très rapidement elle chemine sur les cendres volcaniques.
En progressant sur cette trace poussiéreuse, on remarque ça et là, les différentes textures de lave : - les laves cordées, très fluides lors de la coulée, en refroidissant elles se figent en prenant l'aspect d'une succession de bourrelets. - les laves dont la surface chaotique est hérissée de blocs basculés. Deux principaux aspects qui varient selon le type d'éruption et également selon la teneur en silice du magma expulsé des entrailles de la terre.
Autre aspect qui saute aux yeux, le contraste de teintes entre les différentes coulées : les plus récentes sont d'un noir soutenu alors que les plus anciennes tirent vers le brun.
Ici, nous longeons maintenant une étendue de lave noire... celle de la dernière grande éruption de novembre 2014 à février 2015. Un flot de magma s'est ainsi répandu sur une grande partie de la caldeira et sur les habitations de deux villages. Car cela peut surprendre mais ce cratère qui paraît si inhospitalier est habité depuis bien longtemps. Près de 70 % des habitations des villages de Portela et de Bangeiria ont été alors submergés, engloutis ou entourées puis finalement figés par les coulées de lave ! Autant dire en résumé que ces villages où résidaient 1700 habitants ont été dévastés mais heureusement, la population locale avait été évacuée à temps vers la ville de São Filipe !
Arrivé sur le site d'un des villages rayés de la carte, la vision est effarante. On voit les vestiges des maisons piégées par le magma avec en fond l'austère muraille que constitue la paroi intérieure de la caldeira.
Sur une des maisons en partie épargnée, la coulée maintenant immobile semble dévaler comme un torrent depuis le toit vers la terrasse ! De la chapelle du village n'émerge plus que la partie haute du fronton !
Mais finalement ce qui surprend le plus est sans doute de voir que ces deux villages sont en reconstruction. Les autorités ont bien essayées de dissuader les villageois de reconstruire ici leurs habitations mais le désir et l'attachement à ce lieu si original s'est avéré plus fort... On souhaite bon courage aux propriétaires pour trouver un assureur acceptant de leur proposer un contrat les assurant contre les risques naturels... une mission impossible, bien sûr !
Et si certains reconstruisent de simples habitations en béton et parpaings d'autres conservent en partie le style architectural de l'habitat traditionnel des « funco » :des cases circulaires bâties en pierres et couvertes souvent d'une toiture en chaume.
Mais que peuvent bien espérer les gens qui s'établissent à nouveau ici ? De quoi peut-on vivre sur ces cendres au pied du volcan ? Il y a en fait deux raisons principales : l'accueil de visiteurs attirés par les randonnées autour du volcan et puis la culture de la vigne et d'arbres fruitiers, ce sol de cendres s'avère très fertile.
Côté tourisme, voilà la première résidence construite sur la dernière coulée de lave de 2015. Les vacanciers randonneurs peuvent s'élancer, accompagner de guides locaux, dans l'ascension du Pico do Fogo, 6 heures de course et/ou arpenter le sol lunaire de la caldeira... Un détail à propos de ces constructions sur la lave, parfois paraît-il, on entend des craquements, c'est le sol qui s'affaisse un peu ! Pas facile donc de faire de profondes et solides fondations sur un tel terrain.
Côté viticulture, le sol de cendres volcaniques s'y prête avec le climat idéal entre ensoleillement et humidité. On produit ici du vin, le Manecon, rouge, rosée et blanc, il y en a pour tous les goûts. J'ai dégusté avec plaisir le « Chã », un vin blanc sec savoureux au palais. Les pieds de vignes rampantes sont éparpillés parmi les champs de lave. Il y a même une cave qui assure la vinification. Elle est construite au milieu de ce très original vignoble, à l'écart des coulées de lave. Quant à ce mur blanc qui contraste avec le noir du magma refroidi, il reste l'unique témoignage de l'ancienne cave viticole des villages disparus.
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Le moment est venue de quitter Fogo. Nous sommes à bord et les vagues viennent déjà lécher le hublot. Une longue traversée nous attend, nous allons mettre le cap sur l'île de São Vicent, à l'autre bout de l'archipel vers une de ces îles du Cap-Vert dites « au vent ». Et le vent, fréquent en cette période des mois de notre hiver de l'hémisphère nord, il ne va pas se gêner pour agiter la mer, provoquer des vagues, de la houle et des creux... vous l'avez compris, on a été pas mal secoués lors d'une nuit continuellement entrecoupée de nombreux réveils ! Allez, j'aurai préféré être bercée par une mélodie plus plaisante d'une des chansons de Cesaria Evora comme : Bia Lulucha... (3)
« Ta bai, ta bai, ta bai Fogo e BravaM'ta passa pa Mindelo.... »
« Je pars pour Fogo et BravaEn passant par Mindelo.... »
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Suite du récit, île de São Vicente --> message suivant | | | À: Jemaflor · 7 mars 2018 à 15:48 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 7 de 77 · Page 1 de 4 · 12 751 affichages · Partager SÃO VICENTE et le souvenir de Cesaria Evora à Mindelo...
Lueurs matinales dans la baie de Mindelo, le soleil se lève sur l'île de São Vicente entre nuages et contreforts montagneux. La mer est enfin devenue calme, encore quelques minutes, le temps de fixer les amarres au quai et nous serons sur la terre ferme. Une escale que j'attendais avec impatience, je le reconnais. Cela faisait longtemps que j'ai entendu évoquer cette île et cette ville dans les chansons de Cesaria Evora... des lieux chers à son cœur, en effet, elle a débuté ici sa carrière comme chanteuse dans les bars du port et c'est dans cette localité qu'elle a vécu, entre ses tournées internationales. Bon, l'île ne se résume pas seulement aux souvenirs de la « Diva capverdienne », le tour de l'île que nous débutons nous le montrera.
C'est probablement un des meilleurs points de vue sur l'ensemble de la baie. En effet, depuis cette colline le panorama s'étend du port à la ville pour se perdre ensuite dans les versants montagneux du centre de l'île.
