Les aventures de Lal Gal et Gore Gal au Rajasthan (un mois)
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Voila le début de mon carnet de route. Petit test avant de savoir si je vous livre tout mon magnifique voyage. J’hésite…. C’est peut-être parce que les rêves sont interprétables que je veux tant garder ce voyage pour moi et ne pas le faire partager…..

Voyage d'un mois au Rajasthan du 02 septembre 2005 au 03 octobre 2005.

On m'a dit à propos de l'Inde: Soit on l'aime, soit on la déteste. Il est encore trop tôt, sentiments partagés... Entre un pays accueillant, coloré, bruyant et parfumé par les odeurs d'épices, et un sous-continent misérable où l'on se méfie des gens trop apatés par l'argent.

Arrivée a Delhi réussie après 5 heures de retard de la part de notre avion. Petit avant goût de l'Inde je pense! Transfert à Mumbai : facile! On s'est débrouillée comme des chefs! A Delhi aussi... On va commencer doucement, prepaid taxi jusqu'à la gare.... Mais c'est trop facile!!! C'est vrai, on est en Inde quand même! On a donc décidé de se faire avoir...

Nous avons du mal à réaliser.. Du monde, mais pas tant qu'on nous avait décrit. Mais petit à petit nous avançons dans la fourmilière qu'est Delhi. Rickshaws, voitures, bus, piétons en pagaille, ça double à gauche, ça double à droite, queues de poisson et .. ça klaxon!! On zigzag, on se faufile, on est secoué, l'aventure a bel et bien commencé! La gare. On va pouvoir se rendre à Agra et quitter Delhi. Cette capitale est impressionnante, trop impressionnante pour nous, routardes débutantes. Un premier Indien nous montre le chemin pour acheter nos billets, puis un second.. changement de discours: nous ne pouvons pas monter dans la gare si nous n'avons pas de billets...entourloupe? Plus tard, je me demanderai comment j'ai pu me poser cette question.. Mais, trop surprises, trop déboussolées, nous repartons dans une agence au centre ville...10 roupies...et plus de billets pour Agra...tout ce qu'il a à nous proposer, c'est une voiture avec chauffeur pour faire le tour du Rajasthan. Pas question! On file dans une autre agence..10 roupies...et rebelote! Plus de billets pour Agra. La fatigue commençant à peser un peu, le ton change : Qu'est-ce qu'on va faire d'un taxi et d'un chauffeur? On veut voyager en bus et en train, en chameau, en moto ou en Rickshaw. On veut visiter l'Inde, oui d'accord, mais on veut surtout vivre en Inde pendant un mois! 10 roupies...et troisième agence. Jamais deux sans trois ok, mais là, c'est la dernière! Il nous charme, nous assurant qu'il fait tout son possible pour nous trouver un train.. D'après lui, ca paraît impossible.. Mais Ganesh serait-il avec nous? Comme par hasard des places se libèrent juste à l'instant. On prend! Au passage il nous refile quand même un package hôtel, pick-up, tour de la ville et train pour Jaipur, rien que ça! Fatiguées, on accepte. On s'est fait rouler... bien évidemment!!

Le midi, premier restaurant Indien.. On ne connaît rien. Si on prenait un thali? Stupéfaction. Une grande assiette, tres grande assiette, des katoris remplis de sauces, viandes, légumes et lassi. Appréhension. Comment mange-t-on ça? De voir deux empotées rigoler devant ce repas gargantuesque, la table d'à coté rit gentiment.. On a besoin d'explications!Notre oreille Française n'ayant pas encore eu le temps de s'habituer à « l'Hinglais », nous faisons ce que nous pouvons. Ridicules et excitées à la fois, nous nous laisser enseigner ensuite par une mère et son fils qui se font un plaisir de nous initier. C'est ce jour là que commença mon addiction aux chapatti...

A la gare, bien deux heures à l'avance, nous nous installons sur notre quai. Des gens, beaucoup de gens. Je ne sais quoi penser. Contente d'être enfin en Inde mais pas très à l'aise.. Les Indiens nous regardent, nous dévisagent, rigolent, parlent entre eux...quoi penser?

