Sur la côte nord-ouest Pacifique ou... pas loin!
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Vous trouverez ci-dessous le récit de notre voyage de quatre semaines, de l'ouest du Canada au nord-ouest des Etats-Unis, de la Colombie-Britannique à l'Etat de Washington, le long de la côte Pacifique ou jamais bien loin, en voiture, en ferry et à pied... 😉

La version accompagnée de photos et de cartes se trouve ici :

sites.google.com/...euxvoyagescanadausa/

Ci-dessous le texte accompagné d'une sélection de photos.

Bonne découverte ! 🙂



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Présentation Déjà six années se sont écoulées depuis nos derniers voyages en Amérique du Nord (Canada Ouest et Arizona/Nouveau-Mexique), ce qui n'est pas sans réactiver notre nostalgie du Nouveau Monde au moment de choisir notre prochaine destination. Une chose est sûre : l'été 2015 sera nord-américain.

Mais entre les roches rouges et la poussière de l'Ouest américain, les lacs, les cascades et la fraîcheur de l'Ouest canadien, notre cœur balance !

De cette confrontation sortira finalement un parcours un peu atypique entre Canada et Etats-Unis dont le fil conducteur sera l'océan Pacifique avec, comme point de départ, la ville de Vancouver au Canada.

De notre précédent séjour dans l'Ouest canadien, nous avions gardé en mémoire la possibilité d'aborder l'île de Vancouver par le Passage Intérieur, Inside Passage en anglais, cette voie maritime côtière de l'océan Pacifique située à l'ouest de la Colombie-Britannique. Ce critère devient prioritaire et c'est autour de ce point que vont s'articuler les différentes étapes.

Le circuit commence alors à prendre forme. De Vancouver, nous nous dirigerons vers le nord jusqu'à la pointe sud-est de l'Alaska où les ours ont rendez-vous avec les saumons dans la petite localité de Hyder. Ce sera le point le plus septentrional de notre parcours.

Après cette micro-incursion en Alaska, nous reviendrons un peu sur nos pas pour nous diriger vers Prince Rupert, port d'embarquement vers le Passage Intérieur mais aussi vers l'archipel de Haida Gwaii (anciennement îles de la Reine-Charlotte).

Ces îles mystérieuses et isolées, terres des tribus Haida, ne vont pas manquer d'attirer notre attention, nous leur consacrerons cinq jours.

Ensuite c'est à bord d'un ferry que nous continuerons vers Vancouver Island via le Passage Intérieur. Nous traverserons l'île du nord au sud avec des étapes différentes de celles de notre voyage de 2009.

Au sud de l'île de Vancouver, nous serons à quelques milles nautiques seulement de la côte nord-ouest des Etats-Unis. Une courte traversée en ferry nous déposera côté USA où nous finirons notre voyage par huit jours dans l'état de Washington entre les parcs nationaux de Olympic, Rainier et North Cascades.

Retour à Vancouver pour les deux derniers jours.

En tout 31 jours sur place entre le 13 août et le 14 septembre 2015, ce qui nous laissera tout loisir de randonner régulièrement comme nous aimons le faire. Hervé espère aussi réitérer son expérience de plongée sous-marine dans les eaux froides du Pacifique.

Moyen de transport prévu : un SUV type Ford Escape.

Hébergement : en hôtels, motels ou cabines. 25 nuits sur 31 ont été réservées d'avance.

Côté climat, nous sommes conscients de partir dans des régions potentiellement humides.

Néanmoins, nous espérons profiter encore un peu de l'été exceptionnellement chaud et sec que ces contrées ont connu cette année. En même temps, après deux mois caniculaires à Paris, un peu de fraîcheur ne nous fera pas de mal. Nous avons hâte !



Première étape au Canada : de Vancouver à Whistler J1 : Jeudi 13 août 2015

Comme en 2009, nous avons choisi Air Transat pour nous acheminer jusqu'à Vancouver depuis le Terminal 3 de Roissy. Rien à redire ou presque. On savait que les couvertures et les écouteurs étaient payants, on a donc prévu le nécessaire. Pour le reste, la prestation est correcte.

Arrivée à bon port à 14 h 30. Beau temps, 23 degrés. Chouette !

Au guichet d'immigration, les formalités sont vite expédiées. Ici ni photo, ni empreintes. Vive le Canada !

Récupération de la voiture de location dans la foulée. Dans le garage du loueur Avis, à l'emplacement B1, un SUV Hyundai Santafe, rutilant, nous attend. Je crains qu'il ne le reste pas longtemps ;-)

Spacieux et confortable, nous l'adoptons illico. Le voyage peut maintenant commencer.

Il est 16 heures, nous sommes prêts à prendre la route car, oui, la journée n'est pas finie. 130 km nous séparent de Whistler où nous avons prévu de passer notre première nuit. 130 km, une bagatelle en temps normal, mais après 10 heures de vol et 9 heures de décalage horaire, ça relève plus de l'exploit d'autant qu'il faut absolument faire des courses entretemps.

J'avais repéré un Walmart à Squamish, parfaitement placé sur notre itinéraire. Pour gagner du temps, la liste de course est prête.

Quelle ne fut notre surprise de découvrir qu'une grande surface de cette taille ne vende pas un seul fruit ni un seul légume. Dans son rayon frais, ce n'est pas mieux, il n'y a rien ou presque qui nous convient. En revanche, côté friandises, le choix ne manque pas.

Bon, ce n'est pas avec ce qu'on a dans le caddie qu'on va pouvoir manger ce soir. Alors un deuxième arrêt s'impose, quelques kilomètres plus loin, dans un supermarché plus normal où on a enfin pu faire le plein de produits sains.

Toutes ces allées et venues dans les couloirs de supermarché nous ont épuisés. Dans ces conditions, on laisse tomber toutes les chutes (d'eau) sur notre trajet. Dommage pour les Shannon Falls ou les Brandywine Falls.

On a du mal à garder les yeux ouverts et c'est complètement au radar qu'on boucle la distance restante.

19 h 30 : ouf, destination atteinte. On ne profitera ni de Whistler ni même de notre hôtel, sauf du coin cuisine pour nous préparer rapidement à dîner avant de tomber dans les bras de Morphée aussitôt après.

Il est 6 heures du mat' à notre horloge interne.

Distance parcourue dans la journée : 135 km

Notre SUV... rutilant !

De Whistler à Prince George, des lacs Joffre Lakes au parc provincial des Eskers J2 : Vendredi 14 août 2015

Le décalage horaire joue en notre faveur : réveil à l'aube à 3 heures du matin. A 5 heures, petit déjeuner. A 6 heures, check out !

La journée est à nous, le ciel pas terrible mais la température est douce et l'envie de randonner irrépressible. Pas de souci, j'ai tout prévu.

Première randonnée aux Joffre Lakes. Point de départ sur la Hwy 99 à une soixantaine de kilomètres de Whistler.

J'avais oublié de préciser que nous la suivons depuis hier. Appelée aussi "Sea to Sky Highway", cette route de la mer au ciel surplombe d'abord la baie de Howe à l'ouest de Vancouver, puis traverse les montagnes de la chaîne côtière avant de rejoindre la région des cow-boys à Lillooet. Assez large jusqu'à Whistler, elle se rétrécit ensuite pour devenir une route de montagne étroite et sinueuse.

Mais revenons à nos lacs. Le premier des trois (car oui, il y en a trois), le Lower Joffre Lake, se trouve à cinq minutes en contrebas du parking. Les deux suivants, situés au pied de glaciers impressionnants, nécessitent un peu d'effort mais pas autant que je ne le craignais car le sentier, récemment dévié et réaménagé, se parcourt à présent aisément.

A mi-chemin entre le premier et le deuxième lac, nous croisons un jeune randonneur, parti du parking juste un peu avant nous. Déjà sur le retour ? En fait, il nous avoue préférer faire demi-tour, il ne se sent pas tranquille tout seul car ce matin sur la Nationale il a croisé en voiture un couguar. Il n'aimerait pas se trouver nez à nez avec une telle bête en plein milieu de la forêt. Je lui propose de se joindre à nous, à trois on se sentira plus forts.

Mais en dehors d'un ours… en bois sculpté inoffensif et de quelques geais gris très coopératifs, rien d'alarmant !

La rive du Middle Lake marque le terminus pour notre co-randonneur slovaque. Il est maintenant plus rassuré par l'arrivée progressive d'autres randonneurs.

Quant à nous, nous poursuivons jusqu'au Upper Lake puis jusqu'au camping (rudimentaire) implanté sur sa rive Nord afin d'embrasser d'un seul regard l'étendue d'eau turquoise, la ceinture de pins qui l'enserre et la couronne de glaciers qui la coiffe. Waouh !

Si le soleil fait défaut pour mettre en valeur la réelle beauté de ces lacs, il ne semble pas indispensable pour rehausser la couleur jaune fluo des mousses qui frangent ici les branches des pins.

Bref, c'est une belle randonnée, avec un excellent rapport qualité/effort. Les chiffres le démontrent : entre 8 et 9 km en 3 heures et demie AR pauses comprises avec 400 mètres de dénivelé. Plutôt cool pour une première !

De retour à la voiture, nous enchaînons avec le pique-nique et à midi nous sommes prêts à reprendre la route alors que le soleil tente de timides percées.

Notre prochaine étape ? En réalité, nous n'avons pas de réservation pour ce soir ni pour les deux nuits suivantes afin de nous laisser toute latitude pour organiser ces premières journées. Néanmoins, l'idéal serait de pouvoir atteindre Williams Lake, soit 350 kilomètres. Ouille !

Une soixantaine de kilomètres plus loin, Lillooet marque l'entrée dans une région de steppe semi-aride : pins desséchés, collines pelées, prairies brûlées par le soleil. On a du mal à se croire au Canada !

Après quelques gouttes de pluie qui mouillent à peine le pare-brise, le soleil revient en force.

A Cache Creek c'est au tour de la Hwy 97 appelée aussi Cariboo Hwy de nous rapprocher du Nord dans des paysages à nouveau plus verts, à travers un plateau vallonné couvert de forêts de bouleaux et de ranchs immenses.

70 Mile House, 100 Mile House, 150 Mile House : ce sont aujourd'hui de petites localités émaillant cette route des Cariboo, mais à l'époque de sa construction au milieu du XIXe siècle, à la période glorieuse de la ruée vers l'or, c'étaient des relais de diligences où voyageurs et bêtes pouvaient faire une pause. Leur nom fait référence à la distance qui les séparaient de Lilloet, point de départ de la route.

Ces mêmes lieux nous permettent de nous relayer au volant afin d'arriver comme souhaité jusqu'à Williams Lake où nous n'avons pas de mal à trouver un toit.

Quelques brasses dans la piscine et une trempette dans le jacuzzi nous font tenir jusqu'au dîner au restaurant voisin, où nous commandons les premiers d'une longue série de fish and chips.

Distance parcourue dans la journée : 389 km

J3 : Samedi 15 août 2015

Départ à 7 h 30 avec déjà une heure et demie gagnée sur la veille. On se recale progressivement. Grand soleil et 15 degrés.

Nous n'avons pas d'impératif pour ce soir mais l'idéal serait qu'on dépasse Prince George à 250 km. Dans l'absolu rien d'infaisable même en ayant quelques projets de détours sur le trajet.

Premier arrêt à Quesnel, 120 km plus au nord, au parc provincial des Pinnacles pour voir des pinacles, ces aiguilles rocheuses qui s'élèvent le long d'une falaise.

A l'entrée, un panneau met en garde les visiteurs. Ours et couguars fréquentent assidûment les lieux. Si on en a vus ? Euh… seulement leurs traces.

Après ce petit intermède (1 heure), remettons-nous au volant. La route des Cariboo, toujours elle, traverse à présent le plateau du fleuve Fraser, couvert de forêts et émaillé de petits étangs si prisés des élans. Pourtant, pas un seul de ces fiers cervidés ne daigne se montrer. Juste quelques biches sur les bas-côtés attendent patiemment pour traverser.

C'est une très belle route, parfois à quatre voies, souvent à trois, où la circulation est très light bien que nous soyons en plein week-end de la mi-août. Nous apprécions vraiment beaucoup cette absence de pression touristique.

C'est donc très zen, tout en écoutant quelques airs de musique country diffusés par notre radio satellite, que nous arrivons comme une fleur vers midi à Prince George. Nous ignorons la ville en nous dirigeant immédiatement à 40 km au nord-ouest de l'agglomération vers Eskers Provincial Park.

En regardant la carte, j'avais imaginé que nous allions faire tranquillement le tour de ces lacs dans un terrain dégagé et sans beaucoup de dénivelé.

En réalité, un esker est une formation glaciaire se présentant sous forme de buttes allongées, rectilignes ou sinueuses, pouvant atteindre quelques kilomètres de longueur pour les plus grandes, et de quelques mètres de hauteur.

Or justement le parc provincial en question comprend un ensemble d'eskers formés jadis par des glaciers couvrant cette partie de la Colombie-Britannique.

Voilà qui explique pourquoi la randonnée n'est pas de tout repos, enchaînant montées et descentes incessantes en passant à chaque fois sur des crêtes entre deux lacs (ces fameux eskers !).

La vue sur les plans d'eau est souvent limitée, filtrée par un rideau d'arbres, ici des trembles… magnifiques par ailleurs.

Au final, le dénivelé et la distance dépassent ceux d'hier : 413 mètres et 13 km pour une durée d'un peu plus de trois heures sans pause significative. Bref, on a bien crapahuté !

Côté flore, une belle récolte !

Et côté animaux ? La documentation du parc indique la présence de moose, deer, squirrels, grouse, waterfowl, et surtout du résident principal, le castor.

Parmi tous ceux-là, nous avons bien aperçu un mignon petit écureuil qui nous a regardé d'un œil malicieux tout en croquant une noisette.

Bien que non mentionnés, nous avons entendu hurler des coyotes (enfin, c'est ce qu'on pense avoir entendu). Mais nous avons surtout subi l'assaut de nuées de moustiques, pas mentionnés eux non plus ;-) On était donc soulagés en arrivant à la voiture !

Une fois à l'abri dans l'habitacle et après nous être aspergés un peu tard de lotion, nous nous sentons néanmoins encore capables de remplir nos objectifs : dépasser Prince George pour nous rapprocher de Smithers, notre étape suivante.

Cap à l'ouest par la Hwy 16 ou Yellowhead Hwy pour une petite centaine de kilomètres supplémentaires.

Il est 19 h 30, en atteignant la petite ville de Vanderhoof, nous avons tenu notre objectif. Le Northern Country Inn fait motel et restaurant. C'est parfait !

Distance parcourue dans la journée : 410 km

Lac Joffre

Autour de Smithers : Babine Moutains, Harvey Mountain et Crater Lake J4 : Dimanche 16 août 2015

Soleil radieux et ciel d'azur. Pas de temps à perdre, à 8 heures nous sommes derrière le volant.

Toujours pas de réservation pour ce soir mais nous souhaitons faire une randonnée près de Smithers. Nous projetons par conséquent de passer la nuit dans cette petite ville.

Le trajet, un peu moins de 300 kilomètres, devrait nous prendre la matinée, ce qui nous laissera l'après-midi pour randonner.

Depuis Prince George hier, nous sommes sur la Highway 16 ou Yellowhead Highway, une route qui a ses racines dans les Prairies canadiennes à Winnipeg à plus de 3 000 kilomètres d'ici et qui traverse quatre provinces canadiennes. Elle ne nous est pas étrangère car nous l'avions déjà empruntée en 2009 entre Jasper et le mont Robson.

Après Vanderhoof, la route 16 serpente jusqu'au cœur du District des Lacs à Burns Lake avant d'atteindre la ville de Smithers, cernée de sommets escarpés propices aux activités outdoor hiver comme été.

Avec un tel potentiel, nous attendions à trouver foule dans les alentours de la ville. Or pour un dimanche, il n'y a pas plus de trois véhicules garés au départ de Harvey Mountain Trail dans le parc provincial des Babine Mountains.

Malheureusement le soleil si ardent ce matin a fini par se cacher. Nous craignons que dans ces conditions la balade perde de son intérêt.

Alors ?

Tout au long de la montée dans la forêt, le ciel est effectivement resté couvert mais miracle, au moment où nous débouchons dans les alpages, les nuages cèdent la place à un ciel uniformément bleu, nous laissant tout loisir de profiter de ces magnifiques paysages alpins : prairies fleuries, crêtes abruptes et surtout panorama d'exception. Nous sommes à 1744 mètres d'altitude.

Veines de gris et d'orangés irrigant le flanc des montagnes et tapis vert sombre couvrant leurs pieds : nous sommes fascinés par le tableau !

C'est une chèvre des montagnes qui va nous arracher à notre contemplation. Nous tentons de l'approcher mais elle ne l'entend pas de cette oreille.

A la disparition de la chèvre, notre intérêt déplace sur les fleurs et les baies encore présentes en cette fin d'été alors que plus loin, comme un signe annonciateur de l'automne, les champignons montrent déjà le bout de leur chapeau.

Dernière immortalisation de Harvey Mountain en espérant que l'été veuille bien jouer les prolongations.

Puis c'est le retour dans la vallée au bout 4 heures aller/retour pour 9,8 kilomètres et 863 mètres de dénivelé. Rude mais superbe !

Cette randonnée figure d'ores et déjà parmi les plus belles du voyage.

Pour finir la journée en beauté, il ne reste plus qu'à trouver un hébergement. A l'entrée de la ville de Smithers, une belle bâtisse blanche à colombages (un petit air normand !) nous tape dans l'œil et le tour est joué.

J5 : Lundi 17 août 2015

Un petit coup d'œil par la fenêtre confirme que le beau temps se maintient. Je propose de profiter encore un peu des alentours de Smithers ce matin avant de continuer notre progression vers le Nord-Ouest. Sait-on jamais !

Dans la station de ski de Hudson Bay Mountain, j'avais repéré le Crater Lake Trail dont la durée semble compatible avec notre timing.

A 8 heures, nous prenons la route de montagne qui dessert la station. Vu la taille des parkings on imagine l'affluence et l'activité qui doivent régner ici l'hiver. Aujourd'hui, il n'y a guère que quelques résidents en train de faire de l'entretien.

Le sentier débute à gauche des remontées mécaniques. Il dépasse rapidement la cime des sapins de sorte que nous ne tardons pas à apercevoir la crête colorée dans le creux de laquelle se cache le lac.

Au bout d'une heure le lac est à nous.

Un petit tour sur sa rive nous dévoile son écrin.

Par-delà les parterres de fleurs qui le bordent, par-delà les douces collines qui l'entourent, notre regard s'arrête sur les sommets le plus élevés où des glaciers immaculés scintillent au soleil.

En repartant, une dernière vue d'ensemble du lac qui, tel un œil dans la montagne, nous regarde nous éloigner.

Fin de la randonnée à 11 heures soit 2 heures et demie pour 6 kilomètres AR et 275 mètres de dénivelé. Facile et très belle !

Maintenant place au trajet en voiture. Ce soir, nous serons à la pointe sud-est de l'Alaska, à Hyder où les ours ont rendez-vous avec les saumons dans le ruisseau de Fish Creek.

De saumons, il en est déjà question à Moricetown, juste après Smithers, toujours sur la Yellowhead Highway. Sur la rivière Bulkley, en territoire amérindien, un piège à saumons, vieux de cent ans, est encore utilisé de nos jours par les autochtones. Les poissons sont capturés à l'aide de longues perches munies d'épuisettes. La dextérité dont font preuve les pêcheurs est impressionnante.

Au carrefour des routes 16 et 37, il est encore question de communautés Natives mais cette fois à travers ce qu'elles ont légué de plus caractéristique : les mâts totémiques. Ceux de Kitwanga méritent un arrêt.