A l'entrée de l'anse, comme une sentinelle, un îlot rocheux sert de vigie. Sur cet « Ilhéu dos Passaros » (l'île des oiseaux), il n'y pas seulement des volatiles marins mais également un phare : une petite tour blanche accessible par un escalier blanc, lui aussi.
Le Porte Grande a connu ses heures de gloire au temps de la colonie portugaise. L'escale était appréciable sur la voie maritime entre Europe, Afrique et Amériques. Les échanges commerciaux allaient bon train (bien le mot... pour des affaires transitant par transport maritime !) et assuraient la prospérité de Mindelo. Et puis, il y avait de l'ambiance sur les quais de la ville : celle des ports avec bons nombres de bars et d'établissements où les marins en escale faisaient la fête. De nos jours l'activité portuaire a un peu diminuée... on aperçoit même quelques épaves de bateaux sombrant le long du rivage, un témoignage du passé. Mais le port de São Vicente demeure aussi une escale pour les plaisanciers qui s'aventurent dans une traversée de l'Atlantique.
De ce belvédère, la vue est également imprenable sur toute la ville et ses constructions, un assortiment disparate entre bâtiments à étages et habitations plus traditionnelles et également entre béton gris et façades multicolores. Mon regard se concentre sur un attroupement que l'on aperçoit sur la jetée au bas de la photo. Ce ponton est situé face au marché aux poissons, c'est là que les pêcheurs débarquent leurs marchandises fraîchement pêchées, allons-voir.
Comme dans les précédentes îles, nous avons déjà pu voir beaucoup d'étalages de fruits et légumes dans les marchés locaux, ici, c'est donc le marché aux poissons auquel je vais m'intéresser. Les poissons sont abondants dans les eaux littorales de São Vicente, ils le sont également sur les étals.
Des thons, des maquereaux, des mérous et autres rougets... là, ce sont des œufs de poissons qui débordent d'une bassine, pas du caviar, il n'y a pas ici la clientèle fortunée pour en acheter.
A quelques mètres sont empilés des poissons séchés.... L'île étant une ancienne possession portugaise et aussitôt je fais l'amalgame, c'est peut-être le traditionnel « bacalao ». Et bien non ! La morue est un poisson des mers nordiques froides, le prix de son acheminement jusque sur ce lointain territoire la rendrait souvent inaccessible à bien des capverdiens !
Quittons les halles en passant par le secteur des fruits et légumes pour nous retrouver à l'extérieur sur une place où se trouvent d'autres commerçants. Ils y vendent des produits probablement en provenance de l'étranger, envoyés par des capverdiens partis hors de l'archipel : des vêtements d'occasion et aussi des vélos. L'un d'entre eux (vélo) est décoré d'un drapeau aux couleurs des USA, c'est vendeur et sans doute, il en arrive.
Quelques jolies fresques en céramique décorent la place comme ces statues. Elles évoquent le travail et la vie quotidienne à l'époque de la colonie. Dans toute la ville, de nombreux bâtiments témoignent par leur architecture de l'ancienne présence portugaise sur l'île.
Sur le port il y a une reproduction, en moins imposante, de la célèbre Tour de Belem de Lisbonne et dans la grande rue de Lisbonne, en plein centre, plusieurs maisons typiques de l'époque ne passent pas inaperçues.
Une rue qui débouche sur l'élégant ancien Palais du Gouverneur, remarquable avec ses grilles et sa façade rose bonbon. Ah, j'allais oublier ! Rue de Lisbonne il y a (encore !) un marché de fruits et légumes... très bel intérieur avec son élégante architecture et sa coursive bordée de boutiques, presque un centre commercial.
Près de la Mairie, nous passons maintenant devant l'église catholique Nossa Senhora da Luz, Notre Dame de Lumière, sainte patronne des lieux. Une architecture du 19 ème sous la lumière des rayons du soleil. Voilà que me revient en mémoire une des chansons de Cesaria dans laquelle elle évoque cette sainte patronne...
« Quem q'oiáSão Vicente di longeCa ta imagináQui tromente nô ta passá....Nossa Senhora da Luz ta companhóneSenhor São Vicente ta guióneQuê nô tem fê d'salvá um dia »
« Qui voitSão Vicente au loinPeut imaginerLes tourments que l'on peut endurer...Notre Dame de Lumière nous regardeSão Vicente, Seigneur Protecteur, est notre guideNous avons la foi qu'un jour nous serons sauvés »São Vicente di longe : Cesaria Evora (5)
Poussons la flânerie dans les rues du centre jusqu'à la Place Amilcar Cabral, du nom du père de l'indépendance du Cap-Vert (en 1975). Cela pourrait paraître un manque de respect à ce grand homme de la nation mais la plupart des habitants appellent toujours les lieux : la nouvelle place.
A une extrémité de cette place, pas si nouvelle que ça, un bâtiment en impose. Son architecture n'évoque pas le style colonial portugais mais plutôt un aspect « British » (fin 19 ème). En effet, durant une période, le Portugal a été sous influence anglaise et la colonie du Cap-Vert également. L'habitation où l'on menait grande vie était celle d'un riche banquier devenu ensuite député à Lisbonne. Très généreux et il en avait les moyens, il fit don par la suite de ce bâtiment pour y établir le premier lycée de l'île, un beau geste, c'était en 1917. Comme on peut le constater sur la photo, ce n'est plus de nos jours un lycée mais le Centre National d'artisanat et de design. Mindelo a toujours été une ville ouverte sur le monde avec son port qui recevait des navires en provenance des différents continents et Mindelo est également une ville de culture avec ses artistes, écrivains, peintres et musiciens... C'est un autre atout en faveur de Mindelo qui rivalise ainsi avec la vraie capitale du pays, l'administrative et officielle Praia, située sur l'île de Santiago.
Cette place Cabral est fréquentée surtout en fin de semaine, les habitants de la ville s'y donnent rendez-vous en famille ou entre amis, on y discute à l'ombre et/ou on y prépare ses sorties festives.
Le carnaval est La principale fête de l'île et sur São Vicente, il prend une allure très brésilienne. Il faut imaginer autour de cette place et dans les rues adjacentes, la ferveurs des participants dansant sur des musiques très rythmées.
