Le Cambodge: un héritage exceptionnel

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Après son histoire chaotique et dramatique, le Cambodge ouvre maintenant ses bras au monde et nous avons très vite succombé à la magie de ce pays charmant et passionnant. Nous étions éblouis et saisis d’émotion par les temples majestueux, séduits par sa capitale fascinante et pleine de vie. Nous avons parcouru la campagne cambodgienne et ses paysages de rizières éblouissantes et nous avons pris le temps de flâner dans les provinces. Nous avons longé et navigué sur ses cours d’eau et ses lacs, rejoints les villages des minorités ethniques et admirés la beauté du Nord Est. Nous avons gouté et savouré la cuisine khmère à la fois subtile et épicée. Surtout, nous avons découvert un peuple chaleureux, souriant, serviable et heureux de nous recevoir : c’est la plus grande richesse de ce pays. Notre voyage dans le royaume Khmer nous a tout simplement ravis.

Nous avons pris notre temps. Trois semaines de liberté pour flâner, faire crochets et détours, nous attarder dans les temples et les contrées lointaines. Nous avons circulé en bus locaux sur les grands axes, en bateaux sur les fleuves et les lacs, en tuk-tuk autour des temples de Siem Reap, en moto dop et en moto à Battambang Kratie et Ban Lung, en taxis, en pick-up et en mini-van, et aussi à pied, bien sûr ! Que d’opportunités de faire des rencontres magnifiques, passionnantes, étonnantes et enrichissantes.

Ce voyage, je l’ai d’abord rêvé. Puis je l’ai préparé pendant des mois à force de documentation, de conseils et d’aides sur Voyage Forum, le rendez-vous des amoureux du voyage. J’ai changé souvent mon fusil d’épaule et finalement nous sommes partis, Daniel et moi avec nos sacs, nos dollars, notre guide Lonely Planet, quelques bonnes adresses, quelques réponses à nos attentes et pratiquement aucune réservation. Nous sommes revenus, le cœur emplis d’admiration et de sympathie pour ce peuple magnifique, et les yeux pleins d’images et de souvenirs inoubliables. Siem Reap : la cité des temples

Premier étonnement : notre arrivée à Siem Reap ! Nous avions quitté un village, il y a 10 ans, avec des routes en terre, d’anciennes maisons coloniales, quelques guesthouses et restaurants le long de la rivière. La visite et l’exploration des temples se faisaient alors à la façon des pèlerins d’antan. Aujourd’hui, Siem Reap est devenue une fierté nationale pour les Cambodgiens. C’est une ville dynamique avec ses grands hôtels avec spa, ses bars, ses nombreux restaurants, et, évidemment ses embouteillages de cars de touristes. Heureusement, nous avons retrouvé notre guesthouse qui s’est enrichi d’une piscine, bien agréable après les visites par 38°C à l’ombre, quand il y a de l’ombre !

Nous avons exploré pendant six jours les temples proches et les sites plus éloignés. Des styles et des époques d’une incroyable diversité. Il nous a fallu jongler avec le temps pour essayer d’éviter la foule et la cohue. Donc, départ à 6 heures tous les matins avec l’édition « Angkor, Cité khmère » sous le bras ! Fidèle au rendez-vous, Thor, notre tuk-tuk driver !

Notre programme de tous les jours : grimper les escaliers aux marches irrégulières, longer les sentiers qui mènent d’Angkor Vat à Angkor Thom, escalader les pierres et les racines de Ta Prohm. Nous nous sommes isolés au temple de Banteay Samré, magnifiquement conservé avec sa terrasse cruciforme. Nous avons flâné autour du Banteay Kdei, séduisant temple bouddhiste et petite version de Ta Prohm. Nous avons repris nos forces à Sray Srang, un lieu calme et reposant, pour terminer enfin par un très beau coucher de soleil au Pre Sup.

Puis nous avons parcouru à l’aube la campagne jusqu’à Banteay Srei, la citadelle des femmes avec sa délicatesse et la finesse de ses bas et hauts reliefs. Notre pénible montée par le joli sentier de 2 kms à travers la jungle de Kbal Spean a été récompensée par une baignade dans la rivière de lingas sculptés et dans les cascades qui l’entourent.

Par une route difficile nous avons rejoint Koh Ker, lieu qui semble abandonné dans les forêts du nord de Siem Reap. Là aussi se trouve, entre autre, le temple de Bang Mealea, envahi par une végétation luxuriante. C’est là que Jean Jacques Annaud a tourné le film « Deux Frères ». Plus loin, des temples du groupe de Roluos, avec l’élégant Preak Kô et le temple montagne de Bakong. Nous avons enfin terminé notre parcours Angkorien par Prasat Kravan, Ta Som, Preah Khan, Neak Pean.