La misère. On m'en avait beaucoup parlé avant de partir. »L'Inde est un pays pauvre », « tu va voir tu vas être choquée. ». Je pensais à tout ce que les gens m'avaient dit. Je n'avais pas encore vraiment vu de misère... jusqu'à ce qu'un garçon d'à peu près mon âge s'approche, amputé, sale, les vêtements arrachés, ne parlant pas, n'ayant que son regard suppliant pour me réclamer de l'argent.... Dégoût, tristesse, pitié. Je ne me sens pas bien. Ne pas donner, ne pas céder, c'est dur... C'est ce qu'on avait décidé avec Gore Gal avant de partir.. Donner ou non, ça nous avait beaucoup questionné. Nous ne voulons pas solliciter les gens à faire la manche. Si nous donnons ce serait a des écoles ou associations. De plus, nous ne connaissons pas l'Inde pour nous permettre de donner. Pourquoi lui plutot qu'un autre? Que va-t-il faire ensuite de cet argent ou de cette nourriture? Va-t-il le garder pour lui? Va-t-il se faire agresser et tout piquer? Fait-il parti d'un réseau? Cette question du don est trop compliquée. Il ne faut pas céder. J'ai pitié.. Je crois que c'est réellement la première fois. Peu après, d'autres Indiens l'attrapent, le traînent à terre comme un vulgaire déchet. Ils le jettent dans le tain, l'enferment. Il est faible, ne peut rien faire à part gémir et pousser des cris à vous faire frissonner. Ils le rejètent à terre et le retraine sur plusieurs mètres. Je blanchis, je vais pleurer, ça me donne envie de vomir...

Notre train arrive enfin. Il défile devant nos yeux, on tente d'apercevoir le wagon C1. Il n'y en a pas! Lisant peut-être notre inquiétude sur notre visage ou voulant simplement aider deux touristes égarées dans cette jungle, un Indien tente de trouver notre wagon. On déambule le long du quai à la recherche de ce wagon...qui n'existe pas!C1, S1, c'est vrai que ça se ressemble! Mais grâce à la gentillesse de cet Indien et de tous les autres qui nous ont renseigné, nous nous asseyons enfin sur nos banquettes « classes » de première classe. 3h30 de trajet. Nous sommes fatiguées. Ne pas dormir, surveiller les sacs, ca promet d'être long! Long, pas tant que ça finalement. Bien sûr la fatigue pèse, mais tous nos sens sont en éveil. Le bruit du vieux train, le chant mélodieux de l'Hindi, les « chiiiiips » hurlés par les enfants à chaque arrêt, les couleurs roses orangées de notre premier couché de soleil, les saris multicolores des femmes, une odeur indescriptible qu'on ne retrouve que dans les trains Indiens...Je n'oublie pas la rencontre d'un homme et de sa fille, une discussion sur le mariage, la religion, qui se transmet ensuite à tous ceux qui partagent notre banquette, une tentative de communication avec la vieille femme assise a côté de moi. Pas d'Anglais, que des gestes: Elle me protège lorsqu'une horde d'hommes prennent le train en assaut, pose sa main sur ma jambe en me souriant, me pousse vers elle pour être sûr que j'ai assez de place... Les gestes sont parfois plus forts que des mots.

Agra! On a réussi! L'Indien et sa fille très protectionnistes ne nous lâchent pas tant que nous ne sommes pas entre les bonnes mains de notre pick up. Ils nous donnent même leur numéro de téléphone au cas ou quelque chose se passerait mal. Direction l'hôtel en voiture. Premier réflexe, la ceinture. Une ceinture?!Noooon!Ca n'éxiste pas ici! Après avoir décidé du programme du lendemain, on trouve enfin un lit. Pas pour très longtemps! Nous voulons absolument voir le Taj Mahal au lever du soleil. Deux bonnes raisons à cela : L'atmosphère, les couleurs autour de cette merveille est particulier et bien sûr, tôt le matin, les touristes dorment encore! Lever donc a 5h30 pour y être vers 6h... Stupéfaction! Grandiose, magique, une des merveilles du monde. Le Taj Mahal, imposant semble surgir tel un mirage dans la brume matinale. Beauté indescriptible pour ce monument symbole de l'amour. Nous nous baladons tout autour, émerveillées. Gore Gal s'assoit et tente un vulgaire croquis du Taj. C'est bientôt étouffant dans une marée d'Indiens qu'elle tentera de le finir. Curieux ces Indiens, très curieux et émerveillés par deux touristes, un dessin, et enfin leur photo sur l'écran de mon appareil numérique. 9h du matin et il fait déjà si chaud, nous quittons alors ce lieu à reculons ne décrochant pas des yeux ce palais de marbre blanc. Après un bon chai, notre guide nous amène dans une boutique où le marbre est taillé et décoré. Démonstration, jeux de lumières sur cette pierre translucide... étonnant! Visite, donc...forcing pour acheter.Dur de s'en défaire! Nous goutons ensuite aux joies de l'internet Indien. Vieux ordinateurs, claviers où les lettres sont effacées, et après une heure de tentative d'écriture de mail.... panne de courant!!Arg! Bon ce sera juste trois mots pour rassurer mes proches pendant que Gore Gal subit le massage du guide. Il est bientôt l'heure de manger.. mmmh quel nouveau plat va-t-on gouter aujourd'hui? C'et tla maman du guide qui le prépare. En attendant, Gore Gal et moi allons flâner tranquillement dans les rues d'Agra. Après un bon byriani, nous décidons de partir pour Fatehpur Sikri. Scène comique en rickshaw: Gore Gal et moi à l'arrière, nos deux gros sacs en équilibre sur nos genoux et un Indien, tout maigrichon, pédalant sous une chaleur épouvantable. Ridicule! La gare routière n'est pas trop loin heureusement! Premier trajet dans un bus local... On m'en a souvent parlé de ces foutus bus! Mais surprise, ils ne sont pas si mal!

