Arrêtez de faire n'importe quoi: ong, bénévole?
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"Tout ce que vous faites pour moi sans moi, vous le faites contre moi" Gandhi. -

Cette reflexion, que je trouve trés vrai, j'espère vous ammenera vous ong et bénévol à vous poser des questions.!

A travers ce message je voudrais avant tout provoquer la discussion et le débat sur un sujet qui me parait fondamental pour tous ceux qui veulent partir « faire de l’humanitaire et du développement ».

La première chose qu’il parait important de comprendre c’est que le fait de VOULOIR FAIRE LE BIEN NE SUFFIT PAS POUR BIEN FAIRE. Beaucoup de projets humanitaires, de projets dits « de développement » se révèlent sur le long terme inutiles, voir contre-productifs.

Il ne s’agit pas d’incriminer ceux qui veulent partir « aider » les autres mais de les mettre en garde contre le fait que chaque action que l’on pose aura des conséquences et donc qu’il faut bien réfléchir avant d’agir. Vouloir travailler dans le monde de l’Humanitaire c’est avant tout une lourde RESPONSABILITE.

Il est important de se rendre compte de l’espérance que les personnes concernées par les projets sur lesquels nous sommes amenés à travailler placent en nous. Nous sommes donc responsable vis à vis d’eux. Nous ne pouvons pas aller nous former à l’étranger au détriment des populations locales, « sur le dos des autres ». En effet, l’Afrique, l’Asie, l’Amérique du Sud ne peuvent pas être perçus comme de formidables « cours de récréation » où nous pourrions aller nous confronter au réel grâce à nos échecs, ... Car le problème est que ce réel, ce sont des êtres humains !

Pour imager mon propos je vais vous retranscrire un exemple de projet qui avait semblé au première bord très intéressant mais qui s’est avéré nuisible au final.

Problème repéré par une ONG française dans un petit village au Burkina : les enfants du village doivent marcher pendant 1h30 pour aller à l’école.

Solution proposée : l’ONG a décidé d’offrir un vélo à chaque enfant du village pour qu’il puisse aller à l’école plus rapidement. En plus cette solution rentre dans la mode du « développement durable » puisqu’elle est à la fois simple et écologique.

Résultat à court terme : Les enfants ne mettent plus que 30 minutes pour aller à l’école !

Résultat à moyen terme : Les vélos commencent petit à petit à s’abîmer. Les villageois ne disposant pas de pièces de rechange ils sont dans l’impossibilité de réparer les vélos.

Le constat pourrait s’arrêter là et il serait très classique dans le monde des projets de développement : « un coup d’épée dans l’eau ». Une ONG a voulu bien faire, mais elle n’a pas été au bout de son projet. Tant pis, ce projet n’aura servi à rien…

Mais le problème c’est qu’il n’a pas servi à rien, il a servi, mais pour faire du « mal ».

Résultat à long terme : Non seulement les villageois se sont retrouvés sans vélo mais en plus ils ont été humiliés. En effet certains des villageois se sont dit après coup : « On doit vraiment être cons, puisque des gens sont venus de loin pour nous aider et que nous n’avons même pas été capables d’entretenir le matériel qu’ils nous ont donné... on est des moins que rien… ».

En effet le fait d’être obligé de recevoir l’aide de quelqu’un est toujours un peu humiliant, mais le fait de ne pas réussir à se servir de cette aide l’est encore plus.

Quand on cherche à creuser plus profond on s’aperçoit donc de la possible perversité « inconsciente » de ce genre de projet.