On est sollicité sans cesse autour des temples. Mangues, bananes, ananas, boissons, livres, DVD et bracelets nous sont proposés partout par des enfants souriants et à qui il est très difficile de dire non ! Daniel, trempé par la chaleur, achète une belle collection de teeshirt d’Angkor à une vendeuse d’une dizaine d’année qui lui fait le reproche de retourner à son hôtel dans cet état ! Et comment ne pas craquer pour les bracelets de cette petite fille qui a débité en quelques secondes le nom de notre président, la capitale de la France et le nombre d’habitants, sans oublier Carla Bruni !!!

Il n’y a pas que des temples à voir à Siem Reap. Le nouveau musée National Angkor est fascinant et avec une technologie multimédia des plus sophistiquées : un voyage au travers de la gloire de l’histoire et de la civilisation khmère d’Angkor.

Les pagodes récentes de la ville contrastent avec les anciens temples et méritent aussi un peu de temps. Le Vat Dam Nak avec des jardins magnifiquement soignés et agencés et sa bibliothèque française en pleine effervescence. Dans le parc de la pagode, The Giant Puppet Project préparait la grande parade qui partant du Old Market a rejoint les jardins du Palais royal en longeant la rivière. Cette association permet aux enfants des écoles locales, des orphelinats et des enfants de la rue à s’exprimer à travers l’art. Tous ont défilé avec leur création de marionnettes immenses, papillons, chauves souris, singes etc. dans la joie et la bonne humeur. Un spectacle joyeux, spontané et plein de joie !

Et le soir se perdre dans Bar Street, particulièrement animé où tous se retrouve pour prendre un verre, savourer les cuisines du monde entier et se faire masser les pieds par pleins de petits poissons dans des grands aquariums.

Battambang, la petite ville au milieu de la campagne

La majeure partie de la population cambodgienne vit à la campagne et après une légère « overdose de temples », nous avons sillonné en moto, les chemins de terre des environs de Battambang pour découvrir les villages, les artisans, les champs et les vergers.

Le trajet en bateau au départ de Siem Reap traverse les villages flottants, des marécages, d’étroits chenaux et peut être un magnifique voyage. En saison sèche il peut devenir un véritable cauchemar ! On nous avait prévenu mais tant pis !

Un pick–up à 6h du matin fait la tournée des guesthouses et on s’entasse à 14 avec sacs à dos et nos valises. Le bateau semble très vieux et fragile. Des bancs en bois, durs et inconfortables servent de sièges passagers mais il y a plus de personnes sur le bateau que de places ! Un bruit d’enfer d’un moteur sans échappement et une chaleur insoutenable ! Et nous voilà partis pour un voyage de 9 heures !

A travers les villages flottants et les paysages magnifiques, le bateau s’arrête partout pour prendre les locaux, déposés par les barques qui nous accostent. Ils sont surchargés avec leur sacs à provisions, les poulets, la farine, les poissons, les fruits ! Au bout d’une heure le bateau était devenu le radeau de la Méduse ! Un vrai capharnaüm. Tout le long de la berge, des enfants s’amusent de nous voir et nous lancent de bruyants « hello » et s’empressent de nous montrer leurs prouesses dans l’eau. Nous croisons de nombreux longtails qui transportent de tout : la famille, les provisions, des matériaux de construction, etc…

A l’approche de Battambang, le niveau de la rivière est tellement bas que le bateau s’échoue plusieurs fois sur des bancs de sable.

Un trajet très éprouvant mais quel souvenir !!!

Les moyens de transports sont nombreux, variés et faciles au Cambodge. C’est certainement la meilleure façon de vivre avec la population, de partager et de participer à leur vie de tous les jours. Les voyages en bus sont assez folkloriques. Même si les déplacements deviennent plus faciles sur quelques rares routes goudronnées, les bus sont souvent près à rendre l’âme : compteurs kilométriques qui n’indiquent plus de chiffre (par peur ou par lassitude ?), la climatisation fièrement annoncée au moment de l’achat du billet ne fonctionne que si le moteur ne chauffe pas trop, et les pannes sont nombreuses. Nous avons vécu un éclatement spectaculaire d’un pneu en rase campagne ; tout le monde est descendu et a attendu au bord de la route, en plein soleil. Les pauses pipi se font en groupe, les hommes d’un coté de la route et les femmes de l’autre, sans gène ni pudeur !