Arrivée à Fatehpur Sikri. Petite rue, petites boutiques tout le long, des gens partout, des motos, chèvres, vaches et cochons. On cherche un hôtel au plus vite, on trouve, juste en face de la mosquée. 120 roupies, la chambre est correcte.. Nous y posons alors nos sacs et nous nous rendons sur le toit où ils nous offrent à boire tout en papotant. Je suis tout de suite séduite par cette petite ville et par ces gens si accueillants .Cependant, je ne réalise pas encore qu'ici je vais vivre, m'imprégner, m'attacher, à cette ville, à ces gens, à qui je dois mon amour pour l'Inde. C'est réellement ici, que tout a commencer.
Lal Gal...
IZ Izanora Regular ·
waoo...t'écris super bien isabelle.
"La liberté de la graine réside dans l'accomplissement de sa nature qui est de devenir un arbre" Rabindranath Tagora
EN Encorelle Regular ·
Suis d'accord...tu écris super bien et j'ai été scotchée lorsque je suis allée voir qui tu étais et que j'ai constaté que tu n'avais que 21 ans!...comme je projette de partir l'été prochain sur Delhi puis les environs, je lis tout ce que les voyageurs veulent bien partager et là...j'ai fait venir mon fils de 18 ans pour lui faire lire ton expérience et par là même commencer à partager avec lui ce que je vais vivre durant un mois seule en Inde...Nous avons envies de te lire encore, alors si ce n'est pas une contrainte pour toi...laisse toi encore aller au clavier...pour notre plaisir! Bonne fin de week-end Julie
"Je vous souhaite de rêver à n'en plus finir, et l'envie d'en réaliser quelques uns...je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer et d'oublier ce qu'il faut oublier." Jacques Brel
PH Phil64 Globetrotter ·
Namaste Ptit Pop ou lal Gal...

merci à toi et bravo pour ce début de récit tres agreable à lire... Quelle bonne idée de passer la nuit à Fatehpur Sikri, et à la Maurya Rest House, comme moi... J'ai hate d'en lire plus...
Phil Voyages du bout de mon pinceau...
PO Pondy Veteran ·
Continue encore, c'est tellement bien. Chaque récit apporte sa diversité et sa richesse. J'attends la suite....
VA Valou2406 Veteran ·
super le début de ton récit, ça nous replonge dedans .....😉 à quand la suite ?
Valérie
PT Ptitepop Regular ·
Dur de ne pas avoir Internet, ça traîne ! Merci pour tous vos encouragements ! Grâce à eux, mes hésitations se sont transformées en envie… Voici donc la suite… Petit à petit… Bonne lecture !

Sybille, une fille suisse embarquée par Pappu le lapka vient se joindre à nous. Le lapka devient alors guide et nous amène voir le coucher de soleil .On contourne la mosquée, longe des bassins où se baignent et se lavent hommes et garçons, zigzag entre la marée de déchets où les cochons trouvent leur bonheur, traverse un terrain de cricket, combat les ronces qui s'entêtent a massacrer nos pantalons, escalade un toit de bains turcs, pour enfin s'y assoire et profiter d'un magnifique spectacle. De l'herbe, des arbres, une grande rivière artificielle, les murs de la mosquée, le karawan Serai et la magnifique tour de l'éléphant. Vert et rouge, ces couleurs se marient si bien dans la nature... Moment calme et paisible. Pappu nous raconte l'histoire de sa ville et nous apprend nos premiers mots d'Hindi. On écoute, on regarde, on profite... Sybille repart à son hôtel. Pappu part faire la cuisine. Pas question qu'il la fasse sans moi, j'ai bien l'intention d'apprendre l'art culinaire Indien! Avec Gore Gal nous nous installons donc dans la cuisine ou nous observons attentivement, un verre de bière offert à la main. Nous installons une table sur le toit où nous dégustons un délicieux Murga massala avec des chapatti en compagnie de Pappu et de son oncle. Ambiance intime: coupure de courant oblige! Nous mangeons éclairés à la lampe à pétrole. Ambiance joyeuse : quel plaisir de manger avec les mains et de s'en foutre partout! Ambiance sereine : grand moment d'échange et de partage, je me sens tellement bien... Pappu est adorable. J'ai d'ailleurs du mal à croire en lui. Va-t-il nous avoir comme beaucoup d'Indiens? Où va-t-il me faire croire en l'homme bon? Il est tant d'aller se coucher. Penser au four dans lequel nous allons dormir me coupe l'envie. Elle sera cependant vite transformée en excitation lorsque Pappu nous propose de dormir sur le toit. Installées à la belle étoile, on se rend compte : Mais, Mais, notre train pour Jaipur est demain?! Et pas question de quitter ce petit paradis qu'est Fatehpur Sikri. On se débrouillera donc demain pour échanger nos billets.