Ils ont été érigés entre 1840 et 1942, chacun se rapportant à une famille ayant vécu sur le site et appartenant à l'un des trois clans : les aigles, les loups et les grenouilles. Les motifs sur les totems sont en rapport avec ces thématiques.

Curieusement ils font aujourd'hui directement face à l'église St Paul (1893) et à son clocher en bois (1974), preuves que culture amérindienne et religion chrétienne ne sont plus antinomiques.

Kitwanga, c'est aussi l'endroit où nous quittons la Yellowhead pour prendre la Stewart-Cassiar Highway (Hwy 37) une route où l'on voit, paraît-il, des animaux à tout bout de champ. Mais en dehors des panneaux nous prévenant de telles fréquentations, pas la moindre rencontre !

C'est donc très impatients que nous comptons sur la dernière portion de route, la Hwy 37A, pour nous rapprocher au plus vite de Stewart et Hyder où la chance de voir des ours dans le ruisseau de Fish Creek est quasi assurée.

Déjà à mi-chemin, le nom de ce glacier évoque le plantigrade. Bear Glacier : un nom prémonitoire ? On l'espère !

17 heures : nous atteignons Stewart, terminus de la route, côté Canada, au bord du canal de Portland, une sorte de fjord très étroit, long de 90 kilomètres. C'est ici que nous avons prévu de nous poser pour les deux prochaines nuits mais dans l'immédiat c'est vers la localité voisine que nous nous pressons.

Avant même de faire le check-in dans notre hébergement et après avoir traversé la frontière sans nous en rendre compte ou presque, nous voici à Hyder (60 habitants), sorte de village fantôme au bout du monde, situé en Alaska mais relié au reste de l'Etat uniquement par voie maritime ou aérienne. Un drôle d'endroit pourtant hyper connu et fréquenté par plus de 40 000 visiteurs par an, venus observer, depuis une passerelle au-dessus d'un ruisseau, le spectacle des ours pêchant le saumon entre juillet et septembre. Nous ne voulons pas rater ça.

Alors ?

Les saumons sont bien là en nombre, les uns frétillant dans l'onde claire…

… les autres terminant ici leur vie de poisson (c'est le triste sort des saumons du Pacifique de mourir après la reproduction et la ponte). La rivière devient alors leur cimetière. Une odeur de décomposition flotte d'ailleurs dans l'air.

Les visiteurs aussi sont nombreux, fébriles, agglutinés à la balustrade, l'appareil photo prêt à mitrailler. Certains y ont manifestement passé une partie de la journée.

En attendant, les goélands se régalent de ce festin de saumons et, faute d'ours, constituent un bon sujet photographique.

Les plantigrades, quant à eux, se font intensément désirer. Les visiteurs font les cent pas sur la passerelle et tuent le temps comme ils peuvent.

Soudain, un frôlement dans les buissons… produit une agitation chez les spectateurs qui resserrent les rangs. Chacun tente de se trouver la meilleure place pour surtout ne pas manquer le spectacle.

Les minutes passent, le suspense est insoutenable ! Sortira… ou ne sortira pas ?

Eh bien… aucun plantigrade n'est sorti du bois. Les spectateurs se dispersent à nouveau, l'attente reprend.

Au bout d'une heure, ni très patients ni très contemplatifs, nous décidons de reporter la suite de l'observation à demain matin à la première heure (ouverture du site à 6 heures). Peut-être serons-nous plus chanceux !

Pour le moment, retour à Stewart dont l'ambiance rétro nous fait faire un voyage dans le passé.

Distance parcourue dans la journée : 412 km

Babine Mountains

De Fish Creek à Salmon Glacier (Alaska), en attendant les ours J6 : Mardi 18 août 2015

Le réveil sonne à 5 heures et une heure plus tard, nous sommes parmi les premiers à l'entrée du site de Fish Creek.

Le jour commence tout juste à se lever. Dans le ruisseau, pour l'instant, rien d'excitant !

Les visiteurs, comme hier, vont et viennent. Tout d'un coup, quelques appareils photo se déclenchent. Se passerait-il quelque chose ? Rien, enfin si, mais c'est juste un héron qui vient de se poser dans la rivière.

Un héron qui se délecte, des goélands qui se disputent les meilleurs morceaux en piaillant, un aigle qui plane… mais toujours aucun ursidé affamé ! Mais où sont-ils donc passés ?

Au bout de presque deux heures à faire le pied de grue, on abdique ! Tant pis, on reviendra plus tard en espérant tomber à un meilleur moment.

Côté météo, ce n'est pas jojo, le ciel est couvert, avec des nuages bas et un crachin intermittent.

Le projet de la matinée consiste à prendre la Granduc Road, une piste de 37 kilomètres menant à un point de vue sur la langue glaciaire du Salmon Glacier.

Hum, pas sûr qu'on y voie grand chose mille mètres plus haut !

Effectivement, au fur et à mesure de la montée, on s'enfonce progressivement dans une épaisse purée de pois où seuls quelques reliefs fantomatiques se laissent brièvement entrapercevoir.

Au point de vue, c'est encore pire. Le glacier est tout bonnement invisible et la pluie nous cloue dans la voiture.

Après la pluie, le beau temps, dit le proverbe. Alors attendons un peu. Patience et longueur de temps…

Une heure plus tard, alors qu'une amélioration semble se profiler, Hervé sort de la voiture pour discuter avec le Bearman, le vendeur de CD et autres DVD, présent toute la saison au point de vue. Il s'y connaît en météo.

Il lui prédit une embellie et nous conseille de poursuivre un peu la piste, on serait alors sous les nuages et on distinguerait le glacier.

On suit ses recommandations mais on ne voit pas davantage le glacier. En revanche, le soleil fait des efforts considérables pour disloquer les nuages.

Il darde ses rayons pour éclairer cette gorge.

Il accroche des guirlandes de petites ampoules lumineuses à l'extrémité des branches des sapins.

Mais il a beau faire, les sommets et le glacier restent cachés.

Alors tant pis !

Pourtant, mille mètres plus bas, au niveau de la mer, the weather isn't too bad ! Petite balade au bord du canal de Portland au petit air de fjord norvégien !

Puis nouveau passage à Fish Creek sans être véritablement convaincus de la pertinence d'une visite en pleine journée mais sait-on jamais !

Autant ne pas faire durer le suspense : il n'y a pas plus d'animation que ce matin. Un petit tour et on s'en va, on reviendra encore ce soir !

Passage par la frontière canadienne car, si on entre comme on veut en Alaska à cet endroit, il faut en revanche montrer patte blanche pour revenir au Canada. Contrôle des passeports à chaque passage.

Après un moment de repli dans notre pied-à-terre à l'heure du midi, après toutes ces heures passées à attendre, il est temps de nous bouger un peu.

Parmi les randonnées que j'avais repérées aux abords de la ville, celle-ci me semble la plus adaptée :

One of the easier and more interesting local trails is Barney's Gulch Trail, otherwise known as the Sluice Box. This route follows the original railway bed leading out of Stewart and then climbs along a historic Sluice Box, once used by miners to channel water and search for gold. The end point offers a great view of Stewart and the Portland Canal.

Adjugé !

Un panneau au point de départ met en garde, forcément…

On y va quand même ? Oui, malgré les ours, malgré la pluie qui commence à tomber, malgré les papiers gras envolés de la décharge voisine et jonchant le début du sentier, malgré l'accès un peu raide au départ, allons-y !

Très vite, on est pris par une ambiance à la Jurassic Park. On se sent un peu comme des Lilliputiens, impressionnés par la taille des arbres et l'exubérance de la végétation et surtout par le nombre et la variété de champignons qui tapissent les sous-bois.

Incroyables, hallucinants (je n'ai pas dit hallucinogènes ;-) par leur forme, leur couleur et surtout par leur taille.

Bref, nous avons adoré cette randonnée qui nous a pris 3 heures pour 7 km AR et 400 mètres de dénivelé.

Hervé m'avoue même qu'il a préféré faire cette balade plutôt que de passer l'après-midi à attendre les ours. Ouf, ma préparation est sauve !

Mais comme nous sommes venus ici avant tout pour eux, nous passons une fois encore la frontière canado-américaine en début de soirée avec l'espoir de les apercevoir enfin.

Nous comptons y consacrer une heure avant le dîner et éventuellement encore une heure après, le site fermant à 22 heures et la frontière à minuit. C'est notre dernière chance, demain nous quittons la région.

Pour l'instant, c'est toujours le calme plat dans le ruisseau. Seul l'envol d'une nuée de goélands offre un peu de matière aux photographes.

En interrogeant nos voisins de passerelle, nous apprenons que leur chasse photographique n'a guère été plus fructueuse, mais pas nulle non plus. Certains ont eu la chance de voir un ours ou deux, parfois tout simplement sur la route.

Alors pourquoi pas nous ?

Au bout d'une heure, on craque à nouveau. Tant pis pour les ours, c'est l'heure du dîner.

Mais alors que nous sommes sur la route en direction du village, en nous interrogeant sur les raisons d'un tel manque de chance (trop tard en saison ? trop peu d'assiduité ?) je m'écrie tout d'un coup : "Regarde ce qui va là".

Un ours noir est en train de déambuler sur le bas-côté, une centaine de mètres devant nous. Mais le temps d'attraper l'appareil photo et d'arriver à sa hauteur, il a déjà disparu dans les fourrés. Peut-être se rend-t-il dans le ruisseau de Fish Creek ?

On y retourne ?

Non, maintenant qu'on est là, allons d'abord dîner.

Le restaurant est surprenant au premier abord, mais on y mange un excellent poisson grillé (saumon ou flétan), servi sans chichi dans de la vaisselle en plastique, attablés à l'extérieur, ou à l'intérieur dans une cabane annexe. Dans le bus, Diana cuisine le poisson pêché par son mari. Un restaurant à l'image de ce coin d'Alaska, simple et rustique !

C'est dans ce décor old style que se termine notre séjour dans ce coin perdu et même si l'observation des ours a été infructueuse (ou presque), nous avons apprécié le côté un peu décalé de ce bout du monde. Une étape attachante en somme !

Distance parcourue dans la journée : 90 km

Près de Salmon Glacier



En territoire des Premières Nations, Nisga'a et Haida J7 : Mercredi 19 août 2015

Avec notre pass valable 3 jours, nous aurions pu retourner une dernière fois à Fish Creek mais nous ne croyons plus trop à notre bonne étoile. De plus, nous avons une longue journée de route devant nous. Alors bye, bye les nounours… s'il en reste, car nous, on pourrait avoir des doutes ;-)

Ce soir, nous devons être à Prince Rupert, à 450 kilomètres, tout en ayant prévu la visite d'un parc provincial en cours de trajet. Autant dire que la journée va être bien remplie.

Stewart et Hyder étant les points les plus septentrionaux de notre circuit, nous retournons à présent vers le sud. Comme ces deux localités sont également situées dans un cul-de-sac, il nous faut revenir en partie sur nos pas, du moins jusqu'à Cranberry Junction.

En quittant Stewart, les nuages bas sont toujours accrochés aux montagnes mais avant même d'arriver sur la Highway 37, le soleil commence à faire de belles apparitions. Normal, nous prenons la direction du sud, celle du soleil ;-)

A Cranberry Junction (une petite intersection à peine signalée), une route forestière non bitumée constitue un raccourci pour rallier Prince Ruppert. Elle permet surtout de faire une incursion en territoire Indien, celui des Nisga'a, pour une découverte du parc provincial dont le nom exact est Anhluut'ukwsim Laxmihl Angwinga'asanskwhl Nisga'a dans la langue locale.

Retenons plus simplement son nom anglais : Nisga'a Lava Memorial Bed Park.

En effet, parmi les événements ayant marqué l'histoire des habitants de la vallée du fleuve Nass, il en est un qui a aussi transformé le paysage et dont le parc se veut le témoin.

Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, une éruption volcanique massive (celle du Tseax Cone) projeta une épaisse couche de lave sur la vallée, détruisant des villages entiers, étouffant la végétation et tuant plus de 2000 ascendants des actuels Nisga'a. La lave a recouvert une zone de dix kilomètres de long sur trois de large, créé l'actuel Lava Lake et modifié le tracé du fleuve Nass.

Selon la légende Nisga'a, ce sont des enfants en s'amusant à maltraiter des saumons, source de vie, qui ont déclenché la colère de la Terre.

En voyant ces paysages, on ne peut s'empêcher de penser à l'Islande et à la catastrophe du Lakagigar qui curieusement s'est produite à peu près à la même époque.

Plus de 250 ans plus tard, la végétation commence tout doucement à reprendre le dessus. Le volcan dort aujourd'hui tranquillement au cœur du parc mais il pourrait encore se réveiller dans le futur et provoquer une nouvelle catastrophe.

En voyant les eaux si paisibles du Lava Lake, rien ne laisse deviner qu'un chaos d'envergure a été à l'origine de sa création.

Son espace de pique-nique sous les sapins tombe à point pour la pause de la mi-journée. Magnifique vue sur les glaciers au loin.

Avec les glaciers en ligne de mire, nous avançons jusqu'à Terrace où nous retrouvons la Yellowhead Higway, déjà empruntée entre Prince George et Kitwanga.

C'est cette dernière qui nous conduit ensuite jusqu'à Prince Rupert dans une très large vallée que se partagent la route, la voie ferrée et la rivière Skeena, bordée par une enfilade de pics escarpés.

Arrivée à 17 heures à Prince Rupert où il fait beau et chaud (21 degrés).

Que demander de plus ? Une belle vue ? Nous l'avons. Un beau coucher de soleil ? Egalement ! I Un bon dîner ? Evidemment ! Bref, tout baigne. J

Distance parcourue dans la journée : 440 km

J8 : Jeudi 20 août 2015

Aujourd'hui nous allons nous déplacer de 200 kilomètres sans faire grimper d'autant le compteur de notre voiture. Comment ? En empruntant un ferry.

Destination pour les quatre jours prochains : l'archipel de Haidai Gwaii, anciennement appelées îles de la Reine Charlotte.

Le départ du ferry est prévu à 10 heures mais la compagnie BC Ferries demande de se présenter deux heures avant, même en ayant une réservation. L'embarquement des véhicules est bien rodé. Avec notre SUV, nous attendons dans la ligne des undersized vehicles. C'est vrai qu'à côté de lui, les 4 x 4 locaux ont l'air de monstres mais ici ils sont la norme. Dans les oversized vehicles figurent quelques semi-remorques et quelques caravanes ou campings-cars extravagants.

Une fois le Santafe avalé dans le ventre du navire, nous montons dans les étages pour nous trouver une bonne place. Vu la taille des salons, pas de souci. C'est carrément d'une rangée entière dont nous pouvons disposer, sans oublier la fenêtre pour la vue. Certains passagers sont très bien organisés, ils ont même prévu couvertures et oreillers afin de s'allonger par terre entre les rangées.

Nous n'en sommes pas encore à ce degré d'organisation mais nous en prenons de la graine pour nos prochains déplacements en ferry.

A dix heures pile, le navire lâche les amarres. C'est parti pour sept heures de traversée. Le temps est plutôt maussade :-(

Depuis le pont, nous observons l'activité du port et des bateaux qui reviennent de la pêche. Celui-ci est sans doute sorti très tôt ce matin comme le laisse penser son nom de Pacific Sunrise.

Plus loin, le ferry louvoie entre plusieurs groupes d'îles sur une mer très calme avant d'effectuer une grande traversée en diagonale du détroit d'Hécate, en direction du port de Skidegate.

Grignotage, petite sieste, lecture et film vont alors occuper ces quelques heures en pleine mer. Pendant les dernières soixante minutes, l'approche des terres nous offre un nouveau divertissement, celui du spectacle de ces côtes, se déclinant dans le lointain, en cinquante nuances de gris.

Avec ses paysages de montagnes escarpées (s'élevant jusqu'à 1200 mètres) le long de la dorsale occidentale de l'archipel, avec ses fjords spectaculaires, ses colonies d'oiseaux marins et d'otaries, ses forêts d'épinettes géantes, de Sitka et de cèdres, ses vestiges de totems, les îles Haida Gwaii qui signifient "îles du peuple" en l'occurrence celles des tribus Haida, constituent une région unique au Canada.

L'archipel compte plus de150 îles. Toute la partie Sud, très préservée, est classée parc national et uniquement accessible via des tours organisés souvent de plusieurs jours. Les deux îles du Nord, Graham Island et la partie nord de Moresby Island, qui sont aussi les plus peuplées (mais tout est relatif), peuvent être parcourues sans intermédiaire.

Pour notre séjour, nous avons retenu l'île de Graham où nous passerons deux nuits à Masset suivies de trois nuits à Queen Charlotte.

A la descente du ferry, direction le port de Masset, à l'extrême nord de l'île de Graham, où il fait ce soir un temps superbe. Pourvu que ça dure !

Distance parcourue dans la journée : 106 km en voiture mais aussi 202 km en ferry.

Lava Lake

Naikoon Nord, randonnée de Tow Hill à Cape Fife J9 : Vendredi 21 août 2015

La pointe nord-est de l'île de Graham abrite le parc provincial de Naikoon caractérisé par un mélange de forêts côtières humides tempérées, de tourbières, de dunes de sable, et bordé par une centaine de kilomètres de plages sauvages.

A 25 km à l'ouest de Masset se trouve l'une des icônes naturelles du parc, à savoir Tow Hill, un affleurement basaltique dominant toute la région, du haut de ses 120 mètres.

C'est à ses pieds que nous nous garons mais repoussons à plus tard son ascension car dans l'immédiat nous avons un autre projet : profiter du temps sec pour nous lancer dans une randonnée nécessitant la journée, en direction de Cape Fife.

Le ciel dégagé de bon matin finit par se voiler. Dommage !

A 9 h 45 nous sommes prêts à nous attaquer à la traversée d'une dizaine de kilomètres de forêt dense et moussue jusqu'aux plages de sable de la côte Est.

Nous avons de la chance, il ne pleut pas. La progression se fait sur un sol mou et spongieux qui doit rapidement se transformer en bourbier en cas de pluie.

Dans cet écosystème humide, les arbres partent à l'assaut du ciel et rivalisent en taille. Ici des cèdres de l'ouest ou Thuya plicata. Heureusement que les thuyas de notre jardin n'atteignent pas cette taille ;-)

Les mousses sont parfaitement dans leur élément. Elles couvrent le sol d'un coussin douillet dans lequel on aimerait s'enfoncer.

Elles colonisent également les branches des arbres qui, ainsi parées, prennent des formes étranges. Main fourchue ? Animal cornu ?

Plus loin, dans les tourbières, les mousses s'habillent de rouge carmin pour mieux se distinguer.

Il va sans dire qu'avec de telles conditions, les champignons prolifèrent allègrement.

Trois heures trente seront nécessaires pour boucler la dizaine de kilomètres au cours desquels nous n'avons croisé aucun humain. En revanche, nous avons pu observer quelques animaux. Du plus grand au plus petit : daim, femelle de tétras, grenouilles et limaces.

Le refuge de Cape Fife marque la fin provisoire de notre balade. Un panneau met en garde contre les ours. Nous ne sommes donc pas vraiment étonnés de découvrir sur l'immense plage en contrebas un petit requin portant une trace de morsure. Sans doute le fait d'un ours.

En dehors de cette bête, nous pensions le lieu désert. Or à notre grand étonnement, nous distinguons au loin la silhouette d'un marcheur qui avance vers nous. Il s'agit d'un Britannique effectuant une randonnée de plusieurs jours en suivant le littoral (90 km). Nous lui laissons le reste de notre eau minérale. Ça change de son breuvage opaque résultant du filtrage de l'eau trouvée sur son trajet.