Il n’y a pas d’arrêt de bus, il s’arrête n’importe où, les gens montent, d’autres descendent, et quand il n’y a plus de places, on en retrouve ! Assis sur les marches, dans les allées, ou à trois sur un même siège, rien n’est un problème. Les Cambodgiens s’adaptent à toutes les situations, grands et petits ont une patience et une nonchalance étonnantes. Les enfants mangent, dorment, sourient et passent des heures dans les transports sur les genoux des parents sans se plaindre.

Nos enfants ont là une leçon à apprendre quand ils se plaignent juste pour traverser Paris !!!

Autres moyens de sillonner les routes de province : les minibus. Ils sont bon marché et souvent bondés. On nous conseille d’acheter une place supplémentaire pour voyager confortablement pour le trajet de Kratie à Ban Lung, route longue et pénible. Excellent conseil car nous nous sommes retrouvés à 21 personnes avec le chauffeur dans un minibus de 9 places ! Nous étions avec un américain à trois sur une banquette de quatre place et nous étions quelque peu gênés de voir les Cambodgiens assis en quinconce les uns sur les autres qui sympathisaient avec nous en nous gratifiant de grands sourires.

Les longtails naviguent sur toutes les rivières, lacs et cours d’eau. Ils sont bruyants mais les emprunter reste pratique et agréable. Ils nous permettent de visiter des villages des minorités sur les rives du Tonlé San, le village flottante de Kompong Khleang sur le Tonlé Sap. Au-delà de son histoire sinistre Kampong Poy ou Barrage de la Mort qui servait aux khmers rouges à éliminer les ennemis de la révolution, est devenu un lieu de ballade pour les Cambodgiens avec son immense jardin de lotus et ses fermes de pêcheurs perchés sur pilotis. Encore des aventures : alors que nous étions arrêtés pour admirer un magnifique coucher du soleil le batelier a rompu le fil du démarreur. Alors qu’il commence à ramer pour rentrer, mais avec une seule rame la technologie nous sauve. Il appelle avec son portable un copain qui vient nous secourir avec son bateau. En arrivant près de notre embarcation, il casse son gouvernail et finalement tombe en panne d’essence ! Nous revenons finalement au bord du lac avec un bon fou rire quelque peu nerveux mais qui clôturera joyeusement cette journée tourmentée !

Un autre moyen de transport excitant : le moto-dop (guide-conducteur et moi en passager) et Daniel seul sur une autre moto. C’est ainsi que nous avons traversé la campagne sur des pistes avec les nids de poules énormes, des chemins en terre dans lesquels les roues de la moto s’enfonçaient, avec une poussière qui s’infiltre partout, dans les cheveux, les narines, les oreilles. Les masques chirurgicaux, tant prisées par les Asiatiques, feront dorénavant partie de nos accessoires indispensables.

Que de bons moments autour de Battambang, avec les paysans dans leur champs et les femmes qui viennent nous accueillir à l’entrée de leur village. Elles rient de bon cœur en étant impressionnées par le ventre de Daniel, mes rondeurs et la taille de mes seins !

Et au détour d’un chemin, ce merveilleux mariage Khmer sous un énorme chapiteau. Sans manières, nous sommes cordialement invités à y participer. Les gens insistent pour que nous prenions des photos et des films. Nous sentons très bien leur envie de partager avec nous leur joie et leur bonheur. Nous admirons les magnifiques costumes colorés des mariés avec leurs garçons et demoiselles d’honneur. On nous invite à nous asseoir avec eux et leur hospitalité et amitié, toutes simples nous fait si chaud au cœur.

A Battambang, nous avons passé trois jours chez Sam, jeune franco –khmer qui est retourné au pays où il a aménagé la maison familiale avec trois chambres pour ses hôtes. Il nous a fait découvrir sa ville et les alentours en évitant totalement les circuits touristiques classiques. Sam a su partager avec nous l’amour de son pays. Son enthousiasme et sa gentillesse nous a rendu ce séjour inoubliable. Nous avons vécu des moments d’intense émotion : la sortie par milliers des chauves souris de la montagne, le ballet des cormorans et des aigrettes au soleil couchant, des familles chinoises et vietnamiennes qui nous invitent pour le nouvel an et la fête de Têt. On brûle avec elles de faux billets de banques, des dollars, francs et euros pour se remémorer nos ancêtres disparus. Nous goûtons aussi des mets cambodgiens sur le bord des chemins: du rat et les blettes grillés, des œufs de canard avec, à l’intérieur, l’embryon, ses plumes et son bec, des gâteaux de bambous au lait de coco, de riz gluant et des haricots noirs, des galettes de riz et de l’alcool de palme. Je retrouve encore l’odeur inoubliable de la pâte à poisson fermentant dans les cuves géantes, difficile à supporter !