Dans une cour intérieure, juste en face du marché aux poissons, on a pu avoir un tout petit aperçu des décors de carnaval... ceux des années précédentes. Entassés en vrac, il y avait là quelques éléments de décoration des chars du défilé. Au centre de la cour un des décors est mis en valeur, exposé en totalité.
En dehors de la période carnavalesque, il faut un peu d'imagination pour penser aux travaux de préparations qui s'effectuent dans les ateliers, à l'abri des regards : fabrication de chars décorés, de costumes plein de couleurs et de paillettes, répétitions de chants et de danses... De longues heures de travail avant la mise en lumières lors du prochain carnaval. Saõ Vicente est réputé pour grand défilé de carnaval capverdien... avec une touche d'ambiance brésilienne ! Comme le chantait Cesaria dans Carnaval de São Vicente (6)
«São Vicente e um brasilinChei di ligria chei di corNes tres dia di loucuraCa tem guerra e carnaval... »
« São Vicente est un petit BrésilPlein de joie et de couleurs Au cours de ces trois jours sauvages Il n'y a pas de bagarre, c'est le carnaval Une jubilation, à ne trouver nulle part ailleurs »
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Suite récit --> message suivant | | | À: Jemaflor · 7 mars 2018 à 16:08 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 8 de 77 · Page 1 de 4 · 12 748 affichages · Partager Quittons maintenant la ville de Mindelo pour s'avancer vers l'intérieur des terres tout en prenant un peu de hauteur. Après 8 kilomètres de routes sinueuses et d'ascension parmi des versants pentus, arides et sans grande végétation nous parvenons au sommet de l'île de São Vicente.
Avec ces 774 mètres de hauteur le Monte Verde prend des allures de haute montagne, il s'avère être le point culminant de l'île. Il est vrai que le panorama depuis ce mont est époustouflant. De ce belvédère la vue s'étend sur une très grande partie de l'île avec l'agglomération de Mindelo en point fort. Juste un détail, dommage que le vent n'ait pas complètement balayé les brumes nimbant (un peu) la vue.
Même si en cette saison sèche ce dôme n'est pas vraiment verdoyant comme son nom pourrait le laisser imaginer, on y trouve un peu de végétation, l'humidité et les nuages y sont plus fréquents que sur le reste de l'île. Un système ingénieux permet de recueillir des gouttes d'eau, celles contenues dans les brumes.
C'est ce paravent tissé qui capte le précieux liquide qui coule dans un réservoir et ensuite alimente un système d'arrosage, un goutte à goutte qui irrigue un petit jardin botanique où une multitude de plantes locales se développent. Mais à bien observer ce sommet et avec un peu d'humour, j'ai l'impression que ce sont en fait les antennes relais, particulièrement nombreuses, qui poussent le mieux en ces lieux !
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En redescendant, on ne se prive pas de points de vue à donner le vertige comme celui-ci avec cette vue plongeante vers la côte nord-est de l'île. C'est justement là que nous nous dirigeons. Cette Baias das Gatasest renommée au Cap-Vert et même au-delà. Pas vraiment parce que c'était un port de pêcheurs même s'il reste encore quelques barques en activité au bout du bourg. Serait-ce pour la beauté de sa plage ? Un peu sans doute, elle est protégée de la houle et la baignade y est plaisante, j'en témoigne. D'ailleurs c'est un lieu de villégiature balnéaire pour quelques habitants de Mindelo et des capverdiens de l'étranger. En réalité, la réputation de ce village vient surtout du fait qu'il s'y déroule chaque année un grand festival de musique.
Ainsi, lors d'un week-end du mois d'Août des concerts de musique se déroulent ici en plein air, d'ailleurs on peut voir la scène (vide ce jour) au bout de la plage. Des musiques du Cap-Vert bien sûr mais pas seulement. Cesaria Evora y a chanté ses morna et autres coladeira, on s'en doute. Mais bien d'autres styles sont aussi joués lors de ce célèbre festival : reggae et fufana... un style très à la mode parmi la jeunesse du Cap-Vert, c'est plus dynamique que les anciens morceaux capverdiens et beaucoup plus dansant ! Et chaque année, ils sont donc des milliers à se regrouper, à chanter, à danser et à camper pendant un week-end de folie musicale au bord de cette baie, on parle de la présence de près de 60 % de la population de l'île (qui compte 76 000 habitants !) auquel il faut ajouter les visiteurs extérieurs. Dernier détail, en portugais, « gatas » signifie : chats. Mais là, il s'agit d'évoquer de drôles de chats : les requins-chats que l'on voyaient parfois dans cette baie des... « chats » !
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La route se poursuit le long d'une côte sauvage à la beauté austère : des falaises et des rochers fouettés par les vagues entrecoupés d'immenses plages de sable clair. Le village de Calhau apparaît au détour d'une courbe, comme un bout du monde perdu au milieu de nulle part. Les maisons blanches de ce village de pêcheurs s'étendent entre la mer et des montagnes pelées dont les versants semblent effondrés. Des éboulements qui ne sont pas totalement naturels mais le résultat d'une exploitation humaine. Concassées et broyées, ces graviers sont destinés au secteur du bâtiment pour l'élaboration de ciments et pour la fabrication de parpaings.
En bifurquant vers la droite en direction de l'intérieur de l'île, l'aspect du paysage change progressivement. On longe la vallée de Calhau et le désert minéral ocre se transforme en oasis verdoyante. L'eau si rare dans ces contrées est ici présente même en dehors de la courte saison humide. Il faut quand même aller la puiser dans les profondeurs. Des éoliennes font office de pompe en faisant remonter à la surface la précieuse eau, pour le reste, les habitants se chargent des cultures.
Cette vallée est donc Le poumon vert de l'île et un peu aussi son jardin nourricier. La terre, bien irriguée et travaillée, alliée à un climat chaud permet d'obtenir pas moins de trois récoltes maraîchères par an. Ainsi chaque jour, partent d'ici des camionnettes chargées de fruits et de légumes destinés à approvisionner les marchés et commerces de Mindelo.