En effet la prochaine association qui va venir faire un projet dans ce village va se trouver face à des personnes très réticentes, voir ouvertement hostiles, car elles n’auront pas envie de « se faire avoir » une nouvelle fois. Pendant ce temps dans un processus d’inversement de la réalité devenu classique dans les relations Nord-Sud, les membres de l’association risquent de se dire, « putain mais ces gens ne veulent même pas qu’on les aide ! »

Parfois il vaut mieux ne rien faire que de mal faire… C’est difficile de se l’avouer mais c’est la réalité…

Bien sûr pour ceux qui veulent partir, c’est dur de se remettre aussi fortement en cause… Dur mais au combien salvateur ! Car cette réflexion, ce travail de remise en question, n’est-il pas un pré-requis nécessaire pour tous nos projets à venir ?!?…

Je part bientôt au Benin, pour une longue periode avec une ong, qui me donne la possibilité de réaliser mon projet dans cette exprit.
le répertoire des ong fiable d'Afrique http://repertoireong.vraiforum.com
TA Tanss Globetrotter ·
MERCI pour cette réflexion. Enfin un peu de bon sens dans ce débat sans fin sur l'humanitaire
RA Raoulx Globetrotter ·
Bien sur, aucune action ne peut se faire sans la participation de ceux que l'on veut aider ! Aucune action à court terme n'est profitable! L'exemple des vélos peut être étendu aux distributions de machines à coudre, aux pompes à eau, aux panneaux solaires, aux actions de reforestations qui partent en bois de chauffage. Un autre exemple d'action nuisible, la livraison de matériel scolaire qui met en péril des petites papeteries locales et des usines de crayons, et stylos, qui crée en plus du chomage. Quand on se lève le matin en se disant "tiens! je ferais bien une semaine d'humanitaire", le mieux c'est de se recoucher.
PO Pondy Veteran ·
😏Exemple : "je me prends un mois de vacances, j'ai fini mes partiels et je m'offre un mois en humanitaire""Super, tu vas pouvoir venir nous filer un coup de main pour trier les couvetures et les pulls à donner, on manque de mains, il fait froid et il y a pleins de gens à la rue"" tu rigoles! non je vais en Afrique pour aider à construire une école""ah bon, ils n'ont pas de maçons là-bas, ni de plombiers, ni d'électriciens""euh, j'en sais rien, mais je vais pas me taper l'hiver ici quand là-bas je peux rester un mois où ça me coute quedalle!"

Exemple vécu et s'il n'est pas une généralité, représente hélas un gros pourcentage des rêveurs consommateurs de l'humanitaire Dom.
OU Ouais Veteran ·
Je suis entierement d'accord avec toi, bcp d'ong arrivent, font leurs missions, et repartent mais ils laisseront toujours les gens dans le besoin en attente d'une prochaine mission...

Ils faut former les gens sur place, pour qui'ls puissent apres a leur tour former les gens, le coups des vélos est trés représentatif, non seulement ils ne laissent pas de pieces mais en plus ils ne forment pas les gens à la réparation, ce qui aurait pu donner de l'emploi à une ou deux personnes..
un grand voyage commence toujours par un petit pas. Association NE POUR VIVRE
MA Mauy Regular ·
J'ai fait une étude, sur le nombre des ong au Togo! un chiffre sutpéfiant! total 369 déclarés? en france je sais pas ? (vu qui s'en monte tout les jours) ? je pense que un jour il faudra, mettre de l'ordre dans tous cela. mais celà et une autre histoire !!!
le répertoire des ong fiable d'Afrique http://repertoireong.vraiforum.com
BO BoriBana Regular ·
pour partager vos réflexions : http://boribana.over-blog.com
"Tout ce que vous faites pour moi sans moi, vous le faites contre moi" Gandhi. - http://boribana.over-blog.com
AN Anneke ·
Bonjour,

En effet, je vis non loin du Rif, zone pauvre, du a son manque de route et moyen de communication, la déforestation y est/était massive, on remplace/ait? les magnifique forêts de chênes en plantation de cannabis, ce qui a provoqué l'érosion ... Aujourd'hui l'état tente de stopper les cultures mais sans proposer de véritables alternatives ce qui risque de révolter les riffains ...