Un peu en dehors de la ville, nous empruntons le Bamboo train sur lequel nous avons placé nos motos. Nous nous sommes bien cramponnés pour filer à travers la campagne avec ce train original dans claquement métallique et infernal des rails à peine parallèles.

Ban Lung : le pays de la Terre Rouge

La province de Ratanakiri est réputée pour la beauté de ses sites naturels mais aussi pour ses routes en très mauvais état ! Pendant la saison sèche, les routes sont envahies par une poussière ocre d’où le surnom de la région : « Terre rouge». Nous étions très vite recouverts de cette couleur de la tête aux pieds. Seule une grosse brosse à chiendents peut nous aider à retrouver une apparence humaine normale !

J’ai grimpé sur la moto de Lena, notre guide et Daniel a emprunté la moto de sa femme. C’est ainsi que nous avons visité des villages où vivent plusieurs minorités. On a garé nos motos et on s’est baigné dans le lac volcanique de Yeak Lom malgré les mystérieuses créatures peuplant les eaux selon les légendes des ethnies locales. Nous nous sommes recueillis dans les cimetières noyés dans la jungle. Les morts sont enterrés et leurs tombes sont entourées de sculptures en bois les représentant dans leurs activités durant leur vie.

Les ethnies vénèrent les esprits de la Terre, du Ciel et de leurs ancêtres. Le village que notre guide visite d’habitude a eu trop de malédictions récemment et les habitants du village sont persuadés que les étrangers en passant dans leur cimetière ont dérangé ces esprits. Lena nous emmène dans un village qu’il n’a jamais visité. Nous payons l’entrée dans le village, nous payons pour prendre des photos, nous sommes étroitement surveillés et on nous accompagne partout. Nous sommes également priés d’acheter un paquet de biscuit dans une boutique du village pour honorer les esprits et mettre des offrandes sur les tombes des ancêtres. Finalement, c’est notre surveillant du village qui a mangé tout le paquet !!! Je n’apprécie pas trop cet accueil et Lena non plus et il décide de ne plus revenir avec ses touristes. L’avantage est que nous étions toujours seuls, pas de Coréens ou d’américains dans ces contrées si primitives ! Si ces visites sont toujours intéressantes, souvent j’éprouve une certaine gêne, un sentiment de voyeurisme qui me met mal à l’aise.

Nous n’y avons pas fait de trek mais nous avons pris une douche tonique dans les cascades de Chaa Ong Ka tieng et Kinchaan. Nous avons aussi cherché des améthystes et du zircon dans les mines de pierres précieuses qui sont exploitées sur les bords des routes.

A Ban Lung nous avons logé dans la villa en bois de l’ancien gouverneur de Ban Lung, devenu le « Lodge des Terres Rouges », une oasis de calme et de sérénité, dans un grand jardin luxuriant de belles plantes, fleurs et orchidées sauvages et décoré de totems Jaraï.

Les mariés de la région viennent pour des séances de photos dans ces jardins et autour de la magnifique piscine. Pour moi, massages tous les soirs dans le somptueux spa de l’auberge. Nous avons diné un soir avec Lena et sa femme, qui ne parle pas anglais, qui, une fois passée sa timidité du premier contact, s’est avérée être une jeune femme souriante et curieuse de notre mode de vie. Que des moments de grand bonheur.

Kratie : les dauphins d’eau douce

On aurait pu se passer de notre journée à Kratie sans grand intérêt mais qui nous a permit de faire une pause. Nous avons parcouru la campagne et visité quelques pagodes en moto. Nous avons navigué sur le Mékong pour voir les quelques rares dauphins de l’Irrawaddy et de très beaux paysages tout le long des berges.

Là encore quelques belles rencontres.