Une bonne nuit passe, terminée par un bon byriani au petit déjeuner. La journée commence bien, d'autant plus que Pappu nous entraîne chez un tailleur. Ici c'est tais-toi, regarde tous ces beaux tissus, laisse toi tenter, de toute façon ce beau penjâbi te sera offert... On observe, on compare, on choisit. Prise des mesures, ils seront prêts ce soir. Chic! Bien qu'il fasse chaud, très chaud, Gore Gal et moi partons visiter le palais de Jodh Bai, magnifique sur le plan architectural. Avant de s'y rendre Pappu nous fait la moral, nous recommandant de nous méfier des gens, et nous conseillant de dire que l'on était ses amis si jamais quelqu’un se permettait de nous embêter. Conseil qui se révéla fort fructueux. A chaque Indien un peu trop « collant », à chaque guide un peu trop insistant, il suffisait que nous prononcions le nom de Pappu pour que celui-ci se taise et nous laisse en paix. Impressionnant, épatant, étonnant... Nous nous baladons parmi le hawa mahal, le birbal bhavan, le panch mahal, le dwan i khas, le Diwan I am et le trésor, tout ça ponctué par de nombreuses poses photo réclamées gentiment par certains Indiens. Ce n'est pas une photo qu'ils demandent, mais deux, trois, quatre, chaque enfant aura le droit a la sienne. Puis ce sera au tour des femmes, puis de tout le groupe. Ce sera presque une pellicule qui y sera passée! Ils sont si contents! Nous ne comprenons pas très bien pourquoi, mais cela nous fait autant plaisir qu'à eux. La visite du palais terminée, nous nous accordons une pause déjeuner. Nouvelle leçon de cuisine, nouvelle discussion, nouveaux délires et nouveaux surnoms! De « super Tomate » en France, je passe à « Lal Gal »en Inde. « Joues rouges », cela me va parfaitement! C'est fini, plus de Stéphanie qui tienne, je fais maintenant nettement plus Indienne. Beaucoup plus facile à prononcer pour eux, beaucoup plus facile de se moquer lorsque c'est à moi de le prononcer! Tellement fiers de m'avoir trouver ce nouveau surnom ils interpellent tout ceux qu'ils croisent. Tellement fière de mon nouveau surnom, je ne me présente que sous « Lal Gal ». Repas terminé nous attaquons la visite de Jama Masjid. Ischrad, gentiment nous accompagne et nous propose de tout nous livrer à propos de cette imposante mosquée. Cette copie de celle de la Mecque commémore la victoire d'Akbar au Gujarat. Avec Gore Gal, nous achetons une robe pour une Indienne pauvre ainsi qu'un ruban que nous accrochons aux jali du tombeau du Cheikh Salim Chishti après avoir fait un voeu. Mon voeu? Chuuuuuuuuuut! De retour à la guest house, Pappu nous attend, les penjâbi sous le bras! Séance défilé de mode!! C'est beau, c'est confortable, au revoir pantalon et T-shirt européens! Nous sommes toutes belles pour accueillir le maire de Fatehpur Sikri! Eh oui ce soir c'est grand dîner à la guest house! En plus de tous les oncles, frères, cousins, le maire de Fatehpur sikri se joint a nous. Nous avons d'autant plus la pression que ce soir c'est Gore Gal et moi qui jouons les cuisinières. Oui c'était le deal. Hier, Pappu nous a cuisiné un bon repas indien, ce soir c'est à nous de cuisiner à la française. Au menu, Poulet a la normande, pommes de terres sautées. Il est alors tant d'aller faire les courses. Je grimpe à l'arrière de la moto de Pappu et c'est parti à slalomer dans la petite rue principale entre le monde, vaches, cochons et biquettes, dromadaires et autres motos. Premier ride en moto pour ma part, expérience que je ne suis pas prête d'oublier... Etalage à légumes... enfin je crois, je tente d'apercevoir, de me faufiler. Du monde, plein de monde, comme partout d'ailleurs. Pas de champignons… zut! Pas de crème non plus. Il va falloir s'adapter. Des légumes, plein de légumes, verts, rouges, jaunes, violets. Voilà! Une ratatouille! Retour au fourneau... A coté ils préparent tout de même un repas indien. La confiance règne?! Ils n'ont peut-être pas eu tort après tout. Ca à l'air tellement misérable ce que l'on a préparé par rapport à eux! Peu importe! On mange, on boit, on parle, on rit, comme une grande famille réunie. La ratatouille est d'ailleurs presque toute finie! Fier d'accueillir des européennes? Content de pouvoir partager des moments avec nous? Volonté de nous faire partager toute l'hospitalité de son pays? Mais pourquoi je me pose ces questions maintenant? Nous n'avons pas réfléchi lorsque Mr le Maire de Fatehpur Sikri nous invite chez lui a prendre le petit déjeuner le lendemain matin! Réponse immédiate, ce sera un grand OUI, avec plaisir! Il se fait tard, tout le monde part se coucher, à part Pappu et son cousin. Pourquoi se coucher alors qu'il a encore tant de choses à apprendre, à partager? Bonne question, n'y allons pas! Moment calme sur le toit... Attention tous aux abris! Et un oreiller, un, qui vole, parti de je ne sais ou, allant je ne sais ou. Un deuxième, un troisième, ça vole du haut, vers le bas, du bas vers le haut. Coup raté a gauche, coup esquivé a droite, en plein dans le mille dans la tête, je n'ai pas le temps de comprendre ce qui se passe! Juste le temps de réaliser que la guerre des oreillers vient d'être déclenchée! L'armée masculine en haut, l'armée féminine en bas, que le meilleur gagne! Des rires, des cris, des jurons. Français, Anglais, Hindi se mélangent. Voilà comment peut se terminer une simple installation de matelas sur le toit. Qui a gagné? Je ne sais pas. Sans doute la bonne humeur. Essoufflés, rien de mieux que de s'écrouler sous un ventilateur à parler de tout, de rien, de la vie et l'amour bien sûr. Pappu nous raconte sa vie. Parti seul de chez lui a 9 ans pour le Népal. Pas d'école, que des petits boulots. Aujourd'hui, 21 ans, bijoutier renommé au Népal, bilingue, un quasi tour du monde... Impressionnant. Chanceux et surtout très courageux. Je me sens petite à coté, presque misérable, pauvre petite occidentale à peine sortie du cocon parental. La fatigue pointe le bout de son nez, il est temps d'aller cacher le mien dans mon oreiller!Un petit aire vient me bercer... Un jour et demi de passé dans cette petite cité. Quelle est cette impression d'y être resté quelques journées?