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Mindelo, nous y arrivons à nouveau. Et maintenant place aux souvenirs évoquant la grande diva Cesaria Evora, vous l'avez compris, c'est un moment que j'attendais... En plein centre, il y a cette maison à la façade multicolore. C'est là que l'artiste a habité une partie de sa vie, elle aimait s'y reposer au calme parmi les siens entre deux tournées internationales ou deux enregistrements d'albums.
De nombreux témoignages sur la carrière et la vie de Cesaria, on peut les trouver dans le petit musée qui lui est consacré. Les capverdiens pour lui rendre hommage ont choisi d'installer cette collection dans un des monuments imposants de la ville : l'ancien Palais du Gouverneur. Tout le rez-de chaussée du bâtiment lui est dédié. Je ne pouvais rater cette visite.
Francisco Paulina Rocha est un collectionneur invétéré et grand admirateur de la Diva du Cap-Vert. C'est lui qui nous guide lors de cette visite et il n'est pas avare pour nous conter les moments forts de la carrière de la chanteuse. Ici, on le voit avec à la main le premier vinyle enregistré par Cesaria, c'était en 1973, si je me souviens bien.
Là, sur cette autre photo, il nous présente un livre consacré à Cesaria. On la voit en compagnie du cubain Compay Segundo du Buena Vista Social Club (une musique qui aussi ne me laisse pas indifférent), autre témoignage, avec une photo de l'immense foule prise lors de ses obsèques nationales en décembre 2011 à Mindelo. Petite anecdote. En disant quelques mots à ce collectionneur passionné et en lui racontant mes souvenirs de Cesaria Evora vue en concert à Bordeaux.... voilà qu'il me demande si par hasard je n'ai pas quelques photos de l'époque, il reste toujours à l'affût de toutes images de son idole. Dommage, moi qui me balade souvent avec mon appareil, ce soir-là, je ne l'avais pas ! On vient de le voir, dans ce musée sont exposées de très nombreuses photos de Cesaria Evora mais aussi beaucoup d'objets personnels. Cela va, de livres, d'articles de presse, de son premier magnétophone... à ses robes de scène, je n'y ai pas vu de chaussures... évidemment, la chanteuse surnommée « la Diva aux pieds nus » n'en portait jamais lors de ses spectacles ! Il y a même parmi cette collection des objets vraiment très personnels... comme un de ses anciens pots de chambre, véridique !
Parmi les anciens disques de la chanteuse, mon regard est attiré par la pochette de « Mar Azul », (4) un titre qui me revient alors en mémoire avec sa douce mélodie et ses paroles, un attachement entre autre à la « belle bleue » bordant les rivages de l'île....
« Oh Mer étends-toi doucement et laisse-moi naviguer Laisse-moi aller visiter mon pays Laisse-moi aller visiter ma mère Mer Bleue, monte doucement Pleine lune, éclaire mon chemin Pour que j’aille à Sao Vicente »
Ainsi chantait Cesaria... de quoi vous donner l'envie de rejoindre une plage et cette mer si joliment évoquée. Du musée à la plage, il n'y a que quelques pas... enfin quelques centaines de mètres en empruntant la rue de Lisbonne en direction du front de mer. La vue de cette plage de ce sable blanc et de ses eaux si bleues illuminées d'un chaud soleil a été une vraie invitation pour bien terminer cette journée sur São Vicente.
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Suite récit, l'île de Santo Antão --> message suivant | | | À: Jemaflor · 7 mars 2018 à 16:25 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 9 de 77 · Page 1 de 4 · 12 746 affichages · Partager SANTO ANTÃO, l'île des montagnes
Avec une navigation principalement la nuit et des balades à terre la journée, cela laisse finalement peu de temps pour savourer les moments en mer. Aussi, en ce début de matinée, je suis sur le pont de notre bateau avec l'intention de profiter de la traversée entre São Vicente et Santo Antão, notre escale du jour.
Ce canal séparant ces deux îles sœurs dites « au vent » à la fâcheuse réputation d'être souvent très agité. Ce matin, il y a bien un peu de houle et quelques vagues mais cela reste acceptable, je dois commencer à être amariné ! Et puis, il y a le spectacle de la mer, captivant... avec la vue de l'île que l'on quitte, elle s'estompe peu à peu dans la brume... jusqu'à ce que l'intérêt vous pousse à orienter votre regard vers la silhouette de l'île dont on s'approche, ses côtes apparaissent progressivement de plus en plus nettes.
Quelques constructions plantées sur une corniche, des façades entre couleurs vives et d'autres ternes, bien triste la teinte béton. Il faut bien l'avouer, Porto Novo n'a pas grand charme. Certes, il y a bien quelques embarcations de pêcheurs se préparant à une sortie en mer et sur la gauche un escarpement rocheux dominant une jolie plage de sable noir... histoire de donner un peu plus d'intérêt et de vie au panorama. Une première approche bien banale de l'île de Santo Antão qui a pourtant beaucoup d'autres atouts à offrir aux visiteurs.
Mais pour admirer son relief si escarpé, ses paysages époustouflants, ses hameaux perchés, sa végétation et ses cultures en terrasses... il faut emprunter une petite route devenue mythique : l' « Estrada da corda » (Route de la corde). Son tracé se faufile en altitude entre crêtes, pics effilés et profonds à-pics. Quant au vertige, aucun doute, il est garanti tout au long de cette route de 36 kilomètres qui relie Porto Novo (sud-est) à la cité de Ribeira Grande (nord-est) ! La construction d'une telle voie s'est avérée titanesque : il a fallu entailler des pans entiers de montagnes et en contourner bien d'autres et puis quel chantier pour charrier ces milliers de pavés puis les agencer afin de la rendre praticable.
Comme souvent, les panoramas les plus spectaculaires se font désirer et il en est de même ici. Il est donc nécessaire d'enchaîner une succession interminable de virages sur le versant montagneux depuis Porto Novo. Un paysage aride, une terre ocre parsemée d'acacias sillonnée donc par un long serpent de pavés.