Les jeunes lycéens viennent sur les berges au moment du coucher du soleil. Ils engagent la conversation dans le but de pratiquer leur anglais. C’était le cas de ces deux jeunes garçons de 17 ans, en dernière année du lycée, qui habitent à 20 kms de Kratie et retournent chez eux pour le weekend. Ils ont déjà un très bon niveau d’anglais et souhaitent continuer leurs études en langues. Mais les frais de scolarité (300$ pour l’année) et la vie à Phnom Penh, où ils devraient poursuivre leurs études, représentent une somme trop importante pour leurs familles. Les bourses sont rares et souvent ne suffisent pas. Une autre jeune fille de 12 ans s’approche de nous pour discuter et nous invite à venir manger chez ses parents. Daniel et moi, fan de l’émission d’Antoine de Maximy « J’irai dormir chez vous » nous amusons de cette invitation. Elle parle très bien l’anglais et elle nous demande de l’aider à acheter un dictionnaire pour ses études en lui donnant un peu d’argent. Je lui propose d’aller l’acheter directement. Elle est très étonnée et semble si heureuse. Malheureusement il est déjà tard et la librairie est fermée. Elle n’était pas au rendez vous que nous avions fixé pour le lendemain. J’étais vraiment très triste de ne pas pouvoir l’aider.

Nous sommes monté sur le Phnom Sombok (300marches) où j’ai faillit avoir une insolation. Deux nonnes discutent et nous nous arrêtons pour nous reposer à côté d’elles. L’une, sans âge, fume sa cigarette comme si elle fumait un joint et l’autre prend soin de moi en me faisant de l’air avec son éventail. Notre conversation est très limitée car elles ne parlent que le khmer mais, comme d’habitude, nous échangeons sourires et signes de sympathie. Elles nous permettent de les photographier, des modèles hors du temps.

Phnom Penh : La renaissance d’une capitale

Phnom Penh est une ville fascinante où richesse et pauvreté se côtoient à chaque coin de rue. Les mendiants sont nombreux, adultes et enfants mutilés, souvent victimes des mines,

blessés pendant la guerre ou en travaillant et en jouant dans les champs. En haillons ils dorment directement sur le sol le long du Mekong. Triste spectacle.

La ville s’éveille dès 6 heures du matin avec les bruits intenses d’une vie quotidienne trépidantes. Le soir l’animation est entretenue par les cocktails des happy hours et un amok délicieux dans un bon restaurant khmer.

Les nombreux bâtiments du Palais Royal dominent la ville de leurs flèches étincelantes. Dans les jardins luxuriants du Palais, des pagodes couvertes de dorures et la pagode d’Argent qui brille de mille feux au soleil. Le musée national renferme une magnifique collection de sculptures khmères et les salles ouvertes sur un très joli patio qui permet de se reposer à l’ombre des frangipaniers et de faire de nouvelles rencontres.

Le Happy Hour au FCC (Foreign Correspondants Club) sur le quai est une étape incontournable. Fréquenté par les expatriés du monde entier, sa terrasse offre une vue imprenable sur le Tonlé Sap qui se jette lentement dans le Mekong. L’ambiance y est agréable, confortable, très « coloniale ».

Le somptueux Hôtel Le Royal (du groupe Raffles) est imprégné de son passé glorieux et cela se ressent aussi bien dans son style, sa décoration que dans le service. Y prendre un café ou un jus de fruit et se reposer après une longue promenade dans le centre ville est un moment de grand délice.

Le Vat Phnom, site de mille légendes, se dresse sur la seule colline de la ville et nous nous trouvons plongés parmi toutes les festivités du Nouvel An Chinois. Beaucoup sont venus pour prier et pour porter des offrandes : guirlandes de jasmins, fruits, morceaux de viande et os, dégoulinant de graisse que l’on offre aux lions qui gardent l’escalier, les nombreuses statues disséminées sur le chemin qui mène au sommet de la colline, les esprits gardiens aux allures terrifiantes, Vishnou et Nâga. Les vendeurs d’oiseaux sollicitent les visiteurs pour faire des offrandes et les libérer. Surprenant, si l’on observe ce manège, on se rend compte qu’ils sont dressés à revenir dans leur cage ! D’énormes tables sont dressées couvertes de nourriture, de boissons et de billets de banque. Il faut croire que les esprits sont particulièrement gourmands !!!

Le Psar Tuol Tom Pong ou le marché russe grouille de monde et se trouve être un des meilleurs endroits pour acheter des souvenirs et des vêtements. On trouve de tout : objets d’artisanat, des soieries, des bijoux, des instruments de musique, de la maroquinerie, des contrefaçons de tout genre plus une multitude de marchands allant du tailleur au vendeur de pneu, de quincailler aux esthéticiennes. Très amusant et un lieu incontournable !

Le S-21 ou le musée Tuol Sleng est un témoignage des atrocités commises par les Khmer rouges. Comme à Auschwitz la banalité de l’endroit rend la visite très éprouvante. Le film « Bophana » (1996), le documentaire du réalisateur franco-cambodgien Rithy Panh est projeté tous les jours sur place, relatant l’histoire de la révolution Khmer Rouge et racontant le pays transformé en « une prison sans mur ». Ce régime priva les Cambodgiens de ce à quoi ils tenaient le plus : la famille, la nourriture, la terre et la foi. Le génocide a fait plus de deux millions de victimes.