J'enfile mon beau penjabi, fais un effort pour me coiffer, pour Mr le maire je peux bien me le permettre! Une table immense. Défilé de serveurs : Chai, pancakes, cajou, confiture, miel, beurre, toasts, mangues cuisinées, et plein d'autres plats à déguster! Des bons, des moins bons, mais c'est trop !! Honteuses, nous pouvons l'être quand nos pauvres estomacs nous supplient d'arrêter. La moitié n'a pas été mangée... Après avoir dévoré, il faut digérer. A l'ombre par pitié! Seul coin où il fait frais: la mosquée. Sur le chemin, les enfants viennent à notre rencontre : « hello! » « hello ! », « Lal Gal! Gore Gal! » Ai-je bien entendu?! Surprise, étonnée, je crois avoir mal entendu. « Lal Gal! Gore Gal! » Non non c'est bien nous qu'ils appellent! Mais comment savent-ils nos noms?! Etonnée, oui, mais fière et heureuse. La mosquée. On est là avec Pappu, assises comme tous les autres indiens. C'est d'ailleurs un, deux, trois, même plus qui viennent se joindre a nous. Les touristes entrent dans la mosquée, visite et repartent. Nous, on est là, on vit... L'Ajay, restaurant réputé de Fatehpur Sikri. C'est là que Pappu nous emmène manger. Patron adorable, bouffe succulente, moment agréable sur la terrasse... Petite balade avec Gore Gal, dans la rue animée. Des enfants, des photos. Quelle excitation lorsqu'ils se voient sur l'écran! Ils crient, rigolent, se poussent, se bousculent. Dhire dhire!! Ils nous suivent, mi confiant mi méfiant. On joue avec eux. Ils sont là, sûr d'eux lorsqu'on avance, mais beaucoup moins lorsqu'on se retourne et qu'on fat le monstre en lançant des « bouuuuuuh ». Ils rigolent, ils hésitent. Les plus téméraires nous répliquent des grands « bouuuh! », les plus timides, reculent en rigolant doucement. Moment de détente à la guest house. Little Pierre et son cousin sont là. Discussion, fous rires, photos débiles, bref...on fait les cons! 18h... Vite! Nous ne voulons pas rater le coucher du soleil!C'est parti! On contourne la mosquée, puis les bains, on dit bonjour aux cochons, interfèrent la parti de cricket, et comme tous les soirs nous revoilà posées sur nos bains turcs, à s'émerveiller devant un tel spectacle. Trois jeunes Indiens viennent nous rejoindre. Ils nous racontent les anecdotes déjà mille fois entendues sur Fatehpur Sikri. On n'ose les couper, ils ont l'air si passionnés et si enchantés de nous faire partager l'histoire de leur ville et leur pays! Cours d'hindi, ça y'est on sait compter jusqu'à 10! Cours de Français pour eux... On se moque gentiment, la distinctions de certains sons sont si difficiles!Rien à faire, un « u » restera un « Ou », un « ge » restera un « ch » ou un « s ». Des touristes sont arrivés à la guest house. C'est l'heure de manger. Eux ont le droit à une carte. Echange de regards étonnés entre Gore Gal et moi... On mange à la carte ici?! Ils partent préparer à manger, leur mettent la table... Nous rien… Qu'est-ce qui se passe? Explication donnée: Eux ce sont des touristes, nous nous sommes des amis... Nous faisons parti de la famille. Privilégiée, nous le sommes, mais g��nées aussi... Gênées de ne pas partager leur table, gênées de les voir à part, gênées d'aider à préparer leur repas et ensuite aller manger avec toute la famille. Gênées lorsqu'ils demandent combien coûte une bière, une bouteille d’eaux...gênées car nous nous nous servons dans le frigo... Gênées par tant d'hospitalité à notre égard ! Après dîner, j'ai l'honneur d’être invitée chez Pappu. Il veut absolument me montrer la vue de sa ville du haut de son toit... Je le suis guidée à la lumière de son portable à travers les petites ruelles étroites et sombres. A gauche, à droite, on monte, on descend, les maisons se ressemblent et sont pourtant si différentes! Des Indiens qui traînent, des indiens qui discutent, des Indiens qui dorment, Un, deux, trois, des familles, tous à la belle étoile sur leurs lits tissés. Une chèvre, une vache, il fait sombre, ce n'est même pas la peine d'essayer de faire attention aux bouses! C'est ici. Tout le monde dort. Il veut pourtant réveiller sa soeur à qui il veut absolument me présenter. Je suis gênée, elle est si jolie endormie contre son petit frère. Gène vite envolée lorsqu'on se met à papoter. Quel bonheur de pouvoir échanger quelques mots avec une fille de son age ! Echange écourté lorsque Pappu une fois changé, me traîne par le bras pour m'emmener sur son toit. Il n'avait pas tort, la vue est magnifique. La mosquée éclairée, le toit des maisons, le train passant au loin, la campagne environnante... Sûrement le toit le plus haut de fatehpur Sikri. Lieu et moment idéal pour une déclaration d'amour! Ah ! Ces Indiens ont tellement le sens du romantisme!! « Ne part pas, Reste quelques jours de plus ici, je peux venir avec vous, on peut faire le voyage ensemble? » ces questions gâcheront quelque peu les derniers moments passés à Fatehpur Sikri. Retour à l'hôtel, pour une nouvelle nuit à la belle étoile...