Le plus souvent en montagne, à mesure que l'on s'élève sur les hauteurs la végétation se fait de plus en plus rare. Ici, c'est tout le contraire. En altitude, les talus se couvrent progressivement d'herbe verte et devant nous on aperçoit une forêt... et également un cycliste courageux car ça grimpe encore et le sol pavé n'est pas des plus roulant !
La forêt aperçue, maintenant nous y sommes. Un sympathique bois de conifères qui prend des allures de paysage d'île méditerranéenne. Au détour d'un virage apparaît une clairière et surtout un premier panorama d'exception !
Depuis le bord de cette crête, la vue plonge sur la vallée de Paul. On est vraiment bouche bée devant un paysage si spectaculaire. Les superlatifs manquent pour décrire les impressions que l'on ressent ici... finalement laissons parler les images.
Le regard balaye les crêtes et les sommets avant qu'il ne dévale les pentes vers le fond de la vallée où l'on distingue quelques hameaux. Avec ses versants verts et cultivés, Santo Antão fait honneur au nom donné à l'archipel : Cap... Vert ! Enfin de la végétation et un territoire verdoyant parmi ce chapelet d'îles si arides. Et encore, le vert paraît bien plus soutenu lors de la saison des pluies (juillet à septembre). C'est bien sûr la conséquence du relief et du micro climat local, ils assurent ainsi à ces vallées des conditions d'humidité et de chaleur favorables à l'agriculture. Même si les sommets encadrants la vallée ne s'élèvent qu'aux alentours des 1500 mètres, ce paysage prend vraiment des allures de haute montagne. Un décor également idéal pour les amateurs de randonnées pédestres, les sentiers muletiers y foisonnent mais certains peuvent s'avérer particulièrement pentus ou glissants.
Tiens, j'en aperçois un sur ce versant, il accumule les zigzags... il y en aurait un qui présente même 77 lacets pour descendre dans cette vallée, un record !
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Quittons ce belvédère, sans oublier d'y jeter un dernier coup d’œil, pour parvenir à quelques kilomètres de là sur un autre, tout aussi grandiose. Le site du cratère Cova.
Nouvel arrêt pour contempler un ancien cratère dont le fond est transformé de nos jours en un plateau cultivé particulièrement fertile. Cette dépression circulaire d'un diamètre de plus de 600 mètres est la conséquence de l'effondrement d'un très vieux volcan. Tout autour une crête régulière met à l'abri ces terres où l'on cultive le maïs, la canne à sucre et les pois capverdiens... Les multiples haies séparant les lopins de terre forment un graphisme très photogénique que je ne rate pas de capturer.
Reprenons la route pavée... un peu plus loin, ce sont les maisons d'un hameau isolé que nous traversons. L'eau coule sans doute dans les environs mais toutes les modestes habitations n'ont pas l'eau courante... et voilà des locaux, bidons aux mains, occupés par la corvée eau !
Le village de Corda, construit sur le long d'une arrête est à présent en vue. Bien exposé, les penchants des alentours sont cultivés. Sur les terrasses qui strient les collines avec leurs murets de pierres, on y récolte entre autres, de petites pommes rouges. Un fruit local que l'on retrouve en abondance sur les étals des marchés, dans les bourgs. Quant aux fourrages, ils permettent l'élevage, de vaches et de chèvres pour la production de fromages.
Pas avare de panoramas saisissants, la fameuse route de la corde ne cesse de nous émerveiller en continuant de nous donner le vertige.
A Delgadin, la petite route s'engage sur un de ses passages des plus spectaculaires. La voie est étroite, coincée entre deux murs rocheux, il faut attendre son tour pour passer, c'est un sens alterné et surtout.... si on tourne le regard à droite, il y a un profond précipice, et sur la gauche ? c'est aussi un précipice dont on ne voit pas le fond, je ne saurais vraiment pas dire lequel est le plus vertigineux ! Bon, une fois à l'arrêt, on observe puis se sentant en sécurité grâce au parapet, on contemple, sans retenue, le point de vue est fantastique. Renseignement pris, ces plantes avec leurs feuilles effilées visibles en avant-plan puis en contrebas sur la colline sont du... sisal !
Et ensuite ? Alors que nous entamons la descente c'est toujours aussi spectaculaire. Les virages, tournants, lacets et autres épingles à cheveux se succèdent... on frôle souvent les parois rocheuses sur les bas-côtés et en seulement quelques kilomètres on dévale un dénivelé d'environ 1200 mètres.
Mais comme on le constate sur cette photo, la plupart des véhicules sont sous protection divine. Vous voyez la croix suspendue devant le pare-brise, elle se balance au gré des virages... Pour la sécurité, on espère surtout que les véhicules soient équipés de bons freins, c'est plus sûr !
Et dire que cette route a longtemps été l'unique voie permettant de relier les deux principales villes de l'île de Santo Antão, peuplée tout de même de 44 000 habitants. On a du mal a imaginer des croisements de camionnettes et de pick-up plus fréquents, surtout entre les passages étroits et tous ces virages, ce devait être assez périlleux !
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Suite du récit -->message suivant | | | À: Jemaflor · 7 mars 2018 à 16:43 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 10 de 77 · Page 1 de 4 · 12 743 affichages · Partager
Nous voilà maintenant au bout de cette route de l'impossible, l'arrivée à Ribeira Grande, la ville principale de l'île. En réalité un aspect de gros bourg perdu face à la mer. La mer justement, on va la contempler en faisant une pause quelques kilomètres plus loin, précisément au cap nord-est de l'île. Ce bout du monde se nomme : Ponta do Sol, la Pointe du soleil... qui est bien au rendez-vous.
Nous sommes là au port de la petite agglomération. Ici, le temps semble suspendu, c'est une impression d'attente qui se dégage des lieux. Une femme assise avec à ses pieds une bassine contenant quelques poissons attend d'éventuels acheteurs.
Presque à côté, une balance traditionnelle est aussi dans l'attente, celle de la pesée du poissons. Le produit de la pêche matinale semble être en retard. Pour patienter ces deux habitantes palabrent allègrement... sans oublier de jeter régulièrement un œil en direction de la mer. Non, les hommes et leurs embarcations ne sont pas encore en vue !