Le Cambodge se reconstruit aujourd’hui mais il y a encore du chemin à faire. Les gens sont heureux et souriants mais vivent encore avec le souvenir de l’horreur des années du régime khmer rouge et évoquent souvent leurs tragédies personnelles, leurs familles décimées et les souffrances endurées. Générations anciennes et nouvelles vivent avec ce traumatisme. La vie est difficile pour les Cambodgiens et le pays reste l’un des plus pauvres d’Asie. Les revenus de nombreux Cambodgiens stagnent, les maigres salaires ne leur permettent pas de vivre décemment. Et malgré des années de massacres, de misère et d’instabilité politique ils on gardé le sourire. On ne peut quitter les splendeurs du Cambodge sans un sentiment d’affection et d’admiration pour son peuple. Et selon les différentes facettes que l’on découvre, le Cambodge a deux visages: un pays qui enchante et déconcerte à la fois, le yin et le yang du Cambodge.

Février/Mars 2010
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Heureux qui comme Ulysse....
MA Mahili2a Regular ·
Bonjour, j'ai lu votre recit et la tete pleine de souvenir je me suis retrouvée dans vos mots, effectivement le Cambodge est un pays merveilleux et l'on ressent les blessures de l histoire, on sent que ce pays tente de tourner la page avec beaucoup de difficultés, et tente de s ouvrir vers le tourisme, on sent que c'est un pays qui est pour l'instant au debut de son developpement et qui je suis sure va bien changer d ici quelques années. En tout cas comme vous Angkor Vatt est envoutant et tout simplement fascinant, Battambang je confirme j 'ai adoré la campagne et les rizieres, on est completement depaysé. J'ai pas eu le temps d'aller voir les Dauphins d eau douce j irai l'année prochaine... En tout cas le Cambodge reste un héritage exceptionnel j 'approuve à 100 % et espere que ce pays restera encore longtemps un Cambodge authentique.
MA Mamina64 Veteran ·
Quel plaisir de retrouver notre voyage (à peu près) dans ton récit ! Il faut bien trois semaines oui pour découvrir un peu du Cambodge... Reste maintenant à rêver du prochain départ ! Merci.

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La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

mon blog : http://lesvoyagesdemamina.blogspot.com/
MI Mida Veteran ·
Bonjour Mamina

Contente de te relire et enfin j'ai pu suivre la fin de vos aventures dans ton récit. Magnifique! Nous avons échangé à ton retour du Cambodge et avant notre départ. Que de merveilleux souvenirs. Les voyages forment la jeunesse mais si nous prenons les notres en exemple... c'est pas trop mal non plus! Il y a des "vieux" qui nous envient!

Les prochains voyages.... on a tellement de projets. le Pérou, l'Inde, La Nouvelle Zélande et tout simplement quelques jours à Avignon pendant le festival. Pas mal non plus!

Et toi?

Michèle
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MA Mahili2a Regular ·
j'adore votre blog !!!!
MI Mida Veteran ·
Merci Mahili. Je suis contente que mon site te plait. Il n'est pas vraiment à jour car nous sommes depuis un certain temps entrain de l'amèliorer mais le temps nous manque.

J'ai lu ton carnet aussi et je vois que tu as fait un retour au pays de tes origines. Je te comprends oh combien comment c'est important et émouvant de retrouver ses origines. Moi aussi, j'ai toujours un immense plaisir de retourner chez moi!