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Pappu... Evènement qui nous a fait encore reculer notre départ d'une journée… Ce soir, ça va être la fête! Internet, c'est la première chose que je fais. J'avais promis de donner signe de vie dès mon arrivée a Fatehpur Sikri, mais tellement de choses à vivre...et surtout tellement de coupures de courants et tellement peu d'ordinateur! Bref, je me retrouve devant le seul ordinateur de la ville, dans une petite échoppe de tout et de rien. Coupure d'électricité. Même pas étonnée... Ordinateur qui plante...ça peut arriver... Ordinateur très lent...ça commence à m'épuiser! Mission accomplie tout de même! Retour à la guest house en compagnie de Pappu pour rejoindre Gore Gal. « Hey Lal Gal! », « Lal Gal, Lal Gal! », des enfants, des jeunes, des moins jeunes m'interpellent. Ca y'est je suis connue ici! Echange de sourires avec certains, échange de paroles avec d'autres. Pappu est très connu ici, être sa petite protégée c'est le pied! Rencontres, respect, partage.. Après- midi entre filles pour une séance Henné... On les voit si peu. De sourires dans la rue, des gestes avec la femme du train, quelques rares échanges avec les chanceuses qui ont appris l'Anglais... Comment va-t-on être accueillies? Famille de la guest house. Adorables comme les hommes. Atmosphère toutefois plus tendue... Pas d'Anglais ou très peu, des sourires, des regards, des secrets murmurés au creux des oreilles. Elles parlent de mes yeux....bleus. Séance henné donc. Gore Gal commence. Je tente alors de nous mettre plus à l'aise en leur montrant les photos de leurs frères et cousins. Les photos rigolotes, les grimaces détendent tout de suite l'atmosphère. C'est à mon tour. C'est agréable de se faire bichonner! 4H a attendre les bras tendus que ça sèche...ah... Déjeuner, pas facile! Regarder les séries kitch à la télé l'est beaucoup plus! Irschad vient nous chercher. Pappu a quelque chose à nous dire. Mauvaise nouvelle. Il doit partir à Mathura pour affaires. Il peut partir d'un moment à l'autre. Il ne sera dons pas la pour son anniversaire, il ne sera pas la pour nous dire au revoir demain lorsqu'on partira... Déception, tristesse. Les adieux ne sont pas son fort, il nous laisse plantées là, sans une gentille parole, sans un regard. Il m'en veut pour hier soir, je suis dégoûtée. Retour auprès des filles, ça va nous changer les idées! Irshad veut venir avec nous au coucher du soleil. Mais avant, il doit faire visiter la mosquée à un couple de Français. On y va tous ensemble. Gore Gal part rejoindre Pappu qui ne veut plus trop me parler alors que moi, je prends fonction de mon nouveau job : guide interprète! Nous formons une bonne équipe! Irshad explique, mais me laisse faire certaines fois, il tente de traduire en Français, mais me laisse le faire la plupart du temps! Moi, guide, Gore Gal en vilaine« lapka » qui embarque les touristes dans la guest house, il faudrait vraiment qu'on pense à se faire embaucher! Mais pas assez de temps... C'est décidé nous partons demain matin.. Ca va être très dur. La tristesse se fait déjà ressentir. Ce sont des Indiens qui viennent te parler parce que nous sommes Lal Gal et Gore Gal, s'en est d'autres qui te protègent quand certains sont trop collants, c'est l'oncle d'Irshad qui me fait cadeau du petit éléphant que je voulais offrir à ma maman pour sa collection, alors que le couple de Français paye 10 fois le prix qu’il vaut... Nous sommes là, assises dans la mosquée avec Irshad et son oncle, un immense bien être s'est emparé de nous depuis que nous sommes là. On regarde la mosquée, tous ces gens si accueillants, on ne peut s'empêcher de fondre en larmes... Tristes et tellement heureuses... Je ne sais comment, l'oncle comprend pourquoi on pleure. Il le sait. Une ville tellement belle, des gens si gentils... Je crois que Gore Gal et moi n'avions pas imaginé que l'on pourrait vivre quelque chose d'aussi fort. Ca, l'oncle l'a compris. Pas une question, pas une inquiétude, pas un « Mais pourquoi pleurez-vous? ». Juste un « Ne pleurez pas, ici c'est chez vous. »... Ce sera notre dernier couché de soleil perché sur nos bains turcs... Toujours aussi sublime. Peut-être même plus, c'est le dernier... Mi jour mi nuit, c'est dans la cité fantôme qu'Irshad nous livre ensuite les derniers secrets de Fatehpur Sikri. A l'heure de notre apéritif quotidien, Pappu, dans la boutique de la guest house nous invite à choisir n'importe quel souvenir. Encore des cadeaux, c'est trop! Il n'en fait qu'a sa tête, ne choisissant pas il le fait pour nous. Un, deux, trois bougeoir porte encens... nous n'avons pas le droit de refuser. Pappu n'est finalement pas parti à Mathura, mais trop tard pour organiser une petite fête. C’est peut-être pas plus mal ainsi, car c'est a table que commencera une longue dispute. Il ne veut pas que l'on parte, demande à ce qu'il nous suive, tente de monter gore Gal contre moi et vice versa... Il me prends à part, tentant de me faire changer d'avis. S'attaquer aux plus faibles et plus sensibles, ça le malin il l'a compris! Il sait que Gore Gal lui tiendra tête! L'alcool n'arrange rien de la situation.. Pourquoi se met-il dans des états pareils? Gentillesse, colère, humour, rien n'y fait, et c'est après un coup de coussin essayant de lui remettre les idées en place qu'il s'écroulera en pleurant... Les Indiens et les occidentales... Pourtant il paraît si sincère.. Après réconciliation, il tente tout de même de me corrompre, en me promettant de m'offrir tout ce que je veux si je reste trois ou quatre jours de plus avec lui. Le Taj Mahal! Oui c'est ça! Je veux le Taj Mahal ! Cette merveille, symbole de l'amour! Une fois de plus mon humour n'est pas approprié. Une fois de plus, j’aurai du me taire! A peine ma phrase finie, il a déjà disparu...Mais ou est-il donc parti? Quelques minutes passent, tout à coup perturbées par un énorme bruit, puis des voix. A l'intonation, je peux deviner que ce ne sont pas de belles paroles. Pappu, le bras tout égratigné, me tend un petit Taj mahal, plein de fierté. A faire son romantique, rentrant par effraction dans le magasin de la guest house, il cassa une grande table en marbre valant plus de 7000 roupies… Je crois alors que je ne peux que l'accepter... Il repleure et part chez lui.. Je pars me coucher, ne sachant même pas si je le reverrai avant de partir. Nuit courte, nous voulons partir tôt le lendemain.