Une heure plus tard, nous reprenons le chemin inverse qui, à défaut de nouveautés, finit par nous paraître long et fatigant, au point de ne plus avoir le courage de grimper sur les hauteurs de Tow Hill à l'arrivée.

Cette randonnée de seulement 127 mètres de dénivelé mais de 19,3 km de long parcourus en un peu moins de 7 heures, nous a laissés sur les rotules.

Seul un groupe d'oies du Canada va réussir à interrompre notre retour vers Masset.

Nous serions sans doute allés nous coucher tôt si nous n'avions été invités par la maîtresse de maison à nous joindre aux autres hôtes ainsi qu'à quelques invités pour un sympathique dîner sur la terrasse. Malgré un ciel nuageux, la soirée, agrémentée par le survol de nombreux aigles et oies du Canada, est douce et agréable.

Deuxième nuit à Masset.

Distances parcourues dans la journée : 50 km en voiture mais aussi 20 km à pied.

Naikoon Nord

Naikoon Sud, sur la trace de l'épave du Pesuta J10 : Samedi 22 août 2015

Une nouvelle randonnée au programme ce matin ? Yes, off course, il ne faut pas s'arrêter sur une aussi belle lancée.

Elle sera moitié moins importante en distance et en temps que celle d'hier mais nécessite d'être faite à marée descendante. L'heure de la marée basse étant prévue à 12 h 13, il ne faut pas trop traîner surtout qu'il y a une heure de route entre Masset et l'aire de pique-nique de Tlell, point de départ du sentier.

Après des averses en fin de nuit, le ciel se dégage progressivement pour laisser place à un beau soleil alors que nous débutons notre marche. A 10 h 30, top départ !

L'objectif de cette randonnée est de découvrir l'épave du Pesuta, une barge dédiée au transport de grumes qui a sombré en 1928 au cours d'une tempête et dont les restes sont plantés dans le sable sur East Beach.

Nous commençons par une courte traversée de forêt en surplomb de la rivière Hiellen. Les arbres ne sont pas tout à fait les mêmes qu'hier mais surtout les rayons du soleil donnent à la forêt un tout autre éclairage.

Au bout d'une demi-heure, le chemin quitte la forêt. Nous continuons à présent en bord de rivière sur une large piste de galets tassés. Il fait très beau et même chaud.

Entre rivière et océan, les aigles marins s'envolent avec leurs proies.

Un peu avant midi, ce qu'il reste de l'épave apparaît devant nous.

Le photographe, inspiré, l'inspecte sous tous les angles. Vraiment très photogénique, cette épave !

Quant à la magnifique plage Est qui a l'air de se dérouler à l'infini, elle lui offre un décor hors norme.

Nous resterions bien à rêvasser sur le sable mais le ciel devient de plus en plus menaçant et risque de transformer le trajet de retour en galère.

Alors à l'heure de l'étale basse, nous nous dépêchons de quitter la plage mais finalement il ne tombera que quelques gouttes.

Après une tentative de variante le long de la rivière vite impraticable, nous réintégrons le sentier initial pour une arrivée à la voiture à 14 heures, après 3 heures et demie pauses comprises pour 10 km aller/retour.

Ce soir, nous dormons à Queen Charlotte (la ville). C'est donc cette direction que nous prenons en cours d'après-midi après un arrêt à Halibut Bight Rest Area.

Hervé n'hésite pas à fouler les galets de cette plage et à se tordre les pieds pour tenter de s'approcher d'un aigle sans savoir que quelques kilomètres plus loin, à l'entrée de la ville de Queen Charlotte, tout un groupe de rapaces est à portée d'objectif.

Après avoir oscillé à plusieurs reprises au cours de la journée entre soleil et pluie, le temps se gâte sérieusement ce soir alors que nous nous installons pour trois nuits au sud de l'île de Graham.

Distance parcourue dans la journée : 109 km

Epave du Pesuta

Graham Ouest, du lac Yakoun aux plages du Rennell Sound J11 : Dimanche 23 août 2015

Nous avons prévu d'explorer le côté ouest de l'île et aujourd'hui c'est le jour idéal pour le faire, non pas en raison de la météo (plutôt maussade) mais parce que nous sommes dimanche.

En effet, les routes qui desservent la côte ouest ne sont pas asphaltées. Ce sont des pistes prioritairement dédiées à l'exploitation forestière et fréquentées par des semi-remorques de taille. La circulation y est donc réglementée, uniquement tolérée à certaines heures. Régulièrement des panneaux rappellent que nous les empruntons à nos risques. et périls.

Vu les quantités de pluie tombées durant la nuit, les pistes trouées de nids-de-poule sont devenues boueuses et le Santafe rapidement repeint couleur gadoue.

Les sentiers sont eux aussi détrempés de sorte que nous enfilons des guêtres par-dessus nos chaussures afin de limiter les dégâts lors de notre première sortie de la journée.

En effet, vingt kilomètres après Queen Charlotte, un trail d'une trentaine de minutes doit nous conduire sur les rives du lac Yakoun. Mais avant d'atteindre le lac nous nous attardons au pied de plusieurs arbres géants à côté desquels nous avons l'air de nains !

La luminosité ambiante donne au Yakoun Lake un air de Loch Ness dont on verrait bien surgir LE monstre.

En guise de monstre apparaît un plongeon huard qui, dans son habit à damier noir et blanc, fend discrètement la nappe d'eau.

Après cette incursion au bord du lac (1 heure en tout), cap encore plus à l'ouest vers le Rennell Sound et ses plages après un passage de col à 300 mètres suivi d'une descente à 25 % vers le bord de mer.

On se croirait sur la route de la Traversée en Guadeloupe, même végétation, même humidité mais la chaleur en moins. Les températures ne dépasseront pas 13 degrés au meilleur de la journée aujourd'hui.

Plusieurs plages bordent cette côte ouest : dans l'ordre, du sud au nord, Five Mile Beach (dont on fera l'impasse pour cause d'averse passagère), Gregory Beach et Bonanza Beach dont tout le monde s'accorde à dire que c'est la plus belle.

C'est aussi la plus éloignée des trois et le terminus de la piste. C'est vrai qu'elle est belle, surtout sous le soleil.

Mais la préférée du photographe, c'est Gregory Beach. Elle possède un petit quelque chose d'artistique et de mystérieux. En outre, son sable noir lui confère un caractère plus sauvage.

Les grandes laminaires qui la jonchent exacerbent notre créativité. Nous laissons sur le sable une petite œuvre éphémère que nous ne manquons pas d'immortaliser.

Après un dernier arrêt au bord d'une parcelle forestière en cours d'exploitation à réaliser l'ampleur des dégâts, retour à Queen Charlotte en début d'après-midi.

Après la nature, un peu de culture est bienvenu ! La météo étant incertaine, autant rester à l'abri au musée du Haida Heritage Center à Skidegate afin d'en apprendre un peu plus sur l'histoire, la société, les arts et la nature dans l'archipel.

Le musée est construit comme un village Haida d'antan, composé de plusieurs maisons longues alignées. On y trouve de superbes pièces, notamment des masques, des boîtes en cèdre, de gigantesques totems sculptés, des canots, et de magnifiques créations en argilite noire.

De l'organisation de la société, nous retenons que chaque communauté Haida était divisée en deux groupes : Raven and Eagles. Les mariages se faisaient uniquement entre membres des deux différents groupes. Les enfants devenaient membres du groupe de leur mère. C'était donc une société matrilinéaire.

Après cet intermède culturel, l'état du ciel nous laisse l'opportunité de faire un saut jusqu'à Balance Rock, un bilboquet rocheux en équilibre au bord de mer.

Nous nous amusons à quelques jeux d'optique. Après avoir calé le rocher au creux de ma main, mue par une force herculéenne, je le hisse au-dessus de ma tête ;-)

Petit clin d'œil de fin de journée durant laquelle, en dépit d'une météo capricieuse, nous avons réussi à profiter de chaque instant. A l'image du rocher précédent, un équilibre parfaitement réussi !

Deuxième nuit à Queen Charlotte.

Distance parcourue dans la journée : 127 km.

Balance Rock

Excursion à Moresby Island et retour sur le continent J12 : Lundi 24 août 2015

Il a encore plu une partie de la nuit et même si ce matin, il ne pleut pas (encore), il fait bien couvert. Dans ces conditions, on peut faire une croix sur la randonnée réputée difficile vers l'un des sommets de l'île (1009 mètres), on n'y verrait rien. Autant rester au ras de l'eau !

Justement c'est en ferry que nous commençons la journée, avec une traversée d'une vingtaine de minutes vers Alliford Bay afin de voir à quoi ressemble l'île voisine de Moresby.

Pendant le court trajet, nous prenons place sur la viewing area afin d'être aux premières loges pour scruter les nombreux îlots qui constellent le fjord.

Les oiseaux y règnent en maîtres mais partagent volontiers les rochers avec quelques lions de mer.

A partir du débarcadère, une route circulaire fait le tour du nord de l'île, d'abord asphaltée jusqu'à Sandspit (qui accueille le principal aéroport de l'archipel) puis en terre sur le restant de la boucle. Nous l'empruntons dans le sens horaire.

Premier arrêt à Onward Point pour quelques minutes de marche dans une forêt littorale avant d'aboutir à un point de vue couvert. Vue sur Skidegate Inlet.

Après cette petite mise en jambes, nous poursuivons avec une randonnée un peu plus conséquente, juste avant l'entrée de la localité de Sandspit : Dover Creek Trail suivi de Hans Creek Loop.

Deux heures de marche au milieu d'une forêt de cèdres et d'épinettes majestueux, rivalisant en taille et en circonférence.

Avec de tels spécimens, pas besoin de construire de pont. Ici un de ces géants tombé en travers de la rivière fait office de passerelle naturelle.

Le couvert végétal est si épais qu'il nous abrite momentanément de la pluie. C'est un des avantages des promenades en forêt

Mais dans l'après-midi, des averses plus soutenues se succèdent, nous laissant juste un peu de répit pour jeter un œil à Secret Cove et pour ramasser quelques bolets et chanterelles au bord de la piste forestière qui nous ramène vers l'embarcadère.

Pendant le trajet de retour en ferry, c'est le déluge. Il est temps de rentrer !

Une journée en demi-teinte dont on retiendra surtout le goût de la poêlée de champignons ;-)

Troisième et dernière nuit à Queen Charlotte.

Distance parcourue dans la journée : 93 km

J13 : Mardi 25 août 2015

La journée est consacrée au retour à Prince Rupert. Départ du ferry à 10 heures, arrivée à 17 heures. Les cheminées fument, la sirène retentit, c'est parti !

A l'intérieur, nous avons maintenant nos habitudes : une rangée de sièges pour nous étaler, un pique-nique pour résister, une couverture pour somnoler, une baie vitrée pour ne rien manquer et sur l'écran de cinéma du navire, le film "The Musketeers" pour à la fois nous divertir et améliorer notre anglais. C'est parfait !

A ce rythme, le temps passe très vite.

Le navire commence par longer la côte Est de Graham Island jusqu'au niveau de Lawn Hill (au passage, nous apercevons Balance Rock) puis pique vers l'est en direction de Prince Rupert.

S'il fallait tirer un premier bilan de ces quatre journées passées sur l'archipel de Haida Gwaii, je dirais que nous avons été impressionnés par tous ces arbres gigantesques, que nous avons beaucoup aimé les paysages très préservés du parc provincial de Naikoon, mais remarqué que certaines parties des deux îles sont détériorées par l'exploitation forestière. C'est sans doute dans l'extrême sud de l'archipel classé parc national qu'il faut chercher les territoires les plus intacts, mais ça, c'est une autre aventure.

A l'approche du continent, nous finissons le voyage sur le pont à scruter les îles environnantes et surtout la couleur du ciel.

En effet, en avançant, le bateau laisse derrière lui la couverture nuageuse accrochée aux sommets des îles Charlotte.

Droit devant, le ciel est comme partagé en deux : bleu d'un côté, gris de l'autre. Mais qui des deux aura le dessus ?

Réponse à Prince Rupert à l'heure du coucher de soleil.

Comme par un coup de baguette magique, l'astre de feu transforme ce mélange un peu terne de bleu et de gris en une véritable explosion de couleurs, se déclinant du rose pâle au violet, du rose fuchsia à l'indigo avec... un arc-en-ciel en prime !

Bref, un moment rare que nous savourons pleinement en espérant qu'il annonce de belles journées à venir !

Distances parcourues dans la journée : seulement 15 km en voiture mais 200 km en ferry.

Coucher de soleil à Prince Rupert

Balades et baignade à Prince Rupert J14 : Mercredi 26 août 2015

Les horaires de correspondance entre le ferry de retour de l'archipel de Haida Gwaii et celui à destination de l'île de Vancouver via l'Inside Passage nous imposent aujourd'hui une journée de transit à Prince Rupert. Et cela tombe plutôt bien !

D'une part, parce qu'après deux semaines de voyage, ce passage en ville nous permet de régler quelques tâches d'intendance : lavage du linge, nettoyage de la voiture et surtout achat d'une paire de chaussures de randonnée, les miennes ayant rendu l'âme après plusieurs saisons de bons et loyaux services.

D'autre part, dans la ville la plus pluvieuse de la côte Nord-Ouest avec plus de 220 jours de pluie par an et le plus fort cumul de précipitations de tout le Canada, il fait aujourd'hui un temps exceptionnellement beau et chaud. La chance !

Alors une fois l'intendance réglée, profitons vite de cette belle journée.

Premier objectif : le parcours en boucle de Butze Rapids Trail. Le trailhead se trouve à cinq kilomètres de la ville par la Hwy 16.

Certes ce n'est pas de la grande randonnée, mais plutôt une balade pour "Papy Mamy et leur chien Youki" comme diraient certains. C'est une balade populaire où les Rupertois viennent volontiers faire leur jogging ou leur marche journalière.

C'est donc sous un ciel uniformément bleu, après avoir ressorti short et tea shirt (et ça fait du bien !) que nous nous engageons sur le chemin d'approche.

Au premier embranchement, nous ignorons ce panneau plein de malices et prenons ensemble la même direction ;-)

Le sentier, bien entretenu, traverse tour à tour une épaisse forêt de conifèreset une tourbière aux pins tordus, couverte de Droseras. Nous observons en détail cette plante carnivore ingénieuse.

Au bout d'une demi-heure, nous arrivons au niveau des Butze Rapids. C'est une curiosité naturelle liée au flux et au reflux de la marée autour de Kaien Island (l'île sur laquelle se trouve Prince Rupert), obligeant l'eau à se déverser dans l'étroit passage tantôt dans sens tantôt dans l'autre et créant des tourbillons à chaque inversion. Pas aussi spectaculaire que le maelström observé en Norvège mais curieux quand même !

Encore une demi-heure de plus en suivant le bord de mer et nous atteignons Grassy Bay. Ici les collines et îles boisées se mirent dans une eau si calme et si claire qu'on se croirait au bord d'un lac.

Pour finir, il n'y plus qu'à retraverser la forêt tout en s'informant au fil de quelques panneaux sur les différents types d'arbres, de baies, d'herbes et de plantes ainsi que sur leur utilisation actuelle et traditionnelle.

En bref, une balade tranquille de deux heures que cette belle météo a fait grimper dans notre estime.

Après un retour en ville pour le déjeuner, nous n'hésitons pas à reprendre la même direction dans l'après-midi vers Diana Lake, un lac situé lui aussi sur la Highway 16.

Dans notre sac, maillots de bain, serviette, crème solaire et couverture. Une idée en tête ?

En effet, le Diana Lake est apprécié pour la baignade. Or il fait tellement beau et chaud que tout est envisageable. A défaut nous prendrons au moins le soleil.

Alors ? Alors oui, nous l'avons fait.

En arrivant au bord du lac, la couleur du ciel, la douceur de l'air et la vue des baigneurs déjà à l'œuvre vont immédiatement nous convaincre de nous jeter à l'eau, mais juste pour quelques brasses car ce n'est pas la Méditerranée fin août, la température de l'eau doit tourner autour des 15 degrés.

En revanche, nous prenons tout notre temps pour lézarder au soleil, allongés sur notre couverture avec un bon bouquin. Nous serions sans doute restés davantage si nos voisins de gazon n'avaient fini par nous enfumer avec leur barbecue. En effet, en début de soirée, les bras chargés de victuailles, sont arrivés de plus en plus de pique-niqueurs, résolus à profiter de cette douceur exceptionnelle.

C'est le moment que nous choisissons pour migrer vers un autre lac, moins prisé par les amateurs de barbecue, Oliver Lake, toujours sur la 16.

Un havre de paix, seulement fréquenté par quelques canards, dans un décor de sphaignes, de mousses, de buissons et de pins rabougris aux allures de bonsaïs.

Le lac forme un miroir si lisse que les sapins qui s'y reflètent sont d'une netteté si parfaite qu'on les confondrait presque avec les originaux !

Les nénuphars, eux aussi, ont l'air irréels.

Une ambiance de calme et de sérénité que nous finissons par interrompre pour mener à bien les deux ou trois projets qui nous tiennent à cœur pour la soirée :

Recycler mes chaussures usagées en les déposant, non pas au pied du sapin de Nöel, mais au pied du Shoe Tree… Barboter dans le jacuzzi en plein air sur la terrasse de l'hôtel… Nous attabler un étage plus haut pour un délicieux dîner.

Vraiment une journée super agréable et, dans ces conditions, un petit faible pour Prince Rupert.

Il ne reste plus qu'à croiser très fort les doigts pour que cette météo exceptionnelle le reste demain tout au long du Passage Intérieur, le moment le plus attendu de notre voyage.

Distance parcourue dans la journée : 65 km

Oliver Lake, près de Prince Rupert

De Prince Rupert à Port Hardy par le Passage Intérieur J15 : Jeudi 27 août 2015

Réveil à 4 h 30 car il faut être dans la queue du ferry deux heures avant son départ prévu à 7 h 30. Il fait encore nuit alors que nous nous présentons pour les formalités. L'embarquement se fait à bon train.

Dans le garage, les voitures sont alignées au cordeau.

Ce navire est encore plus moderne, plus spacieux et plus confortable que les précédents. Certes, dans les étages supérieurs, les meilleures places, celles faisant directement face aux baies vitrées, sont déjà prises mais nous dénichons un petit salon silencieux et presque désert, dans lequel nous nous installons avec notre glacière, notre couverture et nos oreillers.

Au final, nous passerons le plus clair de notre temps sur le pont car il fait un temps magnifique alors que le ferry commence à s'engager dans Grenville Channel long de 70 km de long.

C'est parti pour 15 heures de navigation sur près de 500 kilomètres, à bord du Northern Expedition.

Pourtant, l'entrée progressive dans un banc de brouillard nous fait craindre le pire, mais cette brume très localisée va juste poser un voile de mystère sur les paysages alentour.

Une fois le brouillard dissipé, on prend pleinement conscience des sommets escarpés qui bordent le chenal, culminant entre 500 et 1 000 mètres. Dans sa partie la plus étroite, le passage ne fait que 400 mètres de large mais grâce à une profondeur de 500 mètres, les navires peuvent caboter au plus près du bord pour le plus grand plaisir des voyageurs.

C'est aussi l'occasion de croiser d'autres embarcations qui, du haut de notre ferry, ont l'air de joujoux.

Des plus classiques au plus original : Un voilier qui avance au moteur… Un bateau de pêche… Des grumes qui flottent toutes seules ? Euh, non, elles sont posées sur une barge tirée par un remorqueur !

De cap en baie, le ferry continue doucement sa route vers le Sud… quand tout d'un coup une annonce du capitaine fait l'effet d'une bombe dans les salons. Des baleines sont annoncées !