Michèle
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PA Parallele33 Globetrotter ·
Un très beau récit, merci et bravo ! C'est toujours un plaisir ces comptes-rendus pleins de sentiments, on ressent votre bonheur du moment et ce besoin de le partager. Nous ferons également un séjour, mais sans doute beaucoup plus court, en début d'année prochaine, à Siem Reap et à Phnom Phen, à partir de la Thaïlande qui est notre but premier. Et au sujet du Cambodge, savez-vous comment on peut connaître la date du Nouvel An khmer par hasard ? J'ai entendu dire que cela changeait tous les ans en fonction de la lune. Mais aussi qu'il valait mieux éviter certains lieux beaucoup trop fréquentés, à cette occasion. Merci d'avance pour la réponse.
MI Mida Veteran ·
Bonjour Je suis sûre que tu trouveras la date du nouvel an sur internet ou avec un post sur VF. C'est vrai qu'il y a beaucoup de monde au moment des fêtes. Nous n'avions pas reservé d'hôtel à Phnom Penh et nous n'avons pas pu trouver de places dans ceux que nous avions selectionné mais en arrivant à la descente du bus nous avons trouvé sans problème. Je suis contente que mon récit t'ait plu. De partager nos souvenirs font partie des joies du voyage. Bonne préparation Michèle
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AL Alchant Regular ·
Bonjour... Je me suis régalée en lisant le récit de votre voyage... Mon mari et moi comptons partir durant le congé de Pâques (nous sommes enseignants donc tributaires des congés scolaires... encore pour 1 an ou 2 avant de prendre notre retraite...) Nous avons jeté notre dévolu sur le Cambodge et le Laos...(si c'est possible et raisonnable). Nous voyageons seuls (à 2 évidemment) et évitons les agences. Nous établissons notre programme que nous envoyons à des tours operators dans le pays visité. Nous leur demandons de nous organiser un circuit avec réservations d'hôtels. Nous avons visité la Birmanie et le Rajasthan avec un chauffeur privé et un guide. La guide en Birmanie était exceptionnelle et ce périple fut l'un des + beaux (c'était aussi notre 1er en Asie). L'expérience du Rajasthan fut moins concluante en ce qui concene le guide (pas le pays) Nous avons visité la côte Est des USA, Cuba, le Mexique (Yucatan), l'Afrique du Sud avec un véhicule loué : super... Pour 2010, nous avions choisi la Syrie et la Jordanie avec chauffeur. TB voyage mais la fin fut chaotique à cause du volcan islandais et nous sommes restés bloqués à Prague... mais ce sont à présent des souvenirs agréables (même si le budget fut largment dépassé..)

Vous connaissez un peu mieux notre point de vue. Il faut aussi savoir que je ne suis pas une sportive (donc pas de rudes randonnées pour moi ni de voyage en moto [:P])

Pensez-vous que nous pouvons préparer notre séjour de cette manière? Croyez-vous possible de combiner Cambodge et Laos?

Merci de nous consacrer du temps...[;)]

Chantal
Chantal et Albert
MI Mida Veteran ·
Bonjour Chantal

Contente que mon récit t'ait plu et t'aidera peut être à organiser ton prochain voyage. Je pense tout de même qu'un choix s'impose: soit le Cambodge, soit le Laos ou tu survoleras ces deux pays merveilleux qui demande un peu plus de temps. Dommage de passer à côté de l'accueil et la sympathie, de l'ambiance et des sites extraordinaires que tu trouveras aussi bien au Cambodge qu'au Laos.

Tu n'as vraiment pas besoin d'être sportive pour voyager dans ces deux pays: il faut juste pouvoir bien marcher et grimper les marches[:P] (ce qui commence à nous ralentir sérieusement dans nos voyages!!!).

L'organisation du voyage dans ces deux pays est vraiment très simple. Les réseaux bus, minibus, bateaux sont au top et vraiment pas chers. Nul besoin de réserver les hôtels, tu seras assaillit à l'arrivée de chaque destination et le choix et très grand. Le Cambodge me semble être un peu moins cher que le Laos mais reste tout de même très raisonnable pour nos bourses d'Européens!!![;)]

Pour ce qui concerne les guides, tu les trouveras partout et c'est possible de les réserver en arrivant directement quand tu le désires et quand tu prouves le besoin. Comme tu vois, pour Angkor nous avons pris un guide avec chauffeur juste 2 jours pour faire quelques temples lointains. Le reste du temps nous nous sommes déplacés en tuktuk que nous avons trouvé directement en arrivant.

Nous avons fait le Laos en 2006 et peut être mon récit t'aidera dans ton choix.

Parfums et ambiance du Laos

Si je peux t'aider autrement, n'hésites pas. C'est avec grand plaisir... et comme ça, j'ai l'impression de refaire mes voyages [:)] Si tu regardes mon site, tu trouveras des photos pour te mettre de l'eau à la bouche.

Bonne préparation

Michèle
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Heureux qui comme Ulysse....
AL Alchant Regular ·
Grand merci d'avoir répondu si rapidement[:)] Tu as raison en parler (en ce qui te concerne) ou préparer ... c'est déjà partir... En fait j'agis toujours de la même manière : d'abord choisir la destination. Pour ce faire, nous collectons des catalogues des différentes agences, nous lisons puis commence la récolte de documentation. Et enfin le choix final avec mon mari.