Ca y’est c’est aujourd’hui que nous quittons notre petit coin de paradis. J’ai le cœur qui balance. On est si bien ici. Mais je crois que c’est le bon moment pour partir. Il le faut de toute façon, et pourquoi rester plus longtemps pour s’accrocher encore un peu plus ? Je suis déçue que notre séjour à Fatehpur Sikri se termine ainsi. Peut-être est-ce mieux pour avoir moins de regrets… Finalement même le dernier jour on cèdera une nouvelle fois... Un bus plus rapide part a 13h selon Pappu.. Arrivera-t-on à partir? Pourtant il fait la tête... Nous partons une dernière fois pour la mosquée, lorsque Pappu se décide ensuite de nous amener chez lui. Sa mère, sa tante, sa soeur, son neveu, toute la famille est là, et quelle ambiance! Pappu chipote sa soeur, celle-ci se chamaille avec le petit neveu protégé par la mère pendant que Gore Gal et moi sommes la, sirotant un chai, admirant tout cet amour... Séance cinéma avec un petit bollywood, interrompue par une peau de banane volante… C'est bientôt une, deux trois, quatre peaux qui volent à travers la pièce! La guerre à la banane est déclarée! Course poursuite dans la maison, elle est coriace la soeur! C'est enduits de banane, le sourire aux lèvres que l’on finit par faire la paix. Une bonne ambiance pour un bon départ! Et puis ça fait tellement du bien de retrouver Pappu! L'heure arrive, retour à la guest house ou un cheval nous attend. Après nos adieux à tout le monde, hop nous sautons dans la carriole. Au revoir Fatehpur Sikri! Le bus arrive mais ne s'arrête pas! Il faut sauter dedans! A peine le temps d'un regard méchant à Pappu qui nous a jeter dans le bus refusant de prendre mon adresse E-mail et nous voilà partie pour Jaipur. A peine allongée dans nos couchettes, tant de sentiments se mélangent : La colère, la tristesse, le bonheur, la peur, je crois que c'est tout ça qui me fait pleurer…
Lal Gal...
KA Kalkan Regular ·
ce récit est un voyage à lui tout seul, rien ne manque ni les couleurs, l'attachement aux gens tu es particuliérement douée
"tujoh gunong sembilan lautan sept montagnes , neuf mers kalau ta-mati sahaya turutkan si je ne meurs , j'explorerai " pantoun
HI Hinglais ·
Voyage d'un mois au Rajasthan du 02 septembre 2005 au 03 octobre 2005.