Nous ne les verrons qu'à distance mais elles sont des dizaines dans la baie. Partout à la ronde, on distingue leurs souffles, leurs dos et leurs queues.

Puis l'excitation retombe, la traversée suit gentiment son cours. Il est midi, nous en profitons pour nous retirer dans notre salon et casser la croûte.

Trois quarts d'heure plus tard, à proximité de Butedale, un site occupé par une conserverie en ruine, nouveau branle-bas de combat ! Le navire s'immobilise, un canot de sauvetage est mis à l'eau. Quelqu'un serait-il tombé à la mer ? Oui… un mannequin pour une séance d'entraînement. Le mannequin est rapidement repêché, ramené à bord du canot et pris en charge. Mission accomplie pour l'équipage ! Le ferry peut poursuivre sa route.

Sept heures trente après avoir quitté Prince Rupert, nous arrivons à hauteur de Boat Bluff, le plus joli des phares du passage. Il marque l'entrée de Tomie Channel.

Le spectacle se poursuit sur l'eau et dans le ciel, avec toute une série de nuages remarquables : moutonneux, pointillistes, alvéolés ou striés.

Sur le pont l'ambiance est décontractée. Casquette, lunettes et crème solaire sont des accessoires indispensables. Il fait tellement chaud en pleine après-midi qu'on se croirait en croisière en Méditerranée !

Les points d'intérêt se succèdent : Ivory Island, son phare et son jardin. Puis celui de Dryad Point qui annonce l'arrivée imminente à Bella Bella. Cela fait dix heures que nous avons quitté Prince Rupert.

Le navire fait une courte escale d'une demi-heure à Bella Bella avant de reprendre sa route.

C'est pendant le dîner qu'on nous annonce le passage à proximité du dernier point d'intérêt du voyage, le village amérindien de Namu. Il est 19 heures. Formule buffet à volonté au restaurant.

Après avoir fait un sort aux desserts, quelques pas sur le pont sont bienvenus dans l'attente d'un coucher de soleil qu'on espère spectaculaire. De curieuses volutes dans le ciel ? Je n'aimerais pas être dans cet avion. Le pilote a-t-il fumé ? ;-)

Le soleil tente d'embraser les nuages mais n'arrivera pas à y mettre le feu.

L'apparition de la lune et la tombée progressive de la nuit marquent la fin des attractions et le retour de la fraîcheur. Nous finissons la soirée dans les salons à lire et à somnoler pour les quelques heures restantes.

A 23 h 30, comme prévu, nous débarquons à Bear Cove et quelques minutes plus tard prenons possession de notre cabine pour deux nuits. Installation rapide et dodo illico.

Une sacrée journée et une chance inouïe avec la météo !

Distances parcourues dans la journée : seulement 8 km en voiture mais 500 km en ferry.

Dans le Passage intérieur

Sea stacks dans le parc provincial de Cape Scott J16 : Vendredi 28 août 2015

Il n'y a pas d'urgence ce matin, d'une part parce qu'il pleut (eh oui, région humide oblige), d'autre part parce que la randonnée que nous avons prévue doit se faire à marée descendante. Or la marée sera basse à 17 h 36. Nous avons donc tout le temps pour une grasse matinée, suivie de quelques courses à Port Hardy et d'un déjeuner dans notre cabine.

Finalement, le soleil réapparaît à la mi-journée, faisant grimper les températures et notre moral par la même occasion.

Aussitôt le repas avalé, ce beau temps inespéré nous incite à prendre immédiatement la route, même s'il semble un peu tôt par rapport aux horaires de marée. Direction : Cape Scott, plus de 60 kilomètres de route gravillonnée, dont la première portion publique est assez roulante. Elle devient ensuite une piste forestière privée. Les panneaux sont particulièrement explicites sur les dangers encourus.

En dépit des conditions décrites, nous sommes arrivés à destination en seul morceau, ouf !

Nous nous sommes néanmoins retrouvés à deux reprises capot à capot avec des semi-remorques lourdement chargés, ça fait drôle. Nous avons surtout essuyé un maximum de poussière. Le Santafe qui en a repris une couche est bon pour un nouveau passage au karcher.

Sur cette piste infernale, nous avons aussi fait un heureux : un autostoppeur néo-zélandais gagnant à pied le parc provincial afin d'y emprunter le North Coast Trail long d'une soixantaine de kilomètres.

En ce qui nous concerne, nos objectifs sont beaucoup plus modestes : en attendant que la marée soit favorable, nous comptons aller jusqu'à Eric Lake puis, plus tard, vers San Josef Bay qui abrite des sea stacks très photogéniques. Soit 11 kilomètres en 3 heures de marche environ.

Dans l'immédiat, nous prenons la même direction que notre Néo-Zélandais, vers le lac Eric. A notre grande surprise, le parcours se fait presque intégralement sur des planches. Ponctuellement des troncs font office d'escalier ou de pont. Une fois au bord du lac, demi-tour afin de rejoindre la baie de San Josef.

Sur le trajet, quelques arbres remarquables vont une nouvelle fois nous retenir. Ils sont toujours aussi impressionnants !

Mais à force de traîner, le ciel a fini par se couvrir, donnant quelques gouttes de pluie et surtout des rafales de vent à vous faire perdre l'équilibre.

En bord de plage, les fameux sea stacks, ces piliers de pierre détachés du littoral par l'érosion, manquent de contraste. Le photographe, aux abois, tente d'en tirer le meilleur avec les moyens du bord.

Un peu déçus sur ce coup-là, surtout que le trajet du retour nous réserve de belles couleurs. Grr !

Deuxième nuit à Port Hardy.

Tard dans la soirée, un mail nous prévient que le propriétaire de la maison que nous devions louer à Tahsis, sur la côte Ouest, annule notre réservation pour les trois prochaines nuits pour cause de problème important sur le réseau d'eau potable du village. C'est le pompon !

Distance parcourue dans la journée : 152 km

Stea stacks à Cape Scott PP

Autour de Campbell River : Elk Falls, Myra Falls et Ripple Rock J17 : Samedi 29 août 2015

La journée commence comme celle de la veille avec de pluie et un ciel encore plus bouché qu'hier.

Cela nous laisse le temps de finaliser notre recherche de logement pour les trois prochaines nuits. Suite à l'annulation de notre réservation à Tahsis, nous décidons de trouver un lieu plus central sur l'île. Nous trouvons au pied levé un chouette Urban Loft à Campbell River.

Nous pourrions ainsi explorer le parc provincial de Strathcona qui offre beaucoup de possibilités de randonnées, à condition que la météo soit avec nous.

En cours de matinée, la pluie s'arrête momentanément, nous en profitons pour charger la voiture et prendre la route.

Tout au long des trois heures de trajet jusqu'à Campbell River, les essuie-glace de la voiture passent de la position rapide à la position alternée mais ne s'arrêtent jamais de balayer.

Avec ses 30 000 habitants et sa zone industrielle très active, l'arrivée à Campbell River crée un choc en venant des contrées sauvages du Nord. La pluie n'arrange rien.

Pourtant, la verdure est aux portes de la ville avec notamment le parc provincial de Elk Falls qui va nous servir d'occupation en attendant de prendre possession de notre logement.

Après un pique-nique dans la voiture (or je déteste manger dans le voiture), nouveau flop en tentant de regagner les fameuses chutes à pied depuis la rivière avant de réaliser qu'elles étaient accessibles en voiture trois kilomètres plus loin. Heureusement nous avons rattrapé le coup !

Des plates-formes et une passerelle toutes neuves, inaugurées en mai dernier, permettent d'admirer la chute dans les meilleures conditions.

Bref, une journée pas vraiment inoubliable, dont on retiendra surtout la qualité de l'appartement et la gentillesse des propriétaires, dans un quartier résidentiel de Campbell River où nous nous installons pour trois nuits.

J18 : Dimanche 30 août 2015

Au réveil, le temps n'est pas aussi mauvais que prévu. Il y a même un peu de ciel bleu et de soleil sur la côte, mais déjà des nuages sur les montagnes.

Nous décidons malgré tout de partir vers le parc provincial de Strathcona, sans véritablement savoir à l'avance ce que nous y ferons. La randonnée que j'avais repérée (Crest Moutain, plus de 1000 mètres de dénivelé) ne me semble pas faisable au vu de la météo incertaine.

L'entrée du parc provincial se situe à 50 kilomètres à l'ouest de Campbell River sur la Hwy 28 mais beaucoup de sites s'étendent encore plus à l'ouest, quasiment jusqu'à Gold River sur la côte Ouest. Or nous ne voulons pas aller aussi loin.

Un autre axe quitte la route principale peu après l'entrée en suivant les rives du Buttle Lake. Il s'agit de la West Mine Road ponctuée de nombreux départs de trails plus ou moins longs. C'est l'option que nous retenons.

Sur place, le ciel est très menaçant, il va falloir s'adapter.

L'idée est de faire ce matin une randonnée de durée moyenne et si cet après-midi le temps se maintient de finir par quelques plus petites balades.

J'avais entendu parler sur mon forum préféré des Myra Falls, 6 kilomètres, 2 heures, une durée et une distance qui me semblent adaptées.

Bien que la route qui y mène aux chutes s'appelle West Mine Road, je n'avais pas imaginé qu'au cœur d'un parc provincial elle puisse nous conduire à un site industriel en activité, Myra Falls Mine, produisant du minerai contenant du zinc, du cuivre, du plomb, de l'or et de l'argent. Impressionnant !

Le parking jouxte la mine. Nous sommes les seuls, en tout cas les premiers. On est pourtant dimanche.

Nous partons sous une pluie débutante mais sous le couvert végétal, elle ne se ressent pas vraiment. Nous avançons dans une forêt luxuriante où les lichens sont aussi gros que des choux-fleurs.

A mi-chemin, nous nous faisons dépasser par un randonneur pressé, muni d'un bouquet de roses rouges. Aurait-il un rendez-vous galant au pied des chutes ?

Quand nous le retrouvons, à destination, nous apercevons une rose piquée dans une souche d'arbre. Il nous explique que les Myra Falls était le lieu favori de sa (défunte ?) épouse. Il a certainement éparpillé les autres roses tout le long du sentier.

Après une rapide photo, nous le laissons poursuivre sa méditation et rebroussons chemin jusqu'au parking.

En tout, 6 km, 2 heures et 100 mètres de dénivelé. Randonnée sympa mais néanmoins pas vraiment incontournable !

Entre-temps, il se met à pleuvoir de plus belle. Le pique-nique, comme hier, se passe dans la voiture (je déteste toujours autant !)

Dans l'après-midi, la pluie ne nous donne pas d'autre choix que de retourner directement à Campbell River.

Journée pourave :-( heureusement compensée par le confort de notre Urban Loft.

Distance parcourue dans la journée : 198 km

J19 : Lundi 31 août 2015

Côté météo toujours même topo : le ciel est couvert +++. Les montagnes aux alentours, contrairement à hier matin, ne sont même pas visibles, retourner vers Strathcona est compromis.

En attendant, nous prenons du bon temps dans notre Loft et en profitons pour déjeuner sur place.

La météo n'étant ni meilleure ni pire, nous décidons de sortir dans l'après-midi.

Direction Ripple Rock trailhead, 16 kilomètres au nord de Campbell River, sur la Hwy 19. Ripple Rock est le nom de deux masses rocheuses, autrefois situées deux à trois mètres sous la surface de l'eau au milieu de Seymour Narrows, un détroit séparant Maud Island et Vancouver Island. Ces rochers ont été la cause de nombreux accidents et naufrages jusqu'en 1958, date à laquelle on décida de les faire sauter. Un tunnel fut creusé depuis la berge jusque sous les roches et une charge de 1375 tonnes de TNT y fut déposée. Ce fut alors la plus grosse explosion non-nucléaire de l'histoire.

Au moment où nous démarrons la randonnée, devinez quoi ? Eh, oui, il se met à pleuvoir mais peu importe, on commence à en avoir l'habitude, en forêt on n'est pas vraiment mouillés.

Petit coup d'œil vers Nymph Cove au passage

Une série de marches métalliques amène au sommet et au point de vue final, complètement dans la "ouate" aujourd'hui. On distingue néanmoins le passage des Seymour Narrows, large de moins d'un kilomètre. L'île en face, c'est Maud Island et au fond, Quadra Island que nous avions visitée en 2009.

A défaut de s'attarder sur la vue, intéressons-nous à quelques détails au ras du sol. Des touffes herbeuses aux couleurs mordorées (annonciatrices de l'automne ?) qui tranchent avec le vert fluo de ce petit sapin. Enfin, gros plan sur celui à qui cette humidité ambiante sied le mieux…

Une randonnée de 8 km en trois heures avec 450 mètres de dénivelé et sous la pluie… à croire qu'on aime ça ! Peut-être un début d'explication dans la chanson de circonstance diffusée justement par l'autoradio pendant le trajet de retour.

I never liked the rain until I walked through it with you Like the rain I have fallen for you and I know just why you Like the rain always calling for you I'm falling for you… just like the rain.

C'est avec cet air de musique country (que je vous invite à écouter) que s'achève notre Loft Story à Campbell River. Demain départ vers le sud-ouest de l'île de Vancouver où nous espérons retrouver le soleil.

Distance parcourue dans la journée : 58 km

Piscines naturelles au pied des Elk Falls

Côte sud-ouest de l'île de Vancouver : de Port Renfrew à Victoria J20 : Mardi 1er septembre 2015

Notre séjour à Campbell River se termine. En dehors de l'excellence de notre hébergement, il n'a pas été une franche réussite, peut-être en raison de son improvisation, de notre déception liée à l'annulation du séjour prévu à Tahsis, mais surtout à cause d'une mauvaise météo.

Vivement la fin de cet épisode dépressionnaire !

Pourtant, ce n'est pas tout à fait gagné car, ce matin, le ciel est toujours aussi couvert. Le trajet jusqu'à notre étape suivante, Port Renfrew sur la côte sud-ouest, se fait sous une alternance d'averses parfois soutenues et de timides éclaircies.

Pour ce trajet, nous choisissons la Hwy 19 qui suit la côte Est à distance jusqu'à Duncan, puis traversons l'île d'est en ouest par la vallée de Cowichan.

Bonne nouvelle, à midi, le pique-nique a enfin lieu en plein air au bord du lac Cowichan, signe d'une nette amélioration.

Ensuite la Pacific Marine Road nous conduit à Port Renfrew après maints tours et détours. A un moment nous sommes à ce point déroutés que nous faisons demi-tour, croyant avoir loupé une bifurcation.

Nous atteignons finalement notre hébergement sur les hauteurs de Port Renfrew peu après 15 heures, ce qui nous laisse du temps pour explorer un peu les alentours, d'autant qu'il ne pleut pas.

Justement la localité est le terminus du Juan de Fuca Marine Trail. C'est un sentier de 47 kilomètres de long qui s'étire sur la côte sud-ouest de l'île à partir de Jordan River et qui se pratique en backpacking sur plusieurs jours.

Bien sûr, telle n'est pas notre ambition. Pour les moins endurants, le parc provincial a aménagé des points d'accès intermédiaires au Juan de Fuca Trail, dont l'un à Botanical Beach, tout proche, pour une petite boucle de 3 kilomètres qui nous convient très bien.

Mais dans ces contrées au bord du Pacifique il n'y a pas d'accès à la plage sans un passage en forêt avec toujours quelques arbres qui sortent du lot. Ici un arbre-lyre, là un arbre-fantôme

De Botany Bay à Botanical Beach, le sentier est directement exposé aux fureurs de l'océan.

Malgré les assauts des éléments, cet îlot tente de résister quoique… de profil il pourrait faire penser à un navire échoué.

En revanche, ce décor inhospitalier a l'air d'inquiéter ces canards qui ont trouvé refuge sous une voûte rocheuse.

Une petite balade sympa faite sous un ciel encore nuageux mais sans pluie et qui nous ouvre l'appétit.

Ça tombe bien. L'heure du dîner est fixé à 18 h 30 pour tous les hôtes du lodge. Un menu surprise nous attend, préparé uniquement à base de produits frais de la région, certains issus du jardin du lodge et cuisinés avec beaucoup d'inventivité par les deux chefs, deux frères Tim et Jon qui sont aussi les propriétaires du lieu. De loin, le meilleur des dîners de notre voyage, digne d'une bonne étoile au guide M…in :-)

Bref, une belle étape sur cette côte Ouest si sauvage !

Distance parcourue dans la journée : 320 km

J21 : Mercredi 2 septembre 2015 Ce soir nous serons de l'autre côté du détroit Juan de Fuca, dans la péninsule Olympique aux Etats-Unis. Avant cela nous avons la journée pour atteindre Victoria où nous avons réservé le ferry de 19 h 30. Avec seulement 120 kilomètres, l'étape pourrait être courte mais nous avons quelques projets auparavant.

D'abord un projet avorté : alors que nous faisons route vers Avatar Grove au nord de Port Renfrew pour y observer les arbres les plus noueux (gnarliest) de la côte, nous faisons finalement demi-tour sous une pluie diluvienne.

Au diable les arbres, prenons plutôt la direction du Sud et de Victoria. Une bonne décision car effectivement il fait soleil à hauteur de China Beach, autre point d'accès au parc provincial de Juan de Fuca.

De China Beach Trailhead, un sentier mène à Mystic Beach, un joli nom bien mystérieux qui ne fait qu'attiser notre curiosité. Si on allait voir ce qu'elle a de mystique…

Il faut d'abord parcourir un chemin couvert de racines glissantes dans une forêt sombre et humide, traverser une passerelle suspendue instable avant de déboucher sur le ruban de sable rendu encore plus dramatique à cette heure par la couleur noir d'encre des nuages juste traversés par un rai de lumière.

Mais quand le regard se tourne vers le sud, on découvre alors ce qu'elle révèle de magique ou de mystique.

Magique… le léger filet d'eau tombant en cascade sur la plage ! Magiques… ces signatures imprimées dans le sable comme autant d'autographes laissés par leurs auteurs. Magiques… ces napperons de fine dentelle d'écume que l'océan tisse délicatement en bord de plage.

Comme ces petits bonshommes de pierre bien rangés sur un tronc couché, nous nous posons alors un court moment afin de contempler l'horizon mais si nous voulons être ce soir dans la péninsule en face, il faut lever le camp et reprendre la route.

De Victoria, capitale de la Colombie-Britannique, nous n'aurons finalement pas le temps de voir grand chose. Après des ralentissements en périphérie de la ville, après un arrêt pour déjeuner, un autre pour faire des achats, un autre encore pour attendre la fin d'une averse, il nous reste à peine une heure et demie pour faire un peu de tourisme. Il faut donc faire des choix.

Ce court moment, nous le consacrons alors au quartier flottant haut en couleurs de Fisherman's Wharf que nous abordons sous un beau soleil, chouette !

Il nous faut impérativement être de retour au port à 18 heures afin d'accomplir les formalités d'immigration pour l'entrée aux Etats-Unis. Ces démarches toujours aussi pointilleuses se font avant l'embarquement, côté canadien.

Une fois notre visa d'entrée aux USA en poche, nous montons à bord du Coho, un ferry vieillot (rien à voir avec les BC ferries !) qui tangue singulièrement bien que la mer soit d'huile.

Une heure et demie de traversée pour rejoindre Port Angeles où nous nous installons pour deux nuits en espérant que l'épisode dépressionnaire soit définitivement derrière nous.

Pour conclure, ces deux dernières étapes sur la côte sud-ouest nous ont réconciliés avec l'île de Vancouver. La côte Ouest est définitivement la plus belle.