Les ONG se suivent sans apporter une réelle une aide aux habitants. Ils ont désertés la région sans avoir atteint leur objectif et leur mission n'ont pas été reconduites. Ils pratiquent beaucoup d'études théoriques, mais concrètement, en 6 ans, je n'ai pas vu grand chose changer, alors que la région possède énormément de potentiel, la terre est riche, la ville de Chefchaouen est touristique, ... J'ai pleins d'idées de création de micro-projets avec bien entendu l'aide de gens avec qui je suis en contact sur place (on peut pas tout faire toute seule!). Quand je les soumet aux divers ONG (MEDA, USaid, ...), ils ne sont pas du tout enthousiastes, car j'ai moi-même créé ma société (de tourisme) sur place et qu'ils regardent d'un (très) mauvais oeil les sociétés commerciales, qui ont le but de gagner de l'argent ............. Je trouve ca bien stupide car bien que j'ai un projet personnel, je suis en contact avec les habitants de la région, je parle leur langue et pourrais avec un "micro-soutien" mettre en valeur l'artisanat traditionnel ou les produits naturels de la région (miel, champignons, fromage, lavande, figues, ...) et le proposer aux touristes ...

Comment faire pour me faire entendre? Merci de vos conseils
LO Lotusbleue Regular ·
Quelle réflexion pleine de bon sens ! Merci à vous j'imagine le désarroi de ces villageois, cette ong n'a pas retrouvé trace des généreux donateurs qui n'assure aucun suivi... (petit stock de pièces formation pour la réparation...) Il ne reste plus qu'à diffuser un large message pour que ces donateurs ait un minimum de bon sens ! Rendre la fierté de ses villageois en les déculpabilisantet réparer leur erreur, les ignorants ne sont pas toujours ceux qu'on croit... Cela s'appelle voir plus loin que son bout du nez merci à vous d'y penser ! continuez à donnez l'exemple.
Se donner les moyens de réussir son rêve... " Où que tu ailles, vas-y avec tout ton coeur". CONFUCIUS
AN Anne07 Regular ·
Il existe une multitude d’association, oeuvrant la plupart du temps dans l’anarchie la plus totale. Il y a quelques années le président de "Liberté par les Chamelles" avait pris la peine d’écrire à plusieurs dizaines travaillant toutes au Sahara, il voulait mettre en synergie nos diverses expériences, de mémoire 3 seulement ont répondu, dont une en écrivant qu’elle ne pouvait pas nous envoyer d’argent !

Un infirmier mauritanien, que j’ai rencontré plusieurs fois à Atar, m’a dit en décembre 2004, connaître 28 ou 29 assos qui travaillent dans l’Adrar Mauritanien. Lui-même travaille avec quelques unes d’entre-elles dont la notre. Il ne travaille pas avec une (dont je lui ai parlé ayant vu leur site Internet non mis à jour depuis plusieurs années) car la responsable a une maison à Atar et (je le cite) est « une femme d’affaire ». Pour lui (comme pour moi) il n’est pas possible de faire des affaires et de l’humanitaire dans le même lieu. Certaines assos ont une action ponctuelle, seulement quand des membres sont sur le terrain, et n’ont aucun suivi dans le temps, il ne travaille pas non plus avec.
Anne l'Ardéchoise membre actif et webmaster de Liberté par les Chamelles. http://libertechamelles.free.fr
CH Chrisf25 ·
Mis qu est ce que je suis d accord avec ca! J ai l impression de m entendre. Je passe mon temps a dire aux gens qui veulent envoyer des fournitures: "A la limite trouves de la tune, vas la bas et achete sur place. Fais marcher l economie! Depense ton argent la bas. N aies pas honte d acheter un peu trop de statuettes ou de glaces, de toutes facons tout le monde sait que tu as plus d argent!"

Bref, bon debat. Je suis contente de constater que nous sommes de plus en plus nombreux a nous: "Arretons de faire n importe quoi!"

A plus chris

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