La mer est agitée de vagues, le vent soulève des embruns qui donnent un air iodée et salé à la brise. La passe d'entrée est étroite, coincée entre des rochers acérés et la digue, accéder à la cale ne doit pas être une affaire d'amateurs ! Sur la descente à bateaux, il y a également toutes ces barques décorés de couleurs vives, elles aussi attendent... de prendre la mer, prochainement sans doute.
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Le retour vers Ribeira Grande se fait par une route, unique encore, taillée à flanc de falaises, surplombant une grève sombre quelques peu austère et inhospitalière.
Elle se remarque de loin ! Je veux parler ici de cette jolie fresque murale qui fait honneur à la diva capverdienne. Un portrait géant de Cesaria Evora orne cette façade, histoire de rappeler sans doute que la chanteuse est originaire d'une vallée des environs... même si elle a vécu et débuté sa carrière sur l'île sœur de São Vicente.
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Voilà que l'on s'engage maintenant vers l'intérieur des terres dans la vallée luxuriante de Ribeira da Torre. Après avoir admirer les panoramas depuis les hauteurs avec des points de vue aériens, à présent est venu le moment de contempler les paysages en suivant le lit d'une rivière. Un bon complément pour découvrir Santo Antão et le long de cette route qui serpente en fond de vallée, c'est tout aussi pittoresque.
Cela fait plaisir de cheminer parmi toute cette végétation verdoyante et quel contraste avec les étendues caillouteuses et désertiques traversées sur les autres îles de l'archipel ! Des cultures en terrasses tapissent les versants de ce parcours sinueux... jusqu'à une hauteur qui pourtant semble inaccessible. La moindre parcelle fertile est mise à profit. Palmiers, papayers, pommiers, maïs, canne à sucre, igname, manioc, patate douce, choux... apportent les tons verts au tableau complété par les tons vifs des habitations.
Même le lit de la rivière semble travaillé par les habitants... là, pas de cultures agricoles mais une exploitation du gravier destiné aux travaux de construction. Un labeur saisonnier, seulement pendant la saison sèche.
Méandre après méandre, on parvient au hameau de Xõxõ, ici, la route bitumée prend fin pour laisser place aux sentiers muletiers, ils desservent quelques habitations et propriétés isolées. Le décor environnant est impressionnant de beauté : un cirque montagneux aux hautes parois dominées par une singulière aiguille basaltique, somptueux ! Un site béni des dieux ? Avec des potagers en terrasses où ruisselle des filets d'eau si rares dans l'archipel et puis une terre noire, naturellement fertile et bien irriguée... on pourrait le presque le croire !
Peut-on rêver de meilleur décor naturel pour allier la pause repas avec la contemplation d'une vue panoramique à nulle autre pareille ?
Et pour le menu ? Des produits locaux bien sûr, des poissons accompagnés de légumes : patate douce, manioc, fruit à pain et igname... vraiment de quoi vous caler l'estomac. Ah, j'allais oublier le dessert, une banane... toujours du pur local !
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D'une vallée à la suivante... La route bifurque vers la vallée de Paul. Là, tout est grandiose même ce bougainvillier géant qui coiffe la colline, juste en face de la bourgade.
C'est cette vallée que l'on avait découvert plutôt, depuis un impressionnant point de vue plongeant maintenant, il nous faut lever les yeux pour voir les crêtes se détacher sur fond de ciel. Une vallée plus évasée que celle de la Torre mais avec une végétation toujours luxuriante d'un Cap-vert... enfin vert ! Quelques hameaux jalonnent le lit de la ribeira qui comme la route est tout en courbes. Ça et là, entre maisons en parpaings ou aux façades colorées demeurent quelques habitations plus traditionnelles des campagnes de Santo Antão avec leurs toits de chaume et leurs murs en moellons.
La culture principale de la région est surtout celle de la canne à sucre. Pas seulement pour en extraire un savoureux sucre mais surtout pour obtenir après distillation un rhum appelé localement « grogue ».
Après la coupe des tiges bien juteuses, les cannes sont broyées par un « trapiche». A l'image de celui que voit sur la photo. La poutre est actionnée par des vaches qui tournent en rond autour de la broyeuse, ensuite le jus est distillé dans un alambic des plus rudimentaires. Quelques autres étapes de préparation et un vieillissement en barriques ou en cuves sont nécessaires pour obtenir le fameux grogue. Et ensuite ? On passe bien sûr à la dégustation. Des rhums blancs ou arrangés, café, miel, hibiscus... J'avoue un faible pour le grogue vieux.
Après cette plaisante dégustation, le moment est venu de reprendre la route du retour... qu'on se rassure, nous avions un chauffeur !
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Depuis cette côte au nord-est de Santo Antão, deux options nous sont possibles : reprendre la route vertigineuse qui traverse l'île ou plus pratique, emprunter la route littorale qui contourne l'île. Car depuis 1976, la « route de la corde » est concurrencée par une voie plus large et bitumée, tracée en bord de mer. Certes, cette liaison s'avère moins pittoresque, quoiqu'elle offre quelques belles vues entre mer et désert de cailloux, mais vraiment, c'est incontestable, elle est bien plus confortable. Pas étonnant d'y croiser jusqu'à Porto Novo, des véhicules particuliers et pas mal de camions chargés de marchandises.
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En fin d'après-midi nous quittons la charmante Santo Antão, l'île la plus à l'ouest de l'archipel pour naviguer en direction d'une autre, cap sur Sal ! Le vent souffle et la mer est agitée sur la « mer du canal » et de me laisser bercer par la mélodie du même nom, Mar de Canal (7) interprétée par Cesaria Evora, comme de bien entendu...
« Oh mar, oh mar qu'zê qu'm fazê-be'M passa na bôBô respinga na mi... »
« Oh mer, oh mer quel mal t'ai-je faitPour m'éclabousser Quand je passe près de toi... »
-- Suite du récit, l'île de Sal --> message suivant | | | À: Jemaflor · 7 mars 2018 à 17:05 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 11 de 77 · Page 1 de 4 · 12 740 affichages · Partager SAL, du sable, des plages, du vent... et du sel
Voilà une île qui a tout pour plaire aux amateurs de séjours balnéaires et surtout aux fondus de sports de glisse, wind and kitesurfers ! Autant dire tout de suite que Sal est l'île la plus fréquentée (par les touristes) de tout l'archipel... au détriment de son authenticité capverdienne, c'est ainsi !