Distance parcourue dans la journée : 127 km

Quartier flottant à Victoria

La suite aux Etats-Unis est par... ICI
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
WA Wallis06 Veteran ·
Bonsoir Christine,

Je guettais l'arrivée de ton carnet 😉 J'ai juste eu le temps de jeter un petit coup d’œil sur les photos qui comme d'habitude sont magnifiques et je me fais une joie d'attaquer la lecture après le dîner 🙂
Mes carnets de voyage :http://deparlemonde.jimdo.com/
ES Esethi Veteran ·
coucou Christine Ah, toujours ce suspens quasi intenable ! Ours, y es- tu ? Bon, ben, je vais faire comme les photographes sur leur passerelle : patienter jusqu'à l'arrivée des prochains chapitres.... Ou d'un ours.... En tout cas, c'est avec plaisir que j'ai embarqué à votre suite pour ces nouvelles aventures. Les photos sont superbes, le texte prenant, on y est ! A tres vite Christine
PE Peggy16 Globetrotter ·
Bonjour Christine, je viens de te lire, c'est vrai que le texte est addictif, on a envie de lire la suite tout de suite ! Il va falloir un peu de patience... Pour les photos, je n'ai plus le temps maintenant, mais je me fais une joie d'aller voir tout ça sur ton site plus tard. A + !
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Coucou Alix et merci pour les compliments.🙂

Je guettais l'arrivée de ton carnet 😉

L'Ouest canadien est -il toujours sur le haut de ta wish-list pour l'été prochain ?

A+
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KR Krikri6792 Globetrotter ·
Hello Christine,

Ça me fait plaisir de te "revoir" car j'ai l'impression que tu te fais rare sur VF. Merci pour ta patience et à +🙂
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KR Krikri6792 Globetrotter ·
Hi Peggy,

c'est vrai que le texte est addictif,

A lire avec modération alors ! 😏

En tout cas, c'est sympa d'être venue faire un petit saut dans le Nord-Ouest 😉

A+
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WA Wallis06 Veteran ·
Coucou Chritine,

Quel suspense pour les ours .... ne nous laisse pas attendre trop longtemps 😏 En attendant, on a déjà pu admirer les chèvres des montagnes. Ce sont, je trouve de drôles d'animaux mal proportionnés mais qu'évidemment j'aimerais beaucoup voir moi aussi. Vous avez encore fait de très belles randos !

Pour l'Ouest Canadien, j'ai bouclé mon parcours en suivant d'ailleurs tes conseils et j'ai réussi à intégrer un petit passage sur l'île de Vancouver, avec 18 jours sur place. J'ai fait la demande d'AVE puisqu'à partir de mars 2016, ce sera obligatoire pour embarquer. L'avantage par rapport à l'ESTA, c'est que tout est en français 😎 , du coup, je me suis épargnée une bonne dose de stress. Contrairement à ce que je fais habituellement, j'ai commencé à réserver des hôtels (avec l'option annulation) avant de prendre les billets d'avion. J'attends dans l'espoir de voir descendre les tarifs mais à ma grande surprise, contrairement au prix des billets pour les Etats Unis dont la variation ressemble au cours de la bourse, là c'est stable. Je m'oriente vers des billets avec Air France dont les horaires me conviennent bien mais vu l'ambiance dans la compagnie cette semaine, je vais attendre une dizaine de jours 🤪

Bonne après-midi 😉
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MA Max68 Globetrotter ·
Hello Krikri 🙂

Et oui nous le guettions le carnet tout frais sorti du four 🙂

J'aime toujours autant les glaciers 🙂

Belles photos, belles immensités et comme toujours un texte bien écrit et bien dosé ... ... mais que font les ours !!!!!!

A+ plus avec beaucoup de plaisir
https://apprentisvoyageurs.com
KR Krikri6792 Globetrotter ·
ne nous laisse pas attendre trop longtemps 😏

Je vais essayer de faire au plus vite ! 😉

En attendant, on a déjà pu admirer les chèvres des montagnes... qu'évidemment j'aimerais beaucoup voir moi aussi.

On a eu l'occasion d'en voir à plusieurs reprises, elles ont une bonne tête et surtout une belle toison. Elles sont beaucoup plus grandes que nos chèvres.

Pour l'Ouest Canadien, j'ai bouclé mon parcours en suivant d'ailleurs tes conseils et j'ai réussi à intégrer un petit passage sur l'île de Vancouver, avec 18 jours sur place.

C'est en bonne voie alors ! Avec 18 jours, il y a matière à faire un beau circuit. 🙂

A ce sujet, j'ai pensé à toi, ou plutôt à tes filles 😛 lors de notre séjour à Vancouver. Sur la ligne de Canada Line (train) entre le centre-ville et l'aéroport, j'ai repéré un outlet (station Templeton). Après recherche, il s'agit de celui-ci :

http://www.mcarthurglen.com/ca/mcarthurglen-vancouver/en/

A+
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KR Krikri6792 Globetrotter ·
Salut Max,

mais que font les ours !!!!!!

Je me le demande 😮 : sont-ils déjà en train d'hiberner, sont-ils trop repus ? 😎 En tout cas, ils jouent avec nos nerfs ! 😏

Merci de ton passage au pays des glaciers 😉

A+
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WA Wallis06 Veteran ·
Sur la ligne de Canada Line (train) entre le centre-ville et l'aéroport, j'ai repéré un outlet

Merci ! Tu es un amour 🙂 J'espère que l'on pourra y aller et tu recevras certainement un tas d'onde positives ce jour là, de leur part ! 😉
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HO Hohl Veteran ·
Salut Christine,

Je l'attendais aussi ce carnet. De beaux lacs turquoise, des montagnes, des glaciers et dès bébêtes, je ne peux qu'adhérer. Allez je m'en vais sur ton site pour voir toutes les photos😉 A+
Muriel Islande 2014 : trek du laugavegur https://voyageforum.com/discussion/islande-2014-trek-laugavegur-volcans-montagnes-fjords-d6822123/ Islande 2013 : https://voyageforum.com/v.f?post=6237767#6237767 Canada Ouest 2012 : https://voyageforum.com/v.f?post=5549505;#5549505
MA Max68 Globetrotter ·
Hello Muriel,

Dès qu'il fait froid et mauvais temps tu es attirée ... c'est pour changer du magnifique ciel bleu Alsacien 😉
https://apprentisvoyageurs.com
LI Lilevis Veteran ·
Bonjour Christine

Il me semblait a voir lu dans un post que tu préparais un nouveau carnet sur le NO que j'aime beaucoup qu'il soit Canadien ou Etats Uniens, je l'attendais avec impatience. Je suis vite allée sur ton site . En regardant la carte je vois des destinations où je suis allée il y a trèès longtemps, et super je vais en découvrir d'autres.

Vous avez bien été courageux de prendre la route sitôt descendus de l'avion, c'est une chose que je ne peux faire avec un important décalage horaire et beaucoup d'heures d'avion derrière.

Magnifiques couleurs ce Upper lake et bien jolie randonnée.

Harvey Mountain Trail. Sympa cette rencontre avec cette jolie chèvre de montagne et des paysages comme j'aime. Crater Lake Trail - Waouh qu'elle vue!

Très beau début de carnet comme toujours bien écrit et avec de superbes photos. A bientôt pour la suite

Liliane
Croisière Spitzberg - Groenland Nord Est - Islande https://voyageforum.com/discussion/croisiere-spitzberg-groenland-nord-est-islande-d7660320/ Carnets de voyages et croisières http://www.carnetsdelili.fr/
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Coucou Muriel,

De retour d'Islande ? Toujours aussi inconditionnelle ?

De beaux lacs turquoise, des montagnes, des glaciers et dès bébêtes, je ne peux qu'adhérer.

Bon, ce n'est pas l'Islande 😉, mais on a quand même vu des champs de lave dans le parc provincial de Nisga'a, traces laissées par une éruption volcanique survenue à peu près à la même époque que celle du Laki. J'en parlerai bientôt 😛

A+ et merci de ta visite ! 🙂
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HO Hohl Veteran ·
Salut JF,

Superbe ta photo de profil, c'est où ? Comment ça mauvais temps, 'fait pas mauvais sur les photos de Krikri 😉 Et pis le froid...ça conserve 😛
Muriel Islande 2014 : trek du laugavegur https://voyageforum.com/discussion/islande-2014-trek-laugavegur-volcans-montagnes-fjords-d6822123/ Islande 2013 : https://voyageforum.com/v.f?post=6237767#6237767 Canada Ouest 2012 : https://voyageforum.com/v.f?post=5549505;#5549505
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Bonjour Liliane,

Vous avez bien été courageux de prendre la route sitôt descendus de l'avion, c'est une chose que je ne peux faire avec un important décalage horaire et beaucoup d'heures d'avion derrière.

A posteriori je reconnais que ce n'était pas une bonne idée 🏴‍☠️.

Magnifiques couleurs ce Upper lake et bien jolie randonnée.

Avec un rayon de soleil, cela aurait sans doute été encore plus beau mais bon...

Harvey Mountain Trail. Sympa cette rencontre avec cette jolie chèvre de montagne et des paysages comme j'aime. Crater Lake Trail - Waouh qu'elle vue!

Toutes les deux étaient effectivement de très belles randonnées. En plus, ce qu'on a particulièrement apprécié dans cette partie centrale de la Colombie-Britannique, c'est l'absence de pression touristique. On a trouvé des hébergements sans problème sans réservation et sur les sentiers, même le week-end, il n'y avait quasiment personne.

Merci pour les compliments 🙂😊 et à +
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VA VallM17 Veteran ·
Salut Christine,

Ah ça y est, voilà le carnet tant attendu !

Je revois avec plaisir le bleu turquoise des lacs glaciaires canadiens. Le lac Joffre a l'air magnifique. Et j'apprends grâce à toi le nom de ces fleurs qui bordent les sentiers en montagne et que j'ai photographiées sans savoir ce que c'était, les Castilleja miniata.

Je sens que le teasing concernant les ours va nous mener tout droit à de superbes photos de plantigrades en plein séance de pêche ou de baignade... 😎
Tous nos voyages sur http://www.famille-morin.fr
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Bonjour Virginie,

Je revois avec plaisir le bleu turquoise des lacs glaciaires canadiens.

Ce lac m'a effectivement fait penser à tous les lacs des parcs des Rocheuses que nous avions vus en 2009.

j'apprends grâce à toi le nom de ces fleurs qui bordent les sentiers en montagne

Le nom anglais est Indian paintbrush et il en existe 200 espèces différentes

en.wikipedia.org/wiki/Castilleja

Je sens que le teasing concernant les ours va nous mener tout droit à de superbes photos de plantigrades en plein séance de pêche ou de baignade... 😎

Peut-être... 😉

Merci de ta visite et à +
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HO Hohl Veteran ·
Hello Christine,

De retour d'Islande ? Toujours aussi inconditionnelle ?

Yesss plus que jamais ! La météo, capricieuse en cette fin août, nous a privés de la majorité des randos que l'on avait programmées. On a tout de même pu en faire quelques unes et explorer davantage les alentours du Landmannalaugar, dont les fameuses collines bleues (en plus de 12 h).

Bon, ce n'est pas l'Islande 😉, mais on a quand même vu des champs de lave dans le parc provincial de Nisga'a, traces laissées par une éruption volcanique survenue à peu près à la même époque que celle du Laki.

J'attends donc cela avec impatience.

Bon courage pour la suite.
Muriel Islande 2014 : trek du laugavegur https://voyageforum.com/discussion/islande-2014-trek-laugavegur-volcans-montagnes-fjords-d6822123/ Islande 2013 : https://voyageforum.com/v.f?post=6237767#6237767 Canada Ouest 2012 : https://voyageforum.com/v.f?post=5549505;#5549505
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Bonjour à tous,

La suite du récit... (ou la vérité sur les ours 😉) est en ligne.

Soit directement sur notre site :

https://sites.google.com/site/fabuleuxvoyagescanadausa/fish-creek

Soit dans le post 1 que j'ai complété.

A+ 🙂
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
HO Hohl Veteran ·
Merci, je n'ai pas eu à attendre longtemps. Bon, pas d'ours ici, mais peut-être plus tard et pourquoi pas quelques cétacés au cours d'une prochaine traversée en ferry 😉 Impressionnantes ces feuilles gigantesques sur le Barney's Gulch Trail, tu connais le nom de la plante ? A+
Muriel Islande 2014 : trek du laugavegur https://voyageforum.com/discussion/islande-2014-trek-laugavegur-volcans-montagnes-fjords-d6822123/ Islande 2013 : https://voyageforum.com/v.f?post=6237767#6237767 Canada Ouest 2012 : https://voyageforum.com/v.f?post=5549505;#5549505
LI Lilevis Veteran ·
Bonsoir Christine Dommage pas d'ours pour cette fois, le glacier invisible ou presque mais vous avez quand même fait agréable randonnée. De bien jolis champignons certains me sont totalement inconnus. Bonne soirée Liliane
Croisière Spitzberg - Groenland Nord Est - Islande https://voyageforum.com/discussion/croisiere-spitzberg-groenland-nord-est-islande-d7660320/ Carnets de voyages et croisières http://www.carnetsdelili.fr/
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Impressionnantes ces feuilles gigantesques sur le Barney's Gulch Trail, tu connais le nom de la plante ?

Oui, il s'agit de Western skunk cabbage ( Lysichiton americanus) Je vais le rajouter.

pourquoi pas quelques cétacés au cours d'une prochaine traversée en ferry 😉

Ça n'est pas impossible en effet 😎

A+
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KR Krikri6792 Globetrotter ·
Dommage pas d'ours pour cette fois, le glacier invisible ou presque

Oui, pas eu de chance sur ce coup-là😕 Ce sont les aléas des voyages.

De bien jolis champignons certains me sont totalement inconnus.

A moi aussi.

Je les ai numérotés pour pouvoir les identifier mais pour l'instant, je n'ai pas tout trouvé.

Dans le premier panneau de quatre photos, je pense que : 2. = Angel Wings = Pleurocybella porrigens

Dans le deuxième panneau de trois photos, 2. = Coral fungi

Quant à la première photo où ma main sert de repère, c'est peut-être Scaly Hedgehog = Sarcodon imbricatum mais je n'en suis pas sûre.

Si jamais il y a un connaisseur de champignons dans le coin... 🙂

A+
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HO Hohl Veteran ·
Oui, il s'agit de Western skunk cabbage (Lysichiton americanus)

Merci Christine, c'est une sorte d'arum dont les feuilles peuvent aisément dépasser le mètre (merci wiki).

pourquoi pas quelques cétacés au cours d'une prochaine traversée en ferry 😉 Ça n'est pas impossible en effet 😎

Après le suspens des ours, voilà celui des mammifères marins 🙂

Bonne fin de semaine
Muriel Islande 2014 : trek du laugavegur https://voyageforum.com/discussion/islande-2014-trek-laugavegur-volcans-montagnes-fjords-d6822123/ Islande 2013 : https://voyageforum.com/v.f?post=6237767#6237767 Canada Ouest 2012 : https://voyageforum.com/v.f?post=5549505;#5549505
CA Calisson94 Veteran ·
Hello Krikri,

Moi aussi c'est un carnet que je guettais, alors sitôt rentrée d'une belle semaine de rando, je me suis jetée dessus...😎 Figure toi que j'envisage l'Alaska comme destination 2016 et après avoir réalisé qu'il est impossible de faire Vancouver - Anchorage sur 1 seul voyage en 3 semaines (pas trouvé de loueur qui accepte le one-way), j'ai 2 options en tête : une boucle au départ d'Anchorage ou une boucle au départ de Vancouver avec uniquement la pointe sud de l'Alaska et retour par l'inside passage qui me fait de l'oeil depuis que j'ai préparé mon voyage dans les Rocheuses en 2010. C'est dire si ton carnet et tes impressions m'intéressent !!

Donc déjà, j'ai vu qu'il était possible d'agrémenter la looongue route vers l'Alaska par quelques sympathiques /superbes randos. Par contre, je suis un peu déçue de l'absence de bêtes sur la Cassiar Highway, moi aussi je pensais que les rencontres étaient assurées et fréquentes 😕.

Quel dommage cette absence d'ours à Hyder 😮 ! Etait-il un peu tard dans la saison, les ours avaient-ils déjà une grande partie de leur réserve pour l'hiver? J'ai d'ailleurs noté un grand écart de fréquentation à Brooks camp dans le Katmai NP, site réputé pour l'observation des ours, entre le carnet de Trois14 (visite juillet 2011) et un autre carnet plus récent (visite juillet 2014, seulement 12j plus tard dans le mois), quelle différence !! Bref, en tout cas merci de nous régaler une fois encore ! Maintenant j'attends la suite avec impatience.... Et j'espère que la meteo a été clémente pour l'inside passage .... Et j'attends les photos de North Cascades .... A très viiite... Laure
AP Apolloroux Veteran ·
Bonjour, Christine

Un grand merci pour le carnet. Je vais évidemment le suivre avec beaucoup d’intérêt . Je prends toujours énormément de plaisir à lire tes récits agrémentés de très belles photos. Et ensuite je copie "un peu" pour mes propres voyages. Le nord de la Colombie Britannique pourrait être aussi une de nos destinations futures étant donné que nous avons adoré notre périple canadien de cette année.

Dommage pour les ours. Les voir chasser le saumon doit être un spectacle grandiose. Mais bien sûr avec la nature, ce n'est pas nous qui choisissons. C'est elle qui décide et c'est cela qui rend l'instant tellement magique quand au hasard d'un chemin on fait une rencontre animalière inattendue.

J'attends la suite avec impatience !

A plus

Joëlle
LI Lilevis Veteran ·
Merci Christine pour les noms des champignons .
Croisière Spitzberg - Groenland Nord Est - Islande https://voyageforum.com/discussion/croisiere-spitzberg-groenland-nord-est-islande-d7660320/ Carnets de voyages et croisières http://www.carnetsdelili.fr/
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Salut Calisson,

sitôt rentrée d'une belle semaine de rando, je me suis jetée dessus...😎

.. comme un ours affamé sur un saumon ? 😎😏

Figure toi que j'envisage l'Alaska comme destination 2016

Beau projet en effet ! 🙂

Quel dommage cet absence d'ours à Hyder ! Etait-il un peu tard dans la saison, les ours avaient-ils déjà une grande partie de leur réserve pour l'hiver?

Oui, je pense qu'il était un peu tard dans la saison. Je pense que la période la plus propice est le tout début de la saison, quand les premiers saumons remontent le ruisseau, c'est à ce moment-là que les ours doivent être les plus friands.

Maintenant on n'a peut-être pas eu de chance, ces jours-là en particulier. J'attends de connaître les impressions de Jackes qui est parti dans cette région, juste après nous, entre le 12/09 et le 12/10 avec passage à Hyder fin septembre.

C'est vrai qu'on avait pas vraiment envisagé de ne pas voir d'ours du tout à Hyder, mais en même temps, ce n'est pas un zoo, c'est la nature et ça fait partie des aléas d'un voyage, de la même manière qu'on peut ne voir aucune baleine quand on embarque pour un safari/baleines ou qu'on n'arrive pas pile à la saison des fleurs dans le désert ou au moment des couleurs d'automne en forêt. D'une saison sur l'autre, les "bonnes" dates peuvent beaucoup varier.

Pour de belles photos d'ours à Hyder, un coup d'oeil au carnet de Grisemote.

Et j'espère que la meteo a été clémente pour l'inside passage...

Je te rassure, elle l'était ! 🙂

Et j'attends les photos de North Cascades....

Là, on a eu une météo parfaite et un gros coup de coeur !

Je fais au plus vite mais je viens de rentrer d'un week-end très prolongé alors il faut le temps que je m'y remette.

A+ et merci de ton intérêt ! 🙂
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Bonjour Joëlle,

Et ensuite je copie "un peu" pour mes propres voyages.