Bonjour, 3 ans après, je suis tombé par hasard sur votre récit fort intéressant de voyage au Rajasthan. Au cours de votre récit, vous faites allusion à un dialecte local: l'Hinglais. Pourriez vous me donner quelques informations sur ce dialecte car il se trouve qu'il correspond à mon nom propre, ce qui ne manque évidemment pas de m'intriguer. En vous remerciant d'avance, Emmanuel Hinglais
PT Ptitepop Regular ·
Bonjour,

Alors l'Hinglais n'est pas un dialecte local. En fait c'est un mot valise que j'ai inventé (enfin peut etre certaines personnes avient déja utilisées ce jeu de mot, je n'en sais rien!). J'ai voulu mélanger "Hindi" et "Anglais" pour qualifier la façon dont parlais les Indiens. En fait, avec moi ils parlaient anglais, mais leur accent est tellement fort que cela pourrait faire penser a une "nouvelle" langue entre l'Hindi et l'Anglais.

Voila, j'espere avoir répondu a votre question! (En esperant ne pas vous avoir déçu sur une possible réponse quant à l'origine de votre nom!) Mais c'est vrai que j'ai été tout de suite surprise quand j'ai vu votre nom, ca m'a rappelé exactement ce que j'avais écrit, et ca me replonge 3 ans en arrière...

Bonne fin de week-end!
Lal Gal...

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