C'est par la mer que nous abordons Sal, le petit port de Palmeira constitue la porte d'entrée maritime de l'île. Quelques pêcheurs de retour d'une sortie en mer débarquent leurs filets en détachant les dizaines de poissons pris dans les mailles. A même le quai, les poissons, essentiellement des maquereaux et quelques thons, sont vidés et préparés. Prêts à être achetés, livrés et consommés. Question fraîcheur, pas de doute, elle est garantie !
Une autre activité rythme le quotidien des habitants : la corvée de l'eau. Ici, tout le monde n'a pas l'eau courante. Aussi chaque jour, certains sont tenus de se rendre à la fontaine municipale pour s'approvisionner. Bidons à la main ou à l'aide d'une brouette, ils sont plusieurs à converger ce matin vers le point d'eau.
Plusieurs fresques murales tentent d'égayer cette banale bourgade, là une scène de la vie locale avec bien entendu une barque de pêcheurs plus loin un troquet dont la façade est recouverte par les dessins des différentes îles de l'archipel, façon carte de géographie avec comme il se doit, Sal, placé en tête et en grand.
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L'île, en majeure partie plate et déserte s'étire sur une trentaine de kilomètres, elle est dominée par deux cônes volcaniques assoupis. Le point culminant, haut de 406 mètres a été nommé sans grande originalité Monte Grande.
Notre tour de l'île débute par une route, enfin il s'agit plus d'une piste. Poussières, cailloux et boules ? Ne cherchez pas le cochonnet... non, ce ne sont pas des boules de pétanques mais des sortes de melons sauvages dont la prouesse est de parvenir à pousser sur ce sol aride. Cependant ils n'ont aucune saveur et seraient même toxiques, d'ailleurs même les chèvres les boudent ! Arrivés au centre de l'île, on devine à l'horizon une étendue d'eau scintillante et dansante mais quelque peu estompée par la brume. Nous sommes pourtant en période sèche et les pluies de l'an passé, seulement 7 heures en tout au mois d'août dernier, ont du s'évaporer depuis bien longtemps. Une vision de mirage... comme en plein désert ! Un mirage tellement virtuel, que mon autofocus a eu du mal à faire la mise au point sur cette nappe d'eau si irréelle.
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L'eau, la vraie mais chargée de sel et d'iode, on la trouve sur la côte. A Buracona, parmi les falaises, l'érosion a sculpté la côte en y formant une belle piscine naturelle, on peut s'y baigner à l'abri des vagues qui déferlent en formant des gerbes d'écume. Le site est renommé par une curiosité naturelle : l'œil bleu. Explications : dans une grotte, la lumière du soleil s'allie à la clarté de l'eau pour y faire apparaître un halo d'un bleu envoûtant. Mais l’œil bleu cyclopéen ne se laisse admirer que dans certaines conditions de luminosité et surtout d'inclinaison des rayons du soleil, vous l'avez compris, l’œil nous a fait.... un clin d’œil, il était désespérément sombre lors de notre passage !
Pour attirer le visiteur en ce lieu, on y trouve aussi une exposition de pierres volcaniques et pour donner un peu de vie (végétale) sur ce sol minéral, quelques plantes locales ont été plantées comme les aloe vera qui arborent de belles fleurs jaunes en épis sur un fond de mer au bleu azur. L'île de Sal est ici représentée en modèle réduit ce qui donne l'impression de jouer au drone et de survoler le territoire. Près de la côte est, un volcan et son cratère se remarque, il contraste avec la platitude alentour.
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Nous voici à présent près de ce fameux cratère, exactement à Pedra de Luma : un port à l'abandon et un hameau presque déserté et surtout un volcan dont la caldeira est devenue une saline, original n'est-ce pas ?
C'est assurément le lieu le plus intéressant à découvrir de toute l'île (en dehors des plages). Une longue histoire le sel à Sal (traduction de sel en portugais, vous vous en doutiez). La saline a été exploitée de façon intensive entre 1833 et 1980 et particulièrement par des spécialistes français des Salins du Midi. Actuellement, la production est presque confidentielle, on peut voir quelques sacs dans un hangar et quelques sachets pour la vente aux visiteurs.
Autrefois, le fameux sel était transporté jusqu'au port par un téléphérique dont il reste les poteaux de bois, eux aussi venaient de France. Le décor s'avère grandiose avec ces marais salants qui quadrillent le fond du cratère. Par endroits se forme un liseré blanc sur le bord des bassins ou alors, c'est par une teinte rosée que se colore la croûte de sel.
Après l'observation, le temps est venu de l' expérience du bain... plutôt salé ! A mesure que l'on pénètre dans cette eau à forte teneur en sel, on a l'impression que le liquide saumâtre vous refuse l'entrée... il faut s'imposer et enfoncer les jambes avec un peu d'insistance dans ce liquide original et puis on s'allonge sur le dos et là, on flotte, une surprenante expérience !
Sans transition... Au centre du hameau de Pedra de Luma, blanche comme du sel, trône une chapelle, preuve que le lieu n'est pas totalement délaissé.
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Espargos que nous traversons à présent est la ville principale de l'île. Plus de 8 000 habitants (Sal en compte 25 000 sans compter les touristes !) et une atmosphère plutôt paisible, celle de la mi-journée avec le va et vient des écoliers et des collégiens aux tenues bleues.
Au fait, le nom d' Espargos, asperges en portugais fait référence aux asperges sauvages qui pointent leurs fleurs jaunes jusque dans le sable des dunes côtières.
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De belles et immenses plages de sable blond bordent le littoral de tout le sud de l'île comme ici à Ponta Preta, un spot de kitesurf très prisé par les amateurs qui s'envoient en l'air en surfant sur des vagues bien formées. Les conditions de vent et de mer y sont particulièrement favorables et des compétitions s'y déroulent chaque année.