En tout cas, tu t'étais concocté un superbe voyage cet été, certes avec une trame voisine de celle de notre voyage passé, mais avec des nuances différentes. C'est ce qui fait l'attrait de chaque récit, cette personnalisation. Je n'en reviens pas encore de la très belle météo dont vous avez bénéficié.

J'ai vu que tu "travaillais" déjà sur une nouveau projet dans l'Ouest américain, un peu plus "hors sentiers battus", vous allez encore vous régaler, c'est certain. 🙂

Merci de ton passage par ici et à + 😉
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KR Krikri6792 Globetrotter ·
Voici la suite du récit qui décrit notre séjour dans l'archipel de Haida Gwaii.

Il est à découvrir directement sur notre site :

sites.google.com/...anadausa/haida-gwaii

ou encore dans la continuité du post 1 que j'ai complété.

Bonne lecture et à + 🙂
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LI Lilevis Veteran ·
Bonsoir Christine

Je découvre avec plaisir cet archipel de Haidai Gwaï, de bien jolies forêts et un beau littoral. J'aime beaucoup ces immenses arbres. J'adore les 2 photos de coucher de soleil, les couleurs sont magnifiques!

Liliane
Croisière Spitzberg - Groenland Nord Est - Islande https://voyageforum.com/discussion/croisiere-spitzberg-groenland-nord-est-islande-d7660320/ Carnets de voyages et croisières http://www.carnetsdelili.fr/
CA Calisson94 Veteran ·
Quelle belle moisson d'arbres géants et de superbes plages.... Excellents les krikri et Vévé 😏 (tu t'étais laissé pousser les cheveux pour l'occasion 😛) Et un beau finish coloré. Ah, bientôt l'inside passage 😇...
KR Krikri6792 Globetrotter ·
@ Lilevis et Calisson,

Merci pour vos petits mots respectifs 🙂

Excellents les krikri et Vévé (tu t'étais laissé pousser les cheveux pour l'occasion 😛)

Je m'étais mis une perruque pour voyager incognito 😏

J'adore les 2 photos de coucher de soleil,

Des couleurs flashy spectaculaires en effet.

Ah, bientôt l'inside passage 😇...

Bientôt, juste après une journée de transit à Prince Rupert, mais promis, ça fera partie de la prochaine mise en ligne 😉

A+
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KR Krikri6792 Globetrotter ·
Le moment le plus attendu de notre voyage approche : après une journée à Prince Rupert, nous embarquons pour 15 heures de traversée (500 km environ) de l'Inside Passage jusqu'à Port Hardy.

Cette "croisière" sera-t-elle à la hauteur de nos attentes ? 😉

La réponse est ici :

sites.google.com/...adausa/prince-rupert

ou dans la continuité du post 1 de cette discussion.

A bientôt ! 🙂
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AP Apolloroux Veteran ·
Bonjour,

Les photos de l'Inside Passage sont magnifiques. J'adore celles avec la brume. Quelle chance vous avez eu de voir toutes ces baleines. Cela a dû être un moment exceptionnel .

A plus pour la suite
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Les photos de l'Inside Passage sont magnifiques. J'adore celles avec la brume.

Merci Joelle ! 🙂😊

Quelle chance vous avez eu de voir toutes ces baleines. Cela a dû être un moment exceptionnel.

Oui, c'était une belle surprise et un moment fort d'autant qu'avec le rendez-vous raté avec les ours je n'osais plus rien espérer ! 😉

A+
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CA Calisson94 Veteran ·
Ma-gni-fi-que !!! Vraiment de toute beauté cet inside passage par beau temps. A l'époque de ma prépa de l'ouest canadien, j'avais lu un carnet où cette croisière s'était fait dans le brouillard complet : quelle frustration.... Merci pour ces photos Et bravo pour la baignade dans l'eau à 15°C ! Laure
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Merci Calisson de ta lecture attentive 🙂

A l'époque de ma prépa de l'ouest canadien, j'avais lu un carnet où cette croisière s'était fait dans le brouillard complet : quelle frustration....

Sans doute le carnet de Grisemote, elle avait eu très mauvais temps dans l'Inside Passage mais beaucoup de chance avec les ours à Fish Creek 😉

C'est sûr qu'avec du brouillard ça doit être très décevant et même ennuyeux. 🙁

A+
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KR Krikri6792 Globetrotter ·
D'abord merci à tous ceux qui nous lisent ! 🙂

Voici la suite avec la traversée de l'île de Vancouver du Nord au Sud, de Port Hardy à Victoria avec l'improvisation d'une étape intermédiaire à Campbell River en lieu et place du séjour prévu à Tahsis (côte Ouest), annulé en dernière minute en raison d'un problème technique sur place.

Cette partie est directement accessible ici :

https://sites.google.com/site/fabuleuxvoyagescanadausa2/cape-scott

Sinon, pour ceux qui préfèrent la lecture sur V, j'ai complété le post 1.😉

A+
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TI Timlulu Veteran ·
Bonjour merci pour ce carnet complet et très intéressant qui va m'aider beaucoup pour ma préparation de périple l'été prochain , 39 jours entre l'ouest canadien ( BC et alberta) et l'ouest américain (Montana, Washington , Oregon). Je ne poste pas encore d'itinéraire , j'en suis encore aux recherches !!!! Comme vous on prendra air transat pour Vancouver , les tarifs sont nettement plus intéressants que toutes les autres compagnies. Au départ on voulait atterrir à Seattle car on y retrouve de la famille mais même icelandair est beaucoup plus cher. J'ai une question par rapport à la traversée est-ouest de l'ile de Vancouver : La route du lac Cowichan à Port Renfrew est elle sympa ? (apparemment longue !). Est elle carrossable sans SUV ? (cette année on pense louer un dodge grand caravan, (nous sommes 4 avec les bagages de camping). Nous la ferions dans le sens ouest -est. Si ce n'est pas possible, on ne montera pas jusqu'à Port Renfrew et on passera par Victoria et la cote est pour rejoindre Nanaimo et continuer le périple vers la 99 , Kamloops, Jasper ....

Savez vous si les 6 $ à payer à l'entrée aux US sont à payer à chaque entrée terrestre ? (nous allons rentrer 2 fois aux US , une fois vers Seattle et une autre fois au glacier NP) merci beaucoup Timlulu
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Bonjour Timlulu,

39 jours entre l'ouest canadien (BC et alberta) et l'ouest américain (Montana, Washington, Oregon)

Ravie que notre récit puisse t'être directement utile ! 😊 39 jours... il y a de quoi faire un joli parcours ! 🙂

Comme vous on prendra air transat pour Vancouver, les tarifs sont nettement plus intéressants que toutes les autres compagnies. Au départ on voulait atterrir à Seattle car on y retrouve de la famille mais même icelandair est beaucoup plus cher.

Nous aussi, nous avions d'abord envisagé le voyage à partir de Seattle mais les tarifs en vol direct et à nos dates étaient deux fois plus élevés pour Seattle.

Air Transat est très bien, il faut juste savoir que écouteurs et/ou couvertures sont payants et prévoir le nécessaire.

La route du lac Cowichan à Port Renfrew est elle sympa ? (apparemment longue !).

C'est une très belle route asphaltée (donc pas de souci). Comme elle suit la trace d'anciennes pistes forestières, elle ne va pas au plus direct mais serpente entre d'anciennes parcelles d'exploitation, donc parcours un peu plus long.

Si ce n'est pas possible, on ne montera pas jusqu'à Port Renfrew et on passera par Victoria et la cote est pour rejoindre Nanaimo et continuer le périple vers la 99, Kamloops, Jasper....

La côte Est est très urbanisée, beaucoup moins belle que la côte Ouest. Vous n'avez pas prévu le Pacific Rim National Park ? 😮 Car pour un premier voyage sur l'île de Vancouver, il me semble incontournable. Si vous ne l'avez pas prévu, alors le passage le long de la côte sud-ouest (parc provincial de Juan de Fuca) pourrait être un palliatif intéressant. Sinon, donnez la priorité à Pacific Rim.

Savez vous si les 6 $ à payer à l'entrée aux US sont à payer à chaque entrée terrestre ? (nous allons rentrer 2 fois aux US, une fois vers Seattle et une autre fois au glacier NP)

Je ne pense pas, car au premier passage on vous agrafera un talon détachable sur votre passeport que vous ne rendrez qu'à votre retour définitif au Canada. Dans votre cas, il servira donc aux deux passages. Mais vérifie quand même mes dires.

Ayant d'abord cru que l'entrée par le ferry Victoria - Port Angeles était considérée comme une entrée maritime aux USA (en réalité nous avons lu ensuite qu'elle ne l'est pas mais je ne me rappelle plus où), nous avions fait une demande ESTA. Du coup, comme nous avions l'ESTA, nous n'avons pas eu à payer les 6 $/personne.

Bonne suite de préparation. 🙂
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VA VallM17 Veteran ·
Bonjour Christine,

Des pistes perdues de l'île de Graham, en passant par cette très photogénique épave de bateau et l'Inside passage, votre périple n'a rien de commun !

Au moins, vous avez pu voir des baleines sans risquer votre vie comme ces pauvres gens à Tofino dimanche dernier 😕

J'avais noté Mystic beach dans notre road-book mais le projet était trop ambitieux par-rapport au temps que nous avions sur place. Nous avons préféré consacrer notre temps à la découverte de Victoria et notamment Fisherman's Wharf que nous avons beaucoup aimé. Mais cette plage avec sa cascade me tentait beaucoup et tes photos donnent envie !

A+ Virginie
Tous nos voyages sur http://www.famille-morin.fr
TI Timlulu Veteran ·
merci pour toutes ces précisions ! Sur l'ile de Vancouver nous pensons camper 2 nuits vers Sooke à l'ouest de Victoria pour visiter la ville et faire une rando dans ce coin et ensuite monter par Port Renfrew, lac Cowichan et aller camper 2 nuits à Tofino: nous ne manquerons pas le Pacific Rim NP 😉. Espèrons qu'on aura meilleur temps que toi ! Timlulu
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Hello Virginie,

votre périple n'a rien de commun !

Il est effectivement un peu atypique mais dans un deuxième voyage on peut davantage s'offrir davantage de fantaisies 😉

Au moins, vous avez pu voir des baleines sans risquer votre vie comme ces pauvres gens à Tofino dimanche dernier 😕

Oui, j'ai appris ça, c'est dramatique d'autant que j'ai lu que cette compagnie avait déjà eu un accident en 1998. Pour ceux qui ne sauraient pas de quoi il s'agit :

http://ici.radio-canada.ca/regions/colombie-britannique/2015/10/26/001-naufrage-bateau-tofino-victimes-britanniques-anglaises-levithian-trudeau.shtml

J'avais noté Mystic beach dans notre road-book mais le projet était trop ambitieux par-rapport au temps que nous avions sur place

Depuis Victoria en aller/retour, c'est effectivement loin. 😕

A+
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
KR Krikri6792 Globetrotter ·
Sur l'ile de Vancouver nous pensons camper 2 nuits vers Sooke à l'ouest de Victoria pour visiter la ville et faire une rando dans ce coin et ensuite monter par Port Renfrew, lac Cowichan et aller camper 2 nuits à Tofino:

Si de Sooke tu penses rejoindre Tofino en une étape via Port Renfrew et Lake Cowichan, j'ai peur que ce soit un peu long. Dans ce cas, le passage par l'Est pourrait te faire gagner du temps. A voir quand tu auras déterminé toutes tes étapes.

Je ne manquerai pas de te donner mon avis une fois que tu auras déterminé un projet d'itinéraire.

Espèrons qu'on aura meilleur temps que toi !

Cette fois, on a certes eu un temps maussade mais en 2009 (je suppose que tu connais notre parcours de 2009) nous avions un temps tout à fait correct.🙂

Ps : je pense que tu sais qu'à partir de mars prochain il faut faire une demande du type ESTA pour l'entrée au Canada.

A+
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KR Krikri6792 Globetrotter ·
Voici la suite aux Etats-Unis... (la partie précédente au Canada est ICI)

Pour la lire directement sur notre site, c'est là :

sites.google.com/.../peninsule-olympique



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Péninsule Olympique, Tongue Point et Marymere Falls J22 : Jeudi 3 septembre 2015

Nous voici donc depuis hier soir aux Etats-Unis, dans la péninsule Olympique, à laquelle nous consacrerons trois jours. Le parc national du même nom comprend plusieurs secteurs et protège plusieurs types de paysages : des montagnes au-dessus de la ville de Port Angeles, des plages sur le littoral Ouest et entre les deux des forêts humides.

Aujourd'hui nous avons prévu d'explorer les montagnes Olympiques et planifié une journée de randonnée en altitude à 1800 mètres à partir de Obstruction Point vers Grand Lake/Badger Valley (boucle de 8,4 miles).

Hum, ça c'est le projet ! En pratique, il suffit de jeter un œil par la fenêtre pour avoir des doutes sur sa pertinence. Encore plus de doute en réalisant, à peine montés dans la voiture, qu'il commence à pleuvoir.

Des doutes de plus en plus sérieux en prenant connaissance du bulletin météo affiché à l'extérieur du Visitor Center : en montagne, 90 % chance of showers and T-storms. Mais sur la côte… 30 %.

Malgré cela, nous franchissons l'entrée du parc national et poursuivons notre ascension vers les sommets, sans les apercevoir, bien entendu.

A ce stade, nous espérons pouvoir au moins découvrir les petits trails autour de Hurricane Ridge. Mais la pluie redouble d'intensité et à 1500 mètres d'altitude, elle se transforme en tempête de neige, il fait 1 degré.

A destination, nous ne pouvons même pas sortir de la voiture. Il faut vraiment se faire une raison et abandonner tout projet à cette altitude. Nous profitons par conséquent de cet arrêt forcé pour échafauder un plan de secours pour la journée. Il n'y a pas d'autre alternative que de retourner sur la côte.

La carte de la péninsule et le guide Photographing Washington en main, je détermine deux zones possibles, Dungeness Spit ou Tongue Point. Le guide photographique ayant une préférence pour le deuxième site, c'est ce dernier qui est retenu.

Vingt-cinq kilomètres à l'ouest de la ville de Port Angeles, Tongue Point est une langue rocheuse, découverte à marée basse. Ça tombe bien, la marée sera basse à 12 h 43. Le temps de nous rendre sur place, il est 11 heures, c'est parfait. Ce n'est pas le grand beau temps, mais il ne pleut pas et on peut même apercevoir quelques coins de ciel bleu.

Sur la base du plan affiché sur place, nous nous dirigeons d'abord vers Crescent Bay et sa plage de sable d'où la mer a commencé à se retirer, nous laissant tout loisir de nous approcher de cet îlot rocheux coiffé de sapins.

Mais pour atteindre Tongue Point, il faut traverser le cœur de la péninsule via Bunker Trail. Quand Bluff Trail nous ramène en surplomb de la mer, il nous livre de nouvelles vues sur le fameux îlot.

Au passage, rencontre avec un jeune daim qui se laisse tirer le portrait sans broncher.

En bord de mer, les flaques laissées par la marée grouillent de vie. Moules impressionnantes en taille et en nombre, et anémones de mer

Retour vers Sandy Beach en escaladant les rochers du bord de mer : la boucle est bouclée ! Il est 13 heures.

Nouveau coup d'œil sur la carte du parc national pour organiser la suite de la journée. Nous ne sommes pas loin du Crescent Lake au bord duquel se trouve une aire de pique-nique. Voilà qui est parfait vu l'heure.

Comme le temps se maintient, ni meilleur ni pire, nous pouvons envisager une nouvelle balade pour l'après-midi. Nous hésitons entre Madison Falls ou Marymere Falls. C'est à nouveau le guide photographique susnommé qui nous aide à trancher. Il a une nette préférence pour les deuxièmes. Nous lui faisons donc confiance et rallions Storm King Area, point de départ du sentier.

A l'entrée du chemin, ce mastodonte aux proportions parfaites et au costume de velours nous fait forte impression.

Plus loin, c'est la palette de couleurs qui ravit nos pupilles. Vert tendre des sous-bois, vert sombre des mousses, vert brillant des fougères, vert foncé des sapins.

Tout en se frayant un passage, la cascade ajoute un soupçon de jaune à cet écrin de verdure.

Nous prolongeons encore un peu le plaisir en avançant le long de Barnes Creek dans une forêt toujours aussi foisonnante.

A l'instant où nous revenons à la voiture, les 30 % de risques de pluie annoncés depuis ce matin deviennent réalité, allant jusqu'à donner un orage de grêle accompagné de coups de tonnerre sur le trajet de retour vers Port Angeles.

Dans ces conditions, la soirée au coin du feu est d'autant plus appréciée. Deuxième nuit sur place.

En conclusion, nos choix nous ont permis de sauver la journée et d'en profiter au maximum. Néanmoins, avoir dû sacrifier la randonnée initiale de Badger Valley reste un de nos grands regrets.

Pour avoir un aperçu de ce que nous avons loupé, voir le site "Si belle la terre" de la famille L.

Distance parcourue dans la journée : 147 km

Sur le chemin des Marymere Falls

Littoral Ouest Olympique, des plages de Rialto et Ruby à la forêt de Hoh J23 : Vendredi 4 septembre 2015

Nous avions prévu suffisamment de marge dans notre planning pour pouvoir envisager ce jour une session de rattrapage dans les montagnes Olympiques mais un simple coup d'œil par la fenêtre confirme que ce n'est toujours pas la peine d'y compter.

Si le ciel est clair ce matin sur la côte, les montagnes restent couvertes. Alors nous faisons définitivement le deuil des hauteurs Olympiques et prenons directement la direction de l'ouest, vers La Push.

Ce soir nous avons une réservation à Kalaloch. Nous avons donc toute la journée pour nous attarder sur la côte ou… pas loin ! Depuis Port Angeles, la route 101 sera notre axe conducteur.

Toute une bande du littoral ouest de la péninsule Oympique fait partie du parc national. De Shi Shi Beach à South Beach, les vastes plages sauvages méritent toutes le détour. Certaines sont néanmoins plus facilement accessibles. C'est le cas de Rialto Beach. Classée 5 étoiles par le guide déjà mentionné, à la fois pour son côté scénique et son intérêt photographique, c'est celle que nous avons retenue pour ce matin.

La seule contrainte est qu'il faut l'aborder à marée descendante. La marée est basse à 11 h 24, le temps d'arriver sur place il est déjà 11 heures mais ça va le faire quand même.

Côté météo, il fait soleil dans un ciel (presque) sans nuages… enfin !

Premiers coups d'œil pour une vue d'ensemble de cette plage de galets tassés, jonchée de bois flottés à côté desquels on se sent minuscules.

L'objectif principal de cette marche sur la plage se trouve deux kilomètres plus loin, avec l'apparition de ces pitons rocheux annonçant l'icône des lieux, Hole-in-the-Wall, une arche naturelle dans un affleurement rocheux à droite de la plage.

Hole-in-the-Wall...ici, dans son environnement rocheux

Là, l'arche rocheuse et son double, dans le miroir ;-)

Là encore, ses gardiens, deux colonnes de basalte jumelles qui veillent sur les lieux.

Pour l'amateur de vie marine, il y a, dans les mares aux alentours, quelques spécimens dignes d'intérêt, principalement des anémones et étoile de mer.

Mais captivés par nos trouvailles, il ne faudrait pas oublier que la marée est déjà en train de remonter. Il est temps de rebrousser chemin. Une balade de deux heures pour 5 km AR et plein de détails photogéniques, nous avons beaucoup aimé !

Une dernière image avant le retour à la voiture.