Nous sommes toujours dans l'indécision ... soit Laos, Cambodge ou Indonésie.

Je ne manquerai pas de faire appel à ton expérience sur le terrain en cas de besoin.

Bonne soirée. Chantal
Chantal et Albert
AL Alchant Regular ·
J'ai encore une question à te poser bien que notre choix ne soit pas encore fixé définitivement mais la balance penche vers le Laos... avec une visite de Angkor Crois-tu que nous puissions conduire nous-mêmes une voiture réservée préalablement? Nous avons conduit au Mexique, à Cuba, aux States, en Afrique du Sud (avec des vols intérieurs quand les distances étaient trop longues, par ex en Afrique) mais avions des craintes pour la Birmanie, le Rajasthan et la Syrie. Quel est ton avis? Evidemment nous pourrions être davantage libres, ce que nous souhaitons franchement avant tout. Bon WE Chantal
Chantal et Albert
MI Mida Veteran ·
Alors là, je ne peux pas te répondre. Je ne sais pas si les étrangers ont droit de louer une voiture sans chauffeur au Laos et Cambodge. En Thaïlande, c'est possible. Post un message dans une autre rubrique, je suis sure que tu trouveras réponse à ta question.
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Heureux qui comme Ulysse....
AL Alchant Regular ·
Et comment as-tu fait? Tu voyageais avec un chauffeur. J'avais l'impression que tu voyageais seule ou du moins à 2 Je me trompe? Merci de me donner un peu plus de détails et merci d'avance
Chantal et Albert
MI Mida Veteran ·
Bonjour Chantal

Nous voyagions uniquement pour les grandes distances en bus, minibus ou bateaux et dans les villes, en tuktuks, à pied etc. Comme j'écris dans mes récits, les transports sont très peu chers et la plus part du temps assez fiables. Voyager de cette façon permet les plus belles rencontres et même si la langue est souvent un petit obstacle pour échanger avec la population, on a vraiment le sentiment de partager et vivre un peu comme les habitants du pays.

Aucun problème, tout est bien organisé et facile. Nous avons toujours voyager (mon mari et moi) de la sorte, aussi bien en Asie (à part en Birmanie où nous avons pris un taxi avec chauffeur) qu'en Amérique Centrale et nous restons avec des souvenirs merveilleux, même après quelques petits voyages un peu plus durs que d'autres! Mais on est aventurier ou on ne l'est pas!!![;)] Tu peux réserver d'une ville à l'autre, et dans tous les guest houses, ils t'aideront et s'occuperont de tout. Même pour les hôtels, guest house etc, en arrivant quelque part tu trouveras une multitude de choix proposé par les gens qui attendent les touristes et qui proposent leurs services. Attention: se renseigner auprès des autres voyageurs le prix des tukstuks etc. De temps en temps ils en profitent!

Bien à toi. Michèle
www.kluger.fr

Heureux qui comme Ulysse....
AL Alchant Regular ·
Merci pour ces précieux renseignements grâce à ta gentillesse et ta serviabilité... Chaque jour, je lis, cherche et je suis déjà partie... ce qui fait oublier la météo que nous connaissons en Belgique... [:(] Pluie, vent ... déjà l'automne... (moi qui n'aime que le soleil et la chaleur... c'est cata pour moi!!!!!) Je suis enseignante et mercredi c'est la rentrée... Je suis heureuse de retrouver des activités plus ponctuelles mais j'avoue que rester à la maison ... ce n'est pas mal non plus... Mais c'est l'histoire de quelques jours puis on oublie et le rythme reprend le dessus (enfin j'espère)

Je sais que tu es française mais dans quelle partie du pays??? J'habite près de Mons, à quelques kms seulement de la frontière... Bonne journée

Chantal
Chantal et Albert
FA Fabd Regular ·
Ha le Cambodge....que de beaux souvenirs....
GR Gregory31 ·
Bonjour Mida,

Récit très intéressant et qui me donne hâte de partir pour 2 semaines au cambodge début mars. Vous parlez d'un Sam, franco-khmer qui loue des chambres sur Battambang. Auriez-vous son contact ou le nom de son logement ? Nous serions intéressés pour y séjourner !

Merci d'avance Grégory
MI Mida Veteran ·
Bonjour Grégory

Que c, est loin déjà pour moi ce voyage mais encore si vif dans mon esprit et mon coeur. Tu peux contacter Sam Sarom au +855 (0)78 670 357 ou samsarom@hotmail.com ou si tu es actif sur Facebook.

Bon voyage à toi.
www.kluger.fr

Heureux qui comme Ulysse....

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