Tout au sud de Sal, le village de Santa Maria est devenu le haut-lieu du tourisme balnéaire de l'île et même de tout l'archipel... en y perdant beaucoup de son âme capverdienne.
Certes, on y voit encore près de la jetée quelques bateaux où les pêcheurs du village débarquent leurs prises sous le regard curieux des visiteurs. Sur le sable quelques jeunes gens jouent au foot sans se soucier des vacanciers... Mais à Santa Maria c'est surtout la succession d'hôtels clubs, de clubs de windsurfing et de nightclubs que l'on remarque !
La rue principale est très animée avec ses bars, restaurants et boutiques de souvenirs. Lors des soirées de fin de semaine, la rue devient uniquement piétonne... et fait entièrement place à la fête !
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De ce périple d'île en île au Cap-Vert, je garderai surtout le souvenir de la diversité des paysages de l'archipel : les dunes de Boa Vista, l'atmosphère africaine de Santiago, l'impressionnante caldeira de Fogo, les vertigineux paysages de Santo Antão, la saline et les plages de Sal... sans oublier São Vicente et la grande Cesaria Evora. Elle qui a si bien su, à travers ses mélodies, nous faire apprécier son attachement à son Cap-Vert et à ses chaleureux habitants... « Petit pays, je t'aime beaucoup » (8) chantait-elle, et au retour de ce voyage dans l'archipel, je la comprends encore mieux.
« Terre pauvre remplie d'amour Avec la morna et la coladeira Terre douce pleine d'amour Avec le batuque et le funana
Tant de nostalgie Nostalgie nostalgie Tant de nostalgie Nostalgie sans fin
Petit pays je t'aime beaucoupPetit pays je t'aime beaucoup »
Jean SM / Cap-Vert / Janvier 2018
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Pour retrouver les chansons citées dans le récit, un clic sur un de ces liens et en avant la mélodie ! Bonne écoute...
(1)Sodade... Cesaria Evora
(2) Angola... Cesaria Evora
(3) Bia Lulucha... Cesaria Evora live
(4) Mar Azul... Cesaria Evora
(5) São Vicente di longe... Cesaria Evora
(6) Carnaval do São Vicente... Cesaria Evora
(7) Mar Canal... Cesaria Evora
(8) Petit Pays... Cesaria Evora
| | | À: Jemaflor · 7 mars 2018 à 17:38 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 12 de 77 · Page 1 de 4 · 12 729 affichages · Partager Super compte rendu, merci pour ce retour! | | | À: Jemaflor · 7 mars 2018 à 18:12 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 13 de 77 · Page 1 de 4 · 12 726 affichages · Partager hello! merci pour ce carnet de voyage et surtout ces magnifiques photos qui rendent bien hommage au Cap Vert dans son ensemble!!! Merci+++ | | | À: Jemaflor · 8 mars 2018 à 18:49 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 14 de 77 · Page 1 de 4 · 12 676 affichages · Partager Bonjour Jean, Eh bien, on se retrouve à nouveau dans les îles  . Magnifique compte rendu, comme d'habitude j'ai envie de dire, et avec de superbes photos  . Ce carnet donne vraiment envie d'aller faire un tour dans ces îles, et si je n'y avais pas fait un tour cet hiver, je signerais de suite  . Quelle chance, le temps était nettement meilleur que nous, Fogo est encore plus belle avec un grand soleil. C'est vraiment super de découvrir les îles par la mer, ce qu'apparemment tu privilégies. Après chacun de tes carnets, j'ai envie de faire de même mais là, vu comme j'ai été malade lors de notre traversée entre Santiago et Fogo, ça m'a complètement refroidie  . Encore merci de nous faire rêver... Isabelle | | | À: Jemaflor · 9 mars 2018 à 6:46 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 15 de 77 · Page 1 de 4 · 12 660 affichages · Partager Un grand merci pour ces magnifiques découvertes. Moi, je signe de suite ! | | | À: Jemaflor · 9 mars 2018 à 8:37 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 16 de 77 · Page 1 de 4 · 12 651 affichages · Partager Comme à chaque fois un récit attentif et précis, qui mêle les gens, les paysages, les anecdotes et l'histoire... Un récit que chahutent de bien belles images, de gens, de paysages, de scènes de vie colorées... jour de marché, jour de lessive (t'as pas un cheval caché quelque part ?  ), jour de pêche... et, ça et là, les traces que l'histoire a laissées sur ces îles.
Et puis ces chansons qui hésitent entre gaieté et mélancolie... un voyage rien qu'en fermant les yeux.
Teofilo Chantre fut parolier de Cesaria Evora. Avec elle...
Et tout seul, 5 albums magnifiques.
| | | À: Alexval2 · 9 mars 2018 à 20:47 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 17 de 77 · Page 1 de 4 · 12 610 affichages · Partager Super compte rendu, merci pour ce retour!
Merci pour ce message, content de lire que ce compte rendu à propos de mon périple au Cap-Vert vous a plu. | | | À: Jemaflor · 9 mars 2018 à 20:49 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 18 de 77 · Page 1 de 4 · 12 608 affichages · Partager | | | À: Xrctn · 9 mars 2018 à 20:52 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 19 de 77 · Page 1 de 4 · 12 605 affichages · Partager Salut Xavier, Connaissant ton intérêt et ton talent pour la photo en voyage (Cf tes participations régulières au jeu photo mensuel sur VF), l'archipel du Cap-Vert a de quoi enchanter, il y a dans ces îles tant de possibilités de se faire plaisir, les paysages y sont photogéniques et variés. Merci Pour le message. Jean | | | À: Ptitortue · 9 mars 2018 à 20:59 Re: Cap Vert: 6 escales et 6 îles Message 20 de 77 · Page 1 de 4 · 12 599 affichages · Partager Merci pour ce commentaire... d'autant que tu connais bien ces îles, tes récits de randonnées postés sur VF en sont le témoignage : intéressants, dépaysants et plein de renseignements pour les amateurs de marche à pied, sac au dos... et pour les autres également, je vais y refaire un tour sur tes récits au jour le jour (de marche !). | Carnets similaires sur le Cap Vert: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 6 721 visiteurs en ligne depuis une heure! |