Il est 13 heures. Après le pique-nique en plein air, off course, c'est le moment de nous décider pour la suite. Parmi les possibilités, j'avais prévu de poursuivre avec une autre plage, Second Beach, ou avec un retour en forêt, dans la fameuse Hoh Rainforest. A ce stade du voyage, j'avais craint que nous ayons une overdose d'arbres. Mais non, nous plébiscitons la forêt.

Nous avons effectivement bien fait ! Si la majorité des forêts parcourues jusqu'ici étaient surtout constituées de cèdres de l'Ouest, de pins Douglas et autres conifères, celle-ci est essentiellement composée d'érables sur lesquelles la mousse développe de véritables draperies qui en font sa marque de fabrique.

Avec une telle réputation, il y a bien sûr foule, surtout que nous sommes à la veille d'un week-end prolongé (Labor Day). Mais si on se bouscule sur le chemin de Hall of Moss, le plus réputé, en poursuivant sur Spruce Trail, on retrouve paix et sérénité au bord de la rivière.

Pour finir, en sortant du parc, jolie rencontre avec un wapiti (elk)de Roosevelt.

Il fait tellement beau que nous décidons de rester dehors le plus tard possible, ce qui donne pour le restant de la soirée un retour sur le littoral, plus particulièrement sur Ruby Beach, un pique-nique à Beach4 et une arrivée juste avant la nuit à Kalaloch.

Ruby Beach et ses sea stacks, vus depuis la falaise en surplomb.

En descendant sur la plage, un décor entre rivière, galets et bois flotté ! Du bois flotté ciselé par Dame Nature telle une œuvre d'art trônant au centre du tableau.

Plus loin, ce monolithe a des faux airs de Moaïs, ces sculptures monumentales de l'île de Pâques. Il me fait penser aussi aux Monjes de la Pacana, dans le désert d'Atacama.

Dernière vue panoramique permettant de balayer d'un seul regard la belle forêt littorale et la plage se déroulant à perte de vue !

Il est 19 h 30 quand nous atteignons Kalaloch. Avant même le check in dans le lodge du même nom, nous nous précipitons sur la plage pour partager avec une brochette de goélands les couleurs flamboyantes du soleil couchant.

Un spectacle grandiose qui clôture en beauté cette journée bien remplie !

Distance parcourue dans la journée : 248 km

Rialto Beach

D'un parc national à l'autre, de Olympic NP à Mt Rainier NP J24 : Samedi 5 septembre 2015

Pour ce troisième et dernier jour dans la péninsule Olympique, entre les secteurs de Quinault Lake et Queets River, j'ai choisi le dernier pour sa réputation d'être le secteur le plus vierge du parc. Le plus excentré et le moins fréquenté aussi.

Côté météo, il fait toujours beau ! Yes !

En arrivant au bout d'une heure au point de départ de Sams River Loop, il n'y a effectivement pas un chat mais un écriteau indiquant que le sentier était partiellement fermé pour cause de feux. Feux ? Avec toute l'eau tombée du ciel ces derniers jours, nous supputons que cette mise en garde n'est plus d'actualité et commençons à nous enfoncer dans la forêt.

Au niveau des paysages, cette balade ne nous apporte rien de plus si ce n'est une ambiance très spéciale, hors sentiers battus, sans balisage, loin de tout, à sursauter au moindre craquement, à l'envol d'une chouette ou aux coups de butoir d'un pic vert.

Bref, comme des petits Poucets, on s'est fait un peu peur à plusieurs reprises sur cette boucle de trois miles au beau milieu de la forêt.

Nous ne sommes donc pas mécontents de retrouver un peu de monde au bord du lac Quinault où nous dénichons un petit coin pour pique-niquer au soleil. Avec 21 degrés à l'ombre, il fait une température bien agréable.

Le secteur de Quinault comprend lui aussi des parcelles d'arbres remarquables, mais pour cette fois, nous faisons l'impasse, nous avons d'autres projets.

Nous souhaitons en effet nous rapprocher du parc national du Mont Rainier où nous avons prévu de passer les trois prochains jours. Bien que nous soyons à la veille du week-end du Labor Day, très prisé des Nord-Américains, nous n'avons aucune réservation pour ce soir. Un peu risqué ? Sans doute, mais en arrivant tôt, j'espère que ça va aller.

Alors direction Aberdeen, puis Olympia et Yelm avant d'arriver vers 17 heures à Eatonville, une petite localité à 37 kilomètres de l'entrée du parc national du Mt Rainier.

J'y avais repéré le seul motel de la ville, persuadée de pouvoir y trouver une chambre. Mais sur la porte, un petit mot prévient "Sorry, no vacancy". On entre quand même pour demander confirmation, sait-on jamais.

Ce n'était pas une blague, il n'y a vraiment plus de disponibilités. Nous voilà dans de beaux draps ou plutôt… sans draps du tout ;-)

Précisons que la majorité des chambres est occupée par des ouvriers de chantiers sur de longues durées.

Devant notre désarroi et pour nous dépanner, la gérante nous propose sa salle de réunion, une pièce de 60 m2 comprenant un grand frigo, un micro-ondes, une télé, deux toilettes avec lavabos, des tables, des chaises et de la vaisselle pour une centaine de personnes, le WIFI, mais pas de douche. Elle peut y ajouter deux lits d'appoint. Le petit déjeuner est également compris.

Faisant d'abord la fine bouche, nous lui demandons de bien vouloir prospecter pour nous auprès de quelques hébergements alentour. Mais la réponse est partout la même, aucune disponibilité nulle part.

Après réflexion, sa salle de conférence nous conviendra. Ce sera aussi l'hébergement le plus atypique de notre voyage.

Pour demain, nous sommes particulièrement bien placés, à une demi-heure de l'entrée de Mt Rainier NP et à un peu plus d'une heure du secteur de Paradise où nous souhaitons randonner. Hélas, les prévisions météo ne sont pas très optimistes. Oh, non !

Distance parcourue dans la journée : 317 km

J25 : Dimanche 6 septembre 2015

Je saute du lit à 8 heures en m'écriant : "Mince, les parkings à Mt Rainier vont être saturés, grouillons-nous".

Pourtant, la grisaille extérieure n'est pas très motivante. Eh, oui, comme annoncé, la couverture nuageuse est basse et les montagnes invisibles. Nous nous mettons en route sans véritable enthousiasme vers 8 h 45.

Trois quarts d'heure plus tard, à l'entrée du parc national du Mt Rainier, il ne pleut pas (encore). Nous ignorons les prairies de Longmire ainsi que tous les points d'intérêt sur la route pour rejoindre directement Paradise. Notre lieu d'hébergement nous ramènera de toute manière par là plus tard.

Mais au fur et à mesure que la route grimpe vers le Paradis (1647 mètres), nous nous enfonçons progressivement dans des nuages si épais qu'on y voit rien à plus de 200 mètres. Avec de telles conditions, les parkings sont quasiment vides et le Mt Rainier invisible, bien entendu !

Nous nous effondrons sur le canapé du Visitor Center, le moral dans les chaussettes. Non seulement la boucle de Skyline Loop est inenvisageable mais même les plus petites boucles ne le sont pas. Le parc national annonce une météo automnale avec pluie et neige tout en concluant avec un ironique "Enjoy !"

La seule solution est de retourner dans la vallée, dans le secteur de Longmire (824 mètres) proche de l'entrée, pour espérer y faire une randonnée de bas étage.

A la sortie du Visitor Center, les conditions empirent, la pluie se mêle aux nuages bas, c'est la cata ! Même les points de vue depuis la route sont à oublier, tous ont disparu dans les nuages. Seules les Narada Falls méritent un court arrêt.

Garés sur le parking de Longmire, nous restons à l'abri dans la voiture, guettant le moindre changement de l'état du ciel. Vers midi, la pluie a l'air de céder c'est-à-dire qu'il bruine plus qu'il ne pleut. Vêtus de pantalons imperméables, nous nous lançons alors vers Rampart Ridge avec retour par Wonderland Trail, principalement pour nous dégourdir les jambes

De cette randonnée, nous ne retiendrons que quelques belles couleurs automnales toutes embrumées.

Bon, cette balade a au moins le mérite de faire passer le temps jusqu'à une heure décente pour se présenter dans notre hébergement.

Il est maintenant 14 h 30 et la cabine que nous avons réservée est prête. Par la même occasion, nous échappons à un nouveau pique-nique dans la voiture, ouf !

Jouxtant immédiatement l'entrée du parc national, le petit chalet sous les sapins est plutôt mignon de l'extérieur. L'intérieur est antique et il vaut mieux ne pas trop inspecter les coins. De toute manière, le manque d'ouverture et d'éclairage ne le permet pas vraiment ;-)

Bref, elle est sombre et humide, en un mot sinistre, mais nous y sommes à l'abri, c'est le principal. D'ailleurs, avec tout ce qui tombe dehors, nous ne nous attendons pas à en sortir avant demain matin.

Pourtant, vers 17 h 30, une timide lumière finit par percer l'obscurité de la cabine. Ni une, ni deux, nous sautons dans nos chaussures et dans la voiture, direction Paradise.

Houlà, ne nous emballons pas, nous n'irons pas plus loin que la rivière Nisqually. Plus haut, les nuages sont toujours aussi présents et le Mt Rainier toujours caché.

En réalité, l'éclaircie est très localisée. Cette courte accalmie nous laisse néanmoins le temps de jeter un coup d'œil à une cascade "éponyme", Christine... Falls !

Pour le reste, il faudra repasser. Nous aurons une deuxième chance demain car bien qu'ayant une réservation du côté de Sunrise demain soir, nous avons suffisamment de marge dans notre planning pour reprogrammer Paradise si besoin.

Avec l'humidité ambiante, nous aspirerions à une soirée au coin du feu. A défaut, nous la passons devant la télé dans notre triste cabine.

Une journée vraiment pas terrible, la météo désastreuse n'ayant même pas été compensée par un hébergement de qualité !

Distance parcourue dans la journée : 147 km

Christine Falls

Mt Rainier/Sunrise, de la neige sur Burroughs Mountain Trail J26 : Lundi 7 septembre 2015 (Labor Day)

Nous avons aujourd'hui une nouvelle occasion de retourner à Paradise pour espérer y faire la randonnée tombée à l'eau hier, en l'occurrence Skyline Loop. Nous pensons ensuite poursuivre vers le secteur de Sunrise situé 90 kilomètres plus loin où nous avons une réservation pour une nuit dans la station de ski de Crystal Mountain.

Mais dans l'immédiat, rien n'est acquis, le ciel étant toujours couvert au-dessus de notre cabine. J'ai alors l'idée lumineuse de consulter le site Internet du parc national, notamment les webcams des deux secteurs.

Sans surprise, Paradise est comme hier dans la bouillasse mais ô surprise, à Sunrise le ciel est en train de se dégager. En deux temps trois mouvements, les bagages sont chargés dans la voiture pour un départ avant 8 heures.

Le passage à proximité de Paradise confirme les images de la webcam. Nous tirons alors un trait que nous croyons définitif sur ce secteur, ignorant qu'un événement indépendant de notre volonté (à moins que ce ne soit un acte manqué) nous ramènerait dans le coin. A suivre donc ;-)

En quittant Paradise Road pour Stevens Canyon Road, les conditions commencent tout doucement à s'arranger même si ce n'est pas encore le grand beau temps.

Hier totalement noyé dans les nuages, Reflection Lake est aujourd'hui visible même s'il manque la vedette du parc, la silhouette massive du mont Rainier qui se reflète habituellement dans le miroir d'eau.

Un peu plus loin, les premières éclaircies laissent subrepticement entrevoir le versant opposé même si la visibilité reste encore limitée. 151 Pas besoin de beaucoup de visibilité en revanche pour apprécier les contours de Box Canyon, situé sur la route vers Stevens Canyon Entrance, l'entrée sud-est du parc national.

Nous faisons l'impasse sur cette partie du parc, réputée pour les arbres pluricentenaires de son Grove of Patriarchs. De ce côté-là, nous avons eu notre dose ;-)

Notre objectif, c'est le Visitor Center de Sunrise mais juste avant d'y arriver, dans le dernier virage en épingle à cheveux, Sunrise Point mérite un arrêt. Vue sur Sunrise Lake et les Sourdough Mountains.

Il ne manque plus que le mont Rainier ? Patience, il va bientôt se découvrir alors que nous nous apprêtons à entreprendre la randonnée des Burroughs Mountains. Il est 10 h 30.

Pour info, le circuit classique débute à 1950 mètres et son point culminant First Burroughs est à 2190 mètres. Nous souhaitons faire une extension en y incluant un deuxième sommet, Second Burroughs, à 2260 mètres.

Le sentier commence par s'élever à travers les prairies pour dépasser rapidement les 2000 mètres, ce qui n'est pas sans conséquence sur notre souffle. Une fois la ligne de crête atteinte, la pente est plus douce, le rythme plus régulier.

Quand enfin Rainier nous dévoile un pan de sa paroi, l'émotion est totale !

Entre apparition et disparition, il n'en devient que plus désirable.

Après un petit coup d'œil sur les étendues de toundra laissées derrière nous, revenons au sujet principal que nous ne quittons plus des yeux.

Il est 11 h 30, à First Burroughs, notre premier objectif est atteint. Nouveau challenge : nous rapprocher encore un peu plus du Mont au sommet de Second Burroughs.

Vous remarquerez les pentes des Burroughs Mountains légèrement saupoudrées de neige fraiche, conséquence des intempéries d'hier. La pluie tombée à basse altitude a donné de la neige ici, à plus de 2000 mètres. La couche sera de plus en plus épaisse au fur et à mesure de la montée.

Au sommet de Second Burroughs, nous posons dans quelques centimètres de neige et aux côtés d'un bonhomme fraîchement construit.

Il est midi. Nous voilà arrivés au point culminant de notre boucle : 2260 mètres. Face à nous se dresse la croupe majestueuse du mont Rainier, maintenant complètement dégagé.

Nous en profitons pour l'observer sous toutes les coutures. Gros plan sur les séracs bleutés de son glacier.

Mais un nouveau cortège de nuages vient suspendre le spectacle, Rainier disparaît durablement derrière ce rideau. C'est le moment de rebrousser chemin jusqu'à First Burroughs avant d'entamer la très longue descente bordant la falaise de Sunrise Rim.

Très belles vues sur la vallée de White River et sur un lac glaciaire au pied du glacier Emmons.

Le sentier s'étire, s'étire… à n'en plus finir.

Enfin, à l'ombre des sapins, Shadow Lake annonce que l'arrivée est proche. Il ne reste plus qu'un mile jusqu'au Visitor Center.

En tout : 13,5 km en 4 heures pause comprise, avec 400 mètres de dénivelé. Une magnifique randonnée qui nous fait oublier nos déboires du côté de Paradise.

Nous avons demain une dernière demi-journée à consacrer au Mt Rainier. C'est d'autant plus facile que nous logeons à une demi-heure seulement de Sunrise, dans un des hébergements de la station de ski de Crystal Mountain.

Le feu de cheminée auquel nous aspirions hier brûle ce soir dans le salon du lodge, nous apprécions !

Nous en profitons pour peaufiner notre étape de demain pour laquelle nous n'avons pas de réservation. Ne souhaitant plus courir le risque de dormir dans une salle de conférence, nous réservons une chambre à Marblemount, porte d'entrée du parc national de North Cascades.

Distance parcourue dans la journée : 144 kilomètres.

Le mont Rainier vu depuis Burroughs Mountain Trail

Paradise/Skyline Loop, à cache-cache avec le mont Rainier J27 : Mardi 8 septembre 2015

En principe, le programme de la journée est le suivant : consacrer la matinée à une dernière randonnée près du mont Rainier (j'avais retenu Tipsoo Lake/ Naches Peak Loop) puis faire le trajet jusqu'à Marblemount via Enumclaw et les environs de Seattle.

Seulement, voilà… en rangeant nos affaires, je me rends compte qu'il manque une trousse contenant le chargeur de l'appareil photo, des piles et tout un tas de fils de raccordement pour nos appareils électroniques. Mince, sans doute avons-nous oublié cette pochette dans notre cabine de la veille. Comment faire ?

Le gérant, interrogé par téléphone, dit ne pas pouvoir nous donner de réponse avant 10 heures. Ne souhaitant pas perdre de temps, nous partons immédiatement en direction de la cabine en question, à l'entrée sud-ouest du parc national. Car finalement ce contretemps n'est-il pas un mal pour un bien ? En effet, le trajet nous ramène à proximité du secteur de Paradise et nous offre ainsi une session de rattrapage inespérée.

Depuis Paradise, nous rejoindrons ensuite directement la région de Seattle puis Marblemount. En attendant, cap sur Paradise (75 km) sous un beau ciel bleu. Chic !

Ayant déjà parcouru ce même trajet hier matin, nous faisons la route d'une traite jusqu'à ce qu'au détour d'un virage, Rainier nous apparaisse dans toute sa splendeur ! Une aussi belle vue, ça ne se refuse pas !

Nouvel arrêt au bord du Reflection Lake, car cette fois, le Mont et son reflet sont bien visibles.

Pourtant, quelques minutes plus tard, une petite écharpe nuageuse vient déjà s'enrouler autour du volcan.

A l'arrivée au Visitor Center de Paradise (1650 mètres), nous nous dépêchons de partir sur le Skyline Trail car les nuages avancent plus vite que nous. Il est 10 h 15.

A hauteur de Glacier Vista, nous découvrons l'extrémité de la langue du glacier Nisqually mais les nuages ont déjà tiré le rideau sur toute la partie supérieure.

Alors ce sont les marmottes qui prennent le relais et assurent l'attraction au fil de la montée. L'épaisseur de leur fourrure annonce-t-il un hiver rigoureux ?

A hauteur de Panorama Point (2100 mètres), la vue est extrêmement limitée. Il paraît pourtant qu'on peut apercevoir le mont Adams d'ici.

Heureusement, quand le sentier retourne vers le sud, nous passons à nouveau sous les nuages. Néanmoins, à l'intersection avec Golden Gate Trail nous optons pour ce dernier. Finir Skyline ne présente pas un intérêt majeur vu les conditions, d'autant que nous avons encore une longue route devant nous, cet après-midi.

Le raccourci de Golden Gate nous ramène alors au point de départ à travers des pentes aux couleurs dorées auxquelles les buissons de myrtilles ajoutent un soupçon de rouge. Décidément l'automne a l'air de vouloir s'installer !

En tout, nous avons parcouru un peu plus de 6 km, en 3 heures, avec un dénivelé de 500 mètres. Une très belle randonnée même si la météo n'était pas parfaite et, dans tous les cas, la satisfaction d'avoir pu découvrir enfin cette partie du parc, avec notamment de très belles vues de Rainier depuis la route.

A 13 h 30, nous quittons définitivement Paradise pour nous diriger vers Nisqually Entrance. C'est la cinquième fois en trois jours que nous parcourons ce tronçon mais c'est la première fois que nous arrivons à photographier Nisqually River dans des conditions correctes. Aujourd'hui réduite à un mince filet d'eau, la largeur de son lit laisse imaginer la quantité d'eau qu'elle doit pouvoir charrier.

A 14 heures, nous arrivons chez le gérant de la cabine. Suspense ! A-t-il retrouvé notre pochette ? Parmi tous les accessoires qu'elle contenait, il dit n'avoir trouvé que le chargeur. C'est toujours mieux que rien mais nous gardons quelques doutes sur son honnêteté ou celle de son personnel.

Bon, voilà une chose de faite. Ne reste plus qu'à faire la longue route jusqu'à Marblemount. La traversée de Seattle et de ses banlieues tentaculaires est interminable. Tout l'après-midi y passe.

Le soleil est déjà sur le point de se coucher quand nous franchissons l'entrée du motel de Marblemount.

Le patron francophile nous apparaît très sympathique au premier abord. Il le devient un peu moins quand, en nous expliquant le fonctionnement du petit déjeuner, il nous stipule de ne pas nous servir pour le pique-nique par la même occasion (non, mais, il nous prend pour qui ?). Son capital de sympathie va définitivement en prendre un coup le lendemain matin au moment du petit déjeuner en question ! A suivre donc ;-)

Distance parcourue dans la journée : 403 kilomètres.

Reflection Lake

North Cascades, couleurs d'automne à Maple Pass J28 : Mercredi 9 septembre 2015

Selon les explications reçues hier soir, le petit déjeuner (inclus dans le prix de la chambre) se prend sous la forme "make your own". Une clé jointe à celle de notre chambre permet d'ouvrir l'office où tous les ingrédients nécessaires devaient être à disposition dans le frigo. Ça, c'est la théorie car en pratique, nous trouvons le frigo cadenassé :-(. Pas cool !

Heureusement la suite de la journée va nous réserver de belles surprises.

Nous sommes donc depuis hier soir à la lisière du parc national de North Cascades. Ces Cascades n'ont rien à voir avec des chutes d'eau, c'est tout simplement le nom de la chaîne de montagnes qui nous entoure. Le parc national comprend plusieurs secteurs mais celui qui nous intéresse aujourd'hui s'étend le long de la Highway 20 qui traverse le massif d'ouest en est, de Newhalem à Mazama. Il n'y a pas de droits d'entrée à payer si on se contente des points de vue sur la route. Mais certaines aires de stationnement donnant accès à des randonnées situées en limite de parc entrent dans la catégorie Recreation Area et fonctionnent sur le principe des enveloppes.

La Highway 20 longe une enfilade de lacs de barrage (Gorge, Diablo, Ross) autour desquels le parc national a aménagé un certain nombre de points de vues.

Dans l'immédiat, nous faisons l'impasse sur les différents belvédères, nous y reviendrons plus tard. Nous faisons néanmoins un arrêt au Visitor Center de Newhalem pour prendre quelques informations. Heureusement que nous n'avions pas prévu de randonner par là, car en dehors du centre des visiteurs, tout le secteur est fermé suite aux importants feux de forêt de ces dernières semaines. D'ailleurs la forêt fume encore même si l'incendie est sous contrôle.

Après Newhalem, nous traçons d'une traite jusqu'à Rainy Pass, une des ces Recreation Area, facturée 5 USD la journée.

C'est là que débute notre randonnée du jour, une boucle de 11 kilomètres via Maple Pass, dont le guide Photographing Washington dit "this is one of the supremely scenic hikes in the North Cascades".

Sur les recommandations du guide susnommé, nous adoptons le sens horaire. Départ à 1490 mètres d'altitude vers 10 h 15.

Pour info, il fait un temps magnifique.

Par une série de lacets serrés, nous prenons rapidement de la hauteur. Mais c'est quand la forêt s'éclaircit et laisse apparaître les premiers sommets que la randonnée prend tout son éclat. Quel panorama !

En chemin vers la crête, nous faisons une petite pause aux côtés d'un randonneur de Seattle qui nous avoue être là pour la quinzième fois. On comprend son addiction !

L'endroit est parfait pour mesurer l'ensemble du parcours. Nous ferons le tour de ce cirque montagneux au fond duquel se niche le lac Ann. En face, on distingue la trace du sentier.

Le regard s'égare à l'horizon sur toute une série de pics prestigieux : Corteo, Black, Frisco et Glacier Peaks.

Plus que quelques efforts, le col est maintenant à portée.

A 12 h 30, Maple Pass (2120 mètres) est atteint !

Derrière nous, Rainy Lake et la crête que nous venons de suivre. Nous réalisons alors tout le trajet parcouru.

Pique-nique en face de Corteo Peak et Black Peak.

Commence ensuite la longue descente sur des pentes couvertes de buissons de huckelberry que l'automne débutant teinte de rouille et d'or.

Bientôt, les rouges flamboyants se mêlent aux dorés et aux orangés pour mettre le feu aux versants.

Ces buissons colorés sans doute encore pourvus de quelques baies attirent aussi d'autres visiteurs… plus inattendus. Au détour d'un sentier, un attroupement de randonneurs nous intrigue. Y-a-t-il quelque chose à voir ?

Deux ours noirs, nous répond l'une des observatrices. Certes il faut des jumelles pour bien les distinguer mais après quatre semaines à les avoir vainement attendus, c'est une belle surprise.

Nous continuons notre descente, les pupilles toujours écarquillées devant les somptueux paysages que nous traversons. A nos pieds, le lac Ann entouré d'une ronde de sommets escarpés.

Au bout de 4 heures et demie, 11 kilomètres et 618 mètres de dénivelé, nous voilà de retour au parking, encore tout éblouis par cette chaîne de montagnes, ces merveilleuses couleurs d'automne, cette météo parfaite et la rencontre (même lointaine) avec deux ours.

Avec autant de superlatifs, elle sera indiscutablement l'une des plus belles de notre voyage.

Notre traversée de la chaîne des Cascades ne s'arrête pas là. En poursuivant la route 20 vers l'est, le belvédère de Washington Pass nous offre de nouvelles vues à couper le souffle sur des sommets en dents de scie de Liberty Bell et de ses voisines. Un petit air de Dolomites, non ?

A l'est du col, la route perd progressivement de l'altitude, les forêts de pins s'éclaircissent pour finalement disparaître dans la vallée au profit de vastes étendues de prairies sèches et désolées. Nous avons l'impression d'avoir changé de monde.

Par la même occasion, les températures remontent en flèche et c'est sous 28 degrés que nous entrons dans la petite localité de Twisp.

Au bord de la rivière du même nom, nous avons une réservation pour une nuit. L'accueil y est particulièrement attentif aussi bien de la part de l'hôtesse qui nous fait visiter tout l'établissement que du patron en permanence aux petits soins. Un homme particulièrement investi à la fois dans son hôtel et dans son pub immédiatement voisin où il n'hésite pas à pousser lui-même la chansonnette à l'issue du concert jazz donné par Laura Love et la Family Dog Band sur la terrasse du restaurant.

Autour d'un excellent dîner, c'est une soirée très sympathique qui vient clore une étape réussie sur tous les points !

Distance parcourue dans la journée : 160 km.

Sur Maple Pass Loop

North Cascades, Blue Lake, des chèvres et des grimpeurs J29 : Jeudi 10 septembre 2015

Pour cette journée, j'avais imaginé plusieurs scénarios possibles sans faire de réservation. Mais ne voulant pas prendre de risque, nous nous décidons ce matin pour l'une des possibilités avant de faire une réservation de dernière minute.

Voici donc les grandes lignes de cette journée : reprendre la Highway 20 en sens inverse, s'arrêter aux points de vue zappés hier et faire une dernière randonnée avant de rejoindre la frontière canadienne et la ville de White Rock, immédiatement après le poste frontière de Blaine, côté canadien. Demain, nous poursuivrons vers Vancouver pour les deux dernières nuits de notre voyage.

Mais d'ici là, tâchons de profiter de cette journée qui, avec 15 degrés à 9 heures, s'annonce déjà belle et chaude.

La Highway 20 nous ramène dans les montagnes des Cascades jusqu'à l'aire récréative de Blue Lake(5 USD). Il y a déjà plusieurs voitures garées sur le parking mais curieusement nous ne rencontrons personne dans la montée vers le lac.

Nous avons pour toute compagnie les crêtes imposantes de Cutthroat Peak et les aiguilles acérées des Early Winter Spires.

Pourtant il nous semble entendre des voix, résonnant dans les montagnes au loin. Mais oui, il y a du monde là-haut ! Vous voyez d'où proviennent les voix que nous percevons ?

Le parking de Blue Lake est effectivement le point de départ d'une voie d'escalade vers les Early Winter Spires. Décoiffant !

Impressionnés mais adeptes d'activités plus terre à terre, nous poursuivons vers le lac qui, avec ses eaux calmes tirant du vert émeraude au bleu profond, invite à la méditation. Accordons-nous quelques instants de pause.

Nous cheminons ensuite entre les buissons de huckleberry que l'automne fait ressembler à un champ de tulipes.

Autre signe de la fin de l'été : les dernières hampes de Fireweeds sont en train de finir en peluches.

Une petite sente nous conduit alors au bord d'un lac plus petit, sans nom mais que nous pourrions baptiser "Mirror Lake"

Des traces dans la vase laissent penser que des animaux y viennent nombreux épancher leur soif. La marque d'un couguar ?

Mais aujourd'hui au bord de l'eau, ce sont des bêtes bien plus inoffensives mais ô combien attachantes que nous croisons : une maman chèvre avec son petit. Ils sont adorables.

Après un passage en forêt, nous retrouvons la voiture au bout de 3 heures, 6,5 km et 350 mètres de dénivelé.

Une randonnée presque aussi belle que celle d'hier et qui confirme le coup de cœur que nous avons eu pour le parc national de North Cascades.

Un parc qui n'a pas fini de nous surprendre avec cette vue étonnante sur ce qui pourrait être un îlot granitique perdu au milieu de l'océan Indien. Non, il est tout simplement immergé au milieu du lac de barrage de Diablo.

Après ce dernier arrêt, il nous reste à faire le trajet jusqu'au poste frontière de Blaine soit moins de 200 kilomètres mais en fonction du temps d'attente à l'entrée au Canada, la durée de parcours peut varier entre deux et trois heures. Alors ne perdons pas de temps. Il est 15 h 30.

Nous rejoignons l'autoroute I-5 au nord de Burlington, nous attendant à traverser une zone urbanisée ininterrompue, ce qui n'est pas le cas. Visible à des kilomètres à la ronde, la silhouette massive du mon Baker domine la campagne environnante.

La circulation est fluide et curieusement, plus on s'approche de la frontière, plus elle se raréfie. Au poste frontière qui se présente comme un gigantesque péage autoroutier, aucune attente ! Les formalités sont réglées en quelques minutes : l'agent nous pose quelques questions, nous lui rendons le talon détachable de notre visa à rendre aux autorités américaines comme preuve de sortie du territoire. La distance a finalement été couverte en moins de deux heures.

White Rock où nous avons une réservation pour cette nuit n'est plus qu'à dix minutes. Nous ne savons pas trop quoi penser de cette destination mentionnée dans aucun guide et choisie en dernière minute.

Contre toute attente, ce sera une bonne surprise : ici c'est un peu la Riviera ouest-canadienne, avec une baie orientée vers le sud, une promenade le long de la plage et toute une gamme de restaurants pour tous les goûts et toutes les bourses, de quoi passer une agréable soirée.

Sous une température estivale et avec un beau coucher de soleil en sus, une étape de villégiature insoupçonnée !

Distance parcourue dans la journée : 306 km.

Blue Lake

De retour au Canada : de White Rock à Vancouver J30 : Vendredi 11 septembre 2015

Ce n'est pas encore tout à fait la fin de notre voyage mais ça y ressemble. En effet, cet après-midi, nous rendons la voiture avant notre séjour de deux nuits à Vancouver. Il est donc l'heure de réunir nos affaires et de faire un brin de nettoyage à l'intérieur du véhicule.

Une fois cette tâche accomplie, nous libérons la chambre sans pour autant quitter White Rock. En effet, cette petite ville côtière nous plaît tant que nous y passons volontiers le reste de la matinée.

Un petit mot sur le nom de la localité : White Rock doit son nom au gros rocher blanc trônant sur la plage. Une légende amérindienne raconte qu'un jour un jeune chef indien lança un rocher par dessus le détroit de Géorgie et promit à son épouse qu'ils établiront leur tribu à l'endroit où le rocher atterrira. C'est dans la baie de Semiahmoo qu'il tomba. C'est donc là qu'ils s'installèrent et l'appelèrent White Rock. Depuis cette époque, leurs descendants vivent toujours dans cette baie. Une bien jolie histoire !

Nous nous sommes d'abord demandé si le rocher était factice. Nous confirmons, c'est bien un vrai. Pendant des années, c'est le guano qui l'a peint de blanc. Depuis peu, la municipalité l'entretient avec une peinture blanche antigraffiti.

Du point de vue géologique, il s'agit d'un rocher erratique ayant migré vers le sud lors de la dernière glaciation.

Nous arpentons comme hier soir la promenade du bord de mer mais aujourd'hui, à marée basse, la baie a une toute autre tête.

Goélands, canards, oies et hérons s'y plaisent bien. Ils ne se laissent pas déranger par les trains qui passent ici entre la plage et la ville.

Barbie et Ken sur leur balcon regardent eux aussi passer les trains ;-)

Après cette dernière balade à White Rock, nous mettons le cap sur Vancouver où nous déposons nos bagages à l'hôtel avant de rendre la voiture à l'aéroport. Remise en trois secondes chrono !

De là, nous revenons dans le centre-ville par le train de la ligne Canada Line, jusqu'à la station Yaletown puis finissons à pied le trajet jusqu'au 1111 Burnaby Street.

Après nous être installés, nous retrouvons facilement nos repères dans une ville que nous avions beaucoup aimé en 2009. Grande balade entre Sunset Beach et False Creek.

Au bout de Davie Street, nous sommes tombés par hasard sur le magasin d'épicerie fine "Urban Fare" que nous avions déjà fréquenté en 2009. Nous y trouvons de quoi nous concocter un délicieux repas. Fin de soirée tranquille dans notre appartement.

Distance parcourue dans la journée : 65 km. Distance totale parcourue pendant tout le voyage : 5 800 km.

J31 : Samedi 12 septembre 2015

En 2009, nous avions adoré la découverte de Vancouver à vélo. C'est donc avec plaisir que nous renouvelons l'expérience.

Comme à l'époque, location chez English Bay Bike Rentals.

Coup de chance, la météo est aussi parfaite qu'en 2009. Pas un nuage, du soleil et température autour de 20/22 degrés.

Nous repassons par quelques classiques : Granville Island et son marché où nous ne pouvons pas résister à l'achat de quelques gourmandises, Stanley Park ou le pont de Burrard.

Mais avons également fait quelques extensions. Côté ouest… jusqu'à Kitsilano. Côté nord… jusqu'à Canada Place.

Bref, en tout une vingtaine de kilomètres avec néanmoins beaucoup plus de fréquentation sur les pistes cyclables que lors de notre précédent séjour, sans doute parce que nous sommes samedi, qu'il y a un bateau de croisière à quai et aussi parce que la pratique du vélo s'est beaucoup développée.

Nous avons passé une excellente journée et apprécié une nouvelle fois cette ville cosmopolite. Tout comme en 2009, nous finissons la soirée sur la terrasse du Milestones Grill & Bar d'où nous contemplons le dernier coucher de soleil de notre voyage. Deuxième nuit à Vancouver.

Demain vol retour vers Paris. C'est fini !



Le mot de la fin

Nos coups de cœur ! Parmi tous les excellents moments de ce voyage, nous retiendrons avant tout : - les forêts moussues et les arbres géants impressionnants sur Haida Gwaii et sur l'île de Vancouver - les plages sauvages et vierges de la péninsule Olympique, de Haida Gwaii et de la côte Ouest de l'île de Vancouver - la croisière de l'Inside Passage sous une météo parfaite

Mais aussi les sites alpins et subalpins autour de Smithers et dans Rainier NP.

Un coup de cœur tout particulier pour le parc national de North Cascades dont j'avais entendu dire qu'il ne présentait pas beaucoup d'intérêt et où nous avons pourtant fait les deux plus belles randonnées de notre voyage rehaussées par de magnifiques couleurs automnales.

Des regrets ?

Nous avons principalement regretté l'annulation par l'hébergeur, la veille de notre arrivée, des trois nuits que nous devions passer à Tahsis, sur la côte ouest de l'île de Vancouver entrainant par la même occasion l'impossibilité pour Hervé de plonger. Il a donc fallu réorganiser ces trois journées dans la précipitation. Avec du recul, peut-être que la région de Victoria aurait été un meilleur choix que Campbell River pour ces trois journées.

Conclusion

Nous avons indiscutablement fait un très beau voyage, bien équilibré du point de vue des étapes et ponctué de belles randonnées par tous les temps. Nous gardons surtout une impression de grands espaces sauvages et d'absence de pression touristique, que ce soit sur la route ou sur les sentiers, particulièrement en Colombie-Britannique. Néanmoins, le séjour a été globalement un peu moins dépaysant que certains de nos voyages précédents. Il manquait quelques animaux (notamment les ours) et une météo parfois un peu plus clémente pour le faire entrer dans la catégorie des fabuleux !

Ouvrages et sites Internet utiles

Les guides papier Le guide Lonely Planet en anglais British Columbia Le guide photographique Photographing Washington Le guide Vert Michelin Canada (merci Pascale)

Quelques sites Internet

* Un récit de voyage de Calgary à Vancouver via Prince George, Fish Creek, Inside Passage et Vancouver Islande. https://sites.google.com/site/grisemoteouestcanadien/accueil

* Le site de Matthew Clay qui décrit les sites d'intérêt des îles de Graham et Moresby (Haida Gwaii) avec cartes et points GPS http://mattclay.zenfolio.com/haida_gwaii

* Un blog consacré à Haida Gwaii, très complet. http://www.gohaidagwaii.ca/

* Le site des parcs provinciaux de Colombie-Britannique http://www.env.gov.bc.ca/bcparks/

* Deux sites répertoriant des randonnées dans l'Etat de Washington http://www.wta.org/go-hiking/map http://www.protrails.com/state/washington

* le site gouvernemental de la météo en Colombie-Britannique (et ailleurs au Canada) http://weather.gc.ca/forecast/canada/index_f.html?id=bc

Voilà, j'arrive au terme de ce récit de voyage. Je vous remercie tous de nous avoir lu jusqu'au bout. Si vous souhaitez de plus amples informations ou tout simplement si vous voulez nous laisser une petite trace de votre passage sur notre site, vous pouvez nous contacter via le formulaire du site ou à la suite de cette discussion sur VF.

A très bientôt pour d'autres fabuleux voyages.



FIN ! 😉
Tous nos fabuleux voyages : http://sites.google.com/site/fabuleuxvoyageskrikrietherve/
LI Lilevis Veteran ·
Bonjour Christine Je suis toujours avec autant de plaisir ton carnet. Superbes photos! De bien jolies balades à Prince Rupert surtout avec un ciel aussi bleu. Vous avez été courageux pour la baignade, même pour quelques brasses. Belle journée dans Inside Passage, de magnifiques paysages. Quelle chance de voir toutes ces baleines, même de loin! J'aime beaucoup, entre autre, les photos de Mystic Beach, Olympic N.P. et Mount Rainier m'ont ramenés nombreuses années en arrière, de très bons souvenirs ont refait surface.

Pas de chance pour Hurricane Ridge mais les randonnées de remplacement ne sont pas mal du tout. Nous avions beaucoup aimé Ruby Beach que nous avons vu une première fois dans le brouillard et le lendemain avec un peu de soleil. Quel beau coucher de soleil à Kalaloch! Heureusement que la gérante a pu vous dépanner avec la salle de conférence. Au Mont Rainier la première fois que nous avions fait la Skyline il y avait du brouillard, au bout d'un moment nous nous étions arrêtés, les enfants ont continué et bien leur en a pris car plus haut c'était le grand ciel bleu. Du très beau temps était annoncé pour le lendemain nous avions donc décidé de rester une journée de plus pour faire cette superbe randonnée. @ + Liliane
Croisière Spitzberg - Groenland Nord Est - Islande https://voyageforum.com/discussion/croisiere-spitzberg-groenland-nord-est-islande-d7660320/ Carnets de voyages et croisières http://www.carnetsdelili.fr/

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